Nouvelle Présidence pour l’Union Européenne : des objectifs proclamés qui resteront lettre morte face à la super austérité 1

A l’occasion de la présentation du programme d’activité de la Présidence belge de l’Union européenne, je suis intervenu en séance. Voici le contenu de mon intervention.

Messieurs les Présidents, Monsieur le Premier ministre,

« Vous accédez à la présidence de l’Union Européenne, à un moment où les peuples européens souffrent terriblement d’une crise économique et sociale inconnue jusque là. L’heure devrait donc être à l’audace, à l’élaboration de nouvelles initiatives progressistes pour soulager leur peine et sortir de la crise.

Vous affichez certains objectifs comme celui d’une croissance durable, celui de la lutte contre la pauvreté, celui de l’environnement, que nous pouvons partager.

Nous ne pouvons malheureusement que prédire qu’ils resteront lettre morte, car les choix de super austérité appliqués à toute l’Union Européenne sont à l’opposé de ces objectifs proclamés.

Il n’y aura pas de relance durable, pas de croissance soutenable, pas de succès dans la lutte pour faire reculer la pauvreté sans augmentation du pouvoir d’achat populaire et sans défense de l’emploi. Pour affronter cette crise, il serait indispensable de faire un choix clair : celui de la justice et de l’emploi contre les marchés financiers ; celui du déploiement d’une politique volontaire au service d’un développement humain durable et solidaire. Or, le renforcement du pacte de stabilité que vous venez de confirmer est un talon de fer appuyé sur la tête des travailleurs, des jeunes, des retraités et contre les Etats qui ne l’appliqueraient pas. Ceux-ci seraient menacés de sanctions jusqu’à la suppression de leur droit de vote au conseil, que vous présidez désormais, et la suppression de certains fonds d’aide. Est-ce aux agriculteurs, aux ouvriers licenciés, aux retraités, aux salariés des services publics de payer cette crise dont ils ne sont en rien responsables ?

Allez-vous, M. le président, chercher des recettes nouvelles comme la taxation des mouvements de capitaux ou encore une fiscalité européenne sur le capital et les revenus financiers ?

Nous avions quelque espoir que votre Présidence aide à la mise en place d’une nouvelle directive sur les services d’intérêts généraux. Vous n’en avez pas parlé. Quant à l’accord Swift ce n’est pas un progrès pour les libertés, c’est exactement le contraire.

Au lieu d’un pacte de stabilité devenu pacte d’austérité, ne vaudrait-il pas mieux rechercher ensemble – Parlement, Conseil, Commission – une autre voie, celle d’un nouveau pacte de progrès social et écologique adossé à une Banque centrale européenne aux missions nouvelles qui rachèterait les dettes d’Etats qui en ont besoin et refinancerait un crédit public à un taux d’intérêt quasi nul dés lors qu’il sert l’emploi, la recherche, l’innovation, l’éducation, et un grand programme européen d’infrastructures utiles ?

La Confédération internationale des syndicats a proposé un autre plan global axé sur le travail et contre la spéculation, ainsi qu’une fiscalité juste. La Confédération européenne des syndicats appelle à l’action le 25 septembre prochain à Bruxelles, c’est de ce côté-là qu’il faudrait rechercher une issue, M. Le premier ministre, Président du conseil et M. le Président de la commission.

En vous souhaitant, M. Leterme, plein succès dans votre présidence de l’Union ».

LE PEUPLE GREC EST EN LEGITIME DEFENSE 8

 

 

Présent en session plénière du Parlement Européen à Bruxelles, Patrick Le Hyaric, Député au Parlement européen et Directeur de l’Humanité se félicite du succès des mobilisations en Grèce mais s’est élevé avec force contre les violences exercées.

«Je salue l’ampleur du mouvement et me réjouis que les travailleurs grecs ne se laissent pas faire, c’est un véritable espoir pour les peuples européens.  Je proteste avec la plus grande énergie  contre la répression exercée à l’encontre des jeunes et des travailleurs grecs qui manifestent pour leurs droits, au moment même où les banquiers, tels des rapaces, vont se goinfrer une nouvelle fois sur le dos du peuple grec. L’Union européenne doit cesser de tolérer de tels agissements. Je présente mes condoléances aux familles qui ont malheureusement perdu l’un des leurs, à cause d’agissements de personnes qui  n’ont rien à voir avec l’action populaire et le respect des êtres humains.

La réalité aujourd’hui c’est que le plan de l’Union européenne défini sous la dictée du Fonds Monétaire International se révèle déjà caduc. Il n’y aura pas de sortie de crise sans une réforme structurelle de l’Union européenne touchant à sa  conception même, sans une réorientation profonde des objectifs de la Banque Centrale Européenne et du rôle de l’Euro.

Le peuple grec est en légitime défense. Avec lui, nous réclamons une Europe de la justice, de l’égalité et du droit pour toutes et tous. J’appelle à des initiatives européennes de solidarité. »

Quelle politique agricole européenne ? 1

Le nouveau commissaire européen à l’agriculture et au développement rural a lancé la semaine dernière le processus d’une nouvelle « modification » de la Politique agricole commune, lors d’une réunion de la commission agricole du Parlement européen.

Il n’a en fait rien dit. Certes, beaucoup de généralités que l’on peut partager sur le rôle essentiel de l’agriculture dans la société et le monde. Mais il s’est contenté de lire un texte comprenant une dizaine de questions, certes intéressantes, celles que tout le monde se pose, mais les agriculteurs n’en peuvent plus d’attendre.

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Mon avis sur la taxation des bonus, stock options… a été adopté 2

Fin janvier, je présentais à la Commission mon avis sur les questions de « bonnes pratiques » liées à la gestion des entreprises  (pour voir la vidéo ou lire l’article relatif à cette présentation, cliquez ici  

Cet avis a été adopté le 17 mars (31 vois pour, 4 contre et 5 abstentions), après amendements, avec le soutien des Verts et des Socialistes européens, il fixe les équilibres qui devront être pris en compte quand une nouvelle législation sera proposée dans ce domaine.

L’avis souligne tout d’abord la responsabilité sociale des entreprises : celles-ci doivent intégrer des préoccupations autres que financières dans leurs activités et leurs interactions avec leurs parties prenantes, des préoccupations sociales et environnementales.  Il s’agit d’encadrer les pratiques en termes de rémunérations des dirigeants des grandes entreprises et de plafonner et taxer les bonus, stock-options et autres parachutes dorés. Les rémunérations, les retraites des dirigeants et leur évolution doivent être liées à celles du personnel ainsi qu’au respect des objectifs de responsabilité sociale et environnementale tels que les mesures prises en faveur de l’emploi, les conditions de travail, la parité ou encore la lutte contre les discriminations. L’avis propose également d’élargir le pouvoir de contrôle des autorités nationales et européennes pour faire respecter les principes de saine gestion financière et de gestion éthique des entreprises. Le droit d’information et de consultation des salariés et de leurs organisations syndicales fait l’objet de plusieurs demandes visant à le renforcer.

Pour une vision plus détaillée du contenu de mon avis, je vous propose de consulter sa version officielle ici [ PDF]

 

Conseil Européen : Non, la Grèce n’est pas sauvée, les peuples devront encore payer ! 3

Je ne partage pas du tout, mais vraiment pas du tout l’ambiance médiatico-politique organisée autour du Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne qui s’est tenu hier. On nous répète à l’envi que le Conseil européen aurait décidé de sauver la Grèce. La vérité, c’est que le Conseil européen a continué d’inciter la Grèce à appliquer une politique de super austérité de blocage, voire de baisse des salaires, de réduction d’emplois publics, de recul de l’âge du départ à la retraite, uniquement pour, comme le dit le texte  « redonner pleine confiance aux marchés ». 

Lisons ces deux phrases : «  Nous soutenons pleinement les efforts du gouvernement grec et saluons les mesures additionnelles annoncées le 3 mars qui permettront d’atteindre les objectifs budgétaires pour 2010. Nous reconnaissons que les autorités grecques ont pris des actions ambitieuses et résolues qui devraient permettre à la Grèce de retrouver la pleine confiance des marchés. Les mesures de redressement prises par la Grèce constituent une contribution importante au renforcement de la soutenabilité budgétaire et de la confiance des marchés.  Le Gouvernement grec n’a demandé aucune aide financière. Par conséquent, aujourd’hui, aucune décision n’a été prise pour activer le mécanisme décrit ci-dessous. »  

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