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AUBERVILLIERS et PANTIN à GAUCHE
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Avant même que le conseil des ministres et a fortiori le Parlement n’aient statué, le gouvernement a décidé de lancer une grande campagne de vulgarisation de sa contre-réforme régressive des retraites. Sur fonds publics est déployée depuis quelques jours dans les grands médias audiovisuels et dans la presse écrite, une propagande sur les prétendus « bienfaits » du projet gouvernemental. Quatre pages de « publicité-propagande » sont offertes à tous les journaux de la presse écrite.
Cette campagne a été proposée à l’Humanité. Nous l’avons refusée. Non pas que nous disposons de trop de recettes publicitaires. Non pas, non plus, que nous contestons au gouvernement le droit de communiquer sur ses projets et sur des lois déjà votées. Nous avons d’ailleurs apprécié que les Etats Généraux de la Presse aient permis à la presse écrite de bénéficier de plus de communication gouvernementale. L’Humanité souffre malheureusement de trop de discrimination en matière d’investissement publicitaire. Quelles que soient nos opinions, le média qu’on écoute, qu’on regarde ou qu’on lit, nous payons chacune et chacun la part de communication publicitaire pour chaque produit de consommation ou pour la communication institutionnelle. S’agissant d’une campagne de l’Etat, sur un sujet d’intérêt commun, ce sont les contribuables donc tous les citoyens qui la payent.
Ici, il s’agit de tout autre chose. Sur le thème « Réussissons une réforme juste », « Tout comprendre sur la réforme des retraites », il s’agit d’une communication à sens unique sur un projet gouvernemental qui n’est même pas acté par le conseil des ministres et encore moins par le Parlement. Ajoutons qu’aucun grand débat public contradictoire dans les médias du service public n’est organisé.
Cette propagande fait croire qu’il s’agit d’une « réforme juste » qu’elle crée de « nouveaux droits », qu’elle est « équitable », « solidaire », « efficace ». Autant de termes que nous contestons et qui sont contestés par toutes les organisations syndicales, toutes les formations progressistes et, selon la quasi-totalité des enquêtes d’opinion, par une majorité de nos concitoyennes et concitoyens. D’autres projets de réforme existent. A titre d’exemple mentionnons que cette propagande dit que 3,7 milliards d’euros seront apportés par les contributions sur les hauts revenus, le capital et les entreprises. Mais jamais n’est mis en évidence le fait que les salariés apporteront 42 milliards. Pourquoi veut-on cacher que la majorité des femmes, des travailleurs et des travailleuses victimes de la précarité et bien d’autres n’auront accès à leur retraite à taux plein qu’à…. 67 ans ? Et on pourrait prendre bien d’autres exemples. Ils ont été mis en lumière par les groupes parlementaires de gauche au Parlement. Pourquoi les fonds d’Etat ne sont-ils pas mis à disposition de tous ces groupes parlementaires pour exposer eux aussi leurs propositions ? Pourquoi de grands débats publics approfondis ne sont-ils pas organisés, notamment dans les médias publics ? Ce serait là le moyen de mettre à la disposition de chacune et de chacun l’ensemble des éléments pour qu’ils se fassent leur propre opinion en leur donnant la possibilité de choisir en connaissance de cause.
Comme notre journal l’a fait, et souvent seul pour d’autres projets gouvernementaux, nous publierons le texte issu du conseil des ministres au lendemain de sa tenue. Notre rédaction l’analysera et le décryptera tout en donnant la parole à toutes les forces progressistes, syndicales et associatives. Nous ferons œuvre de démocratie jusqu’au bout. Evidemment, la décision que nous prenons ici constitue un manque à gagner financier conséquent pour notre journal. Mais il s’agit pour nous d’une question de morale et d’éthique, valeurs bien trop galvaudées par les temps qui courent ! Nous appelons toutes celles et ceux qui souhaitent comme nous une réforme progressiste juste, c’est-à-dire qui ferait participer les revenus financiers du capital au financement des retraites, qui inciterait à une politique de développement humain et de création d’emplois, à nous aider à combler ce manque à gagner en participant et faisant participer à notre souscription populaire.
L’indépendance de notre journal et son rôle au service du mouvement social et progressiste sont à ce prix.
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Patrick Le Hyaric Vice-Président du groupe GUE/NGL au Parlement européen,
Conférence de presse du groupe GUE/NGL : Crise économique en Europe & Stratégie Europe 2020
Le 18 mai 2010
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Il y’a un an, nous étions en pleine campagne électorale pour l’élection des députés au Parlement européen. Que disait la droite à ce moment là ? Qu’il fallait voter pour elle pour avoir une « Europe protectrice ». Elle n’avait évidemment pas dit qu’il s’agissait d’une « Europe protectrice pour les seules institutions financières, les grandes banques et compagnies d’assurance ». C’est pourtant bien de cela qu’il s’agit.
Pour répondre à leur voracité de profits, les Etats européens, la Commission européenne, la Banque centrale européenne, aidés du Fonds monétaire international ont subitement trouvé des centaines de milliards d’euros à mettre sur la table. En échange de quoi est appliquée une insoutenable purge d’austérité aux peuples, partout en Europe. Partout, les remèdes sont les mêmes : recul de l’âge de départ à la retraite et augmentation des cotisations, gel ou diminution des salaires, augmentation des impôts indirects et des tarifs publics, diminution des aides publiques aux plus démunis.
Par contre aucun effort n’est demandé au capital. Pourtant, s’il y’a eu creusement des déficits et des dettes, c’est précisément parce que les impôts sur le capital ont sans cesse été abaissés. L’impôt sur les grandes fortunes comme l’impôt sur les sociétés, ce que l’on appelle les revenus financiers, échappent à tout prélèvement et le pouvoir sarkozyste veut supprimer la taxe professionnelle, après avoir mis en place un bouclier fiscal qui permet à un petit millier de contribuables les plus riches de recevoir chacun un chèque de 376 000 euros. A cela il faut ajouter les 24 milliards de la contre révolution fiscale en faveur des riches ou les 140 milliards de niches fiscales, aussi pour les plus fortunés, qui sont enlevés du budget de l’Etat depuis des années. Lire la suite