Dimanche, le vote pour changer d’ère Répondre

Le 03 mai 2012 @6h30

Dimanche prochain, l’occasion est donnée de clore cette période du sarkozysme ultralibéral populiste qui restera comme une des plus noires qu’ait connu la République. Il ne faut pas la manquer. Il faut  au contraire s’en saisir pour ouvrir une nouvelle page de notre histoire en utilisant sans ambiguïté le bulletin de vote F. Hollande.

Si M. Sarkozy était réélu, ce serait son dernier quinquennat. Il se sentirait encore plus les mains libres pour déchiqueter tous les droits sociaux, économiques et politiques. Surtout, il arrimerait avec un cadenas notre pays aux injonctions de la haute finance internationale au travers du projet de traité européen budgétaire, aussi baptisé « Merkozysme ». Celui-ci conduit à faire décider de nos droits fondamentaux de la protection sociale au salaire minimum, à l’éducation, à la formation, à la santé, à l’énergie, au transports par le bon vouloir des autorités bruxelloises non élues.

C’est la République sociale et la République démocratique annihilées.

La campagne d’entre deux tours du président sortant est bien plus qu’un dérapage ou un simple calcul pour capter des voix qui se sont portées sur l’extrême-droite. C’est un choix politique réfléchi. Le Président des riches n’a pas perdu la boussole ! Cette rhétorique extrémiste, débordant souvent le lepénisme sur sa droite, est précisément sa boussole. Certains de ses propres amis politiques qui ont exercé ou exercent encore les plus hautes fonctions de l’État, les yeux ébahis, ne cachent plus leurs inquiétudes, voir leur effroi.

M. Sarkozy rompt sciemment et en connaissance de cause les digues existant entre la droite et l’extrême-droite. Son calcul n’est pas qu’électoraliste. C’est bien plus grave et plus profond que cela. Cette tendance est déjà à l’œuvre dans de nombreux pays européens, de la Hongrie aux Pays-Bas, de l’Autriche à la Grèce, de la Norvège à la Suisse et aussi aux États-Unis.

Le capital international dont M. Sarkozy est l’un des mandataires a besoin, à ce moment précis de l’histoire, d’un personnel politique suffisamment fort idéologiquement pour que les terribles souffrances  et les puissantes colères que provoquent ses choix ne puissent se retourner contre lui.

L’idéologie de la concurrence de tous contre tous doit avoir pour corolaire politique l’imaginaire de groupes sociaux en guerre les uns contre les autres, d’une France du travail accusant une autre qui en est privée par les logiques du libéralisme mondialisé. Le quinquennat qui s’achève en a été le terrain d’expérimentation. Une catégorie de citoyens est désignée responsable des problèmes de l’autre. Le Français contre l’immigré, les travailleurs et les retraités contre de prétendus assistés, des gens honnêtes encerclés par une meute de délinquants ! Bref, la loi de la jungle appliquée à toute la société, avec une oligarchie de lions qui dresseraient des clôtures pour se protéger de moutons méprisés et exploités. La « présomption de légitime défense », sortie du programme de l’extrême-droite, n’est rien d’autre qu’un droit à la bavure qui pervertirait l’idée de répression pour franchir un pas de plus vers l’antichambre d’un système policier.

Le projet historique consiste à profiter de la crise pour démanteler à jamais la République sociale, tout en gagnant les consciences à cette nécessité. Projet des puissants qui depuis toujours caressent le rêve de voir « les damnés de la terre » accepter leur servitude. Le rêve de sortir définitivement vainqueurs d’une lutte de classes dont le peuple aurait perdu jusqu’à la conscience, selon les mots du milliardaire nord-américain Warren Buffet. Ni plus ni moins que la « stratégie du choc » si bien décrite par Naomi Klein. Orientation politique dont l’objectif est de fragiliser les populations puis à profiter de cette fragilisation en  plaçant les citoyens en état de choc, pour les  dépouiller de leurs droits.

Dimanche prochain, il s’agira de porter un coup sévère à ce projet ultralibéral-autoritaire-populiste, de sortir de ce climat de haine et de suspicion en battant N. Sarkozy, tout en plaçant les enjeux là où ils doivent l’être, comme n’a cessé de le démontrer le Front de Gauche. Toutes les études du premier tour montrent que  des millions de nos concitoyens, au delà de ceux qui ont accordé leurs suffrages à Jean-Luc Mélenchon, ont en commun avec eux de réclamer  le nouveau partage des richesses, l’égalité et la justice, le droit au travail, à la santé, à la protection sociale, à l’éducation, à la culture, des conditions de vie meilleures pour toutes et tous, un saut démocratique dans la cité et les entreprises, la mutation écologique dans le développement industriel ou agricole, un pôle public bancaire.

Tout ne pourra commencer en ce sens que si le sarkozysme sort défait du scrutin du  6 mai. Notre appel à voter massivement F. Hollande pour qu’il soit élu Président de la République, n’est ni un appel formel ni encore moins de moindre mal. Nous considérons en effet que la victoire de F. Hollande créera une situation totalement nouvelle, à saisir pour ouvrir une nouvelle phase du combat pour favoriser la promotion des droits sociaux et humains.

Il n’est pas possible de se donner la moindre chance de sortir de la crise capitaliste et de la crise européenne qui n’en finit pas tant qu’elle sera pilotée par le couple Sarkozy-Merkel. Il faut donc le briser. Et la responsabilité du peuple français vis-à-vis de tous nos frères européens est de le faire en battant Sarkozy.

Dire ceci ne revient pas à nourrir quelques illusions. C’est créer de nouvelles conditions pour élargir le spectre des forces qui, avec le Front de Gauche, les organisations syndicales, les associations qui verraient leur potentiel libéré pour affronter le capital mondialisé et les institutions européennes. C’est un acte de confiance dans la capacité du monde du travail et de la création à se mobiliser pour écrire un présent et un avenir conformes à ses espoirs.

Si la France ne signe pas le traité d’austérité budgétaire grâce à un mouvement populaire exigeant un nouveau système européen pour le développement humain, social et écologique, beaucoup de choses peuvent changer.

L’enjeu est d’ouvrir une brèche, de poursuivre le mouvement de l’extraordinaire campagne du Front de Gauche du premier tour, de telle sorte qu’une autre majorité se constitue à l’Assemblée Nationale, avec de nombreux parlementaires Front de Gauche. De la composition du Parlement va en effet dépendre la qualité des lois qui y seront votées.

F. Hollande a beau répéter qu’il ne changera pas son programme, mais mieux que quiconque il sait qu’il dispose de voix aux motivations diverses, avec pour point commun le rejet du sarkozysme et le désir d’un vrai changement progressiste. Parmi ces électeurs auxquels il devra sa victoire, il y a bien sûr ceux qui ont permis à Jean-Luc Mélenchon de réaliser plus de 11% des voix au premier tour. Mais aussi le tiers des électrices et des électeurs qui ont voté pour le candidat socialiste qui déclarent qu’ils auraient pu voter Front de Gauche sans la peur de ne pas voir de candidat de gauche au second tour, dans un contexte, où, autour de soi, chacun pressentait malheureusement un haut score de l’extrême-droite.

Plus le score de F. Hollande sera élevé, meilleures seront les chances pour le peuple de résister aux pressions que les puissances d’argent et des forces de droite ne manqueront pas d’exercer. Ce peut être plus facile dans un contexte où le suffrage universel les aura affaiblies. Plus le score de F. Hollande sera important, plus ce sera vrai et  moins, s’il en avait la tentation,  il pourra prétendre demain qu’il ne dispose pas des forces pour mener une politique de gauche. D’un autre côté, l’idée de se placer dans une posture d’attente de l’échec de F. Hollande nous est totalement étrangère. Nous refusons l’impuissance et nous n’avons que pour seul souci les intérêts des citoyens, des travailleurs, des jeunes en quête d’avenir.

Nos journaux, l’Humanité et l’Humanité-Dimanche, comme le Front de Gauche, ont vocation à les aider, dans leur diversité, à créer un rapport de force qui leur soit favorable. Nous n’y sommes pas encore. Mais cela peut le devenir avec le vote F. Hollande, dimanche et un vote Front de Gauche progressant encore le 10 juin, lors du premier tour des élections législatives.

Notre option est clairement celle de la réussite d’une gauche nouvelle en France, dans l’intérêt de nos concitoyens, en lien avec ceux qui en Irlande mènent campagne pour le non au traité européen, ceux qui en Grèce vont voter pour le changement, ceux qui en Espagne et en Allemagne agissent aujourd’hui contre l’austérité et pour les salaires. En phase aussi avec ceux qui dans le monde arabe cherchent les chemins de la démocratie et de la liberté.

La période historique est inédite. La situation est totalement différente de celle de 1981 ou de 1997. Elle recèle de réelles potentialités grâce à des nouveautés parmi lesquelles  figurent en bonne place  l’expérience et le positionnement de nombreux syndicats dans toute l’Europe. Avec aussi, cette fois, un rassemblement de type nouveau, le Front de Gauche,  qui durant la campagne des élections présidentielles est devenu davantage la propriété de citoyens, d’intellectuels et de créateurs qui veulent s’en servir comme d’un outil pour changer la donne. Répondre à ce qu’ils attendent de lui est un impératif pour que le Front de Gauche devienne la force politique, à la gauche du Parti socialiste,  tout autant unitaire qu’autonome qui depuis tant d’années manque dans notre pays pour durablement peser positivement sur la vie nationale et internationale. Cela passe dimanche, par la défaite nette de M. Sarkozy et l’élection tout aussi nette de F. Hollande.

Nouveaux traités européens : je veux vous alerter ! 17

Comme député européen, je me dois de vous alerter des graves décisions qui se prennent dans votre dos parce qu’elles vont avoir de dures conséquences pour votre vie quotidienne et celle de votre famille.

Le lundi 31 janvier dernier, sur proposition de Mme Merkel et de M. Sarkozy, le Conseil européen, c’est-à-dire les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont décidé de confirmer deux nouveaux traités européens.

L’un est baptisé  « traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire » (TSCG). Derrière ces mots barbares se met en place un pilotage  des choix budgétaires des pays, donc de la France, sans que vous, votre député, votre maire n’aient leur mot à dire. Seules les institutions européennes, élues par personne, décideraient comme elles le font aujourd’hui pour la Grèce. Or, elles ne connaissent qu’un seul remède, l’austérité qui oblige les pays à serrer la ceinture aux salariés, aux retraités, aux jeunes, à baisser les dépenses publiques utiles, le niveau de protection sociale, les crédits aux communes, départements, régions. Bref, un remède pire que le mal puisqu’il tue le malade par asphyxie en condamnant son économie à la récession. Exactement la situation qui serait la vôtre si, endetté, on vous obligeait à rembourser en réduisant votre salaire ou en vous licenciant !

Les gouvernements ne seront pas libres demain de décider de leur politique économique. C’est pire que ce prévoyait le traité de Maastricht et de Lisbonne qu’une majorité de nos concitoyens a rejeté. C’est un texte contre vos droits sociaux, votre pouvoir d’achat, les services publics qui soumet toute volonté de ré-industrialisation, de lutte contre les délocalisations, de développement d’initiatives contre le chômage, de lancement  de travaux pour des logements nouveaux moins chers et plus écologiques, d’amélioration du réseau du métro ou du train, au bon vouloir de technocrates européens plus soucieux de satisfaire les exigences de la finance que d’améliorer votre vie de tous les jours. Tout pays qui ne se soumettrait pas à leurs décisions serait traduit, comme un criminel, devant la cour de justice européenne qui lui imposerait des amendes. C’est tellement gros qu’on a du mal à le croire. Pourtant, la Grèce est là qui chaque jour nous dit que tout, malheureusement, est vrai.

L’autre traité, appelé « traité établissant un mécanisme européen de stabilité » (MES), lié au précédent, prétend rassembler des fonds pour prêter de l’argent aux pays qui en ont besoin. Bonne idée direz-vous à juste titre. Mais il ne s’agit pas d’une simple caisse d’entraide ou de secours. Deux conditions la transforment en son contraire. La première donne le pouvoir au nouvel organisme que crée le traité MES de demander de l’argent aux États de manière illimitée. A ce titre la France doit déjà verser 142 milliards d’euros. La seconde conditionne le prêt à un pays en difficulté à son acceptation et à l’application de toutes les dispositions prévues dans le premier traité c’est à dire à la condition  qu’il pressure les citoyens, recule l’âge de la retraite, réduise les budgets sociaux, diminue vos salaires, retraites et minima sociaux. Tout cela sans que les parlements nationaux n’aient leur mot à dire, la Commission de Bruxelles, la Banque centrale européenne et le… Fonds monétaire international disposant, eux, des pleins pouvoirs qu’ils ne détiennent pas du suffrage universel. C’est précisément ce qui est imposé à la Grèce.

Comme vous le voyez, je n’ai pas exagéré la gravité de ce qui se prépare que le gouvernement et beaucoup de dirigeants politiques vous cachent. Je me fais un devoir de  vous le révéler.

Au Parlement européen, j’ai, avec mes amis du Front de Gauche, voté contre toutes ces dispositions. Dans quelques jours, le Parlement français est appelé à se prononcer sur le deuxième traité. J’invite tous les députés de gauche et de l’écologie politique à se rendre au Parlement pour, ensemble, dans l’unité s’opposer à ce traité qui porte la signature de Nicolas Sarkozy. Oui, pour une politique de gauche demain, il faut voter contre le traité Sarkozy dès mardi prochain. Il en va de la possibilité pour notre pays, demain quand il aura chassé le locataire actuel de l’Élysée, de mettre en œuvre une politique de changement qui réponde à vos attentes et à vos espoirs.

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Les deux traités sont liés ! La preuve :

  • Extrait du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire  (traduction non officielle, la version française n’étant pas encore disponible) :

« INSISTANT sur l’importance du Traité établissant le Mécanisme européen de stabilité comme élément d’une stratégie globale pour renforcer l’union économique et monétaire et SOULIGNANT que l’octroi de l’assistance dans le cadre de nouveaux programmes du Mécanisme européen de stabilité sera conditionné, à partir du 1er mars 2013, à la ratification de ce Traité par les parties contractantes concernées et, dès l’expiration de la période de transition mentionnée dans l’Article 3 (2) en conformité avec les exigences de cet Article, »

  • Extrait du traité instituant mécanisme européen de stabilité :

Considérant 5 « Le présent traité et le TSCG sont complémentaires dans la promotion de pratiques budgétaires responsables et de la solidarité au sein de l’Union économique et monétaire. Il est reconnu et convenu que l’octroi d’une assistance financière dans le cadre des nouveaux programmes en vertu du MES sera conditionné, à partir du 1er mars 2013, à la ratification du TSCG par l’État membre concerné et, à l’expiration du délai de transposition visé à l’article 3, paragraphe 2, du TSCG, au respect des exigences dudit article ».

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La porte très à… droite 2

Les palinodies, faux semblants et faux suspens alimentés depuis des semaines autour de la candidature de M. Sarkozy s’arrêtent sur la bande d’arrêt d’urgence de la route présidentielle. Très à droite, proche de la sortie de route de la République.

Le sarkozysme réactionnaire, ultralibéral se métamorphose en un mélange de Reagan-bushisme, mâtiné de tea-party nord-américain et de vieux pétainisme français, intégrateur d’idées d’extrême-droite. Il devient ainsi le candidat de la droite la plus extrême depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Des mensonges de la dernière campagne présidentielle aux discours de Dakar ou de Grenoble, au vote d’une bonne partie du programme de l’extrême-droite au Parlement jusqu’aux saillies guéantistes sur une prétendue hiérarchie entre les civilisations, voici que le sarkozysme tord nos principes constitutionnels et défigure notre République. Ceci au nom d’un débat sur les… valeurs !

Face à une telle dérive, il est de la responsabilité de tous les démocrates, de tous les humanistes, de toutes celles et ceux qui sont attachés aux belles valeurs de « la liberté, de l’égalité, de la fraternité », de parler, de se mobiliser, de contrer l’entreprise en cours. Nous sommes face à une tentative de coup de force pour faire valider par l’élection présidentielle les thèses d’une droite extrême.

Le sarkozysme a validé, mois après mois, les thèses lepénistes gonflant le parti d’extrême-droite. Voici qu’à quelques semaines de l’élection présidentielle, le candidat-président est obsédé par l’idée de faire revenir dans son giron les électeurs qui l’ont quitté pour rejoindre la candidate qui, à leurs  yeux, incarne la protestation nationaliste, chauviniste, ultra-droitière. La séquence calculée sur l’abject thème selon lequel « toutes les civilisations… ne se valent pas », y participe tout comme la stigmatisation de l’immigré, du citoyen « assisté » ou du chômeur.

L’illustre Montaigne avait déjà calmement répondu : « On appelle barbares les peuples d’autres civilisations ». De fait, l’actuel ministre de l’intérieur, comme son prédécesseur a désigné ouvertement « l’autre », le musulman, le Rom, le chômeur comme fauteurs de problèmes, tout comme le fait la famille Le Pen. Ceci est en cohérence avec le préprogramme sarkozyste décliné dans le Figaro Magazine. Il insiste sur son refus de donner le droit de vote à une partie de celles et ceux qui contribuent à la richesse de la France, « les immigrés », mais surtout sa volonté d’organiser un référendum pour savoir comment on doit les expulser. Autrement dit, un référendum suscitant le rejet, la haine, à rebours des valeurs de la République française, « Une et indivisible ».

Rien de tel pour détourner l’attention de tous les citoyens des causes réelles des difficultés. Le banquier et le financier en seraient exonérés tandis que l’immigré serait poussé vers le bûcher ou jeté à la mer. C’est la même logique qui conduit le locataire de l’Elysée à proposer un référendum pour obliger les chômeurs à accepter n’importe quel travail, à n’importe quel prix, afin d’accentuer encore la concurrence entre travailleurs pour abaisser les niveaux de rémunération salariale, dans toute la société. Chaque jour qui passe fait mille chômeurs de plus en sarkozie. Qui est responsable ? Les chômeurs ? Ou une politique économique et sociale qui pousse à l’élimination du travail ?

La proposition d’instituer la taxe Sarkozy, autre nom de l’augmentation de la TVA et le contrat dit « compétitivité-emploi », qui revient à imposer aux salariés une baisse des salaires et à précariser son travail complètent un dispositif de régression sociale inouïe. Cette même logique actuellement à l’œuvre en Grèce mène au chaos. Et pour couronner le tout, M. Sarkozy veut, avec Mme Merkel, imposer deux traités européens pour détruire nos droits sociaux, les services publics et la protection sociale. Un traité sur la « gouvernance économique » et un autre instituant un « mécanisme européen de stabilité », ce dernier est lié au précédent. C’est une sorte de général en chef de l’application de « politique macro-économique », comme le fait le Fonds monétaire international, avec ses plans d’ajustements structurels. Autrement dit, l’austérité à perpétuité pour les familles populaires.

Tout ceci ne procède ni de « dérives », ou de « tâtonnements » comme on l’entend parfois. Il s’agit dans le cadre de la crise de permettre au capital de préserver ses hauts niveaux de profit. Pour cela, il faut détruire la république sociale, la République elle-même. La France, de par son histoire, ses droits sociaux, reste un verrou à faire sauter pour les puissances d’argent. Sarkozy est leur allié. Il bafoue la Constitution, les valeurs républicaines et défigure la France, n’hésitant pas pour parvenir à ses fins à inonder la société de ferments de divisions aux conséquences incalculables. Il ne faut pas exclure non plus qu’il tente de s’appuyer sur des tensions internationales pour se valoriser. Raison de plus pour que la Gauche, comme elle l’a toujours fait dans des périodes historiques préoccupantes, relève le gant. Pas par des demi-mesures, mais avec un projet fort et ambitieux. Voilà ce que porte Jean-Luc Mélenchon, avec la dynamique que construit le Front de Gauche qui, semaine après semaine, est mieux perçue comme utile à la gauche toute entière, dans la mesure où elle permet son ancrage au plus près des attentes du monde du travail et de la création. Dynamique de clarté et de vérité qui ne cache pas la nécessité de produire des actes dont le premier sera le rejet du traité sur le « mécanisme européen de stabilité », le 21 février prochain au Parlement. Personne ne comprendrait, dans le camp du changement et de sa réussite, que la gauche et l’écologie politique n’affichent pas une unité sans faille  pour rejeter le « traité » Sarkozy. La victoire le 6 mai, la réussite d’une politique nouvelle ont tout à gagner d’un engagement à consulter nos concitoyens sur les futurs traités européens. La raison en est simple: on ne peut prétendre mener une autre politique économique et sociale en France sans se dégager des logiques antisociales qui prévalent actuellement dans l’Union européenne. Si Jean-Luc Mélenchon et les candidats du Front de gauche aux élections législatives portent cette exigence avec force, c’est pour que la réussite commune soit au rendez-vous, aux élections et après.

Mécanisme européen de stabilité : la purge sociale en préparation 6

Le 30 janvier dernier, le Conseil européen a adopté deux nouveaux traités européens, sur injonction de M. Sarkozy et de Mme Merkel.

L’un s’appelle Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire (TSCG). L’autre a pour nom Traité instituant un mécanisme européen de stabilité (MES).

Les deux sont liés. L’un édicte la politique d’austérité, l’autre est un instrument qui conditionne toute aide du MES à la mise en œuvre de ces choix de réduction des dépenses publiques et sociales.

Il n’y a ici aucune place pour quelque aménagement ou réorganisation que ce soit : tout ce texte est inacceptable.

Le traité MES sera soumis au parlement français le 21 février. Toute la gauche doit se rassembler pour les combattre et les mettre en échec lors du vote. Tant qu’à modifier le traité de Lisbonne, l’efficacité commanderait de changer les missions de la Banque centrale européenne et de lui permettre d’initier un nouveau système de crédit. Elle pourrait prendre tout ou partie de la dette des Etats et prêter directement à ceux-ci aux mêmes taux qu’elle le fait pour les banques privées, c’est-à-dire aux alentours de 1%.

Il n’y a aucune fatalité aux choix actuels. Ils ne sont dictés que par le service aux marchés financiers.

Voter ces textes reviendrait par avance à accepter d’être matraqués après les élections présidentielles : diminution des retraites et des pensions, diminution des services publics, nouveaux déremboursements de médicaments, impôts sur les allocations familiales, augmentation de la TVA… C’est une purge qui se prépare. Ne laissons pas faire !

Ci-dessous, vous trouverez quelques éléments d’information sur le MES, ainsi que le texte intégral. More…

Solidarité avec le peuple grec 5

Grève générale en Grèce contre les nouvelles mesures d'austérité - 07/02/2012

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Je m’adresse à  tous les salariés, à tous les peuples de l’Europe.

Et si dans les mois, les années qui viennent nous étions traités comme le sont les Grecs ? Plan d’austérité après plan d’austérité, les autorités européennes leur imposent une effroyable purge sociale : diminution du salaire minimum de près d’un quart -en France une telle mesure ramènerait le SMIC à 1000€-, suppression cette année de quinze mille emplois publics, nouvelle baisse des retraites, diminution de la sécurité sociale, privatisation de quatre nouvelles entreprises.

C’est une effroyable saignée qui épargne les armateurs, la  riche Eglise orthodoxe, les banquiers et les  spéculateurs. On ne peut tolérer que soit ainsi traité au XXIème siècle, sur le continent européen, un peuple qui a légué au monde les principes de la démocratie aujourd’hui piétinés par les autorités européennes. On ne peut accepter que soit niée  sa souveraineté et qu’il soit  soumis à la « discipline budgétaire » et à « la surveillance » tandis que les marchés financiers et les  banques le spolient avec des taux d’intérêts usuraires. Cette danse macabre des vautours de la finance qui dépècent la Grèce doit cesser. Il faut leur couper les ailes sinon ils s’attaqueront à d’autres proies en Europe. Leur austérité mène à la ruine.

Avec les Grecs, refusons-la avec d’autant plus de force que les deux traités européens écrits par Sarkozy et Merkel visent à imposer partout dans l’Union européenne le garrot qui étrangle la population grecque. En Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal, dans toute l’Europe, rassemblons-nous sur une exigence simple et réaliste: que la Banque centrale européenne prenne en charge la dette grecque et avance à ce pays directement les 130 milliards dont il a besoin au même taux qu’elle le fait pour les  banques privées, c’est-à-dire à 1%. Ne pas le faire serait  un crime !

Oui, Grecs nous sommes dans la solidarité en refusant de l’être demain dans le malheur qu’on leur fait subir.

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Signez la pétition en ligne sur le site de l’Humanité, en cliquant ici

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