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Ce Mercredi 28 septembre, le Président de la Commission européenne a prononcé le discours annuel sur l’état de l’Union. Le même jour, le Parlement a adopté les six textes législatifs instituant une “gouvernance économique” européenne… Décidément non, cette Union n’est pas solidaire.
Voici la vidéo du débat organisé le 29 septembre par Touteleurope auquel j’ai participé avec Inigo Mendez de Vigo (Parti Populaire Européen – Espagne) et Liem Hoang Ngoc (Groupe socialistes et démocrates – France).
Ce mercredi 20 octobre avait lieu un débat au Parlement européen sur la préparation du Sommet du G20 et la réunion du Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement européens. Je suis intervenu en séance pour dénoncer la stratégie de renforcement de l’austérité pour les peuples et proposer la création d’un fonds de développement humain et social.
Voici le texte de mon intervention.
Mes chers collègues, monsieur le Président,
Si j’ai bien compris ce que vous avez dit M. le Président Barroso, nous partons d’une analyse totalement opposée. Vous avez dit que la crise était derrière nous. Notre groupe de la GUE pense qu’elle s’aggrave. Et c’est ce que vivent les peuples. Pour la résoudre, vous préconisez l’austérité avec le pacte de stabilité renforcé et désormais des sanctions contre les Etats.
Je crois que c’est exactement l’inverse qu’il faut faire, avec : l’amélioration de la rémunération du travail ; une nouvelle fiscalité plus juste, favorable au travail, défavorable au capital et la mise en place d’une taxe sur les transactions financières ; une amélioration des protections sociales et des services publics ; une grande politique de l’emploi.
Je crains fort que votre stratégie ne mène l’Union européenne dans le mur.
N’entendez-vous pas la force des protestations populaires dans toute l’Union européenne ? Pour la 6ème journée hier, des millions de personnes ont manifesté dans près de 300 villes en France, soutenues par 70% de la population. Ne voyez-vous pas les dangers qui nous menacent aujourd’hui ? L’idée européenne elle-même, parce qu’elle est basée sur la concurrence, sur le libre échangisme intégral, se fracasse sur le mur de l’argent, dans les guerres économiques et maintenant la guerre monétaire.
Pourquoi, M. Le Président, ne pas étudier un nouveau système : créer un fond de développement humain et social en lieu et place du pacte d’austérité ? Ce fonds, mis en place en lien avec un nouveau rôle de la Banque centrale européenne, qui, par création monétaire, pourrait aider les Etats qui en ont besoin, avec des taux d’intérêt extrêmement bas, pourrait refinancer les banques nationales sur la base de taux d’intérêt variables, selon des critères sociaux d’emploi, d’amélioration des salaires, de recul de la pauvreté, de formation et d’éducation, d’un nouveau développement de nouveaux services publics communs, y compris communautaires, et de préservation de l’environnement.
L’Union européenne pourrait prendre sans attendre l’initiative de poser la question d’un nouvel ordre économique et monétaire international en commençant par s’appuyer sur la proposition faite par la Chine d’une monnaie commune internationale pour les échanges. Comme l’ont fait la Thaïlande ou le Brésil, l’Europe pourrait installer une légère taxation des devises pour commencer à limiter les tensions monétaires.
Messieurs les présidents de la Commission et les représentants du Conseil, il est temps d’imaginer des initiatives nouvelles pour sortir de la crise. Pour cela, il est temps, grand temps, que vous écoutiez les peuples.
Intervenants : Pervenche Berès (députée au Parlement européen, PS), Yves Dimicoli (économiste, PCF), Jacques Généreux (économiste, Parti de Gauche), Pierre Khalfa (membre du Conseil Scientifique d’ATTAC et porte-parole de l’Union syndicale Solidaires), Pierre Laurent (coordinateur national du PCF), Nasser Mansouri-Guilani (membre du Conseil économique et social), Kostas Vergopoulos (économiste).
Intervenants : Jean-Pierre Brard (député de la Seine-Saint-Denis), Ilda Figueiredo (députée au Parlement européen, Parti communiste Portugais), Monique Florenzano (Économiste, directrice de recherche au CNRS), Liem Hoang-Ngoc (député socialiste au parlement européen, professeur d’économie à l’Université Paris 1), Marie-Christine Vergiat (députée au parlement européen, Front de gauche), Francis Wurtz (député honoraire au parlement européen).
Intervenants : Yannis Androulidakis (syndicaliste grec), Nicolas Benies (économiste, dirigeant national de la Gauche unitaire), Paul Boccara (économiste, historien, PCF), Nicole Borvo (sénatrice, Présidente du groupe CRC-SPG), Bernadette Groison, (secrétaire générale de la FSU), Bogdan Hossu (secrétaire général de Cartel-Alpha, confédération syndicale Roumaine), Thomas Händel (député au Parlement européen, membre de Die Linke), Didier Le Reste (syndicaliste cheminot), Miguel Portas (député au parlement européen, bloc de gauche du Portugal), Elisabeth Gauthier (co-directrice de la revue européenne Transform), Savvas Rompolis (directeur de l’Institut grec du travail).
Intervenants : Pascal Canfin (député au Parlement européen Verts), Maryse Dumas (syndicaliste, postière), Patrick Le Hyaric (député au parlement européen, vice-président du groupe GUE/NGL, directeur de l’Humanité), Pedro Marset-Campos (ancien député au Parlement européen, membre du bureau du PGE, IU Espagne), Aurélie Trouvé (co-présidente d’ATTAC).
Avec le recul, on mesure encore mieux aujourd’hui à quel point les dirigeants nationaux et européens qui ont refusé de tenir compte des « non » français, néerlandais et irlandais au projet de traité constitutionnel et au traité de Lisbonne, ont commis une grave faute contre les peuples. Ils ont bafoué la démocratie et manqué l’occasion d’un approfondissement sérieux du débat sur la nature de l’Europe à construire, en prise avec les aspirations populaires. Au lieu de cela, les promoteurs de l’Europe ultralibérale ont menti en prétendant qu’elle protègerait les populations, l’Euro leur ouvrant même une « nouvelle ère de prospérité »!
Chacune et chacun peut malheureusement aujourd’hui constater l’ampleur de l’écart entre les discours politiciens et les actes.
L’Euro ne protège que les banquiers, les grandes compagnies d’assurance et les fonds financiers réfugiés dans les paradis fiscaux qui attaquent les budgets des Etats. Au lieu d’y résister, de les taxer, de réduire les mouvements de capitaux spéculatifs, les gouvernements de droite et sociaux-démocrates et la Commission de Bruxelles les alimentent dans une sainte alliance en mettant en place des programmes de véritable « purge » économique et sociale. Pour s’assurer que cette dernière sera conséquente et générale, la Commission entend enfermer les Etats et les peuples dans une véritable camisole de force en prétendant décider des budgets des pays avant leur passage devant les Parlements nationaux. Véritable coup d’Etat contre la démocratie d’une « banquocratie , résultat d’une collusion entre les puissances d’argent, les gouvernements, la Commission de Bruxelles et la Banque centrale européenne. Non content de bafouer les votes des citoyens, le Président de la Commission de Bruxelles veut maintenant imposer le talon de fer de la loi qu’il édicte.
Avec la mise en place du Fonds de soutien et en demandant à la Banque centrale européenne d’intervenir, ceux qui pilotent la Communauté européenne ont dû transgresser leurs propres traités, après avoir juré que c’était impossible quand nous le réclamions pour aider l’activité et l’emploi. Ce qui était impensable quand il s’agissait de protéger les Européens le devient pour servir l’argent-roi. Lire la suite
« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » Comme M. Barroso hier candidat unique à sa réélection à la présidence de la Commission de Bruxelles. Tous ses amis des droites européennes se sont mobilisés pour lui, avec malheureusement le renfort d’une partie des socialistes qui lui ont offert la majorité absolue des votes du Parlement européen.
M. Barroso n’a cessé de proclamer que son « seul parti est celui de l’Europe », il devrait dire qu’il s’agit de l’eurocapitalisme, qu’il ne veut en rien changer. M. Barroso a expliqué sur tous les tons que le monde change, que le monde est bouleversé, mais lui ne doit pas changer. Donc il reste à son poste comme gardien du temple européen des puissants. Cet homme, passé du maoïsme à l’eurolibéralisme, ne prend la parole qu’en posant fermement sa main droite sur sa bible : les traités européens. Certes, il bavasse sur le projet d’une Europe démocratique mais fait comme si le traité de Lisbonne était déjà ratifié. Il est vrai qu’il ira dans quelques jours menacer les Irlandais pour qu’ils renient leur vote négatif contre ce traité. Tel est la nature de ce caméléon ultralibéral.
Il commence des phrases par les mots « Europe sociale », mais, au même moment, sa commission propose aux parlementaires européens de voter une directive allongeant le temps de travail des chauffeurs routiers. Il déclame des mots comme : « Europe unie » à tout bout de champ, pour mieux défendre avec acharnement le « marché ouvert » et l’accord transatlantique entre les États-Unis et l’Union européenne. À terme, celui-ci conduirait à aligner le droit européen sur les normes nord-américaines. Une de ces obsessions serait devenue la « croissance verte », mais il se fait un honneur de poursuivre le programme de mise en concurrence et de destruction des services publics, de l’énergie et des transports. Et M. Fillon s’agenouille puisqu’il vient d’accepter l’injonction de la commissaire européenne à la Concurrence pour pilonner les tarifs réglementés de l’énergie.
Les cheminots ont eu raison, hier, d’agir pour réclamer le maintien et le renforcement de la SNCF comme entreprise publique intégrée, capable de développer le fret ferroviaire, utile pour le développement des territoires, l’emploi et l’environnement. Bref, le combat pour changer l’Europe et changer en France doit s’amplifier. Les électrices et les électeurs qui, aux dernières élections européennes, ont, d’une manière ou d’une autre, réclamé des changements en Europe auraient de quoi bondir en entendant le président du groupe du Parti populaire européen, M. Daul, expliquant que puisque son groupe était majoritaire au Parlement de Strasbourg, c’était comme si les peuples avaient voté pour M. Barroso par anticipation. Ce détournement de vote est insupportable. Il faudra retenir cette leçon.
Même quand l’abstention populaire a un contenu protestataire, elle ne contribue qu’à laisser les mandataires du capital en place.
Cette leçon vaut aussi pour ceux qui expliquent que le peuple et ses représentants ne doivent pas investir les institutions. Les mobilisations unitaires à venir, à commencer par la votation citoyenne contre la privatisation de La Poste et la journée européenne d’action du 7 octobre, doivent permettre de faire entendre avec force la voix de ceux qui n’en peuvent plus de ces bonimenteurs qui tiennent les peuples en laisse, pour mieux laisser se déchaîner la sauvagerie capitaliste. En s’opposant à la réélection de M. Barroso, les députés du groupe de la Gauche unitaire européenne ont été fidèles à leurs engagements au service des peuples européens.