Avec le Front de Gauche, la gauche est de retour 4

Enfin une bonne nouvelle ! La gauche est de retour. Et c’est au Front de Gauche qu’on le doit. Le candidat du Parti socialiste disait en décembre qu’il fallait « donner du sens à la rigueur ». Aujourd’hui, comme nous, il dit qu’il faut s’attaquer à la finance. Il n’y a pas si longtemps, il envisageait une majorité avec  Bayrou, homme de droite déguisé en centriste. Il a récemment clairement affirmé que sa majorité est dans la diversité de la gauche. Voilà des avancées qu’il faut mettre au crédit des évolutions de l’opinion publique auxquelles contribue la dynamique et rassembleuse campagne de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, au sein duquel les communistes prennent une part très active en déploiement militant et en créativité politique, même si les grands médias font tout pour le cacher. Ceci ne signifie pas que la gauche soit devenue uniforme, en accord en tout point. Non ! Loin de là. Le programme de F. Hollande reste marqué par l’adaptation à la crise.

Mettre en évidence ces données nouvelles veut surtout dire que rien n’est encore réglé quant au programme qui permettra de battre l’hyper-austérité sarkozyste et de sortir nos concitoyens des souffrances sociales qui les assaillent. Mais que tout reste possible, dans un sens positif pour le monde du travail et de la création, grâce à l’efficacité de l’alliance du Front de Gauche qui fait bouger la situation en crédibilisant la possibilité de battre N. Sarkozy, en faisant  reculer l’extrême-droite et en donnant un sens transformateur et populaire  à la gauche et à l’écologie politique dans leur ensemble. Plus nombreux sont nos concitoyens qui en prennent conscience. Ils ont fait progresser Jean-Luc Mélenchon de 4% à près de 10% des intentions de vote.

Fait d’autant plus encourageant que Jean-Luc Mélenchon et François Hollande progressent ensemble. Le  risque, comme en 2002, d’une élimination de la gauche au second tour devient donc très improbable surtout que s’ajoute la stagnation, voir le recul du candidat-président. Dans ces conditions, bien plus grande est cette fois la liberté des électrices et des électeurs de gauche d’émettre un vote utile, efficace et sans danger afin d’ancrer la politique à gauche et mettre un terme aux  politiques d’austérité et de chômage.

Cela vaut le coup d’y réfléchir quand on partage le dur sort des six millions de personnes qui sont contraintes de vivre avec moins de mille euros par mois, ou celui des seize millions qui terminent le mois à dix euros près. Au moment où ces lignes sont écrites, un seul bulletin de vote -c’est un fait- leur permet de dire qu’ils veulent  une augmentation des bas salaires, des minima sociaux et des prestations sociales, la baisse des prix à la consommation, le bulletin Jean-Luc Mélenchon.

Ce n’est pas un hasard puisqu’il s’en donne les moyens grâce à un nouveau partage des richesses, pour la justice et l’égalité. Avoir du courage par les temps qui courent consiste à se placer du côté des petits, des humbles, de toutes celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre. N Sarkozy, lui, continue d’être obsédé par la rente des plus fortunés. C’est de ce côté qu’il faut prendre et pas parmi ceux qui n’ont rien, peu ou pas grand-chose, comme le propose trop souvent le candidat du Parti socialiste. Le courage, ce n’est pas de copier le modèle allemand et de se faire adouber par l’ultralibérale Mme Merkel. C’est, en s’appuyant sur une dynamique de victoire en France, en appeler aux autres peuples européens pour refuser -et non aménager- un nouveau traité, corsetant les dépenses sociales et publiques et des droits sociaux. Qui peut croire que nos concitoyens soient les seuls en Europe à être favorables  au rachat par la Banque centrale européenne de tout ou partie de la dette des Etats ? Ou à estimer que ce serait une bonne chose si cette même banque impulsait  un nouveau type de crédit, en lien avec des pôles publics bancaires pour que l’accès au crédit soit d’autant plus facilité qu’il sert l’emploi, les salaires, l’investissement utile et écologique ? Messieurs les bonimenteurs de l’austérité à perpétuité, donnez la parole aux populations et vous verrez que ne sont pas isolées sur notre continent les motivations de celles et ceux qui ont dit “non” chez nous à la Constitution européenne!

Nous entrons dans cette phase de la campagne électorale où le débat sur la sortie de l’austérité va  prédominer. Prétendre qu’il y a trop de dépenses sociales ou trop de nos concitoyens qui vivent au dessus de leurs moyens pour expliquer la crise, c’est faire prendre les vessies pour des lanternes. Trop de richesses accumulées à un pôle de la société avec une paupérisation de l’autre pôle, voilà où se situe l’origine de la crise. En ajoutant de l’austérité, on ne fait qu’aggraver le mal. Pour s’en sortir, il faut s’attaquer à la finance spéculative au profit d’une vie meilleure pour les travailleurs. C’est  un nouveau partage des richesses qui permettra de favoriser la rémunération du travail et des retraites, combiné à un nouveau crédit, à une modification des systèmes productifs qui fera reculer la crise dans ses dimensions économiques, sociales et écologiques. Trop de candidats essaient d’enfermer le débat dans le piège d’une acceptation de l’austérité à plus ou moins grande échelle. La droite, de Sarkozy à Bayrou, et l’extrême droite, sont sur ce créneau, en bons protecteurs des puissances d’argent. Ils veulent désormais tellement cacher cette donnée que, dimanche dernier, le Président de la République a expliqué une hausse de la TVA et une baisse des salaires par le fait qu’il s’agirait là de “la raison” ou  “d’un devoir de réalité”, car “le clivage entre la droite et la gauche n’a plus de raison d’être”. Rien n’est plus faux ! La droite n’a pas changé. Elle sert sa classe : la classe capitaliste. La hausse de la TVA sert à faire un nouveau  cadeau  de près de treize milliards aux grandes entreprises.

Il reste moins de trois mois pour amplifier un mouvement qui s’est amorcé depuis quelques semaines et lui donner la force d’une dynamique irrésistible. Trois mois pour faire apprécier combien le Front de Gauche et son candidat peuvent, beaucoup plus encore, contribuer à la victoire et au succès durable d’une politique de changement qui réponde aux espoirs de celles et ceux qui n’en peuvent plus de souffrir.

COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPÉEN (16-19 janvier 2012) 1

--Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg-- © Commission européenne

Le Parlement européen s’est réuni du 16 au 19 janvier 2012 à Strasbourg. Voici les principaux éléments discutés et votés lors de cette session.

Le Parlement européen change de Président

Un curieux accord lie les deux principaux groupes politiques du Parlement européen. Le Parti Populaire Européen (PPE) de droite et les socialistes européens du groupe Socialistes & Démocrates (S&D) se partagent la présidence pour la durée de la législature. Le Président sortant, M. Jerzy Buzek était issu des rangs du PPE, c’est donc le socialiste Martin Schulz qui a été élu ce mardi 17 janvier par 387 voix. C’est une majorité plus faible de celle de son prédécesseur qui avait obtenu 555 voix lors de son élection en juillet 2009.

More…

Des raisons d’espérer et d’entreprendre 1

Qui n’a pas été profondément choqué, ému et révolté de voir les larmes de colère des travailleuses de l’usine de lingerie Lejaby, jetées comme des kleenex après avoir fait depuis des décennies la fortune des  propriétaires de l’entreprise. Pour augmenter encore leurs profits, ils ont décidé de détruire la vie, l’avenir de ces ouvrières et de leurs familles en délocalisant la production afin de gagner une quarantaine de centimes d’euros sur un soutien-gorge qui est vendu quatre-vingt euros.

Quel violent contraste entre le sort réservé à ces femmes, véritables assommées sociales du capitalisme et le cirque de prestidigitateurs sarkozystes autour de l’emploi et de la « ré-industrialisation ». Les annonces et mises en scène du prétendu sommet anticrise de mercredi dernier frisent l’indécence totale. Le Président de la République n’y a redéployé que quelques maigres crédits qui n’auront aucun effet. Puis voici le lendemain M. Sarkozy dissertant tranquillement comme s’il n’était pas aux affaires depuis plus de dix ans, déclarant à Lyon : « Il faut à tout prix garroter la perte de sang industriel de la France ». Ce pourrait être risible, mais c’est trop grave venant d’un Chef de l’État qui a laissé supprimer neuf cent entreprises depuis cinq ans et sept cent cinquante mille emplois industriels.

Il se garde bien de rappeler sa promesse lancée sur France 2 en 2007, où il s’engageait « sur le plein emploi,  5% de chômeurs à la fin de son quinquennat ». Ils sont le double aujourd’hui ! Et chaque jour qui passe en Sarkozie en ajoute mille de plus. La semaine a été rythmée par des fermetures d’entreprises et des plans de suppressions d’emplois. Au drame Lejaby s’ajoutent ceux de Pétroplus et de Cofinoga. Quelle violence dans cette  opposition entre les paroles et les actes du bonimenteur qui occupe l’Élysée ! Rien d’étonnant quand tous ses choix politiques ont visé à satisfaire les puissances d’argent. Décidément, M. Sarkozy aura été le Président de l’austérité, du chômage et des déficits publics parce qu’il a choisi son camp, celui des très riches.

Un changement véritable à gauche passe par le refus de la soumission au monde de l’argent, de la finance spéculative et du capital international. L’une des priorités doit donc être de réorienter l’argent vers le travail, la rémunération juste du travail et le développement des activités. Que le candidat socialiste ait désigné cette finance prédatrice comme son « ennemie » dans son discours du Bourget est la manifestation des premiers effets positifs de la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour l’égalité,  la justice et un nouveau partage des richesses. On ne pouvait espérer meilleure reconnaissance de l’efficacité et de l’utilité des propositions  du Front de Gauche et du vote en faveur de son candidat Jean-Luc Mélenchon.

Le peuple de gauche sait d’expérience combien, face aux tenants de l’argent-roi, il faudra avoir de courage, d’audace, d”inventivité et d’ambition pour impulser un nouveau type de développement industriel et agricole, respectueux des hommes et de la nature. En mettant le bulletin Mélenchon dans l’urne, chacune, chacun pourra  librement et utilement exprimer son rejet de Nicolas Sarkozy et sa détermination de voir soustraits les systèmes productifs des griffes des rapaces de la finance et inventer un nouveau pôle  de crédit public. Il s’agit ni plus ni moins d’avancer vers une  sécurité du travail, mêlée à la formation et à la culture pour toutes et tous, le plein l’emploi en  impulsant  l’investissement dans le cadre d’une métamorphose environnementale, vers un  plus haut degré de civilisation.

Ceci nécessitera de mener bataille avec les autres peuples pour changer les statuts et les missions de la Banque centrale européenne qui doit avoir des objectifs humains et environnementaux pour critère de ses activités. Elle a vocation à terme de devenir une banque publique, au service de l’intérêt général et les banques nationales doivent pour l’essentiel être propriété sociale et publique au service de l’humain et non plus de la finance. Au-delà, on ne peut penser défendre la vie dans les territoires, réindustrialiser le pays, sans réfléchir à une appropriation sociale d’un type nouveau de certains secteurs décisifs de l’appareil productif et des services essentiels, tout en développant la coopération à l’intérieur de l’Europe.

Au lieu de poursuivre des délocalisations visant à amplifier la surexploitation chez nous et celle des travailleurs dans les pays du Sud pillés, agissons contre l’ultralibéralisme de l’Organisation mondiale du commerce et inventons un nouveau système de co-développement pour le travail, l’école et la formation, l’échange culturel, en particulier  avec les pays arabes qui cherchent les voies de leur émancipation. Ce sont des protections communes aux salariés et aux populations des deux rives de la Méditerranée qu’il faut inventer dans la solidarité. Évidemment, la mise en œuvre et la réussite d’une politique de gauche passent  par le refus clair et net du projet de nouveau traité européen voulu par M. Sarkozy et Mme Merkel et une émancipation des critères ultralibéraux des traités de Maastricht et de Lisbonne.

En définitive, il faut viser  une sécurité au travail pour tous les individus où qu’ils vivent avec un changement profond du sens et de l’exercice de ce travail, et sa juste rémunération. Telle est, selon nous, la voie de l’efficacité économique et sociale pour sortir de la crise.

Nous avons la conviction que l’amplification de la campagne rassembleuse du Front de Gauche, au  cœur de la gauche,  va encore la faire bouger toute entière pour mieux répondre aux attentes du monde du travail et de la culture. C’est la condition d’un succès durable. Plus que jamais c’est Jean-Luc Mélenchon, avec toute la gauche et l’écologie politique,  contre l’assommoir social.

Contre le déclassement, changer de système Répondre

Que les dirigeants des pays européens aient pu laisser trois agences de notations, liées aux milieux d’affaires, peser sur les orientations politiques et économiques, constitue une démission sans nom, une forfaiture. Voici que l’une de ces sévères “notatrices”, liée au capital nord-américain, sanctionne la politique de M. Sarkozy. Preuve que le Président de la République ne protège pas la France. Preuve aussi que ses discours sur ” la moralisation du capitalisme” ne sont que du vent.

Pourtant, c’est ce même M. Sarkozy qui avait répété ces dernières années que la notation dite “triple A” était si précieuse que pour la préserver il a, contre l’opinion majoritaire des citoyens français, démembré le droit à la retraite à 60 ans, abaissé les niveaux de protection sociale, attaqué violemment les services publics, obligé les familles populaires à se serrer toujours plus la ceinture.

Preuve vient d’être administrée que rentrer dans le jeu des marchés financiers et tenter de répondre sans cesse à leurs exigences revient à placer nos concitoyens dans une broyeuse sans fin de leur salaire, de leur retraite, de leurs droits sociaux, démocratiques et politiques. Une réflexion nouvelle vient immédiatement à l’esprit : il ne peut y avoir de réponse authentiquement de gauche si on se moule dans le modèle du capitalisme financiarisé et mondialisé. Plus le pouvoir de droite et les dirigeants européens imposent l’austérité, plus la finance en réclame et plus la crise s’aggrave. Quelle que soit la couleur politique des gouvernants qui l’appliquent, parce qu’ils font souffrir leurs populations, ces dernières les chassent à la première occasion comme dernièrement en Grèce et en Espagne. Mais en guise de changement, les Grecs et les Espagnols ont maintenant encore plus d’austérité, avec plus de chômage et de précarité, certes avec des têtes nouvelles au sommet des Etats. De cette vis sans fin vers le malheur et la désespérance, il est plus que temps de sortir. C’est pour y contribuer qu’existent le Front de gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon.

Eux seuls ont le courage et l’honnêteté de dire que l’austérité n’est pas le moyen de réduire les dettes. Elle en produit et les aggrave sans cesse. M. Sarkozy, ce  grand pourfendeur de déficits, aura réussi cet incroyable et pitoyable exploit de créer à lui seul autant de dettes que les quatre Présidents de la République qui l’ont précédé. Lorsqu’il s’est installé au Palais de l’Elysée en 2007, l’endettement du pays était de 700 milliards d’euros. Aujourd’hui il est de 1600 milliards. Non pas parce qu’il a amélioré les services publics ou la protection sociale. Il les a dégradés. Par contre, il a multiplié les cadeaux aux plus fortunés et au grand capital, tout en réduisant l’activité économique. Il voudrait nous faire croire qu’il n’est pour rien dans la dégradation de la note qu’il présentait encore il y a peu comme une catastrophe à éviter à tout prix, devenue de peu d’importance aujourd’hui qu’elle est là. N’en déplaise à cet illusionniste, la chose est grave. Très grave. Dans l’actuel système, elle oblige notre pays à emprunter à des taux d’intérêt plus élevés. Tout risque encore d’augmenter, avec des  souffrances sociales insupportables.

Le Premier ministre, comme d’habitude, appelle à un tour de vis supplémentaire au nom de la “compétitivité “. Avec d’un côté, une ponction sur le consommateur avec “la TVA-vie chère”. De l’autre, une diminution des salaires. Certains ministres proposent même de supprimer la cinquième semaine de congés payés. Or, dans toute l’Europe l’expérience montre que plus l’austérité est sévère, plus la crise s’aggrave et plus les difficultés s’accumulent, plus la dette grossit. Elle augmente parce que l’économie est étouffée et que les banques ponctionnent des intérêts sur cette dette devenue insupportable pour les Etats et la société toute entière.

S’attaquer à la dette appelle de tourner le dos à ces choix. C’est en effet le développement économique et social qui permettra des rentrées financières et de relancer la production et l’emploi. Il faut une réforme fiscale progressiste pour la justice et une transformation  du système bancaire qui doit cesser d’être un outil de pompage des ressources du travail, des Etats, des collectivités territoriales et des institutions publiques. Il s’agit de mettre ces outils au service du développement humain, social et écologique grâce à l’utilisation d’un crédit peu cher, dès lors qu’il sert le travail, la création, le progrès social et écologique. Pour y parvenir, -condition d’une indispensable souveraineté économique- il devient nécessaire que le système bancaire soit sous contrôle citoyen. Autrement dit, il est indispensable de socialiser les banques et les institutions financières, tout en menant bataille en Europe pour changer le rôle de la Banque centrale européenne de telle sorte qu’elle se mette au service du bien commun et non plus de la rapacité des fonds financiers des banques privées.

C’est l’opposé de ce que tentent d’imposer M. Sarkozy et Mme Merkel avec le projet d’un nouveau traité européen austéritaire. M. Sarkozy avait déclaré qu’il était le point de départ d’une « nouvelle Europe ». Il n’a pas dit pour qui ! Pour les voraces de la finance ? Certainement ! On voit mieux aujourd’hui la nocivité des orientations euro-capitalistes de ce texte, aggravant considérablement les critères antisociaux du traité de Lisbonne, déjà majoritairement rejeté en 2005 par le non au référendum. Le caractère dérisoire des sommets franco-allemands à répétition saute aux yeux. M. Sarkozy y aligne nos droits sociaux sur les choix extrêmement durs que subissent les travailleurs allemands, sans pour autant enrayer la crise, bien au contraire !

 Ce n’est pas en livrant la France, pieds et poings liés à la finance qu’on en sortira. C’est en engageant un processus populaire et démocratique qui s’en émancipe en misant sur “l’humain d’abord”.

Non à la TVA antisociale ! 2

A moins de cent jours du premier tour de l’élection présidentielle, le risque existe que ce scrutin soit transformé en un moment de validation et d’accélération des contre réformes imposées au nom de la lutte contre la crise. Contresens absolu puisque ce sont précisément toutes les décisions poussant aux déréglementations capitalistes, à l’accentuation de l’exploitation du travail, à une nouvelle inégalité de répartition des richesses issues de ce travail en faveur du capital qui ont déclenché la crise et l’aggravent comme une vis sans fin. Il faut avoir l’outrecuidance d’un Nicolas Sarkozy pour le faire alors  que le capitalisme financier mondialisé est contesté comme jamais et que nos concitoyens vont devoir choisir la politique qu’ils veulent dans quatre mois.
De ce point de vue, le complexe médiatico politique et sondagier organise une bipolarisation de l’élection entre deux seuls candidats, agrémentée,  comme la dernière fois, par un deuxième candidat de la droite très austéritaire, M. Bayrou et la candidate du national capitalisme, chargés, chacun à sa façon,  de bloquer et de valider cette bipolarisation qui confine à l’impasse. Et voilà que depuis quelques jours l’usine à fabriquer l’opinion agite le spectre d’un duel Bayrou- Le Pen. Ainsi tout est fait pour enfermer les électrices et les électeurs dans de faux choix d’acception d’une austérité appliquée avec plus ou moins de violence.
Pour tenter de cacher ces projets de plus en plus d’articles de presse font croire qu’il existerait « un vide des programmes ». C’est absolument faux ! Tous les candidats ont des programmes et des projets. Le candidat-président défend le sien quotidiennement et celui de François Hollande a été abondamment détaillé au cours des primaires de son parti. Ce qui est vrai, par contre, c’est qu’un seul programme propose de combattre l’austérité pour sortir de la crise, celui de Jean-Luc Mélenchon, présenté au nom du Front de Gauche, au début de l’été. Ce n’est pas une opinion, c’est un fait ! Fait dont on se demande bien pourquoi il échappe à la sagacité de tant de journalistes qui se refusent à voir que la candidature de Jean-Luc Mélenchon vise, tout à la fois, à contribuer à débarrasser la France du président qui la martyrise et à contribuer au rassemblement populaire le plus large pour qu’une politique de changement réel à gauche l’emporte et réussisse demain.
M. Sarkozy comme M. Bayrou ou la famille Le Pen défendent des projets qui ont en commun d’être au service des puissants de la finance. Mettre en place, comme le propose Mme Joly, au nom de l’anti-sarkozysme, une sorte d’union nationale pour appliquer tout ou partie du programme d’austérité et de soumission à l’Europe de l’argent que propose M. Bayrou reviendrait à confondre les loups et leurs victimes, les peuples. Cela n’a rien à voir avec le changement à gauche.
Quand les temps sont si durs pour nos concitoyens et les perspectives si sombres, y compris pour le devenir de la planète, on n’a pas le droit d’alimenter le débat politicien qui, au final, profite à N. Sarkozy. N’a-t-il pas entrepris de faire oublier qu’il est le parrain du traité de Lisbonne et de camoufler le coup de force supplémentaire qu’il commet contre la souveraineté populaire avec le traité d’austérité budgétaire qu’il négocie avec Mme Merkel, en s’agitant autour de Jeanne d’Arc ou d’une taxe sur les transactions financières, dont il disait, il n’y a pas si longtemps qu’elle était « une absurdité » ?  Quand, après la contre réforme des retraites, voilà qu’il propose de porter un coup terrible à l’école publique de la Nation et au pouvoir d’achat des salariés avec sa  TVA antisociale ? A mes yeux, tout commande au contraire d’aller au fond des choses dans les débats avec les électrices et les électeurs pour -ce n’est qu’un exemple- montrer que la TVA-Sarkozy participe des actuelles orientations européennes, notamment celles du projet de traité européen dont la philosophie vise à obliger par oukases européens à réduire les salaires, les dépenses sociales, les contributions patronales et à augmenter les prélèvements sociaux sur le travail au nom des équilibres budgétaires.
Au chapitre des leurres présidentiels, une place de choix revient au prochain sommet dit «social ». A quoi peut-il  bien servir si les décisions sont déjà prises et à quoi servirait la confrontation électorale si on fait mine de tout chambouler- qu’on n’a pas fait pendant cinq ans- en tenant pour quantités négligeables les opinions et les votes de nos concitoyens ? Il s’agit donc bien d’un nouveau coup de force, à partir de plusieurs mensonges. Il est faux de dire que les produits importés contribueraient aussi au financement de la protection sociale. Cela défie le bon sens. Ce ne sont en effet pas les produits d’importation qui paient l’impôt mais les… consommateurs de tous les produits, produits ici ou ailleurs. Une variation même minime du taux de change de l’euro a bien plus d’effet.
Cette TVA supplémentaire équivaut à une baisse des salaires puisque ce que les libéraux appellent « le coût du travail » pour les entreprises sera abaissé et le pouvoir d’achat des salariés sera réduit, comme d’ailleurs celui des retraités et des chômeurs. En vérité, il s’agit du projet d’un nouveau cadeau d’au moins trente milliards d’euros aux entreprises. Il s’agit aussi d’une modification profonde de la fiscalité qui pèsera sur chaque famille quel que soit son revenu, alors que l’impôt sur les sociétés, la taxe professionnelle et l’impôt sur la fortune sont abaissés. Bouclier fiscal, aménagement de l’impôt sur les grandes fortunes, TVA-Sarkozy font partie de l’arsenal du président des riches ! Des propositions d’autres candidats consistant à instituer une fiscalité dite « écologique » ou une fusion de l’impôt et de la CSG, reviendraient en dernier ressort à ne pas aborder les enjeux fondamentaux. Ceux d’une nouvelle justice fiscale, d’un nouveau financement de la protection sociale, faisant participer les actifs financiers et les revenus financiers des entreprises et des banques, ceux du crédit public. De quoi avancer vers un nouveau projet de sécurisation du travail et de la formation pour toutes et tous, un changement de crédit à partir d’un pôle publique bancaire fort, en menant  un combat incessant pour changer les missions de la Banque centrale européenne. Jean-Luc Mélenchon le propose. Ce n’est pas à prendre ou à laisser mais quand pourra-ton en débattre sérieusement et honnêtement à la télévision ?
L’oligarchie de la finance tente de transformer les prochaines échéances électorales, en s’appuyant sur la crise et les mécanismes de l’élection présidentielle, en un moment de validation par les citoyens de l’austérité et de l’autoritarisme des instances européennes. Contribuer à déjouer ce piège lourd de terribles conséquences pour le monde du travail et de la création n’est pas le moindre mérite de la campagne du candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon.

Allons-y toutes et tous avec audace !

.