Prix du lait : une nouvelle arnaque ! Répondre

Face aux résultats des élections régionales et à la pression populaire, même des députés de L’UMP se sont sentis obligés de demander au gouvernement un peu plus de justice. Pour cela ils avaient considéré qu’il était possible de faire un geste sur le bouclier fiscal, symbole de l’injustice de cette république tant il constitue un énorme cadeau aux plus fortunés. De retour des Etats-Unis, le président de la république leur a demandé de se taire. Il manifeste ainsi, de la manière la plus autoritaire, la façon dont il compte continuer à diriger le pays : au seul service de la classe des privilégiés de la fortune. Cette morgue du pouvoir est proprement insupportable et scandaleuse. Les principes de notre république sont sans cesse bafoués, et sans vergogne. Deux faits supplémentaires l’ont encore montré ces derniers jours. On n’a pu qu’être révolté la semaine dernière quand, le même jour, on apprenait d’un côté qu’un ministre avait loué un avion privé pour 116000 euros et, de l’autre, que la direction de l’entreprise Continental  propose un reclassement en Tunisie pour 137 euros aux salariés qu’elle a jetés à la rue. Quel symbole ! Quelle insulte faite au monde du travail ! 

Cette même semaine, le ministre de l’Agriculture a été contraint de réunir les industries laitières et la fédération des producteurs de lait parce que le prix du lait à la production continue de baisser. L’accord au rabais signé au mois de juin  dernier n’est même pas respecté. Ceci en dit long sur les projets de «contractualisation » prônés par le gouvernement et la Commission de Bruxelles. Le prétexte invoqué par les industriels laitiers est un niveau de prix du lait plus bas en Allemagne. Ainsi la «  liberté de concurrence »  pousse sans cesse à l’abaissement des prix à la production et à l’élimination des petits et moyens paysans. 

L’accord conclu au ministère de l’Agriculture est très mauvais. Il entérine la possibilité d’abaisser les prix en France pour les aligner sur les prix allemands puisqu’il veut instaurer un indice qui «  prendra en compte l’écart de prix entre le lait Français et Allemand». Un autre  indice devrait «  mieux tenir compte des prix mondiaux». Ainsi le pouvoir et les industries laitières, dont les profits augmentent pendant que les paysans sont acculés à la misère, ont décidé d’exploiter encore plus les agriculteurs. Face à de telles décisions, les agriculteurs comme les consommateurs doivent se mobiliser, dans l’unité la plus large. On ne peut laisser ainsi supprimer une profession, une grande filière française de production indispensable pour la souveraineté alimentaire, l’emploi, la vie des territoires, la gastronomie avec la diversité des fromages, des beurres et autres aliments issus du lait. 

La bataille doit porter sur le maintien des quotas de production par pays et la mise en place de prix minimums intra-européens. La création d’un office européen du lait pourrait être un outil pour avancer en ce sens. Mais il y a urgence à se faire  entendre avec encore plus de force dans l’unité. Il y a urgence  à changer les logiques européennes au service  de la loi de l’argent. Mettons enfin l’Europe et la politique agricole commune au service de  l’intérêt général.

 

 

Changer les politiques agricoles 3

Le Président de la République a fini par venir au Salon de l’Agriculture mais… quand il était encore…fermé ! Il n’a pas été très rassurant puisqu’il a déclaré à plusieurs reprises : « Je ferais pour l’agriculture française  et européenne ce que nous avons déjà fait pour sauver la finance ». De deux choses l’une : soit il compte sauver les productions agricoles et industrielles soit la finance. Mais pas les deux en même temps.

Puis il a lancé à qui voulait l’entendre qu’il « ne reculerait plus d’un pouce » pour défendre les agriculteurs. Le problème c’est qu’il a déjà reculé et beaucoup reculé avec les déréglementations de toutes sortes, la démolition du système de quotas laitiers, de prix minima, conformément au principe de « concurrence libre ». Aujourd’hui il propose de jeter les agriculteurs, sans pouvoir se défendre, dans la gueule des quelques centrales d’achat qui imposeront encore plus leur loi. C’est le sens du projet de « contractualisation ». Poursuivre ainsi c’est pousser à nouveau plus d’un tiers d’exploitations familiales agricoles à la ruine.

Et  quand M. Sarkozy déclare qu’il va défendre les agriculteurs à Bruxelles, il ment effrontément. Dans un document remis le 13  janvier dernier à la Commission de Bruxelles où le pouvoir devait donner son opinion sur « l’après stratégie de Lisbonne », il n’y a pas une ligne sur l’agriculture et la politique agricole commune.

En fait, M. Sarkozy est finalement venu au salon de l’agriculture pour tenter de limiter les dégâts de la défaite cinglante qu’il va subir dimanche prochain. Les agriculteurs, comme les autres catégories sociales ne sont pas dupes. Elles savent que le pouvoir de l’ultra-droite actuelle va aggraver encore considérablement leur situation. Toutes les rencontres, tous les témoignages que nous avons recueillis sur le salon de l’agriculture l’ont largement confirmé. Répétons-le ! Il n’y a pas d’avenir pour l’agriculture française et européenne sans revenir à une politique de prix public de base contrôlé, au moins pour une quantité donnée de production, sans revenir à un mécanisme de préférence communautaire. Mais ceci est totalement contraire au traité de Lisbonne. Ce traité dont M. Sarkozy se vante d’être le père.

La grave crise actuelle en Europe et ailleurs montre à quel point il est indispensable d’inventer une nouvelle Europe, sur une base sociale, solidaire et de la sécurité alimentaire. Voilà pourquoi nous réitérons notre proposition de réunir une conférence européenne de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement. C’est d’autant plus urgent que les attaques contre l’agriculture se multiplient

Cette même semaine, la Commission européenne a annoncé qu’elle autorisait la culture d’une variété de pomme de terre génétiquement modifiée pour la fabrication de…papier. D’un autre côté était relancée cette campagne totalement absurde contre la production de viande bovine, sous prétexte que cette production serait néfaste pour l’environnement. Si le mode de production doit faire l’objet d’un débat, les éleveurs ne sont en rien responsables des problèmes environnementaux actuels. Si on importe du soja du Brésil c’est bien parce qu’il n’y a jamais eu de plan protéines en Europe. Et s’il n’y a plus de bovins, il n’y aura plus non plus de lait. Alors que la France devient déficitaire pour son approvisionnement en viande bovine au service de qui sont menées ces campagnes ?

Le vote pour les listes de la gauche de transformation dimanche ou comportant des candidats de cette mouvance dans l’unité sera un atout pour faire des conseils régionaux des leviers utiles pour un mode de développement agricole favorable à l’agriculture paysanne, à une rémunération correcte du travail paysan, au développement harmonieux, solidaire et durable des territoires. Des conseils régionaux bien ancrés à gauche peuvent être des atouts pour développer des projets nouveaux d’installation de jeunes agriculteurs et de contrats territoriaux d’exploitation. Le vote dimanche va être utile pour battre la politique sarkozyste et préparer un nouvel avenir pour l’agriculture, les services publics ruraux, les communes rurales. Cet avenir passe par l’ancrage à gauche des conseils régionaux.

Pour une conférence européenne pour l’agriculture et l’alimentation 1

C’est dans ce lieu que le Président de la République avait montré sa grossièreté et son talent d’insulteur en chef, plus proche de la saillie crachée dans un bistrot que de la tenue et de la retenue qui sied à la fonction d’un chef d’Etat : le salon international de l’agriculture. Cette année il n’est pas venu ouvrir le salon préférant la « datcha » du cap Nègre. Les paysans sont dans la mouise la plus noire, le Président se dore la pilule. Lui qui a gratifié ses amis de la haute bourgeoisie, sa classe, d’un bouclier fiscal ; multiplié les exonérations sociales et fiscales aux grandes sociétés et veut maintenant supprimer la taxe professionnelle, laisse l’une des catégories essentielles à notre pays se débrouiller avec une baisse moyenne de plus d’un tiers de ses revenus. Oui, un tiers ! C’est le résultat de la diminution généralisée des prix à la production agricole. Combien de douleurs et de malheurs, combien de souffrances se cachent derrière ces mots ? L’endettement et le surendettement de nombreux agriculteurs devient insupportable.

On a rarement connu une baisse si importante, si généralisée en temps de paix. Il faut le dire, le redire et le clamer : les paysans ne peuvent plus vivre de leur travail. Et ceci n’est ni le fruit de difficultés climatiques, techniques, ni de quelque volonté du Saint Esprit, mais des décisions politiques dont l’actuel Président de la République et ses comparses sont les acteurs principaux depuis des décennies. Ce sont eux qui ont « démantelé », « dérégulé » les systèmes de production, les politiques visant à rémunérer le travail par les prix. Ce sont eux qui ont lâché les brides des spéculateurs de tous poils qui, aujourd’hui, broient les « agriculteurs paysans » et affament une partie du monde. Aujourd’hui on spécule sur le lait comme sur le café, sur le blé comme sur le thé ou le coton. Tout cela se décide loin des regards des peuples, à l’Organisation Mondiale du Commerce, haut lieu des baises-mains et des courbettes aux puissants de ce monde. Cela s’est décidé, année après année, dans le démantèlement des principes fondateurs de la politique agricole commune. Ils ont supprimé la plupart des leviers de l’action publique au service de l’intérêt général pour donner toute liberté aux requins de la finance. Voilà leur définition du « libéralisme ».

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Une nouvelle politique agricole pour une politique alimentaire et environnementale Répondre

Editorial de la Terre

Une nouvelle commission européenne va être installée en début d’année 2010. Un nouveau commissaire à l’agriculture, M. Dacian Ciolos vient d’être nommé. Et un nouveau débat va s’engager sur l’avenir de la politique agricole européenne.

Une part de l’avenir de l’agriculture se joue donc dans les semaines à venir. Le pire serait de laisser se développer cette réflexion à partir des « perspectives financières de l’Union euro-péenne ». C’est exactement le contraire qu’il faut faire : définir d’abord le projet agricole nécessaire à l’Union européenne et au monde. Ce n’est qu’à la suite de ces réflexions que doivent être envisagés les moyens financiers.

Mais, au-delà, il est nécessaire de repenser la question agricole, non pas comme une question concernant les seuls agriculteurs mais comme un enjeu civilisationnel, à la croisée de plusieurs grands défis pour nos sociétés et la planète toute entière.

 

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La crise dans les secteurs agricoles, conséquence des politiques de dérégulation de l’UE Répondre

Le lundi 14 décembre a eu lieu Parlement européen à Strasbourg un débat sur la crise dans les secteurs agricoles. La Commissaire à l’agriculture, la danoise Mariann Fischer Boel, a expliqué la situation critique des exploitations agricoles par les effets de la crise économique. Je lui ai rétorqué qu’elle était plutôt le résultat des politiques de dérégulation poussées par la Commission:

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