L’assourdissant cri de la famine 2

Editorial de la Terre

Les dirigeants des pays les plus puissants ont boycotté le sommet mondial de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

C’est une indignité et une infamie de plus au moment où la planète vient de franchir le terrible seuil du milliard d’individus souffrant de la famine. Quel monde ! Insupportable ! Famine exacerbée là-bas. Terres en friche, réduction de productions ici.

L’insécurité alimentaire mondiale s’aggrave chaque jour. Mais des mastodontes avides de profits, s’enrichissent chaque jour un peu plus de cette apparente dichotomie.

Car, la famine n’est pas le résultat d’un problème technique qui empêcherait de produire plus et mieux pour tout le monde. Non ! Il s’agit de l’une des grandes questions politiques posées à l’humanité. La pénurie, le pillage des ressources naturelles, celui du travail paysan partout dans le monde ont pour objectif la spéculation au profit de quelques uns.  Jusque-là, cultiver la terre visait à nourrir les hommes.

Aujourd’hui, des spéculateurs pèsent à la baisse sur les cours agricoles, mettant ainsi les paysans du Burkina Faso en concurrence avec ceux de Californie ou de la Beauce et des producteurs de tomates du Lot et Garonne avec la production de l’industrie de la tomate polonaise. Lire la suite

Les chiffres d’une politique injuste 1

Editorial de la Terre

En taxant les indemnités d’accident du travail, le pouvoir de droite vient une nouvelle fois de montrer qui il sert. Il vote, une année de plus, le bouclier fiscal qui représente un cadeau de 15 milliards d’euros, aux plus riches. Il veut supprimer la taxe professionnelle, représentant un cadeau de plus de 20 milliards aux plus grandes entreprises en mettant en difficulté les communes et les départements. Mais il taxe celui qui souffre déjà dans sa chair après un accident de travail. Cela enrichira t-il l’Etat au point de le sortir de ses déficits, comme le disent les parlementaires de droite ? Absolument pas ! Cette disposition rapportera 150 millions d’euros dans les caisses de l’Etat. 150 millions d’euros pris aux petites gens qui n’ont que leur travail pour vivre et 15 milliards pour les puissants, 20 milliards pour les grandes entreprises. On devrait aussi parler de l’exportation de capitaux par dizaines de milliards et des coffres-forts des paradis fiscaux.

Voilà les deux plateaux de la balance sarkozyste. Ils penchent du côté des plus riches et des puissants. Ajoutons que les niches fiscales représentent 73 milliards d’euros. Lire la suite

Bolkestein à l’Elysée 1

Editorial de la Terre

Refusant durant l’été d’augmenter les prix à la production des fruits et des légumes, le gouvernement avait argué du fait d’une différence de « coût  de la main d’œuvre » entre la France et les pays du sud de l’Europe. Ce qui est vrai. Mais cette différence provient du fait que les pays du sud exploitent des travailleurs sous-payés du Maroc, de Pologne et d’ailleurs. Un gouvernement et des institutions européennes qui auraient le souci des êtres humains et du progrès social agiraient pour que les rémunérations des travailleurs de toute l’Union européenne soient harmonisées vers le haut dans chaque pays. Le moment est d’ailleurs venu d’envisager la perspective d’un salaire minimum en deça duquel il ne serait pas possible de rémunérer le travail.

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Or, c’est exactement le contraire que prônent l’Union européenne et le pouvoir. Et ils agissent en conséquence.  Ainsi, le cabinet du Président de la République vient de proposer aux organisations professionnelles agricoles de fruits et légumes, de s’aligner sur les méthodes des employeurs des pays du sud, en créant des agences de main d’œuvre en Pologne, en Roumanie ou ailleurs. Les employeurs pourraient ainsi aller « louer » de la « main d’œuvre bon marché » dans les pays de l’est ou du sud, à partir d’un bas niveau de rémunérations et de  protection sociale, en concurrence avec les travailleurs agricoles français. Lire la suite

Le « plan agriculture » de Nicolas Sarkozy : bâti sur un système qui fait faillite 3

Réaction de Patrick Le Hyaric au « plan agriculture » de Nicolas Sarkozy

Face à une crise sans précédent, qui entraîne les petits et moyens agriculteurs ainsi que les jeunes vers une impasse dramatique, le Président de la République fait semblant, très tardivement, de s’occuper d’eux.

Les aides publiques qu’il annonce n’ont strictement rien à voir avec l’ampleur et la gravité de la détresse qui parcoure les campagnes. Il n’a d’ailleurs pas dit si ces sommes s’ajouteraient aux aides européennes ou pas.

Pire, en annonçant un mécanisme de prêt déjà promis par le ministre de l’agriculture, il ne fait qu’étaler et amplifier les difficultés dans le temps. Il ajoute de l’endettement à l’endettement.

 

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Il peut certes déplorer  la baisse des prix à la production tandis que les prix à la consommation augmentent. Mais c’est lui qui a amplifié cette inadmissible distorsion. En effet, la loi dite « de modernisation de l’économie » affaiblit les paysans et renforce les quatre ou cinq centrales d’achat qui imposent des prix d’achat toujours à la baisse aux producteurs. Nous réclamons avec force le démantèlement de cette loi et la réécriture d’un texte permettant une régulation progressiste des prix à l’intérieur du territoire national. Ajoutons que le gouvernement pourrait utiliser le mécanisme dit du « coefficient multiplicateur limité », s’il le voulait. Il ne le fait pas car il sert les puissances commerciales et financières. Lire la suite