Retraite : un grand enjeu de civilisation 3

 

Le débat sur l’avenir des retraites porte sur un enjeu de civilisation. Il conditionne une large part du mode d’existence de chaque être  humain, du petit enfant à la personne âgée. Il doit être relié à un défi essentiel : la sécurisation de la vie de chacune et de chacun. C’est pourquoi l’âge du départ en retraite et le  financement de cette période de la vie  recoupent une multiplicité de questions telles que l’emploi, le partage des richesses produites, l’avenir des jeunes et l’activité de celles et ceux qui accèdent à une retraite bien méritée après avoir contribué au développement économique, social, humain, de la collectivité. Ce droit doit être pleinement inscrit dans les mutations de la société. Et les interrogations nouvelles surgissant sur la place et sur l’utilité sociale de celle ou de celui qui accède à la retraite, doivent trouver des réponses en fonction des désirs de chacun.

Osons affirmer une évidence cachée. Les premières victimes d’une nouvelle « contre réforme » des retraites seraient les jeunes. Reculer l’âge de départ en retraite aggraverait encore leur chômage qui  touche déjà près du quart d’entre eux.  La question peut donc être posée ainsi : vaut-il mieux qu’une personne de 60 ans soit à la retraite ou qu’un jeune de 25 ans soit au chômage ? Du point de vue de l’épanouissement humain et de la qualité d’une société, la réponse est oui. Du point de vue des grands de la finance la réponse est non.

 Osons aussi redire que la crise a montré que l’avenir est bien du côté de la protection sociale, de la sécurité de vie, pas du côté d’un système d’assurance privée et de retraite basé sur l’individualisme et les logiques financières. En effet, les sociétés qui jusque là résistent le moins mal à la crise sont celles où le niveau de services publics et de protection sociale est élevé.

Le projet humain moderne, dans une société du vivre ensemble, incluant cette indispensable sécurité de vie, passe par la régénération du système de retraite par répartition, à l’opposé d’un système dit par capitalisation où seuls celles et ceux qui peuvent se payer une retraite peuvent y prétendre. L’avenir ne saurait être du côté de ces retraités qui viennent de tout perdre  avec la faillite de leurs fonds de pension.

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Le nouvel étage de la crise 2

 

Durant toutes ces dernières semaines, on a jeté en pâture à nos concitoyens, comme à un spectacle de cirque, un nauséabond débat sur l’identité nationale, les voiles et les burqas, une mise en scène médiatico-politique de l’affaire Clearstream, une pincée de sécuritaire, des petites phrases peu ragoûtantes. Tout ceci a servi à camoufler la réalité des pas d’ogre d’une crise sociale qui écrase les familles populaires et celles qui, jusqu’ici, se croyaient à l’abri. Dans ce théâtre d’ombres, des spécialistes des oscillations de la crise – qui ne prévoient d’ailleurs jamais rien et expliquent tout…après coup -, le nez levé sur les seules cotations de la bourse, ont voulu faire croire que la crise, tel un mauvais nuage poussé par le vent, se terminait. Ils parlaient évidemment des spéculateurs qui se portaient mieux. Car, comme nous n’avons cessé de l’écrire ici, ceux qui n’ont que leur travail, leur retraite ou leurs maigres allocations pour vivre, vont être poussés à l’étage supérieur de la crise sociale.

Voilà qu’après avoir sauvé le secteur bancaire ainsi que quelques grandes entreprises et abaissé la fiscalité des plus fortunés, les États doivent combler les déficits et les dettes qu’ils ont ainsi créés. Lire la suite

Avec L’Huma, on ne lâche rien !! Répondre

 

Concert de soutien à L’Humanité,

au Bataclan de Paris le 1er février 2010.  

 

GRAND SUCCES DE LA SOIREE DE L’HUMANITE AU BATACLAN

 

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La retraite à 60 ans : un droit à défendre 2

Il n’est pas vrai qu’on ne pourra pas payer les retraites demain. Il faut donc résister, riposter aux tentatives de reculer l’âge ouvrant droit à la retraite à 60 ans, sans diminution des pensions. Ce débat est aujourd’hui ré-ouvert par le pouvoir sarkozyste, dans un seul objectif : économiser encore de l’argent sur le dos de celles et ceux qui ont travaillé souvent dur, pour transférer une part des richesses produites dans les caisses des puissances d’argent.

S’il y a des déficits aujourd’hui, c’est essentiellement parce que le pouvoir, année après année, a multiplié les cadeaux fiscaux aux plus fortunés, aux grandes sociétés capitalistes ainsi que des exonérations sociales.

Le transfert des richesses produites par le travail vers le capital est de plus de dix points depuis les années 1990. Si les revenus financiers participaient à la même hauteur que les revenus du travail au financement de la protection sociale et des retraites, nous n’aurions pas les déficits actuels dans les caisses. Il y a un lien entre l’augmentation nécessaire des rémunérations du travail et l’amélioration des retraites.

Ajoutons qu’avec une véritable politique du plein emploi au lieu des cinq millions de chômeurs réels actuels, nous aurions plus de financement pour les caisses de retraite. Dire aujourd’hui qu’on ne pourra pas payer les retraites demain laisse entendre que l’on va continuer à laisser accaparer les fruits du travail par les sangsues du capital, au lieu de donner la part qui doit leur revenir aux retraités.

Si dans les quarante années qui viennent, le taux de progression des richesses augmente seulement au rythme de 1,7%, la richesse doublera. Elle passera donc de 1700 milliards d’euros actuellement à environ 3400 milliards d’euros. Le coût de l’augmentation des retraites serait d’un peu plus de 200 milliards d’euros. De l’argent il y’en a. Il y’en aura. Mais cela exige de changer radicalement d’orientation politique et économique.

D’ailleurs le conseil d’orientation des retraites avaient retenu plusieurs pistes d’avenir dont l’une ne prévoyait ni une baisse du niveau des retraites, ni une baisse du niveau de celle-ci. Le contraire de ce que vient de dire le Premier ministre la semaine dernière qui lui veut le recul de l’âge de la retraite et une augmentation des cotisations des travailleurs.

Il ne faut pas laisser faire. Défendons le droit à la retraite à 60 ans sans diminution des pensions. Au contraire, c’est l’augmentation des pensions qu’il faut obtenir tout de suite.

L’indécence 3

En occupant une bonne partie de la soirée télévisée lundi dernier, le Président de la République a débité un chapelet d’approximations, d’affirmations gratuites et de boniments. Il y avait un immense contraste entre les citoyens présents sur le plateau, qui vivent une situation extrêmement difficile et ce Président qui défendait ses choix : ceux en faveur des plus puissants.

Quel contraste entre le salarié de la SBFM de Hennebont, l’agricultrice du Tarn ou l’enseignant de la Seine-Saint-Denis, vivant de plus en plus mal et la situation d’un dirigeant d’entreprise publique gagnant 7000€ par jour.

Quel contraste révoltant entre l’annonce de la mise en cause du droit à la retraite à soixante ans et le cadeau que doit recevoir de son ancienne entreprise ce même personnage, pour son départ en retraite. Une « retraite chapeau » de 13,5 millions d’euros ! M. Sarkozy n’aura pas eu un mot pour le SMIC mais aura défendu avec fougue le salaire des grands patrons qui se gavent. Indécent !

Quel contraste avec la multitude de celles et ceux qui n’ont que dix euros par jour pour vivre et les cadeaux « bonus » des banques à leurs « traders », s’élevant à un milliard d’euros versés par des banques renflouées par l’argent public.

Des commentateurs ont souligné un changement de style de M. Sarkozy. Peu importe le style. Le chef de l’Etat a plus que jamais défendu les intérêts de sa caste : celle des puissants, de la haute finance, de la minorité des riches qui gagnent chacun de 300 à 400 SMIC. Il a défendu les choix qui ont conduit le pays au bord de l’abîme ! Lire la suite