L’atout pour réussir Répondre

Le 24 mai 2012 @10h30

Les premiers actes du nouveau gouvernement signifient clairement que nous sommes sortis du quinquennat sarkozyste. Le mépris, les syndicats et les corps intermédiaires bafoués, la justice instrumentalisée, niée jusqu’à l’insupportable « présomption de légitime défense »; l’installation partout d’un climat de tension, de division, de racisme ; l’argent et la concurrence de tous contre tous érigés en valeurs suprêmes, les principes démocratiques contredits par la toute puissance du Président et des conseillers ; la posture bushiste dans les relations internationales, jusqu’à réintégrer notre pays dans le commandement de l’OTAN et déclencher une guerre laissant la Libye désemparée: le sarkozysme étouffait le pays. Sa défaite est vécue comme une délivrance.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, rajeuni, féminisé, métissé, signataire d’une charte déontologique, marque une rupture appréciée parce qu’attendue. Les déplacements internationaux de F. Hollande, sa nette réaffirmation d’une évacuation de nos troupes combattantes d’Afghanistan à la fin 2012, satisfont nos concitoyens. Chacun sait que les passages à l’acte vont maintenant nécessiter  beaucoup de détermination  et de persévérance tant la crise qui secoue la planète est profonde.

Sous l’impulsion du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon, l’enjeu d’une relance tournant le dos à l’austérité, ainsi que l’idée d’une « réorientation » de la construction européenne ont été repris par le candidat socialiste durant la campagne présidentielle et ont été défendus auprès de Mme Merkel comme de M. Obama. Leur concrétisation impose d’affronter le mur dressé par la haute finance contre les droits économiques, sociaux, démocratiques et culturels. Elle aura besoin de mobilisations populaires et d’un engagement de toutes les composantes de la gauche et de l’écologie politique car l’expérience nous enseigne que la gauche n’est efficace que quand sa pluralité est respectée, valorisée, avec un flanc gauche, aujourd’hui le Front de Gauche, puissant à l’Assemblée Nationale.

Depuis quelques jours, il est devenu l’adversaire privilégié des dirigeants de l’UMP qui ne rêvent que de revanche. Souvent ridicules dans leurs critiques systématiques et partisanes de ce qui change avec le nouveau pouvoir, ils ressortent les vieilles rengaines anticommunistes. Certes, elles peuvent contribuer à la remobilisation d’un électorat passablement sonné par la défaite mais, pour l’essentiel, elles tombent  à plat, tant une majorité de nos concitoyens, au premier rang desquels les jeunes, considèrent qu’ils ont écarté un cauchemar en même temps que M. Sarkozy.

Reste à franchir une étape importante, déterminante pour la nature, la qualité, le rythme du changement, celle d’une défaite nette, sans appel de   l’ancienne majorité de droite de l’Assemblée Nationale, avec zéro député du Front national. Empêcher l’extrême-droite de disposer de la tribune du Parlement pour répandre le poison de la haine, de la xénophobie et du racisme est une ambition de salubrité publique.

Il s’agit d’élire une nouvelle majorité parlementaire de gauche, une majorité suffisamment diverse et rassemblée pour accomplir la tâche immense confiée par les citoyens de réussir le changement, sans pour autant qu’un seul parti dispose à lui seul de la majorité absolue. En effet, la qualité, l’efficacité, la cohérence des lois ont besoin de débats contradictoires dans leur élaboration. Notre peuple est divers. Ses  aspirations, ses  urgences sociales, démocratiques, écologiques ne souffrent aucune hégémonie. L’Assemblée Nationale a vocation à refléter la réalité des confrontations d’idées et de points de vue qui, sur le terrain, traversent la société. En revaloriser le rôle, comme s’y est engagé F. Hollande, tourne le dos à une conception suiviste du rôle des députés. Responsables, constructifs, unitaires, animés par le seul objectif de faire entrer dans la vie les choix des électrices et des électeurs, les députés de gauche, tous les députés de gauche, se doivent de tirer les leçons des expériences précédentes qui peu à peu ont vu les déceptions prendre le dessus sur les espoirs.

Elles méritent d’être méditées avec nos concitoyens dans la campagne électorale et au delà. Ce n’est pas insulter les expériences de la gauche que de le dire. C’est tout simplement appeler, dans l’intérêt de toutes et de tous, dans l’intérêt de la gauche elle-même, à la vigilance, à l’expression la plus large de toutes les forces progressistes et à l’autonomie du mouvement social pour réussir. C’est d’autant plus vrai que nous ne sommes plus ni en 1981, ni en 1984, ni en 1988, ni en 1997. La situation est bien plus grave et préoccupante. Elle ne peut conduire à appliquer une austérité de gauche après les législatives, au nom de l’ampleur des déficits. On sait déjà ce que provoque un tel choix sans issue appliqué à nos voisins grecs, espagnols, italiens ou portugais. La gravité et l’ampleur de la crise appellent aujourd’hui  à inventer une culture qui associe au sérieux de la gestion des ruptures permettant la transformation sociale et écologique. C’est parce qu’il s’agit d’une crise globale, inédite du capitalisme contemporain qu’il est indispensable que la gauche se parle, débatte dans sa pluralité et diversité afin qu’émerge un nouveau projet économique, social, culturel, environnemental. Cela se fait pour une part importante au Parlement. Nos concitoyens doivent en avoir conscience au moment d’aller voter le 10 juin prochain.

Un Front de Gauche fort au Parlement, c’est toute la gauche qui est qualitativement plus à même de réussir. Les problèmes à résoudre sont immenses. Les forces de la réaction, des grandes puissances financières, soutenues par les institutions européennes sont arc-boutées contre le changement. Les affronter avec l’ambition de sortir de la crise, de tourner le dos à l’austérité et au chômage invite à renforcer le flanc gauche de la gauche, pour rendre plus efficace encore l’expression des quatre millions de voix qui se sont portées sur le nom de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. L’humain d’abord, le refus de la financiarisation de la société, une nouvelle répartition des richesses et l’engagement d’un processus pour les produire autrement seront défendus par un groupe Front de gauche le plus important possible. Il sera la meilleure caisse de résonnance dans l’hémicycle de ce qui monte parmi les populations, en France et sur tout le Continent, contre l’austérité et pour réorienter radicalement la construction européenne. Le meilleur interprète de toutes les actions sociales, syndicales, citoyennes, qui se développent en Europe, des votes, comme en Grèce, en faveur de  forces progressistes, au premier rang desquelles Syriza.

L’une des manifestations les plus importantes de ce refus de l’austérité sera le rejet du pacte budgétaire, le traité Sarkozy-Merkel et la mise en débat d’un nouveau projet de développement humain, social et écologique.

Un Front de Gauche renforcé au Parlement c’est l’assurance de nouvelles avancées démocratiques en créant de nouvelles conditions pour que chacune et chacun se sente respecté, écouté et puisse participer aux décisions qui le concerne.

Répondre aux urgences sociales démocratiques, c’est la condition pour faire reculer durablement l’extrême-droite et du même coup une droite de plus en plus extrême qui a reprises les idées lepénistes.

La campagne des élections législatives est donc très importante pour la vie quotidienne et pour créer les conditions de la réussite du changement à gauche.

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Maintenant un Front de Gauche fort dans une majorité de gauche au Parlement 1

Le 17 mai 2012 @06h00

Cette semaine s’est définitivement tournée la sombre page du sarkozysme, avec l’installation de F. Hollande à l’Élysée et la mise en place de son premier gouvernement. De premières mesures sont annoncées. Certaines sont emblématiques et marquent la volonté du nouveau pouvoir de ne plus faire de «l’argent» la marque de la puissance. C’est le cas de la diminution de la rémunération du Président de la République et des ministres comme celle des dirigeants des entreprises publiques. Une orientation à soutenir et à renforcer, notamment pour ces patrons des banques et des grandes firmes privées qui gagnent jusqu’à l’équivalent de quatre cent fois plus que le salaire moyen dans l’entreprise.

Évidemment ces actes positifs ne règlent pas la question principale et fondamentale à laquelle sont confrontées notre société et la collectivité citoyenne en son entier : celle du nécessaire engagement de la gauche pour un nouveau partage des richesses.

L’augmentation substantielle de la prime de rentrée scolaire comme celle des effectifs dans l’éducation nationale ou pour la sécurité sont une bonne chose. Mais le débat qui perdure entre les organisations syndicales, le Front de Gauche et le nouveau gouvernement socialiste est de savoir si cela peut se faire uniquement par simple redéploiement des crédits publics ou par des réformes structurelles, telles qu’une nouvelle fiscalité plus favorable au travail et dissuasive pour la spéculation financière ; un nouveau crédit public, contribuant lui aussi à l’activité et à l’emploi, impliquant une profonde réforme bancaire, jusqu’à la création de pôles publics financiers et bancaires.

Le blocage temporaire des prix de l’énergie et une taxe flottante sur les carburants peuvent également améliorer le pouvoir d’achat. Mais cela aura une portée limitée s’il n’est pas décidé d’augmenter substantiellement les salaires minimums, les retraites et les prestations sociales en promouvant une nouvelle répartition des richesses, tout en impulsant une nouvelle manière de les produire. Tout le contraire de l’austérité, qui, non seulement fait mal au plus grand nombre, mais qui anémie l’activité comme en témoignent nos voisins européens. Si l’on veut promouvoir la justice, il faut  effectuer des ruptures. Inventer une nouvelle voie devient une nécessité pour qu’une cohérence nouvelle permette d’associer efficacité économique et sociale au service du développement humain et écologique.

La question est au cœur des élections législatives. Elles devront bien sûr donner une majorité à l’Assemblée Nationale aux forces qui ont permis la victoire de François Hollande. Toutes partagent cette légitime ambition face à une droite qui n’a que la cohabitation en tête pour empêcher tout changement. Mais, c’est un fait, toutes n’ont pas la même détermination à affronter les puissances financières et les institutions européennes pour dégager les moyens de répondre aux attentes populaires. Élire de nombreux députés du Front de Gauche permettra tout à la fois de soutenir cette détermination et de faire gagner l’ensemble de la gauche qui sera ainsi mieux armée pour voter des lois qui apportent du bien-être au monde du travail et de la culture comme aux retraités. Du bien-être et de nouveaux droits pour les citoyens et les salariés afin qu’ils disposent de pouvoirs pour intervenir et influer sur les choix des collectivités et des entreprises.

Chaque électeur aura la possibilité de construire dans les urnes un rapport des forces qui soit favorable aux changements qu’il attend face aux pressions qu’exercent déjà sur le nouveau pouvoir les milieux d’affaires, les dirigeants allemands et les institutions européennes. Ces dernières refusent de prendre en compte cette donnée fondamentale qui parcourt toute l’Europe, dimanche après dimanche, les partis « pro austérité », défenseurs de l’Europe ultralibérale sont sévèrement désavoués par les électrices et les électeurs.

Comme en France, les Grecs, les Italiens, les Allemands, les Anglais, les Espagnols rejettent la potion amère de l’austérité dont ils constatent qu’elle nous mène tous dans le mur.

Dans toute l’Europe, on attend beaucoup du nouveau Président de la France. Il porte l’espoir d’une sortie du cycle mortifère entamé sur notre continent par Mme Merkel et M. Sarkozy. Ne s’est-il pas prononcé pour une réorientation de la construction européenne ? Loin de nous l’idée qu’il suffirait de le vouloir et de claquer des doigts pour y parvenir. Mais nous avons la conviction que le chef de l’État dispose d’atouts pour réussir à le faire. Le vote de nos concitoyens à l’élection présidentielle d’abord, dont les quatre millions de voix du Front de Gauche sans lesquelles rien n’est possible. Ensuite, ce qui s’exprime dans les élections et les luttes chez nos voisins, dont les citoyens allemands, qui ont engagé un bras de fer pour obtenir d’importantes augmentations de salaire. Isoler Mme Merkel et son ultralibéralisme ne relève pas de l’utopie. A condition de s’appuyer sur les aspirations des populations, de les informer précisément sur ce qui est en cause et sur les différentes options en présence. Les peuples, leurs débats, leur mise en mouvement feront le poids face aux marchés et à la finance. Pour notre part, nous sommes disposés à apporter notre contribution à leurs mobilisations. François Hollande s’est engagé à renégocier le traité budgétaire appelé «traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union européenne» (TSCG). Un traité signé par M. Sarkozy. Celui-ci a été battu. Il refusait toute idée de renégociation et l’UMP fait pression pour que le nouveau gouvernement applique l’austérité selon le modèle allemand. Aujourd’hui, il s’agirait d’ajouter un texte sur la croissance à ce traité. En apparence, l’idée est séduisante. Il faudrait cependant discuter des moyens d’une nouvelle croissance et de sa nature. Le Conseil européen du 30 janvier dernier a adopté un texte à ce sujet. L’idée centrale est de développer la « croissance » par l’accentuation de la compétitivité du travail, donc par une surexploitation du travail. On ne peut l’accepter ! Ajoutons qu’on ne peut faire de la croissance avec de l’austérité. Ajoutons que le traité budgétaire a ceci d’extrêmement grave qu’il ôte toute souveraineté aux peuples et aux Parlements de décider des budgets publics au profit d’un contrôle tatillon et de sanctions de la Commission de Bruxelles.

Tout doit donc être mis sur la table du Conseil européen qui doit se tenir dans les prochains jours et rien ne doit être caché aux différentes populations de l’Europe. C’est trop sérieux puisqu’il s’agit, pour une large part, de réussir ou non le changement ici et chez nos voisins tout en redonnant un sens positif à une construction européenne qui s’est coupée des peuples.

La garantie pour le faire implique l’intervention populaire et une nouvelle progression du Front de Gauche aux élections législatives.

Notre pays n’est pas le dos au mur. Il dispose d’atouts et de  forces pour négocier avec nos partenaires. Il peut, si nécessaire, décider de ne pas ratifier le traité budgétaire qui dés lors deviendrait caduc. Un nouveau chantier s’ouvrirait avec la possibilité que prévalent d’autres critères que ceux retenus dans le précédent tels que l’emploi, un salaire minimum en Europe, la réduction de la pauvreté, des avancées en matière de santé, de protection sociale, de formation, de recherche, de mutation écologique et un nouveau rôle pour la Banque centrale européenne.

Les candidates et candidats du Front de Gauche portent ces orientations constructives au même titre que des projets élaborés avec les citoyens dans les circonscriptions, dans des ateliers législatifs. Partout déterminés contre la droite revancharde et comme va le faire avec courage Jean-Luc Mélenchon contre la dirigeante de l’extrême-droite, les militants et candidats du Front de Gauche le sont tout autant pour créer les conditions de la réussite du changement. Ils méritent la confiance et apporteront, une fois élus députés, ce que les salariés attendent d’eux.

La joie et le devoir de réussite Répondre

Nous partageons depuis dimanche l’immense joie de celles et ceux qui ont mis fin au sarkozysme en élisant François Hollande à la Présidence de la République.

Nous avons communié avec la jeunesse, une jeunesse multicolore qui, comme à l’occasion de la victoire de la France lors de la coupe du monde de football et après être passée dans les bureaux de vote,  est sortie dans la rue, comme si enfin elle reprenait le dessus et se libérait du joug des humiliations, des discriminations, des paroles et des actes blessants en exprimant sa soif d’un avenir qui la respecte. Un grand « ouf » de soulagement a parcouru les villes et les villages. Une page se tourne avec la fierté du peuple de gauche, des progressistes, de refermer cette blessure faite au flanc de la France, le 21 avril 2002, lorsque la gauche a été éliminée du second tour de l’élection présidentielle. Une brûlure pourtant sans cesse ravivée par le Président sortant qui n’a cessé de valider des thèses de l’extrême-droite, jusqu’à faire voter une partie de son programme et en accentuant encore cette dérive ultra droitière entre les deux tours de l’élection présidentielle.

L’élection de F. Hollande doit effacer les divisions, les stigmatisations, au profit des valeurs de fraternité et de solidarité, dans une France apaisée et réconciliée. C’est le message envoyé au monde entier qui suit de très près ce qui se passe chez nous et suscite beaucoup d’espoirs.

La majorité de nos concitoyens ont voulu mettre fin à dix-sept années de droite et à cinq ans de sarkozysme au service des plus fortunés. Ils ont refusé d’être condamnés à l’austérité à perpétuité que leur promet le nouveau traité européen cosigné par Mme Merkel et M. Sarkozy. Parmi eux, beaucoup n’ont pas supporté que notre pays soit soumis au commandement intégré de l’OTAN et assujetti au capital international libre de nuire grâce au traité de Lisbonne. De ce point de vue, l’élection de F. Hollande a un profond écho dans toute l’Union européenne, faisant naître l’espoir d’une réorientation de sa construction. La Roumanie a rejeté le plan d’austérité gouvernemental, il y a une semaine. Dimanche, le peuple grec a sévèrement sanctionné les forces politiques promotrices de l’austérité, et, dimanche soir, François Hollande a eu raison de dire que l’austérité ne pouvait plus être une fatalité. Un courant peut donc se lever en Europe contre ce poison et changer le cours des choses en obtenant un nouveau partage des richesses et une nouvelle manière de les produire. Il faudra se donner des forces pour cela. La droite revancharde fait déjà campagne pour les élections législatives en prônant la cohabitation. Les électeurs ne l’ont pas battue le 6 mai pour la voir revenir le 17 juin, appliquer son programme antisocial. L’élection de F. Hollande est celle des électrices et électeurs de gauche, écologistes et progressistes, rassemblés sur son nom. La campagne du Front de Gauche et l’apport des quatre millions de voix de Jean-Luc Mélenchon a contribué de façon décisive à cette victoire.

Les électrices et électeurs des deux candidats, dès le premier tour déjà, ont émis un vote pour se retrouver dans une société du « vivre ensemble », qui refuse les divisions et  la guerre de tous contre tous. Certes des nuances et des différences les séparent mais ensemble, ils ont voté pour la justice sociale et fiscale, le progrès vers l’égalité, le partage des richesses, des pouvoirs, des savoirs ; le retour à la notion de biens publics, avec des services publics forts, modernisés, élargis, démocratisés ; une protection sociale améliorée, la remise en cause de l’injuste  réforme des retraites imposée par le gouvernement. Autant d’objectifs qui rendent palpable le changement pour nos concitoyens et d’abord pour ceux qui souffrent le plus. Le Front de gauche considère qu’ils supposent de s’émanciper des doctrines qui dominent aujourd’hui l’Union européenne. Il le considère non pas pour se différencier mais parce qu’il a la conviction, instruite par notre expérience nationale et celles des pays qui nous entourent, que rien ne sera vraiment et durablement possible sans réorienter la construction européenne en faveur de l’emploi, du progrès social, écologiste et démocratique. Disant cela, nous avons conscience de l’ampleur du défi, de la gravité et de la multiplicité des crises qui assaillent les peuples et les états. C’est précisément parce que la situation est grave et dangereuse qu’il faut avoir du courage et viser le rassemblement le plus large en faveur d’un nouveau dessein pour la France et l’Europe. Cela appelle des solutions de haut niveau, des ruptures, des mobilisations populaires,   pour affronter les puissances d’argent qui ne vont pas manquer de faire pression pour faire échouer la gauche et, au bout du compte, aggraver encore la crise et les souffrances.

Pour réussir, le nouveau pouvoir de gauche aura besoin de l’implication active de toutes celles et ceux qui dimanche dernier exprimaient leur bonheur d’avoir gagné. Il lui faudra pouvoir compter sur le rôle considérablement revalorisé d’un mouvement syndical et associatif, soucieux de son indépendance au service des revendications du monde du travail et de la culture. Il aura besoin d’union et pourra compter sur l’apport de la force politique nouvelle qui progresse d’élection en élection et qui a fortement émergé dans cette élection présidentielle : le Front de Gauche, cette force unitaire, indépendante et autonome.

La faire progresser encore aux élections législatives, avec des députés du Front de Gauche en grand nombre, ce sera se donner la garantie que les urgences sociales, démocratiques et écologiques seront portées à l’Assemblée Nationale. De  nouvelles lois pourront être adoptées pour améliorer la vie quotidienne, le pouvoir d’achat, les services publics, la retraite à 60 ans, la défense de la protection sociale, un grand plan pour l’accès au logement, des moyens nouveaux pour l’école et la formation, de nouveaux droits pour les salariés, la création d’un pôle public bancaire pour un crédit favorable à l’activité et l’emploi. Bref, de la même façon qu’il a joué un rôle indiscutable et reconnu dans l’élection de François Hollande, le Front de Gauche entend le prolonger pour aider la gauche tout entière à réussir le changement. Lui donner la force d’y parvenir à l’occasion des élections législatives sera tout à la fois un acte d’union et d’efficacité pour être entendus et respectés.

Dimanche, le vote pour changer d’ère Répondre

Le 03 mai 2012 @6h30

Dimanche prochain, l’occasion est donnée de clore cette période du sarkozysme ultralibéral populiste qui restera comme une des plus noires qu’ait connu la République. Il ne faut pas la manquer. Il faut  au contraire s’en saisir pour ouvrir une nouvelle page de notre histoire en utilisant sans ambiguïté le bulletin de vote F. Hollande.

Si M. Sarkozy était réélu, ce serait son dernier quinquennat. Il se sentirait encore plus les mains libres pour déchiqueter tous les droits sociaux, économiques et politiques. Surtout, il arrimerait avec un cadenas notre pays aux injonctions de la haute finance internationale au travers du projet de traité européen budgétaire, aussi baptisé « Merkozysme ». Celui-ci conduit à faire décider de nos droits fondamentaux de la protection sociale au salaire minimum, à l’éducation, à la formation, à la santé, à l’énergie, au transports par le bon vouloir des autorités bruxelloises non élues.

C’est la République sociale et la République démocratique annihilées.

La campagne d’entre deux tours du président sortant est bien plus qu’un dérapage ou un simple calcul pour capter des voix qui se sont portées sur l’extrême-droite. C’est un choix politique réfléchi. Le Président des riches n’a pas perdu la boussole ! Cette rhétorique extrémiste, débordant souvent le lepénisme sur sa droite, est précisément sa boussole. Certains de ses propres amis politiques qui ont exercé ou exercent encore les plus hautes fonctions de l’État, les yeux ébahis, ne cachent plus leurs inquiétudes, voir leur effroi.

M. Sarkozy rompt sciemment et en connaissance de cause les digues existant entre la droite et l’extrême-droite. Son calcul n’est pas qu’électoraliste. C’est bien plus grave et plus profond que cela. Cette tendance est déjà à l’œuvre dans de nombreux pays européens, de la Hongrie aux Pays-Bas, de l’Autriche à la Grèce, de la Norvège à la Suisse et aussi aux États-Unis.

Le capital international dont M. Sarkozy est l’un des mandataires a besoin, à ce moment précis de l’histoire, d’un personnel politique suffisamment fort idéologiquement pour que les terribles souffrances  et les puissantes colères que provoquent ses choix ne puissent se retourner contre lui.

L’idéologie de la concurrence de tous contre tous doit avoir pour corolaire politique l’imaginaire de groupes sociaux en guerre les uns contre les autres, d’une France du travail accusant une autre qui en est privée par les logiques du libéralisme mondialisé. Le quinquennat qui s’achève en a été le terrain d’expérimentation. Une catégorie de citoyens est désignée responsable des problèmes de l’autre. Le Français contre l’immigré, les travailleurs et les retraités contre de prétendus assistés, des gens honnêtes encerclés par une meute de délinquants ! Bref, la loi de la jungle appliquée à toute la société, avec une oligarchie de lions qui dresseraient des clôtures pour se protéger de moutons méprisés et exploités. La « présomption de légitime défense », sortie du programme de l’extrême-droite, n’est rien d’autre qu’un droit à la bavure qui pervertirait l’idée de répression pour franchir un pas de plus vers l’antichambre d’un système policier.

Le projet historique consiste à profiter de la crise pour démanteler à jamais la République sociale, tout en gagnant les consciences à cette nécessité. Projet des puissants qui depuis toujours caressent le rêve de voir « les damnés de la terre » accepter leur servitude. Le rêve de sortir définitivement vainqueurs d’une lutte de classes dont le peuple aurait perdu jusqu’à la conscience, selon les mots du milliardaire nord-américain Warren Buffet. Ni plus ni moins que la « stratégie du choc » si bien décrite par Naomi Klein. Orientation politique dont l’objectif est de fragiliser les populations puis à profiter de cette fragilisation en  plaçant les citoyens en état de choc, pour les  dépouiller de leurs droits.

Dimanche prochain, il s’agira de porter un coup sévère à ce projet ultralibéral-autoritaire-populiste, de sortir de ce climat de haine et de suspicion en battant N. Sarkozy, tout en plaçant les enjeux là où ils doivent l’être, comme n’a cessé de le démontrer le Front de Gauche. Toutes les études du premier tour montrent que  des millions de nos concitoyens, au delà de ceux qui ont accordé leurs suffrages à Jean-Luc Mélenchon, ont en commun avec eux de réclamer  le nouveau partage des richesses, l’égalité et la justice, le droit au travail, à la santé, à la protection sociale, à l’éducation, à la culture, des conditions de vie meilleures pour toutes et tous, un saut démocratique dans la cité et les entreprises, la mutation écologique dans le développement industriel ou agricole, un pôle public bancaire.

Tout ne pourra commencer en ce sens que si le sarkozysme sort défait du scrutin du  6 mai. Notre appel à voter massivement F. Hollande pour qu’il soit élu Président de la République, n’est ni un appel formel ni encore moins de moindre mal. Nous considérons en effet que la victoire de F. Hollande créera une situation totalement nouvelle, à saisir pour ouvrir une nouvelle phase du combat pour favoriser la promotion des droits sociaux et humains.

Il n’est pas possible de se donner la moindre chance de sortir de la crise capitaliste et de la crise européenne qui n’en finit pas tant qu’elle sera pilotée par le couple Sarkozy-Merkel. Il faut donc le briser. Et la responsabilité du peuple français vis-à-vis de tous nos frères européens est de le faire en battant Sarkozy.

Dire ceci ne revient pas à nourrir quelques illusions. C’est créer de nouvelles conditions pour élargir le spectre des forces qui, avec le Front de Gauche, les organisations syndicales, les associations qui verraient leur potentiel libéré pour affronter le capital mondialisé et les institutions européennes. C’est un acte de confiance dans la capacité du monde du travail et de la création à se mobiliser pour écrire un présent et un avenir conformes à ses espoirs.

Si la France ne signe pas le traité d’austérité budgétaire grâce à un mouvement populaire exigeant un nouveau système européen pour le développement humain, social et écologique, beaucoup de choses peuvent changer.

L’enjeu est d’ouvrir une brèche, de poursuivre le mouvement de l’extraordinaire campagne du Front de Gauche du premier tour, de telle sorte qu’une autre majorité se constitue à l’Assemblée Nationale, avec de nombreux parlementaires Front de Gauche. De la composition du Parlement va en effet dépendre la qualité des lois qui y seront votées.

F. Hollande a beau répéter qu’il ne changera pas son programme, mais mieux que quiconque il sait qu’il dispose de voix aux motivations diverses, avec pour point commun le rejet du sarkozysme et le désir d’un vrai changement progressiste. Parmi ces électeurs auxquels il devra sa victoire, il y a bien sûr ceux qui ont permis à Jean-Luc Mélenchon de réaliser plus de 11% des voix au premier tour. Mais aussi le tiers des électrices et des électeurs qui ont voté pour le candidat socialiste qui déclarent qu’ils auraient pu voter Front de Gauche sans la peur de ne pas voir de candidat de gauche au second tour, dans un contexte, où, autour de soi, chacun pressentait malheureusement un haut score de l’extrême-droite.

Plus le score de F. Hollande sera élevé, meilleures seront les chances pour le peuple de résister aux pressions que les puissances d’argent et des forces de droite ne manqueront pas d’exercer. Ce peut être plus facile dans un contexte où le suffrage universel les aura affaiblies. Plus le score de F. Hollande sera important, plus ce sera vrai et  moins, s’il en avait la tentation,  il pourra prétendre demain qu’il ne dispose pas des forces pour mener une politique de gauche. D’un autre côté, l’idée de se placer dans une posture d’attente de l’échec de F. Hollande nous est totalement étrangère. Nous refusons l’impuissance et nous n’avons que pour seul souci les intérêts des citoyens, des travailleurs, des jeunes en quête d’avenir.

Nos journaux, l’Humanité et l’Humanité-Dimanche, comme le Front de Gauche, ont vocation à les aider, dans leur diversité, à créer un rapport de force qui leur soit favorable. Nous n’y sommes pas encore. Mais cela peut le devenir avec le vote F. Hollande, dimanche et un vote Front de Gauche progressant encore le 10 juin, lors du premier tour des élections législatives.

Notre option est clairement celle de la réussite d’une gauche nouvelle en France, dans l’intérêt de nos concitoyens, en lien avec ceux qui en Irlande mènent campagne pour le non au traité européen, ceux qui en Grèce vont voter pour le changement, ceux qui en Espagne et en Allemagne agissent aujourd’hui contre l’austérité et pour les salaires. En phase aussi avec ceux qui dans le monde arabe cherchent les chemins de la démocratie et de la liberté.

La période historique est inédite. La situation est totalement différente de celle de 1981 ou de 1997. Elle recèle de réelles potentialités grâce à des nouveautés parmi lesquelles  figurent en bonne place  l’expérience et le positionnement de nombreux syndicats dans toute l’Europe. Avec aussi, cette fois, un rassemblement de type nouveau, le Front de Gauche,  qui durant la campagne des élections présidentielles est devenu davantage la propriété de citoyens, d’intellectuels et de créateurs qui veulent s’en servir comme d’un outil pour changer la donne. Répondre à ce qu’ils attendent de lui est un impératif pour que le Front de Gauche devienne la force politique, à la gauche du Parti socialiste,  tout autant unitaire qu’autonome qui depuis tant d’années manque dans notre pays pour durablement peser positivement sur la vie nationale et internationale. Cela passe dimanche, par la défaite nette de M. Sarkozy et l’élection tout aussi nette de F. Hollande.

22 avril, vote Mélenchon, vote d’espoir 1

Jusqu’à dimanche soir, les électrices et les électeurs vont choisir le bulletin qu’ils mettront dans l’urne. Le rejet du Président sortant est si fort, si largement partagé qu’on voit mal ce qui pourrait empêcher une majorité de nos concitoyens de tourner la page d’un quinquennat qui leur aura fait tant de mal, qui aura défiguré notre beau pays, qui aura terni son image en Europe et dans le monde. Et son projet est encore pire que son bilan ! Les enquêtes d’opinions confirment ce que nous entendons et ressentons autour de nous. L’actuel climat ressemble à celui qui précédait la victoire du “non” au référendum de 2005. Elles nous disent que la gauche et l’écologie politique sont, au premier tour, à un niveau bien plus élevé qu’en 2007 de dix pour cent puisqu’elles atteignent les niveaux de 1981 qui ont permis la victoire de François Mitterrand. C’est grâce à la percée de Jean-Luc Mélenchon depuis quelques semaines qui conforte toute la gauche. Elles nous disent aussi, depuis des mois et des mois, sans aucune exception, que F. Hollande l’emportera au second tour avec une avance à la mesure de la répulsion suscitée par le candidat des riches. Elles nous disent enfin que, notamment sous les coups de boutoir du Front de Gauche, la candidate de l’extrême-droite n’est heureusement pas en mesure de rééditer le sinistre “exploit” de son père en 2002. C’est donc en toute liberté et sans risque, dimanche prochain, que chacune, chacun pourra non seulement choisir le changement à gauche mais surtout la nature et le niveau de ce changement. Or, ce dont il est question, c’est de savoir si cette élection, puis celles des députés qui suivront, permettront ou non de renouer avec les fils d’un processus démocratique trop longtemps interrompu, pour une marche en avant vers le progrès social, humain, écologique. Il s’agit de le faire dans les conditions de notre époque en tirant pleinement les leçons de tout ce qui a échoué, aujourd’hui comme hier, ici comme ailleurs.

L’un des grands défis à relever devrait être de briser l’actuel cercle infernal qui fait que les générations actuelles vivent plus mal que leurs parents. Il suppose un changement de logique, de pouvoir pour  progresser vers une société nouvelle inscrivant à son fronton : « l’humain d’abord » et non plus la dictature des puissances d’argent. Le grand mérite du Front de Gauche et de son candidat aura été précisément de commencer à briser le rouleau compresseur de la fatalité, d’une pensée unique qui, toujours, prend le parti des plus fortunés contre celui des exploités, des opprimés et des méprisés. Au fond, n’est-ce pas la reconnaissance de ce mérite là qu’a exprimée F. Hollande, dans un entretien à nos confrères de Libération, il y a quelques jours, affirmant : « Jean-Luc Mélenchon n’est pas mon adversaire, ni même mon concurrent », souhaitant « que le score du reste de la gauche soit important, qu’ont ait un total des voix de gauche qui nous permette d’avoir de la marge, qui nous permette de gagner, oui ».  Et parlant des électeurs, le candidat du Parti socialiste a ajouté : « J’aurai donc à écouter leur message », précisant  que « l’enjeu est de savoir sur quelle ligne politique je peux gagner cette élection ». Or, pour une part importante, c’est le score atteint par Jean-Luc Mélenchon qui influencera  cette «ligne» dans le sens d’une politique capable de donner vie à une évolution révolutionnaire,  indispensable au mieux vivre, au mieux être, à la solidarité, à la paix, à de nouveaux progrès de civilisation.

Nous ne pouvions mieux dire combien le vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon est d’une utilité irremplaçable pour nos concitoyens et la gauche toute entière. Plus le message sera fort, plus les chances de réussir les changements tant espérés et depuis si longtemps seront grandes. Plus la nécessité d’une autre répartition des richesses et d’une nouvelle manière de les produire prendront le pas sur une austérité qui partout enfonce dans la crise, avec son cortège de souffrances pour le monde du travail, des retraités et de la culture. Il faudra en effet que soit mise sur la table l’énormité des sommes qui devraient enfin servir aux êtres humains et non plus à la finance. 317 milliards d’euros de revenus financiers soustraits des  entreprises contre les salaires et l’emploi ; 170 milliards de cadeaux fiscaux et sociaux contre la justice et la protection sociale ; 210 milliards pris sur les résultats des entreprises pour être versés en dividendes aux actionnaires contre la sécurité de l’emploi ; 1000 milliards prêtés aux banques privées au taux exceptionnel de 1%. En voilà des sommes astronomiques à répartir autrement pour que le plus grand nombre puisse vivre mieux et pour sortir de la crise !

Il en est de même des pouvoirs d’intervention des salariés sur la gestion de leur entreprise et de l’économie. Ou encore de la force à se donner pour résister et riposter aux offensives de la finance internationale, de la Commission de Bruxelles qui ne supporte pas qu’on puisse envisager un référendum sur le nouveau traité européen, ni que l’on refuse l’outil installé depuis une banque de Francfort, lundi dernier, pour spéculer contre la dette de la France. D’ailleurs dans un ultime sursaut, la droite n’hésite pas à faire appel aux marchés financiers contre le pays en cas de victoire de la gauche.

D’ici dimanche soir, les manœuvres de dernière heure, avec leur lot de diversions, de ferments de division, ne vont pas manquer. Des peurs seront agitées. Sereinement, confiants, tous ensemble, jusqu’à la dernière heure, nous allons nous efforcer de rassurer, pour convaincre les hésitants, conforter celles et ceux qui font mouvement vers Jean-Luc Mélenchon avec l’espoir raisonné qu’une très bonne nouvelle est à la portée de ces derniers efforts. Nous le ferons avec en tête les épisodes d’une extraordinaire campagne de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche qui rend possible la concrétisation de nos espoirs.