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AUBERVILLIERS et PANTIN à GAUCHE
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Chaque heure qui passe montre que les promoteurs de cette Europe ultralibérale ont enfanté, avec leurs traités et leurs directives, d’un monstre dont ils n’ont même plus la maîtrise. Il n’y a pas d’Europe politique. Les tenants de la haute finance internationale narguent les responsables européens parce que ceux-ci leur ont lâché la bride dès lors qu’ils ont décidé la liberté totale de circulation des capitaux. Voilà la cause essentielle de la spéculation internationale contre les budgets de plusieurs Etats européens. Les lettres communes de Mme Merkel et de M Sarkozy n’y changent rien ! Les réunions du Conseil européen non plus ! Ce ne sont que des opérations de façade couvrant les pieuvres de la finance. Il faut maintenant cesser ces comédies dont les seules victimes sont les peuples.
![manifestation_belgique_crise_europe432[1]](http://patricklehyaric.files.wordpress.com/2010/05/manifestation_belgique_crise_europe4321.jpg?w=300&h=201)
Ajoutons qu’au mépris de tout principe démocratique, de toute démocratie sociale, le gouvernement grec a décrété aujourd’hui par oukase les mesures antisociales dictées par le FMI et quelques politiciens européens (mesures que nous avons révélées hier dans les colonnes de l’Humanité).
Cela constitue un véritable coup de force contre le peuple et la démocratie grecque, on impose contre la souveraineté populaire des mesures dramatiques qui font peser de graves menaces sur la démocratie et l’avenir même de la société grecque.
Et cette tragédie risque de se retourner contre l’idée européenne elle-même. Voilà pourquoi il est indispensable que les populations, les salariés, les organisations sociales et syndicales, les forces progressistes agissent pour obtenir une initiative politique européenne, de grande ampleur. Il est absolument nécessaire d’engager désormais des réformes structurelles progressistes de l’Union européenne.
1/ Un moratoire sur toutes les dettes des pays en difficulté est nécessaire. Durant ce moratoire, il convient de sortir des budgets toutes les dettes toxiques, qu’il s’agisse de celles des Etats ou des collectivités territoriales.
2/ Il faut prendre la décision politique de dépasser les règles absurdes des traités pour activer la Banque centrale européenne comme un outil de refinancement des dettes en lien avec les banques nationales à un taux d’intérêt inférieur à 1%.
3/ Il est nécessaire de créer un fonds européen de solidarité et d’entraide entre pays et pour des programmes de relance.
4/ Il est nécessaire d’urgence d’inventer un mécanisme de taxation des transactions financières pour alimenter un tel fonds.
5/ Les plans d’austérité en cours ne sont qu’une fuite en avant qui aggrave encore la crise. Il faut au contraire, à l’échelle de l’Union européenne et pays par pays, élaborer avec les organisations syndicales et avec les collectivités territoriales des plans de relance interne seuls capables de commencer à juguler la crise.
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La semaine dernière, après un remaniement technique du gouvernement, le Président de la République a fait une déclaration dans laquelle il tire « ses » leçons des élections régionales. Le premier ministre lui a emboîté le pas avec le même argumentaire dans un journal, dimanche dernier. Compte-tenu du désaveu cinglant que leur ont infligé les électrices et les électeurs, on aurait pu penser qu’ils procèderaient à un petit début d’autocritique et décideraient de modifier un peu le cap. Pas du tout ! « Rien ne serait pire que de changer de cap », a déclaré M. Sarkozy, ajoutant : « Nous devons faire preuve de constance, nous devons continuer les réformes ». Bref, il a décidé de mépriser le cri du peuple dans les urnes et ceux qui ont décidé de se taire par l’abstention en signe de protestation. Et parmi les premières mesures ils ont décidé d’augmenter scandaleusement le prix du gaz.![630sarko-fillon-2[1]](http://patricklehyaric.files.wordpress.com/2010/03/630sarko-fillon-21.jpg?w=300&h=130)
S’il agit ainsi c’est qu’il veut continuer d’ être le mandataire de la caste des privilégiés de la fortune en continuant d’écraser le peuple. Après le refus d’entendre le non majoritaire au référendum sur le projet de Constitution européenne, le refus d’entendre la protestation contre la privatisation de la Poste et la fermeture des services publics, après le refus d’entendre les puissants mouvements sociaux et citoyens, les mouvements des agriculteurs comme ceux qui s’expriment dans les quartiers populaires, voilà un nouveau refus d’écouter et d’entendre l’expression populaire. Ceci ne fera qu’aggraver la crise de la démocratie, la défiance des citoyens vis-à-vis des responsables politiques qui peuvent avoir de douloureuses conséquences à l’avenir. C’est souvent sur un tel terreau, dans lequel se mélangent une crise sociale sans précédent et le refus de respecter et d’entendre le peuple, que progressent les idées d’extrême droite.
Ajoutons que ce même Président de la République, qui accepte ou fait accepter les dérégulations de la politique agricole commune, n’hésite pas à menacer aujourd’hui de créer une « crise européenne » si on continue de démanteler la politique agricole commune. Mais il est l’un des artisans du démantèlement de la PAC. Qui a accepté le démantèlement de système de prix minimum, celui des quotas laitiers, sinon lui et son gouvernement ? Et la semaine dernière il a été le co-auteur d’un communiqué du Conseil européen, renforçant encore le pacte de stabilité, qui est un pacte d’austérité aggravée contre les peuples, au seul bénéfice des rois de la finance qui font de l’argent par la spéculation grâce au principe de la « liberté totale de circulation des capitaux ». Ne croyons pas qu’il s’agit d’un simple entêtement infantile. Non ! S’ils maintiennent le cap c’est parce que les forces de l’argent leur ont donné le mandat de défendre leurs privilèges. Telle est la question fondamentale. Tel est l’enjeu posé au peuple en son entier.
L’urgence est donc de se rassembler, de débattre pour exiger des élus de gauche qu’ils utilisent les régions et les départements de gauche comme de vrais boucliers sociaux. Les mouvements unis contre la fermeture des services publics, le relèvement des prix agricoles à la production, l’augmentation des petites retraites et le refus net du recul de l’âge de départ en retraite, avec une bonne pension, doivent se développer, s’amplifier. La gauche sociale et politique doit, ensemble, avec les populations, faire front pour défendre le peuple et faire front pour travailler à un projet crédible de changement, commençant par remettre en cause toutes les contre-réformes négatives sarkozystes.
Fin janvier, je présentais à la Commission mon avis sur les questions de « bonnes pratiques » liées à la gestion des entreprises (pour voir la vidéo ou lire l’article relatif à cette présentation, cliquez ici
Cet avis a été adopté le 17 mars (31 vois pour, 4 contre et 5 abstentions), après amendements, avec le soutien des Verts et des Socialistes européens, il fixe les équilibres qui devront être pris en compte quand une nouvelle législation sera proposée dans ce domaine.
L’avis souligne tout d’abord la responsabilité sociale des entreprises : celles-ci doivent intégrer des préoccupations autres que financières dans leurs activités et leurs interactions avec leurs parties prenantes, des préoccupations sociales et environnementales. Il s’agit d’encadrer les pratiques en termes de rémunérations des dirigeants des grandes entreprises et de plafonner et taxer les bonus, stock-options et autres parachutes dorés. Les rémunérations, les retraites des dirigeants et leur évolution doivent être liées à celles du personnel ainsi qu’au respect des objectifs de responsabilité sociale et environnementale tels que les mesures prises en faveur de l’emploi, les conditions de travail, la parité ou encore la lutte contre les discriminations. L’avis propose également d’élargir le pouvoir de contrôle des autorités nationales et européennes pour faire respecter les principes de saine gestion financière et de gestion éthique des entreprises. Le droit d’information et de consultation des salariés et de leurs organisations syndicales fait l’objet de plusieurs demandes visant à le renforcer.
Pour une vision plus détaillée du contenu de mon avis, je vous propose de consulter sa version officielle ici [ PDF]
Le débat sur l’avenir des retraites porte sur un enjeu de civilisation. Il conditionne une large part du mode d’existence de chaque être humain, du petit enfant à la personne âgée. Il doit être relié à un défi essentiel : la sécurisation de la vie de chacune et de chacun. C’est pourquoi l’âge du départ en retraite et le financement de cette période de la vie recoupent une multiplicité de questions telles que l’emploi, le partage des richesses produites, l’avenir des jeunes et l’activité de celles et ceux qui accèdent à une retraite bien méritée après avoir contribué au développement économique, social, humain, de la collectivité. Ce droit doit être pleinement inscrit dans les mutations de la société. Et les interrogations nouvelles surgissant sur la place et sur l’utilité sociale de celle ou de celui qui accède à la retraite, doivent trouver des réponses en fonction des désirs de chacun.
Osons affirmer une évidence cachée. Les premières victimes d’une nouvelle « contre réforme » des retraites seraient les jeunes. Reculer l’âge de départ en retraite aggraverait encore leur chômage qui touche déjà près du quart d’entre eux. La question peut donc être posée ainsi : vaut-il mieux qu’une personne de 60 ans soit à la retraite ou qu’un jeune de 25 ans soit au chômage ? Du point de vue de l’épanouissement humain et de la qualité d’une société, la réponse est oui. Du point de vue des grands de la finance la réponse est non.
Osons aussi redire que la crise a montré que l’avenir est bien du côté de la protection sociale, de la sécurité de vie, pas du côté d’un système d’assurance privée et de retraite basé sur l’individualisme et les logiques financières. En effet, les sociétés qui jusque là résistent le moins mal à la crise sont celles où le niveau de services publics et de protection sociale est élevé.
Le projet humain moderne, dans une société du vivre ensemble, incluant cette indispensable sécurité de vie, passe par la régénération du système de retraite par répartition, à l’opposé d’un système dit par capitalisation où seuls celles et ceux qui peuvent se payer une retraite peuvent y prétendre. L’avenir ne saurait être du côté de ces retraités qui viennent de tout perdre avec la faillite de leurs fonds de pension.