Arrêter le bras des saigneurs 4

La main sur le cœur, ils  veulent nous fait croire qu’ils vont « sauver » la Grèce. En fait les Etats, la commission, le conseil européen, épaulés de la sangsue du Fonds Monétaire International s’acharnent à sauver les marchés financiers. Le peuple grec, qui ces dernières décennies était déjà bien loin de vivre dans l’opulence, va maintenant subir la terrible et horrible loi du sang et des larmes. Il doit payer une crise dont il n’est en rien responsable. Son entrée dans l’Europe des traités de Maastricht et de Lisbonne lui a été imposée. Et aujourd’hui, si on laisse faire, il va devoir subir le long et dur calvaire de la super austérité, de la démolition de ses droits sociaux, de certains services publics, pour continuer d’alimenter les caisses des institutions bancaires et financières.

Ce plan est inspiré de la loi du talion qu’impose le Fonds Monétaire International aux pays en voie de développement. Rappelons que ce sont les Etats-Unis qui disposent de la majorité des votes au FMI. C’est la saignée contre le peuple. Après cette dernière, ce sera  encore la saignée pour rembourser le service de la dette sans cesse grossie de taux d’intérêt exorbitants.

Ainsi ce programme de régression générale peut durer un quart de siècle ! Voilà ce que permet l’Europe actuelle bâtie sur « la liberté totale de circulation des capitaux » avec une monnaie unique rigide dont la seule possibilité d’ajustement en cas de difficulté s’opère par la réduction des dépenses sociales et publiques utiles. Avec une Banque centrale européenne dont la vocation n’est pas d’aider les populations, l’emploi, le progrès social, le développement durable mais les marchés financiers.

Autant de questions qui nous n’avions cessé de souligner lors des débats sur l’acte unique européen, les traités de Maastricht et de Lisbonne. Il faut d’ailleurs noter que seul le monde du travail et de la création trinque. Les puissances financières ne sont pas mises à contribution et les crédits de dépenses militaires ne sont pas réduits. Lire la suite

AGISSONS ENSEMBLE POUR UNE INITIATIVE POLITIQUE EUROPEENNE 49

Chaque heure qui passe montre que les promoteurs de cette Europe ultralibérale ont enfanté, avec leurs traités et leurs directives, d’un monstre dont ils n’ont même plus la maîtrise. Il n’y a pas d’Europe politique. Les tenants de la haute finance internationale narguent les responsables européens parce que ceux-ci leur ont lâché la bride dès lors qu’ils ont décidé la liberté totale de circulation des capitaux. Voilà la cause essentielle de la spéculation internationale contre les budgets de plusieurs Etats européens. Les lettres communes de Mme Merkel et de M Sarkozy n’y changent rien ! Les réunions du Conseil européen non plus ! Ce ne sont que des opérations de façade couvrant les pieuvres de la finance. Il faut maintenant cesser ces comédies dont les seules victimes sont les peuples.
 
Ajoutons qu’au mépris de tout principe démocratique, de toute démocratie sociale, le gouvernement grec a décrété aujourd’hui par oukase les mesures antisociales  dictées par le FMI et quelques politiciens européens (mesures que nous avons révélées hier dans les colonnes de l’Humanité).

Cela constitue un véritable coup de force contre le peuple et la démocratie grecque, on impose contre la souveraineté populaire des mesures dramatiques qui font peser de graves menaces sur la démocratie et l’avenir même de la société grecque.
 
Et cette tragédie risque de se retourner contre l’idée européenne elle-même. Voilà pourquoi il est indispensable que les populations, les salariés, les organisations sociales et syndicales, les forces progressistes agissent pour obtenir une initiative politique européenne, de grande ampleur. Il est absolument nécessaire d’engager désormais des réformes structurelles progressistes de l’Union européenne.
 
1/ Un moratoire sur toutes les dettes des pays en difficulté est nécessaire. Durant ce moratoire, il convient de sortir des budgets toutes les dettes toxiques, qu’il s’agisse de celles des Etats ou des collectivités territoriales.
 
2/ Il faut prendre la décision politique de dépasser les règles absurdes des traités pour activer la Banque centrale européenne comme un outil de refinancement des dettes en lien avec les banques nationales à un taux d’intérêt inférieur à 1%.
 
3/ Il est nécessaire de créer un fonds européen de solidarité et d’entraide entre pays et pour des programmes de relance.
 
4/ Il est
nécessaire d’urgence d’inventer un mécanisme de taxation des transactions financières pour alimenter un tel fonds.
 
5/ Les plans d’austérité en cours ne sont qu’une fuite en avant qui aggrave encore la crise. Il faut au contraire, à l’échelle de l’Union européenne et pays par pays, élaborer avec les organisations syndicales et avec les collectivités territoriales des plans de relance interne seuls capables de commencer à juguler la crise.

.

 pour lire mes articles précédents sur ce sujet cliquez ici

.

Si vous voulez recevoir automatiquement les dernières actualités de ce blog cliquez ici

 

Pour ne plus recevoir mes lettres d’information, cliquez ici

.

Refaire vivre l’égalité, c’est déjà un programme 1

 

D’un côté huit millions de personnes vivent avec moins de 908 euros par mois. Parmi elles plus de deux millions sont salariés, d’autres agriculteurs, d’autres encore privés d’emploi. Ils sont la figure du nouveau prolétariat : les travailleurs pauvres. Ils payent beaucoup d’impôts indirects comme la TVA, la taxe sur les produits pétroliers, la contribution sociale généralisée, les forfaits hospitaliers et la franchise médicale s’ils sont hospitalisés.

De l’autre dix personnes. Oui exactement dix personnes, qui ont un patrimoine d’au moins 15 millions d’euros et reçoivent pourtant chacune un cadeau fiscal de près de 6 millions d’euros grâce au mécanisme du bouclier fiscal. Au-delà de ces dix personnes, les cent plus riches Français reçoivent chacun un cadeau d’un million quinze mille euros. C’est la France de l’inégalité organisée.

A un pôle de la société une infime minorité de possédants, de rentiers et de spéculateurs se vautre dans le fric. 1% de la population dispose d’un revenu annuel compris entre 668 000 et 13 millions d’euros. A l’autre pôle, bien au-delà des huit millions de personnes qui vivent en deçà du seuil de pauvreté, ils sont seize millions désormais, à tirer le diable par la queue. L’immense majorité trime dur et ne voit aucune lumière sécurisante à l’horizon. De plus en plus nombreux sont celles et ceux qui vivent dans l’angoisse de la fin du mois ou du chômage. D’autres redoutent l’accident, la maladie, d’autres encore sont coincés dans les rudes tenailles des banques avec un surendettement qui agit sur leur portefeuille comme une sangsue sur des veines. Cette grande majorité qui fait pour une part essentielle la richesse du pays est pourtant devenue « la France des invisibles ». Elle n’en peut plus. Elle bout en silence « pour l’instant ». Elle a besoin et cherche une espérance politique, une vision neuve pour l’avenir. Un projet et un chemin nouveau dont elle serait maître de bout en bout pour y parvenir. Lire la suite

Combativité, unité, audace 2

 

Après le cycle des élections régionales, les forces politiques entament depuis la semaine dernière une nouvelle étape, les yeux fixés sur l’horizon de la présidentielle de 2012. Le Président de la République et le premier ministre aggravent encore le déni de démocratie. « Pas question de changer de cap » ont-ils martelé en réaffirmant qu’ils feront voter contre vents et marées la dislocation de l’agencement des collectivités locales et régionales, le maintien de l’injuste bouclier fiscal, l’amplification de la suppression des emplois publics, le blocage des salaires et surtout la contre-réforme réactionnaire des retraites. Pour faire bonne mesure, le prix du gaz augmente une nouvelle fois alors que tant de familles populaires ne parviennent déjà pas à régler leur facture d’énergie.

Cette surdité aggravée du pouvoir n’est pas un problème médical, c’est une grande question politique. Ceux qui gouvernent ont décidé de passer en force parce que cela correspond aux intérêts de l’infime minorité des rentiers, des spéculateurs, de l’internationale des requins de la finance.

Ainsi, ils ont choisi d’engager un bras de fer contre le peuple, dans le prolongement de leur pratique de ces dernières années: refus d’entendre la protestation des jeunes des quartiers populaires, le non au référendum sur le traité européen, et aujourd’hui, refus d’écouter le message de ces élections régionales. Difficile de faire pire en matière de mépris à l’égard de celles et ceux qui contribuent à créer les richesses de notre pays! Ceci peut avoir de redoutables conséquences, au moment où une crise générale atteint chaque individu, chaque famille, dans sa vie, dans son être, son utilité, dans ses repères, son regard sur la politique et les partis, son désir de progrès individuel et collectif. Lire la suite

Ils sont sourds ! Répondre

La semaine dernière, après un remaniement technique du gouvernement, le Président de la République a fait une déclaration dans laquelle il tire « ses » leçons des élections régionales. Le premier ministre lui a emboîté le pas avec le même argumentaire dans un journal, dimanche dernier. Compte-tenu du désaveu cinglant que leur ont infligé les électrices et les électeurs, on aurait pu penser qu’ils procèderaient à un petit début d’autocritique et décideraient de modifier un peu le cap. Pas du tout ! « Rien ne serait pire que de changer de cap », a déclaré M. Sarkozy, ajoutant : « Nous devons faire preuve de constance, nous devons continuer les réformes ». Bref, il a décidé de mépriser le cri du peuple dans les urnes et ceux qui ont décidé de se taire par l’abstention en signe de protestation. Et parmi les premières mesures ils ont décidé d’augmenter scandaleusement le prix du gaz.

S’il agit ainsi c’est qu’il veut continuer d’ être le mandataire de la caste des privilégiés de la fortune en continuant d’écraser le peuple. Après le refus d’entendre le non majoritaire au référendum sur le projet de Constitution européenne, le refus d’entendre la protestation contre la privatisation de la Poste et la fermeture des services publics, après le refus d’entendre les puissants mouvements sociaux et citoyens, les mouvements des agriculteurs comme ceux qui s’expriment dans les quartiers populaires, voilà un nouveau refus d’écouter et d’entendre l’expression populaire. Ceci ne fera qu’aggraver la crise de la démocratie, la défiance des citoyens vis-à-vis des responsables politiques qui peuvent avoir de douloureuses conséquences à l’avenir. C’est souvent sur un tel terreau, dans lequel se mélangent une crise sociale sans précédent et le refus de respecter et d’entendre le peuple, que progressent les idées d’extrême droite.

Ajoutons que ce même Président de la République, qui accepte ou fait accepter les dérégulations de la politique agricole commune, n’hésite pas à menacer aujourd’hui de créer une « crise européenne » si on continue de démanteler la politique agricole commune. Mais il est l’un des artisans du démantèlement de la PAC. Qui a accepté le démantèlement de système de prix minimum, celui des quotas laitiers, sinon lui et son gouvernement ? Et la semaine dernière il a été le co-auteur d’un communiqué du Conseil européen, renforçant encore le pacte de stabilité, qui est un pacte d’austérité aggravée contre les peuples, au seul bénéfice des rois de la finance qui font de l’argent par la spéculation grâce au principe de la « liberté totale de circulation des capitaux ». Ne croyons pas qu’il s’agit d’un simple entêtement infantile. Non ! S’ils maintiennent le cap c’est parce que les forces de l’argent leur ont donné le mandat de défendre leurs privilèges. Telle est la question fondamentale. Tel est l’enjeu posé au peuple en son entier.

L’urgence est donc de se rassembler, de débattre pour exiger des élus de gauche qu’ils utilisent les régions et les départements de gauche comme de vrais boucliers sociaux. Les mouvements unis contre la fermeture des services publics, le relèvement des prix agricoles à la production, l’augmentation des petites retraites et le refus net du recul de l’âge de départ en retraite, avec une bonne pension, doivent se développer, s’amplifier. La gauche sociale et politique doit, ensemble, avec les populations, faire front pour défendre le peuple et faire front pour travailler à un projet crédible de changement, commençant par remettre en cause toutes les contre-réformes négatives sarkozystes.