Des Assises pour développer L’Humanité 1

Nous lançons les 3èmes « Assises de l’Humanité ». Durant plusieurs semaines, jusqu’à la veille du 1er mai, nous impulserons une multitude d’initiatives avec les personnels du journal, les lectrices et les lecteurs, les amis de nos journaux, les utilisateurs de notre site internet, les constructeurs de la Fête de l’Humanité, les diffuseurs militants, les correspondants de nos journaux, les souscripteurs.

Ces Assises se matérialiseront par des réunions, des contacts, l’élaboration de réflexions et de projets pour développer le groupe « Humanité » (l’Humanité, l’Humanité Dimanche, l’humanité.fr, la Fête de l’Humanité, la Terre). Nous associerons à ce travail une multitude de partenaires, de personnalités, d’amis du journal, de confrères journalistes, écrivains, syndicalistes, spécialistes des médias, créateurs, annonceurs publicitaires.

Chaque semaine se tiendront une ou plusieurs initiatives : réunions de lectrices et de lecteurs, débats sur les enjeux du pluralisme de la presse, réflexions sur les contenus de nos journaux, de notre site internet, actes nouveaux pour développer « l’Humanité », rencontres avec les marchands de journaux, avec des confrères de la presse audiovisuelle, avec les responsables des stands de la Fête de l’Humanité, lancement des universités populaires de « l’Humanité », d’un club des abonnés, création d’une « association nationale des diffuseurs ». En plus de l’invité de la semaine et des pages « Tribunes », une fois par semaine un rédacteur en chef inattendu réalisera « l’Humanité » avec la rédaction. L’Humanité Dimanche recevra son « invité spécial ». En mars, un numéro spécial écrit par des jeunes. En avril, un numéro écrit par des syndicalistes, organisation d’un concert de soutien au journal début mai.

Au-delà, nous invitons nos amis, les lecteurs à initier eux-mêmes des rencontres, des actes pour faire connaître et diffuser nos journaux.

Notre objectif ? Faire mouvement avec « l’Humanité ». Créer avec celles et ceux qui sont intéressés par son existence, des conditions nouvelles de son rayonnement et de son développement.

Nous nous fixons aujourd’hui ce nouvel objectif pour plusieurs raisons :

● La première est qu’au terme de plusieurs années d’efforts, nous avons réussi à pérenniser « l’Humanité », à relancer « l’Humanité Dimanche », à redonner de la force à la Fête de l’Humanité, et nous recréons notre plateforme numérique participative, orientée sur la question sociale. Confortons ces atouts !

● La seconde est liée à la fois à la profondeur de la crise du capitalisme et à l’extraordinaire mouvement des peuples que nous sommes en train de vivre. Ceci crée des conditions nouvelles et appelle un développement du journal fondé par Jean Jaurès. Nous sommes entrés dans une période de l’histoire humaine inédite qui rend « l’Humanité » encore plus utile, indispensable.

La crise du capitalisme bouleverse tout, des réalités aux consciences. Elle s’accompagne d’une crise idéologique et des idéologies, telle qu’on ne l’a jamais connue. La recherche de repères, de débats, d’idées nouvelles devient pressante, tout comme la demande d’issues neuves. Au cœur de ces préoccupations, c’est le sens à donner à la vie en société qui est posé, question à laquelle sont confrontés chaque individu et la planète en son entier. A la suite des révolutions latino-américaines, voici que les peuples du Maghreb secouent le joug des dictatures corrompues et font eux-mêmes leur révolution. Est-ce qu’aujourd’hui le milliardaire Warren Buffett se permettrait de prédire : « Il y a une lutte de classe, d’accord, mais c’est ma classe, la classe des riches qui la mène et nous la gagnons » ?

A l’opposé, « L’Humanité » est le journal du parti pris des peuples, de la classe ouvrière, du travail, de la création culturelle, de la cause sociale et environnementale, d’un nouveau projet post-capitaliste. Se donner les moyens de son développement c’est contribuer à « réaliser l’humanité ».

● La troisième raison est que, comme au temps de Jaurès, évidemment dans de toutes autres conditions, nous sommes confrontés à l’impérieuse nécessité d’élaborer dans le débat et l’action un projet alternatif à gauche, et de gauche. Celles et ceux qui se reconnaissent en elle et dans l’écologie politique veulent battre M. Sarkozy, la droite  et rejeter l’extrême-droite. Ils cherchent des idées, des propositions, des lieux de débats pour être acteurs. « L’Humanité » et « l’Humanité Dimanche » se veulent les journaux de ces débats. Ils sont porteurs des démarches et des idées d’une gauche de transformation sociale rassemblée. Nous voulons nous enrichir des réflexions, des idées de celles et ceux qui se réclament du progressisme à la française et qui continuent pour de multiples raisons à avoir des préventions à l’égard de nos journaux. Avec toutes et tous nous voulons écrire la charte éditoriale de « l’Humanité » de ce siècle.

● La quatrième raison tient au rôle nouveau et essentiel que prennent les médias et les autoroutes de l’information dans le formatage de la consommation et de l’opinion de nos concitoyens. Plus que jamais, le besoin d’entendre d’autres voix se fait sentir. « L’Humanité » et « l’Humanité Dimanche » entendent contribuer à défricher cette indispensable voie inédite pour « vivre mieux » et changer de pouvoir, de société et de monde. En partant de la vie réelle des peuples, en enrichissant la confrontation des points de vue, à partir d’angles le plus souvent masqués, nos journaux font œuvre utile pour aider chacune, chacun à prendre son destin en main.

Les Assises seront aussi le moment de relancer une souscription pour développer « l’Humanité », une campagne publique d’abonnements et d’élargissement de la vente chez les marchands de journaux.

Tel est l’ordre du jour ambitieux des « Assises de l’Humanité ». Débattre et agir pour donner plus de force, plus d’audience, plus de lectrices et de lecteurs à « l’Humanité » et à « l’Humanité Dimanche ». Impulser une dynamique où des dizaines de milliers de lectrices, de lecteurs, d’amis, de sympathisants deviendront acteurs de « l’Humanité », encore plus et mieux leur journal.

Le 30 avril, nous nous retrouverons pour une grande journée de synthèse. Ce sera aussi le jour du lancement de la Fête de l’Humanité qui aura lieu les 16, 17 et 18 septembre.

Nous vous proposons de participer à ces débats pour ouvrir les portes de l’espérance. Bref, « l’Humanité » utile. Utile par l’information qu’elle porte, utile pour se défendre, utile pour se rassembler, utile pour changer la vie et le monde.

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Inauguration de Village du monde: c’est la Fête Pour la liberté (vidéo) Répondre

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Inauguration du Village du Monde, le 11 septembre 201, en présence d’ambassadeurs de nombreux pays, avec pour invitée d’Honneur Haneen Zoabi, députée à la Knesset.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de mon discours :

Une grande fête d’espoir 2

Un formidable souffle. Un immense souffle de générosité, de fraternité, de solidarité a parcouru la Fête de l’Humanité. La beauté, l’intelligence, la tendresse de la jeunesse ont fait honneur au 80ème anniversaire de sa création.

Elle a été la Fête du fort désir de réanimer le débat démocratique, de redonner à la politique ses lettres de noblesse, de produire de l’en commun, du partage. Une Fête pour de nouvelles espérances. Comme l’a lancé dans une chronique notre confrère de France-Inter, Jean Piérot, au cours de l’émission de Stéphane Paoli dimanche, la Fête a été « au cœur de la recharge du militantisme ». De fait, aux confluents d’une diversité d’actions citoyennes, sociales, culturelles d’un exceptionnel mois de septembre, pour défendre les valeurs de la République, l’éducation, la culture, l’emploi et le droit à la retraite à taux plein à 60 ans, la Fête aura été une ode au respect, à la diversité, à la tolérance, à « l’être ensemble » pour faire société commune. Un accélérateur des mouvements populaires. Un creuset de la réflexion et de la création sociale, culturelle et politique pour les progressistes, la gauche dans sa diversité, les différentes associations présentes, les créateurs et intellectuels venus débattre,  du Village du Livre au forum social.

On n’a pu qu’être touché au cœur, profondément ému, de voir, sous le soleil de l’été finissant, cette immense foule, soixante mille personnes sans doute, venue rendre un bel hommage chanté à Jean Ferrat, animé par son ami Michel Drucker. Une puissante manifestation de respect au grand artiste, au poète et aux sublimes valeurs qu’il n’a cessé de défendre pour qu’enfin « le malheur succombe ». Quatre-vingt mille autres vibrant au son de Prodigy ou de Madness, d’autres encore comme « Une foule sentimentale » manifestant « sa soif d’idéal » avec Alain Souchon et encore un parterre archi plein communiant avec Jacques Dutronc. Tous les groupes, tous les artistes ont souligné leur plaisir d’être là, nous glissant à l’oreille : « Tenez bon, on a besoin de vous ». Quel bel hommage, quel réconfort !

De multiples façons, la Fête était parcourue de cette pressante envie d’être ensemble, de se parler, d’inventer du neuf comme si le peuple sentait que notre pays et le monde se trouvaient à un point de bascule entre le pire, qui peut arriver avec la crise totale mondiale et la possibilité de défricher ensemble une voie inédite pour un autre futur. C’est ce qu’ont porté sur les fonds baptismaux, les responsables des partis, à l’initiative de Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Christian Picquet et Clémentine Autain dans une grandiose assemblée à l’Agora de l’Humanité, bien trop petite pour l’initiative, mais surtout pour l’œuvre entreprise. Cette dernière peut ouvrir de nouveaux chemins à l’indispensable révolution sociale, démocratique et écologique.

A l’image des manifestations unitaires pour le droit à la retraite à 60 ans, le mot peut-être le plus utilisé, le désir le plus visible a été celui de « l’unité ». Au moment même où les députés du parti sarkozyste organisaient, samedi, deux violentes effractions contre le progressisme à la française, avec le vote de la loi dite de sécurité intérieure et la destruction de la retraite à 60 ans, les participants de la Fête répondaient avec force : justice, égalité, droits humains contre l’impitoyable loi du capital.

L’idée a grandi que la casse de la retraite à 60 ans n’est motivée que par la demande de la finance internationale et ses fameuses agences dites de « notation », de réduire les droits des travailleurs pour faciliter la spéculation financière.

En vérité, c’est une nouvelle attaque contre les plus modestes, contre les ouvriers, les employés de plus en plus précaires, contre les femmes. Pour eux, on ne recule pas l’âge ouvrant droit à la retraite à 62 ans, comme on le dit abondamment, mais à… 67 ans, dans le pays de l’Union européenne où le taux de productivité horaire du travail est le plus élevé.  En vérité, l’allongement de la durée de la vie, en bonne santé,  doit être regardé avec plus de précision, quand on sait qu’elle est de 63 ans pour les ouvrières et de 64 ans pour les ouvriers.

Le sarkozysme se veut la pointe avancée de l’ultra capitalisme dans le monde et veut démontrer au grand capital international qu’il peut plier la France à ses intérêts. Le cynique prince de l’Elysée n’avait-il pas toujours promis qu’il ne toucherait pas à la retraite à 60 ans ! Le mensonge semble être l’un des éléments de la marque de fabrique de cette nouvelle idéologie, mêlant violence, autoritarisme, collusion avec les milieux d’affaires, répression, expulsions, racisme et destruction des droits sociaux et citoyens.

En 2006, avec trois millions de gens dans la rue contre le fameux « contrat première embauche », l’actuel Président, tout en étant membre du gouvernement, avait demandé publiquement à son prédécesseur de retirer la loi pourtant votée. Il faudra qu’il fasse de même car le mouvement va encore s’amplifier dans quelques jours, les 15 et 23 septembre, dans un rassemblement unitaire de toutes celles et ceux qui ne peuvent accepter de voir sans cesse leurs droits rognés, tandis que le monde de la finance tient le haut du pavé et que, après les hausses de l’été, on annonce maintenant des augmentations d’impôts indirects et le blocage des rémunérations. Ne nous y trompons pas ! On nous assure depuis quelques jours que M. Fillon est préféré à M. Sarkozy. Mais c’est bien M. Fillon qui a déjà porté des coups de hache au système des retraites et qui défend aujourd’hui, bec et ongles, ce projet ultra réactionnaire. Il n’est pas question non plus d’attendre 2012 pour que la gauche abroge une mauvaise décision. Le plus sûr est de l’empêcher maintenant. La mobilisation ne doit donc pas faiblir.

Le peuple, uni par-delà ses différences, peut encore gagner pour conserver le droit à la retraite à 60 ans. C’est un service à rendre à la jeunesse, aux générations futures. C’est un service à rendre à l’idée d’égalité en obligeant à faire participer les revenus financiers au financement de la protection sociale et des retraites.

A la Fête de l’Humanité a résonné avec force l’espoir. Tous ensemble, la victoire est à portée de mains.

Repousser la peur 6

Super austérité et autoritarisme sont les deux moteurs du sarkozysme. Pour imposer la première, il s’agit pour le pouvoir de manier le second afin de créer un climat d’inquiétude, de peur et de division. L’objectif est de tétaniser le peuple, de l’empêcher d’avoir prise sur les événements qui le concernent. Le gouvernement se sert de l’insécurité et de la délinquance non pas pour sanctionner tel ou tel individu qui aurait commis un méfait ou un crime, mais pour stigmatiser et transformer en boucs-émissaires des communautés comme les Roms ou les gens du voyage, ceux qu’ils appellent « les étrangers », parfois les jeunes. Les quartiers populaires sont visés comme étant forcément des lieux dangereux. Jour après jour, les bulletins d’information égrènent le nombre de destructions de camps de Roms et d’expulsions avec la même importance et la même banalité que la présentation d’un second bulletin météo.

Cette inflexion vers l’extrême-droite des choix du pouvoir inquiète jusqu’à l’intérieur de la droite républicaine elle-même. La France, la France de Manouchian et de Picasso, « ces étrangers et nos frères pourtant », est aujourd’hui montrée du doigt dans le monde entier. Des commissions de l’ONU, l’Eglise catholique, des journaux étrangers, certaines institutions européennes, s’interrogent, s’inquiètent, émettent de sévères critiques. Jamais cela n’était arrivé depuis la Libération. Au lieu d’en tenir compte, le pouvoir persévère et s’acharne. Pourquoi ? Il veut certes désactualiser la question sociale, l’injuste contre-réforme des retraites. Il veut aussi pouvoir camoufler « les affaires » qui mêlent, au travers d’un ministre, le Président de la République lui-même. Mais une question grave commence à se poser : A quoi servent ces grands policiers nommés préfets, ces cohortes de voitures de CRS stationnées devant les quartiers, ces propos violents contre certaines catégories de population ? Cherche-t-il à déclencher un grave incident pour renforcer encore sa pression sur le pays ?

Dans une telle situation, nous en appelons à la responsabilité populaire, au débat démocratique et à l’action. Nous appelons à ne pas donner à ce pouvoir l’occasion de franchir un cran de plus dans l’autoritarisme et la répression. Pour la sécurité partout, avec des moyens préventifs, éducatifs et des sanctions lorsqu’elles sont nécessaires. L’action doit donc porter sur les services publics, de l’éducation, de la justice, de la police, des transports, de la santé et sur l’effort à porter sur la formation, l’apprentissage et la création d’emplois convenablement rémunérés. Mais c’est le sujet que le pouvoir veut effacer en remplaçant le débat indispensable sur l’amélioration de la vie de chacune et de chacun par un paquet trouble, nauséabond, dangereux, inhumain, mêlant dans un populisme douteux : sécurité, immigration, banlieue populaire et délinquance.

Renforcer encore la super austérité en cours, démanteler les services publics dans les quartiers et les campagnes, affaiblir l’éducation nationale, les moyens donnés aux communes, aggraverait encore toutes les insécurités. Mais là encore pour faire accepter cette régression sociale sans précédent, c’est la peur qui est utilisée.

Dans l’attaque contre les retraites, tout débat contradictoire est refusé. Les propositions syndicales sont ignorées. L’argument essentiel invoqué est le financement. Mais jamais ne sont mises en débat les possibilités de trouver des ressources nouvelles du côté des exonérations de cotisations des revenus financiers, ou celles qu’offrirait un nouveau partage des richesses. Quant au lien entre le développement humain durable, créateur d’emplois, et le financement des retraites ou de la protection sociale, il n’est pas question de l’aborder.

Les argumentaires gouvernementaux cherchent à susciter l’angoisse et la peur pour dessaisir les citoyens de leur propre destin. Les seuls choix qui sont valorisés sont ceux, iniques, qui ne servent que les intérêts des puissances d’argent. Cela sera inefficace. Cela aggravera encore une crise qui peut connaître de terribles rebonds pour les familles populaires, dans les semaines à venir.

Les appels à la mobilisation la plus large, le 4 septembre pour la défense des valeurs de la République et, le 7, pour une réforme moderne assurant le droit à la retraite à 60 ans ripostent donc à l’essence même du sarkozysme. Ils lui opposent le besoin de justice, de solidarité et de démocratie.

Dans leur prolongement, la Fête de l’Humanité, les 10, 11 et 12 septembre, sera le lieu de confluence des aspirations populaires. Une Fête, avec ses concerts, ses spectacles, ouverte à toutes et tous, une Fête de la tolérance et de la fraternité, une Fête de toute la gauche sociale et politique en dialogue pour ouvrir les chemins d’un véritable changement progressiste à gauche.

Le rejet du sarkozysme ne peut y suffire. Il y a besoin de donner corps à un nouvel avenir grâce à un projet inédit de progrès social et écologique. Aux forces de gauche, dans leur diversité, de créer les conditions qui permettent réellement aux citoyens d’être partie prenante, aujourd’hui, de son élaboration et, demain, de sa mise en œuvre.

La Fête de l’Humanité servira aussi à cela. Plus elle sera importante, plus elle aidera à une nouvelle dynamique de résistance, de riposte et d’espoir.

La Fête de l’Humanité : une soif d’idéal intacte depuis quatre-vingts ans 2

Nous avons présenté ce mercredi 2 juin l’architecture générale de la Fête de l’Humanité 2010 qui se tiendra les 10, 11 et 12 septembre au parc départemental de la Courneuve, Aire des Vents.

La gravité de la crise, les souffrances sociales qu’elle engendre, appelle à construire ensemble un grand rassemblement politique, festif, culturel de résistance, de riposte et de débats sur un nouveau projet alternatif de changement. 

Extraits de l’exposé de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité : 

« Parce que l’ampleur, la gravité de la crise du capitalisme appellent plus que jamais à l’unité des exploités et des dominés, nous nous donnons l’objectif de construire, de co-construire une grande Fête de l’Humanité…

 

Nous voulons mettre la Fête encore plus et mieux à la disposition de toutes celles et ceux qui veulent crier leur colère, leur révolte, réfléchir, débattre d’un chemin nouveau pour le changement progressiste.

La gravité, la profondeur  de la crise globale, totale que nous affrontons, nous donne la responsabilité de construire ensemble ce lieu pour que s’expriment  celles et ceux qui souffrent,  celles et ceux qui n’en peuvent plus de la situation qui leur est faite et qui recherchent les moyens de  donner force et contenu progressiste à leurs angoisses et à leurs aspirations.

Mesurons bien que cette Fête se tient à un moment très particulier de l’histoire humaine où tout peut basculer dans un sens comme dans l’autre. Nous avons la responsabilité de permettre au peuple de prendre le dessus contre les forces destructrices du capital.

Nous célébrerons cette année le 80ème anniversaire de la Fête. Marcel Cachin, alors directeur de l’Humanité, a pris l’initiative, le 7 septembre 1930, de créer simultanément la Fête et les Comités de défense de l’Humanité, parce que l’Humanité était alors asphyxiée financièrement, les militants communistes étaient pourchassés, traduits devant les tribunaux, emprisonnés pour certains d’entre elles et eux. 

C’est cette double mobilisation des diffuseurs militants, avec la création des CDH et la tenue de la Fête dans la foulée à Bezons, au parc Zacco et Vanzetti qui font de l’Humanité ce journal original, qui dispose d’un atout dont ne dispose aucun autre journal : une force militante qui le porte, une force communiste qui le fait vivre. 

L’origine de la Fête est pour une part essentielle liée à la nécessité pour le journal de trouver des fonds pour survivre. 

Dans les conditions d’aujourd’hui, c’est ce même objectif que nous devons poursuivre avec la grande campagne de diffusion de ce que l’on appelle « la vignette d’entrée », qui est surtout un « bon de soutien » au journal.

A ce propos, les coûts de production de la Fête sont tels que nous avons été une nouvelle fois contraints d’augmenter le prix du bon de soutien. Mais même avec cette contrainte, nous faisons malgré tout le choix de rester une Fête populaire, ouverte à tous. 

Dès la première Fête, celle-ci a constitué une manifestation de solidarité avec les travailleurs, avec le peuple pour gagner des droits nouveaux, sociaux et humains.

Le lancement de la Fête de l’Humanité dans les années 1930 marque une grande période d’ouverture, de main tendue, de recherche d’unité du Parti communiste qui va travailler avec acharnement à construire ce grand mouvement débouchant sur le Front Populaire. 

Nous marquerons cet anniversaire par plusieurs initiatives :

L’édition d’un beau livre retraçant l’histoire des Fêtes de l’Humanité qui sera en vente fin août.

L’exposition principale sera aussi consacrée à cet anniversaire.

Et nous proposerons une réunion nationale des diffuseurs militants, auxquels nous remettrons symboliquement une carte du 80ème anniversaire de la création des CDH. 

Notre peuple, le monde du travail, les retraités ont besoin d’une grande Fête de l’Humanité. 

Dans un contexte où tout est fait pour diviser le peuple et les peuples, ou tout est fait pour créer un climat de peur pour mieux faire accepter l’inacceptable, pour valoriser le chacun pour soi, le tous contre tous, la Fête sera le lieu de « l’être ensemble », de la solidarité, de l’unité de celles et ceux qui sont victimes de la politique sarkozyste et capitaliste.

Oui, plus que jamais nous avons besoin d’une  grande Fête de la solidarité et de la fraternité. 

La préparation de la Fête et la Fête elle-même vont se tenir dans une période très particulière, décisive à bien des égards :

Celle de la contre-réforme réactionnaire des retraites mais également à la veille de la discussion au Parlement du budget de super austérité. 

Au moment également où le Conseil européen veut enlever une part essentielle de la souveraineté populaire en voulant dicter les orientations budgétaires aux Etats.

Au moment encore où le Président de la République veut constitutionnaliser ces mêmes orientations budgétaires d’austérité dans la loi fondamentale.

Au moment où se tiendra la Fête, le pouvoir va augmenter encore les tarifs publics, alors qu’il a déjà annoncé à la Commission de Bruxelles qu’il augmenterait les impôts. On parle désormais d’augmentation des impôts et de la CSG.

Et où cette même commission pousse à la privatisation des transports publics dont la SNCF et la RATP. 

Dans ces conditions, la Fête doit constituer un grand et puissant rassemblement de résistance et de riposte à ces politiques ultra libérales destructrices. 

Ne banalisons pas l’impact que peut avoir une manifestation d’une telle importance dans le débat politique de la rentrée, sur le rapport de forces qui peut en déboucher. Au contraire, donnons-nous tous les moyens pour que la réussite de la Fête soit vecteur d’une dynamique de changement. 

Car la Fête sera un lieu fédérateur dans la bataille pour le droit à la retraite à 60 ans, contre les politiques d’austérité et de chômage, alors que les marchés financiers accumulent les profits, pour la défense de la démocratie locale et des collectivités territoriales, pour l’augmentation des salaires, pour les droits fondamentaux au logement, à l’éducation, à la culture, à l’énergie, le droit de manger à sa faim désormais pour des millions de familles. 

Ainsi nous allons offrir un lieu spécial où toutes les forces sociales, syndicales et progressistes pourront exposer leurs propositions sur les retraites, l’emploi des jeunes, le relèvement des salaires. 

Nous allons en même temps en faire un lieu de convergence de toutes les luttes actuelles,  qu’il s’agisse de ceux qui défendent leur emploi, de celles et ceux qui défendent les services publics, de l’hôpital à l’école, de la Poste à la SNCF, et le service utile aux autres, des juristes aux médecins, des universitaires aux chercheurs, de toutes celles et ceux rassemblés dans le mouvement de l’appel des appels. 

Nous allons donner un prolongement à la pétition de soutien au peuple grec que nous avons lancée il y a quelques semaines, au Forum que nous organisons ce vendredi et samedi, sous l’égide du groupe de la gauche unitaire européenne, gauche verte nordique, avec un nouveau grand débat sur des solutions alternatives à l’Europe des traités de Maastricht et de Lisbonne, avec des syndicalistes, des intellectuels, des élus de gauche et écologistes, des responsables politiques de toute l’Europe. 

Dans le même ordre d’idée nous allons proposer aux associations qui le souhaitent, une initiative pour que l’année européenne de lutte contre la pauvreté ne soit pas qu’une phrase creuse, sans actions concrètes.

Il y a urgence sociale et nous allons permettre cette expression dans la Fête. 

Et face aux discours creux sur les banlieues et à leur stigmatisation, une grande soirée « Banlieue » sera organisée. Dans la Fête, nous allons faire vivre cet appel : peuple et jeunesse de toute l’Europe, unissons-nous pour changer d’Europe et de monde. Ne laissons pas la planète et l’Europe dans les griffes des grands capitalistes et des marchés financiers… 

Comme chaque année, la Fête sera aussi une grande manifestation de solidarité internationale. Nous organiserons dans la Fête des initiatives fortes pour la libération de Marwan Barghouti et de Salah Hamouri que nous portons chaque jour dans l’Humanité. 

La Fête c’est toujours  un lieu où s’expriment dans leur diversité les arts, la culture, la musique, le théâtre, le sport et son grand Village du Livre. Celui-ci va accueillir une conférence musicale autour de Louis Aragon en collaboration avec le Festi-Val-de-Marne et la maison Elsa Triolet-Louis Aragon, une rencontre avec des auteurs de Haïti et un débat autour de la naissance de la République espagnole, il y a 80 ans. 

La Fête rendra un grand hommage à Jean Ferrat, lui qui s’y trouvait si bien, lui qui a tant chanté la France des combats pour la justice, la liberté, la paix, la fraternité. Une soirée lui sera consacrée à l’espace des Amis de l’Humanité et un spectacle aura lieu sur la grande scène avec des artistes qui lui rendront l’hommage qu’il mérite.

Nous représenterons aussi l’exposition qui lui avait été consacrée en 2004 : « Jean des encres, Jean des sources ». Une avenue de la Fête, à son nom, sera inaugurée. 

La partie musicale est encore de grande qualité cette année.

Les scènes accueilleront le grand groupe britannique de musique électro-rock The Prodigy qui a choisi la Fête pour sa seule date dans un festival français.

De grands chanteurs français se retrouvent chaque année à la Fête.

Ainsi Jacques Dutronc qui y était en 1969 revient cette année avec son élégance et son autodérision.

L’auteur de la chanson « Parachute doré », inspirée de la voracité de ce grand patronat, Alain Souchon occupera la grande scène.

Il pourra chanter devant la grande scène ce beau texte, si adapté à ce lieu « Foule sentimentale » et avec ces mots qui vont résumer l’esprit de la Fête : « On a soif d’idéal ».

Nous accueillerons aussi Raggasonic, compagnon de route de NTM, ce groupe de ragga s’attaque au racisme et aux exactions policières.

Caravan Palace, un jeune groupe d’électroswing et de jazz manouche. Nous proposerons également cette année le Reggae de Danakil, avec leurs paroles engagées.

Une soirée autour d’Agnès Bihl, cette artiste amie de notre journal (elle était présente à la soirée du Bataclan) chante la réalité à travers son univers où se mêlent poésie, humour et militantisme. Rwan Rozoff, bâtisseur essentiel du Funk en France. Le rappeur Dee Nasty. La chanson à texte, dans la foulée de Brassens, du groupe Volo, ex-Wriggles.

Et le rendez-vous redevenu incontournable sur la Fête avec la musique classique, en la présence cette année de l’ensemble de cuivres de l’Orchestre Philharmonique de radio France. Et nous sommes dans l’attente de la confirmation de deux autres groupes importants… 

A de nombreuses reprises, la Fête a été la caisse de résonnance des aspirations populaires, du besoin d’unité, de propositions et de projets alternatifs. Ce fut le cas à sa création avec la montée du Front Populaire. Ce fut le cas à la Libération puis dans de grands combats pour battre la droite dans les années 1970 à 1980, pour la libération de Nelson Mandela, pour lancer la grande campagne qui a abouti au Non majoritaire au projet de traité constitutionnel. La Fête est donc un lieu et un moment qui compte. 

Cette année, la Fête peut être le lieu de fermentation de la révolte populaire contre la droite et le capitalisme et le catalyseur du besoin d’unité des forces populaires pour battre cette droite sarkozyste, ultra-réactionnaire, sur la base d’un projet authentique de changement et pour défricher ensemble les voies du dépassement de ce capitalisme et pour inventer une société nouvelle de justice, de liberté, de solidarité, d’un monde de coopération, de désarmement et de paix.

Tel est l’enjeu. Cela vaut le coup de se donner les moyens de réussir une grande et belle Fête de l’Humanité »…