Le manuscrit de Jean Jaurès ne doit pas être placé dans l’obscurité d’un coffre fort 1

Le manuscrit de Jean Jaurès mis en vente aux enchères dimanche 25 mars 2012 à Montastruc (Haute-Garonne) n’a pas trouvé acquéreur.

Ce texte original, manuscrit de la motion du Tarn adoptée lors du congrès de Toulouse de la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO) en 1908, est un document d’une grande portée historique puisqu’il a décidé une grande partie de la vie politique française.

J’avais alerté sur ce sujet il y a plusieurs jours. J’ai regretté qu’un tel document soit l’objet d’une spéculation et j’ai demandé que l’État fasse le nécessaire pour que ce manuscrit ne soit pas l’objet d’une offre spéculative sur le marché des collectionneurs privés.

Je réitère aujourd’hui ma demande. Cette pièce de l’histoire française appartient au patrimoine national et doit rejoindre un lieu public d’étude historique, d’exposition et ou de conservation.

L’opération commerciale qui visait à spéculer sur la valeur de ce document a échoué. Il était mis en vente entre 150 000 et 200 000 euros, et faisait donc l’objet d’une folle surenchère commerciale. Une telle somme correspond à l’équivalent d’une année de fonctionnement d’un service de conservation ou encore au budget total alloué par l’État pour l’achat de tels documents.

Une table ronde, État et collectivités locales, pourrait faire une proposition raisonnable, afin que ce document intègre le domaine public. Ce texte ne doit pas être placé dans l’ombre d’un coffre-fort. Au contraire, il doit servir à nos concitoyens, aux jeunes générations pour le beau message républicain et d’émancipation humaine qu’il porte.

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Le manuscrit de Jean Jaurès est un bien commun public, il ne doit pas être vendu aux enchères ! 3

Comme je vous l’indiquais dans un précédent billet, j’ai appris récemment qu’un important document manuscrit de Jean Jaurès pourrait être mis en vente aux enchères le 25 mars prochain.

C’est insupportable ! Jean Jaurès ne peut pas être un « objet de spéculation ». Je demande à ce que ce document unique soit préempté par l’État pour rejoindre les collections nationales, j’ai interpelé en ce sens Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture et de la Communication, par le courrier que voici.

M. Frédéric Mitterrand
Ministre de la Culture et de la Communication
3, rue de Valois
75001 Paris

Monsieur le Ministre,
Je me permets d’attirer votre attention sur l’information selon laquelle un important manuscrit de Jean Jaurès serait mis en vente aux enchères, le 25 mars prochain à Montastruc-la-Conseillère dans le département de la Haute-Garonne.

Il est très troublant et même à certains égards révoltant qu’une œuvre de Jean Jaurès, homme de lettres, philosophe, parlementaire qui a tant donné à notre pays et à la République, puisse devenir objet de spéculation. Je me permets de vous rappeler que ce document unique de 121 pages, entièrement manuscrit, est une pièce marquante, non seulement de la pensée de Jean Jaurès, mais aussi, pour une part importante, de l’histoire de la politique française.

Il s’agit du discours prononcé au Congrès de la section française de l’internationale ouvrière (SFIO) de 1908 dont la rareté se trouve renforcée quand on sait que Jean Jaurès, qui était un très grand orateur, écrivait peu de ses discours à l’avance.

Comme directeur du journal L’Humanité qu’il fonda en 1904, je me sens modestement comptable de l’héritage de pensée et d’action qu’il a légué au monde. A ce titre, je me permets de m’adresser à vous, monsieur le Ministre, afin que vous intercédiez pour que l’État préempte ce document de premier plan.

Si l’État ne le faisait pas, ce document, aujourd’hui cédé par la famille qui le reçut directement des mains du grand homme politique français, pourrait échapper au patrimoine national et serait vendu au plus offrant. Personne ne peut imaginer sans frémir qu’il puisse ainsi devenir l’objet d’une opération spéculative sur le marché des collectionneurs privés.

En effet, le lot mis en vente pour le 25 mars au prix extravagant de 150 000 à 200 000 euros ! comporte ce manuscrit, le bon à tirer et le journal « Le cri des travailleurs », dans lequel Jean Jaurès a rédigé un article sur son propre discours.

Je suis persuadé que, par-delà nos différences d’opinion, nous pouvons nous retrouver dans cette action pour conserver son caractère de « bien commun public » à cette « œuvre » du député de Carmaux, artisan sans relâche des progrès humains et militant de la paix.

Le temps presse pour agir afin que l’État joue son rôle.

Restant à votre disposition,

Recevez, monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication, l’assurance de ma haute considération.

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Jean Jaurès ne peut pas être un « objet de spéculation » 10

Je viens d’apprendre qu’un important document manuscrit de Jean Jaurès pourrait être mis en vente aux enchères.

Il s’agit de l’original manuscrit de la motion du Tarn adoptée lors du congrès de la section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) de 1908. Ce document de 121 pages est un texte fondateur puisqu’il permit de réaliser l’union des socialistes autour d’un projet pour une transformation en profondeur de la société.

Visionnaire, le texte aborde des questions toujours d’actualité comme l’impôt sur le revenu, les retraites et l’objectif d’un parti de gauche « qui ne propose pas seulement d’atténuer, de réformer les pires abus de la société actuelle », mais bien de la « transformer ».

Les premières lignes de pleine actualité ouvrent ce texte : « Le parti socialiste est un parti de révolution. Il ne propose pas seulement d’atténuer, de réformer les abus de la société actuelle, il veut réformer en son fond cette société même, transformer toute la propriété capitaliste en propriété sociale gérée. »

Ce document d’une grande portée historique serait cédé aujourd’hui par les descendants de la famille qui le reçut des mains du député de Carmaux, or il devrait appartenir au patrimoine national.

Il s’agit bien d’un document inédit. C’est d’autant plus remarquable que Jean Jaurès avait l’habitude de ne pas écrire ses déclarations. Il possède donc un haut caractère patrimonial et il m’apparaît capital pour la France d’en faire l’acquisition.

Alors qu’il devrait être considéré comme un bien public, ce document inséré dans un lot constitué du manuscrit, du bon à tirer et du journal « Le Cri des Travailleurs » pour lequel Jean Jaurès a fait un article, est mis en vente pour un prix de départ de 150 000 à 200 000 euros.

C’est insupportable ! Jean Jaurès ne peut pas être un « objet de spéculation ».

En aucun cas, ce texte constitutif de la vie politique française depuis plus d’un siècle ne doit faire l’objet d’une offre spéculative sur le marché des collectionneurs privés.

Je demande à ce qu’il soit au contraire préempter par l’Etat pour rejoindre les collections nationales et lance un appel public en ce sens.

Le temps presse, les enchères sont prévues le 25 mars prochain à Montastruc-la-Conseillère (Haute-Garonne).

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