Leur impasse 6

Pour la énième fois, au terme d’une longue tragicomédie, les dirigeants européens, au premier rang desquels M. Sarkozy et Mme Merkel, tentent de nous faire croire qu’ils sauvent l’Europe. En fait, ils viennent au secours des ogres de la finance. Ceux-là mêmes qui poussent la Grèce à la ruine, le peuple grec à la misère en réservant le même sort aux peuples portugais, irlandais, espagnol et italien. Quant à nos concitoyens,  un nouveau plan de super austérité les attend. Chacun voit bien que de sommet en sommet, loin de reculer, la crise s’aggrave de jour en jour. Le président de la République vient une fois de plus de passer sous les fourches caudines de Mme Merkel et du capital allemand, plus dominateur que jamais. Et les chefs d’Etats voudraient nous faire pleurer sur le sort des banques alors que, même avec l’actuel système de décote, elles continuent de gagner beaucoup d’argent en spéculant sur les dettes. Elles utilisent l’euro qu’elles maintiennent à un haut niveau alors que les capacités de production et d’emploi sont affaiblies, réduites, détruites.

 L’argent issu du travail des salariés va servir à augmenter les moyens du fonds financier européen et à recapitaliser les banques. La note sera payée par des hausses de TVA dores et déjà annoncées, une pression accrue sur les salaires, des dégradations de services publics notamment dans l’Education Nationale, la Santé et la Sécurité, une mise à mal de la sécurité sociale, un recul supplémentaire de l’âge de départ à la retraite. A l’inverse, aucun acte concret n’est décidé pour mettre en place la taxe sur les transactions financières. Aucune décision n’est prise pour la relance de l’investissement productif. Pourtant la solution existe ! Elle consiste à transformer le fonds financier européen en un fonds de développement social, écologique et humain. De l’abonder grâce à un rôle nouveau de la Banque centrale européenne et à son pouvoir de création monétaire, tout en imaginant un nouveau système de crédit public pour le travail, les investissements utiles, le progrès social, culturel et écologique. Il n’y a d’ailleurs plus de solution viable sans nationalisation démocratique des grandes banques et des institutions financières pour relancer un crédit public contre la spéculation financière.

 Derrière le vocable de « gouvernance économique » se profile une modification de l’idée même de communauté européenne telle que nous l’avons connue, en un système autoritaire, centralisé, impérial qui va donner, pour le compte de la haute finance, des pouvoirs nouveaux à la Commission de Bruxelles et à la BCE. Non seulement ils veulent contrôler et surveiller les budgets des Etats, mais ils veulent aussi s’octroyer le pouvoir de les modifier autoritairement en cours d’exercice par delà les parlements et les gouvernements nationaux. C’est ce qu’ils visent avec la modification des traités, mettre fin au droit de souveraineté populaire et au droit de souveraineté nationale. Le Traité de Lisbonne ainsi aggravé sera un verrou contre tout projet européen progressiste. Une véritable gangue qui aggrave la crise économique et sociale, en amorçant désormais une crise politique grosse de dangers pour les peuples et l’idée même de construction européenne.

 Pour la sauver il faut en changer radicalement le cours. Cela passe par une mobilisation des peuples affirmant haut et fort leur solidarité, leurs ambitions de mises en commun face à l’égoïsme destructeur de la finance. Y contribuer est une responsabilité essentielle de toute la gauche, sous peine de pousser les peuples dans le désespoir.

Indignés de tous les pays, ensemble, prenons notre destin en main ! 1

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Inauguration de la Fête de l’Humanité,
jeudi 15 septembre 2011
(Extraits Vidéo)

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Voici l’intégralité de mon intervention :

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Cher(e)s ami(e)s, Cher(e)s camarades,

J’ai beaucoup de plaisir à ouvrir avec vous cette 76ème édition de la Fête de l’Humanité.

Si nous réussissons et si nous travaillons bien tous ensemble, depuis la Fête et après, cette Fête doit être la dernière Fête de l’Humanité sous le régime Sarkozy.

Notre Fête coïncide avec le 140ème anniversaire de ce puissant événement politique et révolutionnaire qu’est la Commune de Paris, à laquelle nous consacrons cette belle exposition.

Permettez-moi avant toute chose de féliciter et de remercier chaleureusement toutes les militantes et militants qui, tout l’été ont popularisé la Fête et proposé le bon de soutien, et celles et ceux qui, depuis quelques jours, ont construit la Fête.

Sans ce déploiement militant, il ne pourrait pas y avoir de Fête de l’Humanité, que nous devons produire dans des conditions économiques de plus en plus difficiles, alors que nous tentons de maintenir un prix d’entrée le plus raisonnable possible.

De plus en plus nombreux, doivent être associés à ce tour de force que constitue la Fête du journal l’Humanité, des femmes, des hommes engagés dans l’action syndicale et le monde associatif.

Jamais nous n’avons eu autant de stands d’associations, de forces de gauche et de nouveaux mouvements progressistes d’autres pays au Village du monde.

Nous allons d’ailleurs mettre la Fête à la disposition des associations caritatives formées par la Croix-Rouge française, les Restos du Cœur, avec les militants du Secours populaire français pour porter le fer contre cette décision inique des autorités européennes de réduire le plan d’aide aux plus démunis, au moment même où le nombre de citoyens en situation de pauvreté grandit en Europe et particulièrement en France.

Je le redis avec beaucoup de force, dans son extrême diversité, l’engagement militant, fait de générosité, de dévouement, de service à l’autre, de fraternité, reste une valeur, une activité  humaine noble.

On m’interroge sans cesse sur le fait de savoir comment et pourquoi nous réussissons une telle Fête ? Voilà la recette : l’engagement militant !

Évidemment, cela semble presque incongru dans la République, tous les jours un peu plus amochée par la clique de copains et de coquins qui, paraît-il, se passent des valises de billets, manipulent les fichiers bancaires, font leur meeting devant des juges dans les tribunaux et s’amusent à ce nouveau jeu de lancer de boules puantes qui ne peuvent déclencher que dégoût, rejet de la chose publique et ouvrir un boulevard à l’extrême-droite.

Permettez-moi enfin de remercier aussi les équipes de l’Humanité, de l’Humanité-Dimanche et de notre plateforme numérique qui ont participé au travail de création, de production, de popularisation de la Fête.

Dans ce travail, cette activité soutenue, je veux remercier les équipes de la Fête animées par Silvère Magnon et par Olivier Valentin. Lire la suite…

La Fête pour que ça bouge et que ça change 4

Vous ne supportez plus ces injustices, ces souffrances, ce chômage qui détruit vos vies, la dilapidation de notre patrimoine commun que sont les services publics de l’école, de la Poste ou de l’hôpital. Venez le dire avec des dizaines et des dizaines de milliers d’autres à la Fête de l’Humanité.

Vous ne supportez plus ces divisions, ce climat de rejet de l’autre, ces humiliations, ces droits bafoués pendant que les puissants font la loi. Venez le clamer à la Fête de l’Humanité.

Vous ne supportez plus cette dictature de la loi de l’argent qui fait que les plus fortunés s’enrichissent toujours plus pendant que dans la cité, le quartier ou au travail il faut se priver toujours plus. Venez le crier à la Fête de l’Humanité.

Vous voulez que revivent les belles valeurs de justice, de solidarité, de liberté, de démocratie, de paix, de fraternité. La Fête est un lieu unique pour contribuer à ce que ces idéaux reprennent des couleurs et de la force.

Cliquez ici pour le programme !

Cliquez ici pour le programme !

Vous voulez que le pouvoir sarkozyste soit battu aux prochaines élections, dans quelques mois, et vous voudriez une gauche bien ancrée à gauche, qui ne trahisse pas les salariés, les retraités, les privés d’emploi, les jeunes. Profitez de l’occasion pour venir en débattre à la Fête de l’Humanité. Car plus cette Fête sera massive, puissante, riche de votre opinion, dans ce qu’elle a d’unique et d’original,  plus les  multiples débats seront féconds et plus cela permettra que le Front de gauche soit à vous, pour vous. Cela comptera pour que toute la gauche soit assez forte pour faire reculer le pouvoir de l’argent, la droite et le syndicat du grand patronat : le Medef. Assez forte pour battre Sarkozy et sa clique et vous rendre le pouvoir de décider de vos vies.

La Fête de l’Humanité est à vous. En Tunisie, en Égypte, en Syrie, en Espagne ou en Grèce, des jeunes, des travailleurs, des femmes, des retraités se rassemblent par milliers pour réfléchir à un autre avenir, à un autre pouvoir, à une autre société apportant justice, démocratie, liberté, émancipation. Faisons de même à la Fête de l’Humanité devenue sur trois jours la plus grande place du peuple. Une place, une Fête citoyenne où on chantera, on dansera, on se cultivera, on se distraira ensemble. Cette année encore on y découvrira un superbe et riche programme avec entre autre Bernard Lavilliers, Souad Massi, Joan Baez, Yannick Noah, The Ting Tings, Sum 41, Nolwenn Leroy, No One Is Innocent …

Pour que ça bouge, pour que ça change, retrouvons nous nombreux sur cette grande place entre La Courneuve et Le Bourget pour faire vivre l’Humanité.

Ça comptera pour vous !

Pour commander en ligne votre bon de soutien, cliquez ici, et pour télécharger le bon de commande, c’est là !

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Hommage à Léo Figuères 7

On n’entendra plus la belle voix rocailleuse et chantante de Léo Figuères. Cette voix si forte d’où émanait cette chaleur humaniste, cette fraternité au bout des mots, cette générosité. Cette voix qui jamais n’a défailli dans la défense des plus humbles, dans le combat contre l’injustice. Cette voix rassurante et exigeante à la fois.

Léo était de ces êtres de conviction et de courage, Résistant puis combattant actif contre les guerres coloniales. Cela lui valut d’être contraint à la clandestinité dans les années cinquante et à des condamnations par contumace pour avoir appelé la jeunesse de France à refuser de participer au martyr des peuples d’Indochine et d’Algérie.

Maire et Conseiller général de Malakoff dès le début des années soixante, il défendit sans relâche les habitants de sa ville et de son département.

Il n’y a pas si longtemps encore, Léo racontait qu’il ne commençait pas une journée sans avoir lu son journal l’Humanité, dont il était l’un des grands défenseurs. Il le lisait si assidument et si scrupuleusement qu’il ne manquait jamais de montrer ses atouts mais aussi ses faiblesses quotidiennes.

Ouvrier typographe, il était homme d’une grande culture. Il côtoya d’ailleurs les plus grands créateurs du siècle dernier. Louis Aragon et Fernand Léger étaient de ses amis.

Homme de réflexion, il aimait débattre, écrire notamment sur ses idéaux du socialisme et du communisme.

Léo restera un homme de droiture, d’honnêteté au service des autres.

Au moment de dire adieu à cet être d’exception, j’adresse, au nom de son journal l’Humanité, à son épouse Andrée, à ses enfants, Jean-Pierre, Gilles, Françoise et Claudine, à ses petits enfants, mes plus sincères condoléances et mes sentiments de sympathie attristés.

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Désarmer les marchés financiers 3

Une petite bande organisée de spéculateurs cagoulés, agissant dans l’ombre, s’attaque chaque jour à la monnaie européenne, spécule sur la dette afin d’en tirer d’énormes profits. Ils achètent des obligations d’Etat à la moitié de leur valeur et les revendent à 100% voire à 120, 150%. Mieux encore ! Ils osent prétendre, avec les dirigeants et les média à leur service,  qu’il n’y a pas d’argent pour l’emploi, les salaires, les retraites, la formation…! Dans tous les pays, le discours est le même alors que la masse des produits financiers dérivés atteint la somme astronomique de 600 000 à 750 000 milliards de dollars. Douze fois la valeur de toutes les richesses produites sur la planète ! Qu’à cela ne tienne, ces adeptes de la pensée unique, celle-là même qui a produit la crise, regardent l’Union européenne se fissurer et ajoutent des plans d’austérité aux purges sociales d’un bout à l’autre du continent. Il n’y a pas de solidarité parce que les antagonismes entre les forces nationales du capital sont puissants, au sein même de l’Union européenne, et à l’échelle de la planète. Ainsi, on voit comment, notamment, les puissances industrielles et financières allemandes sont en compétition avec celles d’autres pays, en particulier la France. Ce sont les travailleurs qui partout, comme toujours, en font les frais.

L’ahurissant dogme de la liberté totale de circulation des capitaux et des marchandises, tamponné dans les traités européens et répété en boucle par les « élites », ne fait que pousser à l’extrême les tensions et les antagonismes. La gravissime situation actuelle ne doit donc rien au hasard. Les déréglementations économiques et financières de la fin des années 1980 produisent leur terrible effet.  Leur conception de la monnaie unique n’a toujours visé, d’une part, qu’à satisfaire les marchés financiers et, d’autre part, qu’à exaucer les demandes du capital allemand. La satisfaction des marchés financiers, dans la rivalité avec le dollar, se fait en jouant avec les taux d’intérêt, en surévaluant en permanence la valeur de l’euro. L’emploi, le développement, social et économique sont ainsi sacrifiés.

La stratégie allemande a consisté depuis plus de vingt ans à développer une guerre commerciale au sein même de l’Union européenne, à l’opposé de l’idée de solidarité européenne. Certes on ne dévalue plus les monnaies nationales. On dévalue les salaires. C’est ce qu’ont fait les dirigeants Allemands depuis longtemps, tout en utilisant l’Europe centrale comme arrière-cour pour leurs exportations, ou des délocalisations pour bénéficier de salaires encore plus bas. Nous sommes bien loin des slogans sur l’unité européenne. Les populations subissent les dégâts d’une guerre commerciale, économique, monétaire et sociale intra-européenne, sous l’égide des traités de Lisbonne et de Maastricht, basés sur la concurrence libre. C’est l’Europe des banquiers, contre la démocratie, qui est à l’œuvre. Les chefs d’Etat et de gouvernement mettent une semaine à se réunir alors  que la semaine dernière s’est tenue à Rome une réunion des banquiers européens dans le quasi secret, sans aucune autorité politique. Il faut en finir avec cela !

Nous qui pourtant avons combattu non pas l’idée européenne, non pas l’Europe des peuples solidaires, mais les traités instituant des politiques européennes, ne nous doutions pas que la catastrophe viendrait si vite et serait si forte. Nous ne nous en réjouissons pas. Après les peuples irlandais, grecs, portugais, voilà que les italiens se voient imposer en quelques heures un plan d’austérité. La même déjà à l’œuvre, au Royaume-Uni comme en France, avec la contre-réforme des retraites, le blocage des salaires, la réduction des services publics. Depuis des mois, on nous explique sur tous les tons que c’est indispensable pour « rassurer les marchés financiers ». Mais au nom de quoi,  de quel intérêt supérieur, faut-il « rassurer » ces marchés financiers qui font tant de mal aux peuples, aux pays, et à l’idée européenne elle-même ? La priorité n’est-elle pas à rassurer les populations? Au nom de quoi l’argent de la spéculation doit-il mener le monde ? Que l’on rende publique la liste des fonds spéculatifs, qui font de l’argent sur la dette des Etats et conduisent leurs dirigeants à saigner les travailleurs et les retraités, tout en sacrifiant les services publics. Que l’on nous dise quelles institutions financières sont derrière et arment ces fonds spéculatifs. Qu’un débat public soit lancé sur l’efficience ou pas des traités européens qui régissent l’Union européenne. Il faut refuser la mise sous tutelle des budgets nationaux, sociaux et des collectivités territoriales avec cette fameuse « règle d’or » que veut imposer le pouvoir. Qu’un audit public, avec participation des syndicats et des citoyens, soit réalisé sur la nature des dettes des Etats. On découvrira quel est le résultat des baisses des impôts sur le capital, de la réduction de l’activité économique, et des frais financiers énormes qui grossissent année après année la dette. Il faudra bien se rendre à l’évidence. Il n’y a pas de solution sans considérer une part importante de la dette comme illégitime, parce qu’elle a été gonflée d’énormes frais financiers qui n’ont servi qu’à grossir les profits des rapaces de la finance. Il devient donc urgent de réorienter radicalement le rôle de la Banque centrale européenne pour qu’elle prenne en charge tout ou partie de la dette, par rachat, et par création monétaire, tout en insufflant des moyens à un fonds de développement humain, social et écologique, à la place du fonds pour l’euro d’aujourd’hui qui n’a justement pas d’autre objectif que de « rassurer » les marchés financiers. Il faut instituer une taxe sur les transactions financières et décider un moratoire sur le paiement des intérêts de la dette.

Seule une combinaison associant la relance économique, le progrès social, des investissements pour une économie durable et solidaire, le développement des services publics, le désarmement des marchés financiers pourra amorcer un processus de sortie de crise. Fondamentalement, l’actuelle crise européenne et la crise de l’euro, facettes de la crise globale du capitalisme, posent avec force la question de la nature et des finalités de la construction européenne. Construire pour les rapaces de la finance ou pour les peuples ? Le débat ne pourra pas éternellement être éludé. Que nos concitoyens s’en emparent !

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