En avant, pour la réussite du changement à gauche 8

Avec toutes les électrices et électeurs de gauche, progressistes et de l’écologie politique, nous nous réjouissons qu’une majorité nette de nos concitoyens vienne d’élire François Hollande et de mettre fin au sarkozysme.

La page est enfin tournée d’un quinquennat de la régression sociale et démocratique qui a fait tant souffrir notre peuple, tant défiguré et affaibli notre pays, tant stigmatisé, tant divisé, tant opposé les uns aux autres en piétinant les plus belles valeurs de notre République. Comme vous, ce soir, nous sommes soulagés, heureux et nous félicitons chaleureusement François Hollande pour son élection. Une victoire à laquelle nous avons activement participé.

Avec lui tout peut commencer.

Nous souhaitons ardemment, dans l’intérêt de nos concitoyens, que la gauche réussisse, qu’elle s’attaque à la crise, qu’elle améliore la vie quotidienne de chacune et chacun.

Le défi est immense car les puissances d’argent, les institutions européennes, la droite, l’extrême-droite et le grand patronat vont se mobiliser pour dresser des obstacles sur la route des changements que vous espérez depuis si longtemps.

Le nouveau pouvoir aura besoin du rassemblement et de l’intervention du plus grand nombre. Il aura besoin de l’union la plus large et pourra compter sur l’apport de la force politique nouvelle qui a si puissamment émergé dans cette élection présidentielle, le Front de Gauche. Unitaire, indépendante et autonome, votre appui, votre soutien lui seront nécessaires pour que soient adoptées par la nouvelle Assemblée Nationale, des lois portant les urgences sociales, écologistes et démocratiques, avec notamment l’augmentation du pouvoir d’achat, le retour à la retraite à 60 ans, la défense de la sécurité sociale, la construction de logements accessibles par toutes et tous ; des moyens pour l’école et la formation et une dynamique nouvelle de création et de sécurisation des emplois, le changement du secteur bancaire, des droits nouveaux pour les salariés.

Beaucoup va donc dépendre du nombre de députés du Front de Gauche qui seront élus en juin prochain. Avec eux, vous pouvez être assurés que vos attentes seront défendues avec la volonté de bousculer les institutions européennes et ne pas appliquer le traité d’austérité Sarkozy-Merkel.

Une brèche vient de s’ouvrir qui libère des forces pour une République nouvelle, un pays apaisé, où chacune et chacun peut contribuer au changement.

Ensemble, ce soir partageons l’immense joie de la victoire. Ensemble, demain, partageons notre réussite commune.

Dimanche, le vote pour changer d’ère Répondre

Le 03 mai 2012 @6h30

Dimanche prochain, l’occasion est donnée de clore cette période du sarkozysme ultralibéral populiste qui restera comme une des plus noires qu’ait connu la République. Il ne faut pas la manquer. Il faut  au contraire s’en saisir pour ouvrir une nouvelle page de notre histoire en utilisant sans ambiguïté le bulletin de vote F. Hollande.

Si M. Sarkozy était réélu, ce serait son dernier quinquennat. Il se sentirait encore plus les mains libres pour déchiqueter tous les droits sociaux, économiques et politiques. Surtout, il arrimerait avec un cadenas notre pays aux injonctions de la haute finance internationale au travers du projet de traité européen budgétaire, aussi baptisé « Merkozysme ». Celui-ci conduit à faire décider de nos droits fondamentaux de la protection sociale au salaire minimum, à l’éducation, à la formation, à la santé, à l’énergie, au transports par le bon vouloir des autorités bruxelloises non élues.

C’est la République sociale et la République démocratique annihilées.

La campagne d’entre deux tours du président sortant est bien plus qu’un dérapage ou un simple calcul pour capter des voix qui se sont portées sur l’extrême-droite. C’est un choix politique réfléchi. Le Président des riches n’a pas perdu la boussole ! Cette rhétorique extrémiste, débordant souvent le lepénisme sur sa droite, est précisément sa boussole. Certains de ses propres amis politiques qui ont exercé ou exercent encore les plus hautes fonctions de l’État, les yeux ébahis, ne cachent plus leurs inquiétudes, voir leur effroi.

M. Sarkozy rompt sciemment et en connaissance de cause les digues existant entre la droite et l’extrême-droite. Son calcul n’est pas qu’électoraliste. C’est bien plus grave et plus profond que cela. Cette tendance est déjà à l’œuvre dans de nombreux pays européens, de la Hongrie aux Pays-Bas, de l’Autriche à la Grèce, de la Norvège à la Suisse et aussi aux États-Unis.

Le capital international dont M. Sarkozy est l’un des mandataires a besoin, à ce moment précis de l’histoire, d’un personnel politique suffisamment fort idéologiquement pour que les terribles souffrances  et les puissantes colères que provoquent ses choix ne puissent se retourner contre lui.

L’idéologie de la concurrence de tous contre tous doit avoir pour corolaire politique l’imaginaire de groupes sociaux en guerre les uns contre les autres, d’une France du travail accusant une autre qui en est privée par les logiques du libéralisme mondialisé. Le quinquennat qui s’achève en a été le terrain d’expérimentation. Une catégorie de citoyens est désignée responsable des problèmes de l’autre. Le Français contre l’immigré, les travailleurs et les retraités contre de prétendus assistés, des gens honnêtes encerclés par une meute de délinquants ! Bref, la loi de la jungle appliquée à toute la société, avec une oligarchie de lions qui dresseraient des clôtures pour se protéger de moutons méprisés et exploités. La « présomption de légitime défense », sortie du programme de l’extrême-droite, n’est rien d’autre qu’un droit à la bavure qui pervertirait l’idée de répression pour franchir un pas de plus vers l’antichambre d’un système policier.

Le projet historique consiste à profiter de la crise pour démanteler à jamais la République sociale, tout en gagnant les consciences à cette nécessité. Projet des puissants qui depuis toujours caressent le rêve de voir « les damnés de la terre » accepter leur servitude. Le rêve de sortir définitivement vainqueurs d’une lutte de classes dont le peuple aurait perdu jusqu’à la conscience, selon les mots du milliardaire nord-américain Warren Buffet. Ni plus ni moins que la « stratégie du choc » si bien décrite par Naomi Klein. Orientation politique dont l’objectif est de fragiliser les populations puis à profiter de cette fragilisation en  plaçant les citoyens en état de choc, pour les  dépouiller de leurs droits.

Dimanche prochain, il s’agira de porter un coup sévère à ce projet ultralibéral-autoritaire-populiste, de sortir de ce climat de haine et de suspicion en battant N. Sarkozy, tout en plaçant les enjeux là où ils doivent l’être, comme n’a cessé de le démontrer le Front de Gauche. Toutes les études du premier tour montrent que  des millions de nos concitoyens, au delà de ceux qui ont accordé leurs suffrages à Jean-Luc Mélenchon, ont en commun avec eux de réclamer  le nouveau partage des richesses, l’égalité et la justice, le droit au travail, à la santé, à la protection sociale, à l’éducation, à la culture, des conditions de vie meilleures pour toutes et tous, un saut démocratique dans la cité et les entreprises, la mutation écologique dans le développement industriel ou agricole, un pôle public bancaire.

Tout ne pourra commencer en ce sens que si le sarkozysme sort défait du scrutin du  6 mai. Notre appel à voter massivement F. Hollande pour qu’il soit élu Président de la République, n’est ni un appel formel ni encore moins de moindre mal. Nous considérons en effet que la victoire de F. Hollande créera une situation totalement nouvelle, à saisir pour ouvrir une nouvelle phase du combat pour favoriser la promotion des droits sociaux et humains.

Il n’est pas possible de se donner la moindre chance de sortir de la crise capitaliste et de la crise européenne qui n’en finit pas tant qu’elle sera pilotée par le couple Sarkozy-Merkel. Il faut donc le briser. Et la responsabilité du peuple français vis-à-vis de tous nos frères européens est de le faire en battant Sarkozy.

Dire ceci ne revient pas à nourrir quelques illusions. C’est créer de nouvelles conditions pour élargir le spectre des forces qui, avec le Front de Gauche, les organisations syndicales, les associations qui verraient leur potentiel libéré pour affronter le capital mondialisé et les institutions européennes. C’est un acte de confiance dans la capacité du monde du travail et de la création à se mobiliser pour écrire un présent et un avenir conformes à ses espoirs.

Si la France ne signe pas le traité d’austérité budgétaire grâce à un mouvement populaire exigeant un nouveau système européen pour le développement humain, social et écologique, beaucoup de choses peuvent changer.

L’enjeu est d’ouvrir une brèche, de poursuivre le mouvement de l’extraordinaire campagne du Front de Gauche du premier tour, de telle sorte qu’une autre majorité se constitue à l’Assemblée Nationale, avec de nombreux parlementaires Front de Gauche. De la composition du Parlement va en effet dépendre la qualité des lois qui y seront votées.

F. Hollande a beau répéter qu’il ne changera pas son programme, mais mieux que quiconque il sait qu’il dispose de voix aux motivations diverses, avec pour point commun le rejet du sarkozysme et le désir d’un vrai changement progressiste. Parmi ces électeurs auxquels il devra sa victoire, il y a bien sûr ceux qui ont permis à Jean-Luc Mélenchon de réaliser plus de 11% des voix au premier tour. Mais aussi le tiers des électrices et des électeurs qui ont voté pour le candidat socialiste qui déclarent qu’ils auraient pu voter Front de Gauche sans la peur de ne pas voir de candidat de gauche au second tour, dans un contexte, où, autour de soi, chacun pressentait malheureusement un haut score de l’extrême-droite.

Plus le score de F. Hollande sera élevé, meilleures seront les chances pour le peuple de résister aux pressions que les puissances d’argent et des forces de droite ne manqueront pas d’exercer. Ce peut être plus facile dans un contexte où le suffrage universel les aura affaiblies. Plus le score de F. Hollande sera important, plus ce sera vrai et  moins, s’il en avait la tentation,  il pourra prétendre demain qu’il ne dispose pas des forces pour mener une politique de gauche. D’un autre côté, l’idée de se placer dans une posture d’attente de l’échec de F. Hollande nous est totalement étrangère. Nous refusons l’impuissance et nous n’avons que pour seul souci les intérêts des citoyens, des travailleurs, des jeunes en quête d’avenir.

Nos journaux, l’Humanité et l’Humanité-Dimanche, comme le Front de Gauche, ont vocation à les aider, dans leur diversité, à créer un rapport de force qui leur soit favorable. Nous n’y sommes pas encore. Mais cela peut le devenir avec le vote F. Hollande, dimanche et un vote Front de Gauche progressant encore le 10 juin, lors du premier tour des élections législatives.

Notre option est clairement celle de la réussite d’une gauche nouvelle en France, dans l’intérêt de nos concitoyens, en lien avec ceux qui en Irlande mènent campagne pour le non au traité européen, ceux qui en Grèce vont voter pour le changement, ceux qui en Espagne et en Allemagne agissent aujourd’hui contre l’austérité et pour les salaires. En phase aussi avec ceux qui dans le monde arabe cherchent les chemins de la démocratie et de la liberté.

La période historique est inédite. La situation est totalement différente de celle de 1981 ou de 1997. Elle recèle de réelles potentialités grâce à des nouveautés parmi lesquelles  figurent en bonne place  l’expérience et le positionnement de nombreux syndicats dans toute l’Europe. Avec aussi, cette fois, un rassemblement de type nouveau, le Front de Gauche,  qui durant la campagne des élections présidentielles est devenu davantage la propriété de citoyens, d’intellectuels et de créateurs qui veulent s’en servir comme d’un outil pour changer la donne. Répondre à ce qu’ils attendent de lui est un impératif pour que le Front de Gauche devienne la force politique, à la gauche du Parti socialiste,  tout autant unitaire qu’autonome qui depuis tant d’années manque dans notre pays pour durablement peser positivement sur la vie nationale et internationale. Cela passe dimanche, par la défaite nette de M. Sarkozy et l’élection tout aussi nette de F. Hollande.

COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPÉEN (17-20 Avril 2012) Répondre

Le 2 mai 2012 @17h30

Avant d’en venir au résumé de cette session, je dois vous informer de la triste nouvelle du décès de l’un des députés, membre de notre groupe de la Gauche unitaire européenne, un ami : Miguel Portas.

Miguel était un combattant solide et courageux. Il l’était pour défendre sans relâche les salariés et les populations européennes. Il l’a été avec une incroyable force de caractère, cachée par sa discrétion, contre cette sale maladie du cancer, qui le minait depuis un bon moment. Miguel a lutté sans relâche contre celle-ci depuis très longtemps, tout en assurant ses responsabilités de député au sein du Parlement et auprès de ses compatriotes portugais.

Miguel a été l’un des créateurs du « bloc de gauche portugais » après avoir été militant du parti communiste portugais. Il a été journaliste, directeur de plusieurs journaux, élu député au Parlement européen depuis 2004.

Miguel était un camarade chaleureux, toujours à l’écoute, sensible, constructif. Notre groupe perd un député intelligent et actif. Je perds un ami.

**********************

Notre mobilisation au Parlement européen contre la société G4S et pour les prisonniers palestiniens a porté ses fruits

Mardi 17 avril, à l’ouverture de la session plénière à Strasbourg, nous avons appris que nos efforts pour sanctionner une société européenne qui fournissait des services de sécurité dans les prisons israéliennes et dans les colonies ont été couronnés de succès.

La société danoise G4S, qui s’occupait de la sécurité du Parlement à Bruxelles, fournissait également des services de surveillance-sécurité dans des prisons et des colonies israéliennes. Informés de ces engagements, nous avions alerté le Président du Parlement il y a un an, lui demandant d’abroger le contrat de G4S avec le Parlement tant que cette entreprise fournirait des services à des prisons détenant des prisonniers palestiniens ou qu’elle exercerait des activités dans les colonies. Cette lettre avait alors été signée par 28 députés de tous les groupes politiques du Parlement, à l’exception notable du principal, le Parti Populaire Européen (PPE), dont fait partie l’UMP.

Nous avons appris ce 17 avril, “journée des prisonniers palestiniens” qui rend hommage aux 4 700 palestiniens détenus dans les geôles israéliennes, que le Parlement européen refusait de renouveler son contrat de sécurité avec l’entreprise G4S.

Je me félicite de cette décision du Parlement. Ce rappel au respect du droit international et aux résolutions de l’ONU doit désormais s’appliquer à toutes les entreprises qui opèrent dans les territoires occupés.

La Commission n’hésitera pas à mettre les États membres devant leurs responsabilités pour assurer les réformes pour la compétitivité

Mercredi 18 avril José Manuel Barroso, Président de la Commission, nous a présenté le programme de la Commission pour lutter contre la crise.

Aux solutions habituelles basées sur l’austérité, la compétitivité, le libre-échange (notamment avec les Etats-Unis), le Président de la Commission a fait la promotion de deux documents dévoilés le jour même.

Ils veulent détruire le contrat à durée indéterminée

Le premier document est une communication sur l’emploi. La Commission y pointe les défaillances du “marché de l’emploi européen”, avec toujours cette volonté d’ouvrir ce marché et de lever les obstacles à la circulation des travailleurs.

Certaines mesures sont de bon sens, comme la reconnaissance des qualifications, le transfert des droits de pension et de sécurité sociale acquis, la promotion des droits des travailleurs migrants… Mais au passage la Commission en profite pour présenter sa vision “d’un marché du travail” efficient. Elle considère notamment le contrat à durée indéterminée comme un obstacle : associé à une forte protection sociale, il favoriserait la “segmentation des marchés du travail” c’est-à-dire l’existence d’une catégorie bénéficiant de contrats sûrs type CDI et d’une autre de contrats précaires, qu’on explique “en raison des coûts de licenciement bien trop élevés associés aux contrats à durée indéterminée/classiques”. Dans cette logique la Commission appelle donc à des “réformes modérées et équilibrées de la législation sur la protection de l’emploi afin de remédier à la segmentation”.

La même logique se retrouve pour la question des rémunérations

Dans un deuxième document la Commission se prononce pour une hausse des rémunérations, mais elle lie cette hausse à la compétitivité (“les rémunérations devraient évoluer en fonction de la compétitivité des États membres”). Ce qui justifie à l’inverse la “nécessité éventuelle d’une modération” dans les Etats qui ne sont pas compétitifs, par exemple la Grèce.

Le document se prononce pour un salaire minimum différencié, c’est-à-dire par secteur et selon la compétitivité du pays. C’est la destruction de la notion de salaire minimum interprofessionnel.

Pour la Commission, le salaire minimum doit devenir une sorte de récompense pour les économies florissantes, mais pas un filet de sécurité, des règles trop protectrices sont présentées dans ce document comme autant “de freins au marché du travail”.

Ces deux textes négatifs sont à relier avec l’ensemble de l’architecture bruxelloise : semestre européen – pacte budgétaire – compétitivité du travail.

Ceci transpire clairement des propos de M. Barroso : “Les États membres sont en train de soumettre leurs programmes nationaux de réforme et la mise à jour de leur programme de stabilité ou de convergence. En mai, la Commission présentera ses recommandations par pays fondées sur son analyse de ces programmes. Je peux vous assurer qu’il s’agira d’un travail sérieux de la part de la Commission qui s’appuiera sur une approche véritablement intégrée. Maintenant, grâce à vous également, nous disposons d’instruments que nous n’avions pas dans le passé pour ce genre d’exercice. La Commission n’hésitera pas à mettre les États membres devant leurs responsabilités pour assurer les réformes pour la compétitivité et une croissance inclusive et soutenable”.

C’est au nom de ces “responsabilités” que la Commission a rendu public ce jour là un document baptisé “La Croissance pour la Grèce”, dans lequel elle appelle la Grèce à continuer ses réformes du marché du travail par la révision du système de négociations salariales (qui vise à minorer le rôle des syndicats), la fin des professions réglementées et numérus clausus et surtout “une réduction des coûts de main-d’œuvre unitaires nominaux dans l’économie marchande (c’est-à-dire une réduction des salaires) de 15 % sur la période 2012-2014″.

La réponse de mon groupe à cette casse sociale organisée au plus haut niveau

En réponse à cette intervention, la présidente de notre groupe de la Gauche Unitaire Européenne – Gauche verte Nordique, Gabriele Zimmer, a rétorqué : “S’efforcer de garantir la tranquillité des marchés et en faire le centre des priorités est un acte inhumain. Cela ne sert même pas les intérêts d’un développement économique durable ni de l’euro. Ces mesures ne sont pas bonnes. Ce fut une erreur de se contenter de consolider l’économie tout en ignorant les vies des gens ordinaires. Cela devrait être l’inverse”.

Elle a rappelé que les restrictions drastiques des dépenses publiques ont eu pour seul effet d’assommer les peuples qui ont dû payer la facture pour le secteur financier : “Vous devriez aller en Grèce et au Portugal pour constater les dégâts. Nous lisons des rapports dans les médias internationaux sur l’augmentation des taux de suicide dans ces pays en crise, ce que l’association des contribuables italiens a qualifié de massacre social”.

Paul Murphy, également élu de la GUE-NGL, a constaté pour sa part : “vous parlez de solidarité, mais avec la Troïka, vous imposez des politiques qui menacent les fondements de la société en Irlande, en Grèce et au Portugal. Vous parlez d’emploi, mais nous avons le taux de chômage le plus élevé depuis l’introduction de l’euro avec 25 millions de chômeurs à travers l’UE. Vous parlez de croissance durable, mais les politiques d’austérité que vous voulez institutionnaliser avec le traité d’austérité vont transformer la récession en une dépression profonde”.

De nouvelles règles sociales pour les travailleurs transfrontaliers

Mercredi 18 avril le Parlement a adopté a une large majorité par 540 voix pour, 19 contre et 30 abstentions de nouvelles règles qui mettent fin au dumping social dans les compagnies aériennes “low cost”, et étendent les droits aux prestations sociales des travailleurs transfrontaliers (c’est-à-dire qui effectuent leur travail en différents pays).

Les personnels navigants (stewards, hôtesses, pilotes) des compagnies low cost sont souvent soumis au régime de sécurité sociale très faible du lieu où la compagnie a son siège social. Par exemple les employés, même français, de Ryanair ne bénéficiaient que du faible régime de sécurité sociale irlandais.

Avec les nouvelles règles adoptées, pilotes et hôtesses de l’air pourraient désormais bénéficier des conditions sociales du pays où ils sont affectés (c’est-à-dire là où ils commencent leurs missions), et non celles que daignent leur accorder leur employeur.

Ces nouvelles règles qui concernent les personnels transfrontaliers permettent également aux indépendants de certains pays d’accéder aux prestations sociales du pays où ils travaillaient. Par exemple des indépendants français qui travaillent en Allemagne peuvent désormais toucher des allocations chômage allemandes alors que la France n’en verse pas.

Une avancée qui reste cependant minime au regard des dangers que font peser d’autres textes comme la directive sur le détachement des travailleurs.

Nationalisation de YPF, le Parlement s’oppose aux intérêts du peuple argentin

A l’ouverture de la session, la droite a demandé au Parlement européen de réagir en urgence contre la décision du gouvernement argentin de nationaliser le pétrolier YPF.

Cette décision annoncée le mardi 17 avril a débouché sur un débat le 18 et l’adoption d’une résolution le 20 avril. Sans manifestement prendre le temps d’étudier les éléments qui ont amené le gouvernement argentin à finaliser une décision murement réfléchie et sans attendre l’annonce des compensations que versera l’Argentine, la majorité du Parlement a défendu la compagnie pétrolière espagnole Repsol, actionnaire ultra majoritaire d’YPF.

Cette levée de bouclier, à laquelle seule une infime minorité s’est opposée, s’est traduite par un débat très dur envers les autorités argentines, députés et représentants de la Commission condamnant unilatéralement cette action sans réellement réfléchir à ses causes.

Dans mon intervention, j’ai rappelé les conditions douteuses de la privatisation de YPF dans les années les plus libérales qu’ait connues l’Argentine et qui a conduit au fiasco du FMI. J’ai dénoncé les manquements de cette compagnie -pourtant extrêmement rentable- à ses obligations vis à vis de ses travailleurs, vis à vis des indigènes des zones d’exploitations et vis à vis de l’environnement. J’ai également rappelé qu’alors qu’YPF versait des dividendes colossaux à son actionnaire majoritaire Repsol elle ne menait aucun investissement d’ampleur pour augmenter ses capacités de production, rendant l’Argentine importatrice de pétrole, une première !

Le texte de mon intervention :

Je suis très surpris de cette dramatisation. Je suis très surpris de vos propos. Vous tentez de faire croire à l’opinion qu’il y aurait un problème de sécurité juridique des investissements européens en Argentine. En vérité, contre le libre choix du gouvernement argentin, contre la souveraineté nationale du peuple argentin, vous êtes en train de défendre les intérêts d’une compagnie pétrolière privée, Repsol dont plus de la moitié du capital est entre les mains de propriétaires étrangers, qui, avec sa filiale YPF réalise en Argentine de considérables profits lui permettant de verser près de 16 milliards de dollars de dividende à ses actionnaires, organisant l’évasion fiscale pour ne pas payer d’impôt. Tout ceci sur le dos des travailleurs argentins, des populations locales, faisant fi des populations indigènes et de l’environnement.

Vous n’êtes pas ici en train de défendre les citoyens européens, ni même les intérêts d’un Etat membre, mais le capital international privé. Dites le franchement sans vous cacher derrière une quelconque sécurité juridique.

Pourquoi ne pas renverser votre question et considérer que le gouvernement argentin tente de mettre fin à la spoliation d’une partie des richesses pétrolières appartenant au peuple argentin ? Pourquoi ne pas reconnaître au gouvernement argentin le droit de défendre sa souveraineté économique et politique alors que Repsol y organisait la pénurie de carburant, faute d’investissement ?

Enfin, il faut rappeler ici que cette entreprise avait été privatisée au nom de la réduction de la dette argentine. Or, c’est à la suite de ces privatisations que l’Argentine est passée sous la tutelle du FMI. Comme quoi, retenez la leçon, l’austérité, les privatisations, les destructions de souveraineté, comme vous l’organisez pour la Grèce et d’autres pays, mènent au désastre.

Pour l’heure, Messieurs de la Commission et du Conseil, laissez l’Argentine maîtresse de son destin” .

La résolution adoptée par le Parlement le vendredi 20 avril reprend le même aveuglement que j’ai dénoncé. Elle condamne une “décision unilatérale et arbitraire qui remet en question l’exercice de la liberté d’entreprendre et le principe de la sécurité juridique, entraînant une dégradation de l’environnement proposé aux entreprises européennes en Argentine”. Par ce texte, contre lequel nous avons voté avec mon groupe de la GUE-NGL et les Verts, le Parlement menace clairement l’Argentine de rétorsions commerciales sans un moment se poser la question des raisons qui ont poussé le gouvernement argentin à prendre cette décision.

A l’inverse voici les principaux points de la résolution que nous avons déposée avec mon groupe :

1. respecte le droit de chaque pays d’exercer son droit souverain de gérer ses ressources naturelles et de réglementer son économie conformément à l’intérêt public; soutient la décision du gouvernement de nationaliser YPF, une entreprise créée par l’Argentine en 1922, qui a été privatisée suite aux politiques purement néolibérales mises en œuvre dans les années 1990, avec des conséquences très négatives pour l’économie et une augmentation considérable de la pauvreté ;

2. invite instamment tous les États membres, et particulièrement l’Espagne, la Commission et Mme Ashton, au lieu de défendre principalement les profits des actionnaires de l’entreprise Repsol, à défendre les intérêts de tous les citoyens, leurs intérêts sociaux et l’environnement, à tenir compte des besoins des travailleurs et de la stabilité de l’emploi, des besoins des consommateurs, à la fois en Argentine et au sein de l’Union européenne, de la lutte contre la pauvreté et du respect de l’environnement; les invite instamment à maintenir de bonnes relations avec l’Argentine et de se garder d’accuser son gouvernement et d’annoncer des mesures de représailles avant même de connaître le prix qui sera payé aux actionnaires, sur la base de l’évaluation qui sera effectuée par le tribunal compétent (Tribunal de Tasaciones de la Nación) ;

3. est d’avis que, compte tenu du nombre croissant de conflits entre les entreprises et les populations locales et les autorités locales d’Amérique latine, d’Afrique et d’ailleurs, il est urgent qu’un dialogue constructif entre pairs s’installe entre l’Union européenne et les pays tiers sur l’avenir des investissements étrangers, afin de mettre en place un équilibre approprié entre les droits et les obligations des investisseurs et des entreprises, ainsi qu’une utilisation adéquate des ressources naturelles, et de rechercher d’autres solutions par rapport aux instances d’arbitrage actuelles que sont la CIRDI et la CNUDCI ;

4. demande à la Commission et aux États membres d’arrêter d’appliquer des politiques néolibérales nuisibles et obsolètes qui accentuent la crise économique actuelle, aux dépends des citoyens européens, notamment de la population pauvre, et d’envisager une approche plus créative et courageuse pour résoudre la crise, s’inspirant éventuellement de certaines solutions économiques appliquées par certains pays d’Amérique latine ;

La droite conservatrice impose le partage de données avec les Etats-Unis

Jeudi 19 avril les groupes du PPE (la droite européenne, dont fait partie l’UMP) et les conservateurs les plus radicaux regroupés dans le groupe ECR se sont alliés pour faire passer en force le partage d’informations sur les citoyens européens avec les Etats-Unis.

Cet accord entre l’Union européenne et les Etats-Unis sur le partage de données personnelles des passagers, aussi appelé PNR, vise à remplacer un accord provisoire depuis 2007. Il fixe les conditions pour le transfert de données, la durée de conservation et finalement ce que pourront en faire les autorités américaines.

Malgré les doutes de la rapporteure libérale et surtout des différentes autorités nationales et européennes de protection des données, les groupes PPE et ECR se sont alliés pour faire passer ce texte en force par 409 pour, 226 contre et 33 abstentions alors que l’ensemble des autres forces du Parlement (libéraux, socialistes, verts, et notre groupe de la GUE-NGL) s’y opposaient.

Rien ne prouve que les données collectées sur les passagers soient nécessaires ou appropriées pour lutter contre le terrorisme et le grand banditisme.

Cet accord devait initialement se limiter à lutter contre le terrorisme et le grand banditisme international, mais il inclut aussi la lutte contre tout acte criminel passible d’une peine d’emprisonnement supérieure à trois ans aux USA. Par ailleurs, les cours de justice américaines pourraient exiger d’utiliser ces données pour n’importe quelle autre raison, ce qui signifie qu’au final, il n’y a aucune limitation d’utilisation. Sans parler des contrôles inexistants sur les données qui sont transférées et de la possibilité donnée aux autorités américaines de conserver ces données pendant 15 ans au maximum.

Un rapport qui marque une première étape pour un impôt européen sur les sociétés harmonisé

Jeudi 19 avril le Parlement a adopté par 452 voix pour, 172 contre et 36 abstentions un texte qui propose une assiette commune pour l’impôt sur les sociétés.

C’est là une première étape pour un impôt européen harmonisé pour les sociétés car, avant de s’entendre sur un taux commun, il faut d’abord se mettre d’accord sur ce que l’on taxe. Dans sa proposition, la Commission européenne se contentait de suggérer un régime volontaire alors que, par ce vote, les députés européens se sont positionnés en faveur d’un système obligatoire et commun.

C’est une première étape pour le socle de l’impôt sur les sociétés, mais cette avancée, aussi minime soit-elle, est déjà farouchement combattue par certains Etats : Royaume-Uni, Irlande, Pays-Bas, Luxembourg qui jouent avec ces différences de calculs de l’impôt pour encourager l’évasion fiscale en leur faveur. On peut donc s’attendre à ce que leurs gouvernements bloquent toute avancée dans ce domaine au sein du Conseil.

Un tribunal pénal international de l’environnement

Vendredi 20 avril lors de l’adoption d’une résolution sur la biodiversité, Younous Omarjee, élu à la GUE/NGL, a demandé qu’à côté des crimes contre l’humanité, soit créée la qualification juridique de “crime de l’humanité contre la vie sous toutes ses formes animales et végétales, et que soit érigé sur cette base un Tribunal Pénal International de l’Environnement”.

La résolution adoptée demande à la future Politique agricole commune d’intégrer dans ses objectifs la préservation et la restauration des écosystèmes endommagés. Pour cela elle propose que les subventions nuisibles pour l’environnement soient identifiées en vue d’être progressivement éliminées d’ici à 2020, et prône la subordination des paiements de la PAC au respect de règles pour la préservation de la biodiversité et des écosystèmes.

Voici l’intervention de Younous Omarjee :

“En 1992, lors de la conférence de Rio, les chefs d’Etat du monde entier accomplissaient un acte réel de civilisation en reconnaissant pour la première fois la responsabilité de l’espèce humaine dans la perte de biodiversité et le réchauffement climatique. Vingt ans après où en sommes nous ? Les enjeux en matière de biodiversité demeurent sous-estimés.

Mesure-t-on que nous sommes confronté à la sixième vague d’extinction des espèces depuis le début du monde? Et la plus grave dans son ampleur et sa vitesse. C’est un crime de masse qui s’accomplit et oblige à repenser notre rapport au monde vivant.

Ce serait un grand pas pour notre civilisation que d’en tirer les conséquences et de faire émerger une nouvelle qualification juridique. Avec les crimes contre l’humanité, il faut faire coexister les crimes de l’humanité contre la vie sous toutes ses formes, animales et végétales. Condition première pour ériger un Tribunal Pénal International de l’Environnement, devenu aujourd’hui incontournable”.

.

.

Utiliser le vote F. Hollande pour ouvrir une nouvelle période 1

Le 30 avril 2012 @6h39

.

Plus les jours passent, entre les deux tours des élections présidentielles, et plus la nécessité de battre et de faire battre l’actuel locataire de l’Elysée, en votant F. Hollande dimanche prochain, grandit. Son bilan très négatif  n’a cessé d’aggraver les souffrances sociales, d’appauvrir le monde agricole, de laminer l’activité économique dans nos campagnes, de démanteler les services publics, de détruire le travail pour jeter mille personnes supplémentaires, chaque soir, au chômage. C’est dans ce contexte très difficile que M. Sarkozy a osé parler du « vrai travail » en opposition à un prétendu « faux travail » pour tenter de faire oublier « le vrai chômage » dont il est responsable et diviser nos concitoyens. Les paysans travaillent dur. Ils ne sont pas récompensés de ce travail à cause des prix agricoles très bas, depuis que les amis de M. Sarkozy ont détruit le mécanisme du prix agricole de base et placé nos agriculteurs dans la concurrence acharnée avec d’autres continents. Et que dire des retraites de misère que touchent en général nos populations rurales ! Les choix du Président des riches détruisent les services publics pourtant indispensables.

La vie rurale, le paysan, l’ouvrier, l’employé des postes, l’instituteur, l’infirmière, l’artisan et le petit commerçant ont des intérêts communs qui ne s’accommodent plus du sarkozysme. L’inquiétude, la peur du lendemain, le sentiment de devoir affronter seul et sans moyens les difficultés créées par le capitalisme et lui seul, ne sont plus supportables. Le chasser est une œuvre de salubrité  publique. D’autant plus que ce qu’il propose pour demain est encore pire que ce qu’il a fait hier. Ce serait l’approbation d’une nouvelle réforme négative de la Politique agricole commune en cours de discussion et la mise en œuvre d’un nouveau traité européen, qui obligerait à réduire encore les crédits sociaux et publics, c’est-à-dire à fermer encore des écoles, des postes, des hôpitaux, à réduire les moyens des communes. Battre N. Sarkozy, c’est se donner les moyens de briser l’axe Merkel-Sarkozy et  se donner une chance d’obtenir un référendum sur ce nouveau traité qui instaurerait l’austérité à perpétuité dans toute l’Europe. S’il était mis en œuvre, c’est la Commission de Bruxelles qui demain déciderait des budgets de la Nation et de la sécurité sociale.

En utilisant le vote pour F. Hollande, on commencera à casser cette logique, tout en se donnant des moyens pour engager une autre politique qui réponde enfin aux aspirations populaires, en continuant à agir pour un nouveau partage des richesses, pour la justice sociale et fiscale, pour la défense des services publics et une nouvelle orientation en faveur de l’agriculture, l’activité nourricière de la population et garante de la préservation de la nature.

Car l’étape suivante, celle de l’élection des députés va être tout aussi importante. C’est en effet le Parlement qui fera que des lois progressistes soient votées ou non. Ce sera possible qu’avec une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale, comprenant beaucoup de députés du Front de Gauche. Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle montrent en effet l’urgence de mettre en œuvre des choix totalement neufs et de ne pas retomber dans les ornières qui ont perdu la gauche parce qu’elle a déçu.

Le vote Hollande le 6 mai et un fort vote Front de Gauche aux élections législatives des 10 et 17 juin peuvent contribuer à ouvrir une nouvelle ère pour notre pays. L’urgence le 6 mai est le rassemblement pour élire François Hollande.

.

Rassembler pour élire François Hollande 3

Le 26 avril 2012 @6h30

La forte participation au premier tour du scrutin présidentiel confirme l’intérêt de nos concitoyens pour l’élection présidentielle, ses débats politiques ainsi que leur volonté de participer aux choix. La gauche a progressé tout au long de la campagne électorale. Elle le doit beaucoup au score de Jean-Luc Mélenchon qui était estimé aux alentours de 4% à l’automne et réalise 11,1%. Les grands médias cachent sous divers artifices que cela constitue l’un des événements de ce premier tour. Événement heureux qui rend probable la victoire de François Hollande le 6 mai. Ce courant de la transformation sociale est passé de  700 000 voix en 2007 à près de 4 millions, approchant le nombre de voix rassemblées par Georges Marchais en 1981, certes cette fois avec plus d’inscrits.

Le candidat socialiste a lui aussi progressé depuis quelques semaines pour sortir en tête de ce premier tour. Il est sûr que durant les dernières heures, face à diverses pressions ou à la peur  de voir Sarkozy réélu, des électrices et des électeurs soutenant Jean-Luc Mélenchon ont, dans l’isoloir, choisi F. Hollande. Le système même de l’élection présidentielle conduit à de telles préférences. Ceci n’enlève rien au désir de gauche de tels électeurs, partagé par d’autres, qui d’emblée ont choisi le député de Corrèze, les candidats de  l’écologie politique ou de l’extrême gauche. Il faudra bien en tenir compte.

Que dans un tel contexte de forte mobilisation électorale, le Président de la République sortant soit à ce point sanctionné est l’indicateur de la puissante condamnation dont fait l’objet son bilan et du rejet de son programme à venir. On parle très peu de celui-ci depuis quelques jours et pourtant, il serait dans la droite ligne de son bilan antisocial et antidémocratique, avec un alignement sur les pires critères d’austérité européens. Loin des idéaux républicains de « liberté, égalité, fraternité », il veut se faire réélire dans une alliance cachée avec les idées de l’extrême-droite.

C’est ce noir bilan, doublé de la reprise des idées lepéniste depuis des mois, qui fait progresser dangereusement cette dernière. Pour une grande part, certains de nos concitoyens qui souffrent terriblement des effets de la mondialisation capitaliste, de l’Europe de l’argent, utilisent ce vote pour dire leur colère, pour faire entendre leurs souffrances. En utilisant ce vote, ils se trompent gravement car la cause de la crise n’est ni son voisin, ni le jeune que la société rejette à ses marges dans la discrimination et la précarité, ni l’immigré jeté sur les routes par le capitalisme mondialisé qui l’affame. La famille Le Pen sert à protéger les grands manitous de la finance internationale qui toujours tirent leur épingle du jeu. L’ennemi de l’emploi et du meilleur salaire, des services publics, c’est bien le capitalisme débridé et non pas l’immigré.

Le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon ont eu raison d’alerter sur l’imposture Le Pen. Il eut été d’intérêt général que d’autres qu’eux, comme l’a fait l’Humanité-Dimanche, la démasquent au lieu de théoriser sur sa « prétendue » dédiabolisation. L’extrême-droite est un danger ! Malheureusement, ce courant national-populiste-fascisant progresse dans toute l’Union européenne sous l’effet de déceptions, de magouilles politiques et d’une Europe se faisant contre les peuples. Le combat pour réduire l’extrême-droite reste devant nous, tant il constitue un verrou contre les changements progressistes, au service du capital international. Il est indispensable d’avoir conscience que Mme Le Pen, avec ses nouveaux amis comme Madelin, dessine une France et une Europe ultralibérales et autoritaires, dépouillées de tous droits sociaux et démocratiques. Pour y parvenir, elle travaille à une recomposition profonde de toute la droite pour en faire l’outil d’explosion des principes et des valeurs de la République. D’ailleurs, si le système ne change pas en profondeur, ce scénario devient plausible.

Faire reculer l’extrême-droite doit devenir l’un des combats permanent de toute la gauche, de tous les progressistes. Mais, ce recul n’est possible qu’avec une nouvelle politique, répondant aux angoisses et aux attentes populaires. Telle devrait être la tache d’une nouvelle majorité de gauche demain. Le message essentiel du scrutin est une envie profonde de changement, la demande d’une autre manière de gouverner en associant les citoyens et les élus, la prise en compte des revendications des syndicats et des associations, la revitalisation des plus belles valeurs de la République : « Liberté, égalité, fraternité ».

C’est ce qu’ont voulu dire celles et ceux qui ont choisi les candidats de la gauche et de l’écologie politique.

Près de quatre millions d’électrices et d’électeurs ont appuyé les propositions du Front de Gauche d’une nouvelle répartition des richesses, d’un retour à la retraite à 60 ans et d’un SMIC à 1700€, le logement à un prix accessible et une action de grande ampleur contre la précarité, la défense et l’élargissement des services publics, un saut qualitatif de nos institutions avec une sixième République dans laquelle les travailleurs disposeraient de nouveaux pouvoirs à l’entreprise, la nécessité d’une mutation écologique de nos systèmes productifs, de nos habitude de consommation pour faire face aux urgences environnementales.

C’est aussi le Front de Gauche qui fait vivre le projet de solidarité internationaliste et coopérative avec les pays du Maghreb et de l’Afrique pour un nouveau projet de co-développement, pour mettre fin partout à la misère, à la faim, à la précarité et  au chômage. Le Front de Gauche c’est le projet d’un monde de partage où il fait bon vivre, au Sud comme au Nord. Le Front de Gauche devient une nouvelle et grande force pour l’avenir commence à influencer la vie politique française. Elle est d’ores et déjà  un atout pour être défendu et un outil pour créer les conditions d’une gauche qui réussisse parce que, s’appuyant sur les citoyens eux-mêmes pour répondre à ce qu’ils attendent d’elle. Le six mai, le choix est donc clair : créer les conditions pour battre le candidat des riches et utiliser, sans la moindre réserve, le bulletin de vote F. Hollande. Si par malheur, N Sarkozy était réélu, ce serait une politique de déchiquetage des droits sociaux et humains, la destruction du code du travail, la retraite à la carte par capitalisation, la privatisation de la sécurité sociale, l’austérité à perpétuité avec ce traité d’austérité Sarkozy-Merkel. Battre Sarkozy c’est ouvrir une première brèche dans le merkozysme austéritaire.

Le vote Hollande se fera sans ambiguïté et en toute lucidité, en appelant la gauche à ne pas retomber dans les ornières du passé, à résister aux injonctions des marchés financiers et du grand patronat, à agir pour changer les traités européens et à refuser le dernier écrit par le tandem Sarkozy-Merkel.

Le Front de Gauche sera disponible pour ces combats indispensables pour sortir de l’austérité, du chômage, donc de la crise.

La victoire du candidat de la gauche que devient F. Hollande doit s’accompagner en juin de la constitution d’une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale dans laquelle de nombreux députés du Front de Gauche, dans un important groupe parlementaire, constitueront une garantie pour abroger les négatives lois sarkozystes et en écrire de nouvelles, pour l’augmentation des salaires et des retraites, le blocage des prix alimentaires et des carburants, pour sécuriser l’emploi et pour en finir avec la précarité, pour élargir les services publics, défendre et améliorer la sécurité sociale, créer les conditions pour que la jeunesse soit respectée et qu’un nouvel avenir soit construit avec elle.

L’urgence, c’est la mobilisation pour créer les conditions de défaire Sarkozy et assurer la victoire la plus large possible de la gauche.