La démocratie est en danger 14

Sous couvert de gouvernements dits “techniques” et “d’unité nationale “, un coup de force caché se déroule sous nos yeux. Celui de l’oligarchie financière qui prend directement les rênes des pays de L’Union Européenne les plus en difficulté. Ceux là mêmes qui ont conduit L’Europe dans l’inextricable crise que nous connaissons. Ce syndicat malfaisant des anciens de Goldman Sachs, de la Banque centrale européenne et de la Commission de Bruxelles, s’est associé avec des cabinets de l’ombre installés dans les arrière-salles des banques et des bourses, baptisés agences de notation. Avec leurs amis en fonction dans ces mêmes institutions, ces prédateurs prennent d’autorité le pouvoir pour appliquer d’une main de fer une super-austérité qui mène les pays à la ruine.

Voilà que l’une de ces agences, “Standard and Poor’s”, avait préparé un communiqué qui aurait conduit automatiquement à augmenter le service de la dette de L’État français, augmentant artificiellement les taux d’intérêt des emprunts d’État le jour même où la Commission de Bruxelles demandait quasiment un troisième plan d’austérité au gouvernement.

Voilà qu’en Grèce, un ancien dirigeant de la BCE devient premier ministre en association avec l’extrême droite fascisante dont le souvenir est encore vivace dans ce pays. Comment comprendre que les socialistes grecs puissent participer à un tel attelage si inquiétant qui va amplifier les destructions sociales et l’abaissement national ?

En Italie est envisagée la nomination de l’ancien Commissaire européen, M. Monti, champion de toutes les déréglementations et mises en concurrence destructrices.

Ces premiers ministres exécutent en fait les ordres de ce que l’on appelle désormais la “Troïka”, composée des commissaires politiques et économiques dépêchés par le FMI, la BCE et la Commission de Bruxelles, conformément au pacte Euro plus, le pacte des rapaces.

Face aux dangers qui se profilent, je souhaite des initiatives d’actions unitaires, larges, ouvertes de toutes les forces progressistes et syndicales, et au delà de tous les démocrates qui n’ont jamais souhaité que la construction européenne devienne synonyme de souffrances, de malheurs, d’appauvrissement généralisé des travailleurs et de transfert direct du pouvoir aux mandataires les plus proches des requins de la finance.

L’heure est bien plus inquiétante qu’il n’y parait. Le choix de l’austérité est inefficace. Il mène à la ruine. Il menace désormais les souverainetés populaires et nationales. Il empêche aussi les projets de solidarité européenne et les indispensables mises en commun librement choisies. Oui l’heure est au rassemblement le plus large pour que la voix des peuples unis se fasse entendre, afin que l’humain prenne le dessus.

La responsabilité de la gauche 2

Nous avions connu le « référendum » bafoué en 2005, avec M. Sarkozy sans plus de considération pour le vote majoritaire de nos concitoyens contre le traité constitutionnel européen qu’il n’en a pour un paillasson !

Voici le « référendum » interdit au peuple grec. Interdit par le même M. Sarkozy, dans le sillage de Mme Merkel, couple bien loin de la parité, fabriqué par la classe des élites européennes. Ces deux là ne sont en fait que les petits valets de l’oligarchie capitaliste qui enfonce et enfonce toujours plus les peuples et l’Union européenne dans la crise. Ils se sont constitués en directoire franco-allemand de l’Europe, méprisant à ce point le Premier ministre grec qu’ils se permirent de le convoquer comme un vulgaire laquais afin de lui intimer l’ordre de ne pas consulter ses concitoyens, au beau milieu de la réunion internationale du G20, qui, une nouvelle fois, n’a débattu ni du sort des chômeurs, des précaires, des pauvres et des nouvelles couches qui descendent un à un les barreaux de l’échelle sociale. Ce même duo, allié au Fonds monétaire international, a méprisé tout autant le peuple italien en le plaçant sous surveillance, dépêchant là-bas aussi des wagons d’experts -ceux-là même qui nous ont plongé dans l’actuel bourbier- pour décider des orientations économiques et budgétaires de l’Italie en lieu et place des Italiens. Et à peine rentré des Conseils européens et du G20, le duo Sarkozy-Fillon impose une nouvelle purge sociale contre les familles populaires après avoir servi, depuis le début du quinquennat, les plus fortunés et les puissances d’argent. Pour y parvenir, tous les moyens leur sont bons. N’a-t-on pas vu le premier Ministre comparer la France, qui n’a jamais produit autant de richesses, au champ de ruines laissé par la dernière guerre ?

Décidément, il apparait de plus en plus clair que ces mots répétés depuis quelques temps dans les cénacles européens de « gouvernance de l’Europe » sont à l’opposé de toute forme de démocratie. Tout ce qui permettrait aux peuples de faire irruption sur la scène européenne se voit opposer un refus net et violent. Les dirigeants européens ne se cachent même plus. Ils l’écrivent noir sur blanc dans le « Pacte Euro plus » et la conclusion de la réunion du Conseil européen du 26 octobre dernier. C’est limpide ! Lisons : « La Commission et le Conseil auront la possibilité d’examiner les projets de budgets nationaux et de rendre un avis sur ces projets avant leur adoption par le Parlement national concerné. En outre, la Commission assurera le suivi de l’exécution du budget et, si nécessaire, proposera des modifications en cours d’exercice ». Ainsi, une structure non élue décidera avant et à la place des parlementaires du budget national. Cette même structure « assurera le suivi de l’exécution de ce budget » et pour finir ceci : « En cas de dérapage d’un programme d’ajustement, une coordination et un suivi plus étroit de la mise en œuvre du programme seront assurés » (chapitre 27 – a de l’accord du 26 octobre).

Quel démocrate, quel progressiste, quelle femme ou quel homme de gauche peut accepter ce déchiquetage intégral de la souveraineté populaire et de la souveraineté des Nations ? En fait, s’instaure un diktat supranational sur la vie des gens, exercé par une instance non élue. Remarquons d’ailleurs que les rectifications budgétaires demandées sont toujours la réduction des droits sociaux, des salaires, de l’emploi, des services publics. Jamais dans le cas de la Grèce il n’a été question du rapatriement des 200 milliards d’évasion fiscale, d’imposition des gros armateurs ou d’arrêt de l’achat d’armement… à l’Allemagne ou à la France. Oui, il s’agit bien d’une Europe toute entière au service du capital. Une Europe antidémocratique et antisociale.

Ajoutons cette nouvelle donnée inquiétante. Depuis les débats sur l’acte unique européen, puis plus encore au moment de l’adoption du traité de Maastricht, la droite comme la majorité du Parti socialiste et des écologistes ont défendu ces textes au nom du projet européen, de l’idée européenne, de la paix, de la solidarité et de la mise en commun. Autant de visées que nous partagions, tout en combattant ces traités car nous pensions que leur esprit et leur lettre allaient à l’opposé des objectifs proclamés.

Nous ne savions pas que les choses iraient si vite et prendraient une telle ampleur dramatique.

Non seulement les orientations de ces bibles euro-libérales enfoncent les peuples dans une crise dont on ne voit ni la fin, ni même toutes ses conséquences. Non seulement elles ont donné tout le pouvoir aux institutions financières, aux puissances d’argent, aux marchés financiers dont les chefs d’Etat font semblant de se plaindre chaque matin. Mais la solidarité interne entre Nations en Europe, l’entraide, la construction commune, la vision commune de l’avenir est totalement absente. Pire, voilà qu’on déclame sur tous les tons, dans tous les médias, qu’il existe une Europe divisée entre une Union européenne des 27 Etats membres, au sein de laquelle il y a une Europe de la zone Euro de dix-sept pays et au sein de celle-ci, quinze Etats sont placés sous le commandement d’un axe « franco-allemand », lequel est dominé par l’idée du retour à une grande Allemagne, imposant ses vues à chaque réunion du Conseil. Une nouvelle étape vient d’être franchie avec la participation du Président des États-Unis en personne à une réunion du Conseil européen à Cannes. Quelle est loin l’idée d’une Europe protectrice face aux prétentions des USA! Dans le monde qui se métamorphose sous nos yeux, il ne faut pas exclure que les dirigeants nord-américains souhaitent désormais l’explosion de tout projet européen et de l’Euro pour asseoir sur le monde une domination d’un type nouveau.

M. Sarkozy voudrait faire croire qu’il est à la baguette. Tantôt, il s’affiche avec la chancelière Mme Merkel, tantôt avec le Président Obama, pour les besoins de sa tentative de réélection dans quelques mois. En vérité, Mme Merkel ne cesse de réaffirmer son comportement : « Je suis tenue par mes fonctions d’éviter les dommages au peuple allemand, de faire ce qui est bon pour le peuple allemand ». Ce dernier souffre aussi. Il faut donc entendre le modèle capitaliste allemand. Nous sommes donc entrés dans une nouvelle période ou se répand en Europe un vent mauvais. Ce sont des rapports de domination qui priment. Ils sont la manifestation des contradictions au sein des forces du capital en crise dans l’espace européen et au-delà. Qui peut croire que le destin commun aux Nations et aux peuples européens se résume à la valeur de l’Euro et au contrôle des budgets nationaux ? Qui peut croire que le bien être collectif soit du ressort des rapaces des marchés financiers ?

Le thème du « fédéralisme » qui est désormais poussé dans le débat par les élites européennes, cache un recul démocratique inconnu depuis la seconde guerre mondiale, mais surtout la résurgence d’un impérium allemand sur le continent, dans une crise dont la gravité ne peut être comparée à aucune autre.

Quels visages de l’Europe se dessinent en suivant la proposition de l’UMP et de la droite allemande, la CDU qui veulent aboutir à un budget commun, des politiques partagées entre la France et l’Allemagne, laquelle Allemagne élargit sa zone d’influence sur son flanc est ? Pourquoi la France n’a-t-elle pas plus et mieux travaillé avec les pays du sud de l’Europe ? Ceux qui sont aujourd’hui les plus en difficultés avec les pays d’Afrique, ceux du Maghreb et du Mashreq en ébullition ?

Dans ces conditions se pose aux peuples dans leur diversité de culture, d’histoire, de cheminement politique, la grande question de reprendre ensemble le pouvoir sur l’oligarchie. De retrouver les chemins de leur souveraineté, de la maîtrise de leur destin- qui inévitablement comportera une part de mise en commun librement choisie- contre les embryons du système autoritaire qui se développent. En ce sens le référendum en Grèce aurait eu l’avantage de permettre un nouveau débat bien au delà des frontières de ce seul pays. L’Union européenne entre dans une crise politique grave. Celle-ci, avec la crise sociale, ne peut se résoudre par des alternances tranquilles. Le retour de la droite au pouvoir en Grèce ou en Espagne ne constituera qu’un levier au service des marchés financiers. Mais le succès de la gauche en France, puis en Allemagne, ne peut pas se faire sur la base d’une acceptation plus ou moins grande des diktats des marchés financiers et d’une austérité plus ou moins acceptable. L’austérité, même de gauche, est inacceptable parce qu’elle est injuste et inefficace pour aujourd’hui et pour demain. Voilà qui fait revenir sur le devant de la scène, comme un boomerang violent, la nature de cette construction européenne ultralibérale, sur la base des traités de Maastricht et de Lisbonne, maintenant en crise profonde. Le grand débat des années 2004- 2005, débouchant sur le NON au référendum est donc très actuel. Il faut le reprendre avec le recul de cette terrible expérience. Avec le recul de ce qui a été dit à l’époque par les uns et par les autres.

Rien ne sert de se plaindre de la rapacité des marchés financiers quand on leur a donné le pouvoir, tout le pouvoir, par des décisions nationales et par les traités européens.

Rien ne sert de discourir sur les délocalisations et le recul du travail quand on a promu la « concurrence » et la fameuse « compétitivité » qui n’est que la tenaille enserrant dans ses mâchoires les ouvriers et tous les travailleurs.

Rien ne sert de pleurer sur la concurrence internationale qui écrase notre industrie et notre agriculture, quand on a voté « un marché ouvert où la concurrence est libre ».

Rien ne sert de geindre sur le haut niveau du service de la dette si on refuse de nationaliser les banques, de poser la question devenue principale du rôle de la Banque centrale européenne et de l’utilisation du crédit sélectif pour le développement humain, en opposition avec les marchés financiers.

Voilà les grandes questions qui ont à voir avec la possibilité et les moyens d’une politique de changement favorable aux familles populaires, à leur pouvoir d’achat, leur emploi, leur logement, leur école et leurs services publics. Elles sont posées à tous les citoyens de gauche, de l’écologie politique et au-delà dans leur diversité. Leur mise en débat publique au sein de toute la gauche, avec nos concitoyens, partout dans le pays est la question de l’heure.

Les formations du Front de Gauche qui, pour une part, sont issues de ce débat de 2005, ont la responsabilité politique d’y contribuer de toute leur énergie. La main ouverte à toute citoyenne, tout citoyen voulant chasser Sarkozy, empêcher la dangereuse montée de l’extrême droite et faire gagner une gauche ne se résignant pas à être ligotée par les forces de l’argent, mais se tournant résolument et hardiment vers la promotion de l’intérêt général. Comme à d’autres périodes charnières de notre histoire, la responsabilité est immense. Elle est celle de toute la gauche.

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COMPTE-RENDU DE SESSION AU PARLEMENT EUROPÉEN (6-9 juin 2011) 1

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Le Parlement européen s’est réuni en session plénière du 6 au 9 juin à Strasbourg.

Ci-dessous les principaux éléments discutés et votés lors de cette session.

Débat sur le choix du futur directeur général du Fonds monétaire international

La Commission européenne avait demandé un débat au parlement européen sur le choix du futur directeur du FMI… Nous avons assisté à un débat creux. La Commission et les droites du Parlement avaient déjà choisi leur candidate, en la personne de Christine Lagarde. Les forces de gauche demandaient que l’on débatte des politiques menées par le FMI avant de discuter de la personne qui les incarnerait.

Le choix de la personne importe peu si les politiques appliquées sont toujours les mêmes. La Banque centrale européenne – l’autre institution qui travaille main dans la main avec le FMI pour appliquer l’austérité à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal avec des privatisations, les coupes dans les salaires et les dépenses publiques -, est dans la même situation.

Là encore aucun débat transparent n’a lieu, et encore moins sur les politiques désastreuses de la BCE. Le principal critère de sélection est que le successeur de Jean-Claude Trichet continue à défendre comme son prédécesseur la « modération salariale » : pression contre les salaires, l’emploi stable, les retraites.

De son côté, le futur retraité de la BCE se lâche. Il nous a livré la semaine dernière, lors de la remise d’un prix, sa vision pour le futur de la politique économique de l’Union européenne : toujours plus d’austérité et toujours plus de contrôle pour imposer cette austérité. D’après lui, la prochaine étape après la mise en place du pacte « euro plus » serait la création d’un ministère des finances européen qui pourrait opposer son un veto à toute décision économique d’un État. Finis donc les plans de relance par les salaires, la consommation, l’investissement ou l’éducation, considérés comme du « laxisme budgétaire ». Monsieur Trichet nous propose un système autoritaire supranational, pour la dictature des marchés financiers.

Aucune remise en question de ces deux institutions alors qu’une vraie alternative économique doit se dessiner face à l’échec et au danger des politiques actuelles. Une vraie réflexion est cependant à l’œuvre, j’ai pu le constater encore en participant ce mardi 7 juin à une réunion publique à la Maison des Associations de Strasbourg, avec deux autres députés au Parlement européen – MM. Liem Hoang Ngoc (PSE – France) et Pascal Canfin (Verts – France) – et des représentants d’ATTAC. Cette organisation a d’ailleurs fait savoir qu’elle comptait présenter sa propre candidate, Aurélie Trouvé, à la direction du FMI. Un symbole que je soutiens car le FMI a besoin de profonds changements dans son organisation et son mode de pensée pour devenir un véritable outil au service des peuples. Pour lire mon intervention durant ce débat, cliquez ici.

Le Parlement européen ouvre la possibilité d’appliquer une taxe sur la pollution dans le transport routier

Mardi 7 juin, le Parlement européen a adopté (par 505 voix pour, 141 contre et 17 abstentions) un texte qui donne la possibilité aux États de taxer les véhicules et de compenser les coûts liés au bruit et à la pollution.

Les États qui le souhaitent pourront désormais taxer à hauteur de 3 à 4 centimes par véhicule et par kilomètre les véhicules de plus de plus de 3,5 tonnes qui empruntent les autoroutes. Le système de taxation a fait l’objet d’une négociation avec le Conseil, l’institution représentant les gouvernements européens. Le compromis permet des ajustements en fonction de la pollution émise par le véhicule, le parcours et le moment où le trajet est fait.

Par exemple, les véhicules les plus polluants devront s’acquitter d’une pénalité de 25% de la redevance d’infrastructure, à laquelle pourront s’ajouter des redevances supplémentaires s’ils roulent dans des zones congestionnées (villes, cols de montagne) et aux heures de pointe. 15% des recettes perçues devront aller au financement des réseaux de transport transeuropéens, c’est à dire des couloirs de transports prioritaires, comme l’axe Paris-Budapest par exemple.

Mon collègue Jaromir Kohlicek (GUE/NGL – République tchèque) a considéré qu’il s’agissait d’une bonne « première étape » pour rééquilibrer le rapport entre rail et route.

Bactérie ECEH : la GUE/NGL remet en cause l’agriculture productiviste défendue par la Commission

Mardi 7 juin s’est tenu un débat sur la gestion de l’épidémie due à la bactérie ECEH qui a déjà tué 36 personnes et en a contaminées plus de 1 200 autres, dont 600 souffrant de complications sévères.

Lors de ce débat, John Dalli, le Commissaire européen à la santé et à la politique des consommateurs, s’en est pris à la gestion hasardeuse des autorités allemandes dont l’alarmisme a provoqué de gros dégâts financiers chez les maraîchers européens. L’Union européenne doit désormais faire face au désarroi de ces derniers, qui accusent des pertes énormes, mais aussi à l’absence de résultats des enquêtes sur l’origine de la bactérie.

Si la plupart des députés ont accusé la communication des autorités allemandes, mon amie de Die Linke, Sabine Wils (GUE/NGL – Allemagne) a condamné « les sérieux problèmes qui proviennent de la libéralisation de la production agricole dans l’Union européenne » : « si les profits prennent le dessus sur la santé, cela veut dire que la sécurité alimentaire et la qualité des produits sont mis en danger ».

Mon ami Joao Ferreira (GUE/NGL – Portugal) a très justement rappelé les contaminations par de la dioxine découvertes en janvier : « ces cas ne peuvent être séparés d’une politique agricole qui soutient une production excessive et l’export au mépris d’une agriculture durable et locale ».

Ceci doit relancer le débat sur la sécurité alimentaire et sanitaire, alors que la libéralisation capitaliste de la production agricole a des effets néfastes sur la qualité des produits, et catastrophiques sur les revenus des petites exploitations. Lors du vote du rapport Dess sur le futur de la Politique agricole commune en commission agriculture du Parlement, une majorité de députés a refusé de revenir au système de productions régulées. L’expérience prouve pourtant que ce type de production, avec des prix minima de base sur des quantités données, apporte une garantie en termes de prix et de qualité. Une stratégie « gagnant-gagnant » pour les petits agriculteurs comme pour les consommateurs que la Commission refuse pourtant de mettre en œuvre.

Nouvelle Constitution hongroise : « là où il y a violation des droits fondamentaux, les institutions de l’Union européenne doivent se prononcer »

Mardi 7 juin, un débat a eu lieu au Parlement européen sur la nouvelle Constitution hongroise.

Après l’adoption d’une loi controversée sur le contenu des médias, évalué par une instance contrôlée par la pouvoir en place, le Premier Ministre de droite Viktor Orban a décidé de verrouiller un peu plus l’emprise de son parti – le Fidesz – en faisant rédiger une nouvelle Constitution. Cette nouvelle Constitution crée des conditions favorables au Fidesz et contient des références à Dieu et à la famille traditionnelle, ce qui inquiète l’opposition ainsi que les voisins de la Hongrie

Lors du débat, le gouvernement hongrois a été soutenu par la droite du Parlement qui considère que le débat se limite aux nouvelles références inscrites dans la Constitution et estime qu’elles font de toute façon partie des valeurs européennes. Elle oppose que les questions sur le texte même n’ont de toute façon pas lieu d’être car l’Union européenne ne peut se prononcer sur la Constitution d’un État.

La commissaire en charge des droits fondamentaux, Viviane Reding, a confirmé cette analyse mais a déclaré que la Commission peut par contre se prononcer une fois la constitution interprétée en droit.

Mon ami Rui Tavares (GUE/NGL – Portugal) a déclaré: « là où il y a des violations des droits fondamentaux, les institutions de l’UNION EUROPÉENNE doivent se prononcer, que cela soit une loi, un règlement ou une constitution. Déclarer que c’est une question de différence culturelle n’est que relativisme constitutionnel et ne peut être accepté comme argument ».

Accord de libre-échange avec le Canada, un accord mortel pour les services publics

Mercredi 8 juin le Parlement a adopté une résolution qui soutient les négociations actuelles d’un accord commercial entre la Canada et l’Union européenne, celui-ci met en danger les services publics canadiens.

Le Canada a une structure fédérale qui laisse une grande autonomie aux «Provinces» (l’équivalent des régions). Cette structure fait que le marché canadien n’est pas un marché uni mais regroupe différentes réglementations selon les provinces, avec leurs propres organes de règlement des différends commerciaux.

Pour les industriels canadiens, les bénéfices d’un accord de libre échange (en plus de l’ouverture du marché européen) sont surtout intérieurs car il forcerait les structures provinciales à ouvrir leur marché, notamment ceux des services publics, ou à procéder à des privatisations. Ainsi, tout en demandant un accord de libre-échange au sein même du Canada, le patronat canadien se sert de cet accord avec l’Union européenne pour demander l’établissement d’un marché unique sur l’ensemble du territoire. La résolution adoptée par le Parlement va dans ce sens : elle demande des « engagements explicites » des provinces pour « synchroniser leurs politiques et procédures ». C’est la préfiguration du sinistre accord transatlantique.

Mon groupe, ainsi que l’ensemble des forces de gauche du Parlement européen, a voté contre ce texte qui fait peser un grand danger sur les services publics canadiens.

Budget de l’Union européenne, la Politique Agricole Commune et les Fonds de cohésion soutenus par le Parlement

Mercredi 8 juin nous avons débattu du budget de l’Union européenne. Avec la crise de la dette et les mesures d’austérité supplémentaires que s’apprête à valider le Parlement européen le 23 juin, de nombreux États veulent geler le budget européen à 1,06% du revenu national brut.

Le rapport que le Parlement a adopté (à 582 voix pour, 87 contre et 6 abstentions) sur le futur cadre financier de l’Union européenne demande au contraire une hausse de 5% du budget. Le texte rappelle l’importance pour les territoires des budgets de la politique de cohésion et de la PAC, que des États et la Commission veulent réduire.

Les débats sur le budget du Parlement sont des passes d’armes régulières entre le Conseil qui rechigne à mettre la main à la poche, et le Parlement qui veut s’arroger une vraie autonomie budgétaire et exige que l’Union européenne ait ses propres ressources financières et ne soit plus dépendant du Conseil. Dans son rapport, le Parlement appuie une taxe européenne sur les transactions financières qui « pourrait constituer une contribution significative du secteur financier à la prise en charge du coût économique et social de la crise et à la viabilité des finances publiques ».

Le Président de notre groupe de la Gauche Unitaire Européenne / Gauche Verte Nordique, Lothar Bisky, a dénoncé les priorités mêmes du budget de l’Union : « Vous comprendrez que la gauche, qui a des ambitions particulièrement élevées pour l’orientation sociale des politiques de l’Union européenne, soit déçue que dans votre rapport la politique sociale ne soit pas une priorité majeure pour les années à venir ». Il a alors cité comme exemple les fonds de plus en plus élevés que l’Union européenne accorde à Frontex, l’agence chargée de faire la chasse aux migrants à ses frontières. «Frontex peut attendre. Je suis convaincu que la préservation du modèle social européen et le principe de la solidarité européenne sont extrêmement importants en temps de crise et de vaches maigres. Les deux sont des réalisations européennes et les abandonner serait le signal de la fin de l’intégration européenne».

Notre groupe a toujours soutenu une taxe sur les transactions financières qui permettrait au budget de l’Union européenne de se donner les moyens de ses ambitions et d’atteindre une masse critique. Miguel Portas (GUE/NGL – Portugal) rappelait que « si nous avions un budget fort nous n’aurions pas d’attaques spéculatives contre la Grèce et le Portugal. Peut-on vraiment imaginer une monnaie européenne solide sans un budget fort ? ».

Agences de notation : le Parlement ne retient pas notre demande de limiter le pouvoir des agences de notation

Mercredi 8 juin, le Parlement a adopté à main levée un rapport sur les agences de notation demandant que la Commission réfléchisse à une « fondation européenne pour la notation de crédit » financée par le secteur privé.

Cette formule ne reprend malheureusement pas la demande qu’avait formulée notre groupe ainsi que les socialistes sur une agence de notation publique du crédit.

Le rapport, rédigé par un libéral allemand, Wolf Klinz, maintient au contraire la logique même du système de ces agences qui sont rétribuées par leurs clients. Ceci crée une confusion dangereuse des genres : les agences, même sous forme de fondations, sont régies par le droit privé et sont payées par les clients qu’elles notent. Ce phénomène est grandement à l’origine même de la crise, les investisseurs ayant basé leurs investissements sur les notes de ces agences.

L’importance d’une agence indépendante de notation de la dette des États s’illustre par le cas de la Grèce. Devant l’impossibilité de ce pays à rembourser la dette, plusieurs États – dont l’Allemagne et la France – poussent à une prolongation volontaire des emprunts. Les détenteurs de titres de la dette grecque peuvent choisir sur une base volontaire d’être remboursés plus tard par la Grèce, tout en continuant à toucher des intérêts.

La solution est acceptée par les États qui financent l’aide à la Grèce et par le gouvernement grec. Mais les Agences de notation considèrent qu’il s’agit là d’un défaut, chose dont ne veut absolument pas entendre parler la Banque centrale européenne.

Du fait de l’obstination des Agences de notation sur une définition, à savoir qu’est-ce qu’un défaut d’un État, c’est une solution de moins pour un pays pourtant pris à la gorge.

La droite du Parlement a poussé pour maintenir la logique actuelle, prônant uniquement une plus grande transparence des méthodes de notation et une plus grande concurrence. La droite continue dans sa logique de la concurrence à outrance en favorisant l’arrivée de nouveaux entrants sur ce marché.

Contrairement aux gouvernements les plus conservateurs d’Europe, les députés soutiennent l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’espace Schengen

Mercredi 8 juin le Parlement s’est prononcé à une large majorité (487 pour, 77 contre, 29 abstentions) en faveur de l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen.

Ce vote est en contradiction avec les déclarations de l’Italie, des Pays-Bas et de l’Allemagne ainsi qu’avec les décisions unilatérales de la France ou du Danemark de réintroduire des contrôles fixes aux frontières. Il est également en contradiction avec d’autres propositions de la France et de l’Allemagne qui souhaitent une mise en application par étapes, avec en premier lieu une ouverture des frontières aériennes.

En adoptant un rapport d’évaluation rédigé par un député issu de la droite portugaise, Carlos Coelho, le Parlement considère au contraire que ces pays remplissent toutes les conditions. Présentant son rapport, Carlos Coelho a d’ailleurs ajouté : « les citoyens de ces pays doivent être considérés comme des citoyens européens à part entière, et ne doivent pas être les otages du discours populiste ».

Mon amie Cornelia Ernst de Die Linke (GUE/NGL – Allemagne) a ajouté : « la suppression des contrôles aux frontières et la libre circulation des personnes est une des principales réalisations de l’Union européenne ». Elle a dénoncé l’instrumentalisation de la crainte des flux migratoires et de la corruption : « c’est un jeu dangereux auquel nous jouons avec la Bulgarie et la Roumanie », rappelant que tourner le dos à ces sociétés désireuses de s’approprier les normes européennes renforcerait les tendances les plus nationalistes.

Tests de résistance des centrales nucléaires

Jeudi 09 juin, un débat a eu lieu sur les tests de résistance des centrales nucléaires proposés par la Commission.

Après la catastrophe de Fukushima, la Commission avait promis une évaluation globale des centrales nucléaires en cas de catastrophe ainsi que de leurs procédures de sécurité. Les critères divulgués par la Commission pour ces stress-tests ont laissé de nombreux députés sur leur faim, alors que la droite de l’hémicycle se satisfait majoritairement de tests qui, d’après elle, amélioreront la sécurité. Les raisons d’en douter sont pourtant nombreuses : les tests de sécurité ne seront menés que sur une base volontaire et non de façon indépendante. De plus, le plus grand flou demeure sur les mesures à prendre en cas défaillance à ces tests : fermeture, mise en conformité ?

La décision allemande de fermer immédiatement 8 de ses 17 centrales et de fermer les autres d’ici 2022 va rendre ce pays encore plus dépendant des autres sources d’énergie, dont le gaz, mais aussi ses voisins car l’Allemagne exportait ses surcapacités électriques. La question du nucléaire et des alternatives doit être débattue au sein de l’Union européenne dans le cadre de la « feuille de route 2050 », la stratégie énergétique de l’Union à l’horizon 2050.

Russie : une résolution qui critique les atteintes aux droits de l’homme, mais continue à faire les yeux doux pour ses ressources naturelles

Jeudi 09 juin, le Parlement a voté une résolution sur les relations entre l’Union européenne et la Russie, à la veille du sommet du 10 juin à Nizhny-Novgorod en Russie.

Cette résolution compte de nombreux éléments positifs, notamment sur les droits de l’Homme : « Il est urgent et nécessaire que la Russie mette en œuvre les principes fondamentaux de la démocratie, de l’état de droit, du respect des droits de l’homme et de la liberté des médias ». Le texte demande « des mesures concrètes en vue d’améliorer la situation en matière de droits de l’homme et de protéger les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme, les minorités et les représentants de l’opposition contre la violence et les actes d’intimidation ».

Le Parlement européen appelle à un scrutin « libre et équitable » et dénonce les pressions sur les partis politiques autres que Russie Unie, le parti de V. Poutine et D. Medvedev : « certaines procédures d’inscription pour les partis politiques et les listes de candidats se sont révélées injustifiées ».

On aurait pu en rester là : défense des droits de l’homme, de la démocratie et de la liberté des médias, condamnation des dispersions violentes des rassemblements de l’opposition… Mais l’intérêt pour les ressources du territoire russe est aussi bien représenté. On incite la Russie à signer un « nouvel accord de partenariat et de coopération » : comprenez un accord commercial permettant aux entreprises européennes d’investir dans le secteur stratégique de l’énergie et dans les autres grosses entreprises d’État pour l’instant fermées aux investissements étrangers. Pour faciliter l’intégration économique de la Russie, une adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du Commerce est aussi en débat.

Débat sur Guantanamo

Jeudi 9 juin s’est tenu un débat à propos de la résolution commune du Parlement sur le camp de Guantanamo. Si celle-ci condamne l’application de la peine de mort, elle se contente de demander aux États-Unis de ne pas l’appliquer à l’un des détenus de Guantanamo, Abd al-Rahim al-Nashiri, et « réitère son appel » à la fermeture du camp, la fin des juridictions militaires, des mauvais traitements, et de la torture.

C’est une condamnation beaucoup plus forte que mes amis Jacky Hénin et Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL – France) ont exigée. Voici leurs interventions :

Jacky Hénin : « Monsieur le Président, voici l’exemple type de la manière dont est instrumentalisée la question des droits de l’homme par l’Union européenne ! On refuse de condamner clairement les États-Unis pour l’attitude criminelle dont ils font preuve à Guantanamo. On refuse de reconnaître la responsabilité de pays membres de l’Union européenne alors qu’ils ont permis l’enfermement et la torture dans des prisons secrètes de la CIA.

On refuse de parler des mineurs, pourtant reconnus par l’UNICEF comme des enfants soldats arrêtés, enfermés et torturés par les États-Unis à Guantanamo, alors que, pour d’autres pays, on n’hésiterait pas à dénoncer d’horribles dictatures et à voter des sanctions. Lorsqu’il s’agit de nous-mêmes et des États-Unis, les droits de l’homme seraient moins un problème.

Pour notre part, nous demandons l’universalité des droits de l’homme. Nous demandons également que notre attitude soit uniquement guidée par la volonté de servir les peuples et, dans ce cadre, souhaitons que les États-Unis soient jugés pour violation des droits de l’homme, comme soient jugés les membres de l’Union européenne qui se seraient rendus coupables de complicité. Le droit international doit être respecté en permanence et il doit être mis un terme aux tortures et aux mises à mort au nom de la guerre contre le terrorisme.

Enfin et surtout – il est bon de le répéter –, il faut fermer la base de Guantanamo, comme il faut aussi restituer à Cuba l’intégralité de son territoire ».

Marie-Christine Vergiat : « La GUE/NGL a pris la décision de ne pas s’associer à cette résolution sur Guantanamo.

Nous n’en condamnons pas la teneur mais nous la trouvons bien timide et, pour ma part, je regrette la façon dont nous avons travaillé sur l’élaboration de cette résolution.

Que de précautions de langage prend-on pour condamner les violations des Droits de l’Homme opérés par l’un des États qui se prétend la plus grande démocratie du monde, qui recourt toujours à la peine de mort, et pour lequel Guantanamo illustre à la face du monde les violations des droits de l’homme et du droit international commises au nom de la lutte contre le terrorisme.

Des hommes sont détenus depuis bientôt 10 ans sur cette portion du territoire cubain aux seuls fins d’échapper aux normes de la justice américaine et alors même qu’aucune preuve ne se pose contre un certain nombre d’entre eux.

C’est pour ces hommes de la détention arbitraire.

Pire, nombre d’entre eux ont été torturés, y compris sur le sol européen, en Roumanie, en Lettonie et en Pologne mais cela il ne faut pas le dire car nous pouvons donner des leçons en matière de droits de l’Homme au monde entier sans être capables de les faire respecter sur notre territoire. Et aujourd’hui dans cette résolution, il ne faut même pas le dire.

Je le regrette très sincèrement et je ne pense pas que c’est ainsi que nous ferons évoluer le respect des Droits de l’Homme dans le monde.

Alors oui, il faut empêcher la condamnation à mort de M. Abd al-Rahim et de bien d’autres mais nous aurions pu y condamner plus fermement la position des États-Unis en ce domaine y compris en regrettant a minimum le changement d’attitude de M. Obama, notamment sur les tribunaux militaires ».

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Des rues à la politique 1

Il paraît qu’aux 24 heures du Mans on pouvait apercevoir tantôt le Premier ministre, tantôt le ministre de l’industrie, bras-dessus, bras-dessous avec M. Varin, le PDG de PSA Citroën. C’est un choix ! Celui de la complicité des grands, des puissants, grisés peut-être par la vitesse mais surtout par l’argent, surfant sur leurs critères dits de « compétitivité » contre les ouvriers. En réponse aux révélations de la CGT et de votre hebdomadaire, l’Humanité-Dimanche, la semaine dernière, ils ont répété en cœur et en boucle avant de se retrouver sur celle des circuits du Mans, que : « Ce n’est pas d’actualité ». Des mots qui sonnent comme l’aveu par anticipation du crime social qui se prépare dans le secret depuis l’été 2010 … pour  être réalisé après les élections présidentielles … évidemment. C’est-à-dire après que ces bons amis aient une nouvelle fois mené campagne avec des trémolos dans la voix sur tous les tons, la main sur le cœur, sur le thème de la défense de l’emploi et de la priorité industrielle. Toute la nature de classe, le mépris des travailleurs, de l’intérêt général sont là, concentrés dans ces faits.

Voilà la principale entreprise automobile française qui a bénéficié de considérables fonds publics dans l’année 2010, puis d’un mécanisme public de relance avec la prime à la casse pour faciliter l’achat de voitures familiales, qui s’ajoute à une autre incroyable imposture : les entreprises cotées en Bourse ne paient que 8% d’impôt sur les sociétés quand la petite et moyenne entreprise, souvent sous-traitante de ces mêmes mastodontes, en paie 30% sans bénéficier ni d’aides d’Etat, ni de crédits bancaires adaptés.

Les dirigeants et encore plus les actionnaires de PSA Citroën cherchent à trouver disent-ils « une rentabilité satisfaisante ». Autrement dit, à augmenter toujours plus les profits. Pour cela, il faudrait abaisser de 1000 euros le coût de fabrication d’une voiture familiale en délocalisant les productions tout en fermant les usines d’Aulnay-Sous-Bois, Sevelnord dans le Nord, Rennes et Madrid. Des dizaines de milliers de salariés jetés à la trappe du chômage pour aller en surexploiter d’autres sous de lointains horizons, tout en n’oubliant pas de réaliser une confortable plus-value de centaines de millions d’euros en vendant 170 hectares de terrains à Aulnay-Sous-Bois au cœur de la Seine-Saint-Denis qui souffre déjà tant de la désindustrialisation et du chômage.

Cette stratégie est conforme aux orientations de « la concurrence libre » et prétendument « non faussée » du traité de Lisbonne et à son aggravation inscrite noir sur blanc dans le pacte de l’Euro plus. Ce dernier  fait injonction aux Etats de pressurer les rémunérations du travail, tout en augmentant la productivité dans le cadre de politiques d’austérité renforcée pour les travailleurs, les retraités, tout en détruisant les services publics comme on le voit en Grèce, au Portugal, au Royaume-Uni avec la privatisation de la poste et pour instaurer, comme norme de l’emploi, ce qu’ils appellent  « la flexisécurité », c’est-à-dire le contrat de travail précaire.

Une telle orientation sacrifie le présent et fait fi de l’avenir. Elle empêche tout nouveau projet industriel pour la filière automobile alors que le champ est immense pour l’invention de la voiture écologique et des transports de demain. A condition de mobiliser beaucoup de nouveaux investissements, de partager des dépenses de recherche pour de nouveaux véhicules plus économes en énergie, moins polluants, pour des formations aux salariés et aux jeunes, pour sécuriser les parcours professionnels. Au lieu de cela, priorité est accordée à des choix de courte vue au service des rapaces de la finance pour lesquels a été écrit ce fameux pacte de l’euro. En vertu de celui-ci, la Commission de Bruxelles vient de demander à la France de serrer encore plus la vis, en diminuant encore et toujours plus les investissements publics et sociaux pour la santé, l’école, les retraites, la sécurité sociale et de précariser encore plus le travail ; de chercher le moyen d’augmenter la TVA, la semaine même où la droite votait une diminution de l’impôt sur les grandes fortunes au Parlement, revenait sur la taxation des produits du pillage publicitaire de la firme Google et ouvrait une ligne de crédit de 470 millions d’euros en garantie de cette funeste affaire des frégates de Taïwan dont on aimerait enfin connaître un début de vérité.

Dans toute l’Union européenne, ces politiques sont désormais amplifiées, appliquées à grande échelle aux Grecs, aux Portugais, aux Irlandais qui subissent l’extrême violence de la finance internationale, mise en œuvre  par les dirigeants politiques au pouvoir dans chacun des Etats. Mieux, on peut désormais considérer qu’une sorte de troïka derrière laquelle se cachent d’anonymes sabreurs dans les crédits sociaux et publics, composé du FMI, de la Banque centrale européenne et de la Commission de Bruxelles, prend peu à peu le pouvoir au service des institutions financières et bancaires. Une troïka qui sera demain rejointe par le fameux MES –mécanisme européen de stabilité- qui est enfant du FMI, inventé à l’occasion de la naissance du Pacte pour l’euro. Ceux-ci ont pour caractéristique d’être des autorités autoproclamées, élues par aucun peuple, aucune assemblée parlementaire. Aux Etats-Unis, la même loi des marchés financiers aboutit à une dette faramineuse dans le pays considéré par le plus puissant du monde. Comme par le passé, les dirigeants américains vont s’efforcer d’en alléger la charge en s’en délestant sur les autres nations, en tirant avantage de la primauté du dollar dans les échanges internationaux. Mais cette fois, avec des conséquences incalculables pour les peuples tant les sommes en cause sont colossales et la situation des autres pays précaire.

Ces évolutions angoissantes pour le plus grand nombre, sont à l’origine des mobilisations de jeunes et de peuples, des formes diverses et inédites qu’elles prennent dont nous avons toutes les raisons d’être très solidaires. Ce qu’elles expriment est capital puisque leur nouveauté essentielle réside, au delà des conséquences insupportables pour les populations des choix d’austérité, à contester les institutions et les partis en place qui, au fil des années, ne font que les reproduire, en pire. Reste bien entendu à ces mouvement syndicaux, citoyens, culturels, à se rejoindre, à s’unir pour défricher des chemins totalement neufs leur garantissant des débouchés politiques en adéquation avec les aspirations et exigences qu’ils portent. Cela implique que la politique puisse être considérée majoritairement comme une activité noble dont la vocation est de résoudre les difficultés auxquelles chacun, la société, le monde, la planète sont confrontés. On mesure le chemin à parcourir pour qu’il en soit ainsi et pour que les citoyens se convainquent d’y apporter leur indispensable concours. Ce sera difficile, sans aucun doute mais il n’y a pas d’autre alternative pour que la civilisation ne sombre pas dans les plus extrêmes aventures. Les responsables politiques ne sont pas une classe. Ceux qui dirigent aujourd’hui sont les mandataires directs des intérêts de la classe capitaliste, des rapaces de la finance. Ils sont très minoritaires en nombre  et face à eux, il existe des forces politiques progressistes, que les citoyens doivent investir, avec les responsables politiques de forces de transformation sociale, et de nombreux citoyens  qui sont à la recherche d’issues aux régressions absolues qui caractérisent le début du millénaire. Au Parlement européen, dans les parlements nationaux, le pacte pour l’euro plus est combattu. Des majorités se sont fédérées victorieusement chez nous et ailleurs contre le traité de Lisbonne.

Mais subsiste un problème pour les citoyens eux-mêmes à la fois simple  à énoncer et compliqué à réaliser. Ces forces d’émancipation humaine restent aujourd’hui trop faibles. Ainsi, le Parlement européen a été contraint, la semaine dernière, de reculer le vote sur les directives liées au pacte euro plus. Mais celui-ci est à nouveau prévu à la séance du 23 juin. Pour l’instant, il n’y a pas de majorité pour le repousser. Nos propres mobilisations, celle en  Grèce et ailleurs, le 19 de ce mois et d’autres dans d’autres pays peuvent faire bouger les lignes. Ce sera aussi la vocation de la journée d’action organisée par la Confédération européenne des syndicats. Reste que les  questions de la démocratie d’intervention,  celle du contrôle des élus et du sens et de la portée du  vote que chacun émet le jour des élections restent entières. Certes, en apparence, la démocratie existe dans nos sociétés. Mais le pouvoir n’y est-il pas de plus en plus confisqué dans une sorte d’organisation bipolaire de la vie politique et médiatique totalement a-démocratique ainsi que par des institutions européenne non élues directement par les peuples ? Au fond, tout se passe comme si tout concourrait -institutions, règles électorales, partis, média- à donner l’illusion aux populations qu’elles décident de leur vie et de leur devenir. Pour qu’il en soit vraiment ainsi, elles devront investir le champ de la politique pour en transformer radicalement les formes, les règles et les objectifs.

La société des citoyens reste l’ambition des ambitions, pour un niveau supérieur d’humanisation de la civilisation. Au lieu du diabolique pacte de l’argent, débattons d’un pacte d’investissement social, solidaire, écologique, avec le développement de grands services publics, permettant à chacune et chacun d’accéder aux biens communs humains dans toute l’Europe, faisant reculer la pauvreté, le chômage et la précarité. C’est ce que dit le référendum en Italie. Puisse le Front de gauche être utile à la concrétisation de cet espoir. C’est sa vocation. Devenir un front progressiste, un front citoyen et populaire au sens où il est la  propriété des citoyennes et des citoyens, immergé parmi eux. A la Puerta del Sol, à Tunis, place Tahrir, au Royaume Uni dans les rassemblements étudiants comme en France dans ce qu’exprimait en profondeur le mouvement de défense des retraites, des services publics, de l’École, affleure  le besoin de formes démocratiques de nouvelle génération seules susceptibles de réconcilier la jeunesse, le monde du travail et de la création avec l’activité politique. L’occupation des places et des rues est nécessaire. Elle ne dispense pas, au contraire, d’investir le  système politique pour le subvertir et faire éclore la démocratie afin de donner toutes ses chances à la société des citoyens du post-capitalisme.

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La question de l’alternative 5

Dans toute l’Union européenne, toutes celles et ceux qui aspirent à une Europe sociale, solidaire, démocratique, écologiste, pacifique, sont confrontés à une question fondamentale : comment rassembler suffisamment de forces de transformation sociale et politique pour échapper au rouleau compresseur de la finance servi par les traités européens et le pacte pour l’Euro plus ? Comment maîtriser un destin qui aujourd’hui échappe aux différents peuples qui composent l’Union ? Comment faire pour que ces derniers défrichent les chemins inédits d’un changement qui tire les enseignements des échecs du passé ? Une contradiction extrêmement aigüe travaille désormais leur conscience et les réalités.

D’un côté, des mouvements syndicaux et sociaux, des votes comme celui des Islandais qui, dans un référendum, ont refusé de renflouer une banque en faillite, des mouvements citoyens et culturels comme celui des indignés en Espagne et en Grèce, porteurs de fortes demandes politiques de changement. De l’autre, dimanche après dimanche, les pouvoirs politiques en place, qu’ils soient classés à droite ou sociaux démocrates, sont désavoués lors d’élections locales ou nationales en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Grèce et dimanche dernier encore au Portugal. Les électrices et les électeurs pouvaient certes choisir entre la droite et la gauche, mais le changement d’étiquette n’est pas le changement de politique. L’abstention massive est une signification du rejet de l’austérité, du chômage et du précariat. Elle ne constitue pas non plus une issue positive. Ce scénario satisfait les rapaces de la finance qui font ainsi croire qu’il n’y a qu’une politique possible. Le plus emblématique vient de se produire au Portugal où les socialistes sont battus par le parti de M. Barroso, celui-là même qui, à la tête de la Commission européenne, fait appliquer avec acharnement les  politiques d’hyper austérité qui ruinent les travailleurs portugais, précarisent la jeunesse. Qui osera prétendre que le problème ne concernerait pas la France ? Des forces de droite et de gauche n’y ont-elles pas comme guide politique et économique  le traité de Lisbonne, le pacte de stabilité et maintenant peu ou prou, le cadre du pacte de saignée sociale que constitue le pacte diabolique  Euro plus ? On assiste d’ailleurs à de curieux mélanges. Ainsi celui qui fait dire à M. Hulot qu’il pourrait s’allier avec celui qui a failli devenir Premier ministre de l’actuel Président de la République, M. Borloo, lequel est courtisé à la fois par M. De Villepin et M. Sarkozy. Quelle mélasse ! Quelle tristesse !  Quelle vacuité de notre débat politique, engoncé dans le conformisme, les coups médiatiques, le bavassage creux, la politicaillerie, quand tant de nos concitoyens souffrent et alors que le monde est confronté à de si grands défis.

L’exigence de démocratie radicale monte des mouvements partout en Europe et dans le monde arabe. Il convient de se hisser à sa hauteur. Ces mouvements sont citoyens au sens le plus élevé du mot ; politiques en cela qu’ils mettent en cause des décennies de politique de soutien au capitalisme qui conduit à une vie toujours plus dure, à la flexibilité et à la précarisation des contrats de travail. Ils refusent d’être les intermittents du travail, variable d’ajustement du grand capital au service des profits. Un nouveau projet d’avenir devrait donc en finir avec une telle insécurité et avancer vers une sécurité sociale professionnelle. Ils refusent avec force la sous-rémunération permanente du travail. L’enjeu d’une nouvelle répartition des richesses avec de meilleurs salaires, une nouvelle fiscalité, un nouveau crédit, est à l’ordre du jour. De nouveaux services publics seraient un atout pour progresser vers la justice, l’égalité de l’accès au logement, à l’éducation, à l’énergie, aux soins, au transport et à une autre utilisation des richesses et de l’argent.

Les mouvements en Europe butteront sur l’issue politique tant que la gauche ne débattra pas au grand jour et ne pensera pas des solutions radicalement nouvelles, adaptées aux nouveaux enjeux de l’heure pour améliorer la vie de la majorité de celles et ceux qui n’en peuvent plus de la vie qui leur est faite. Autant de terrains dans lesquels le Front de gauche pourrait se sentir comme un poisson dans l’eau à condition qu’il soit à la fois plus audacieux, plus clair, plus ouvert, plus unitaire, dans une conception visant non pas à « commander » un mouvement pour le changement, mais à se mettre à la disposition de celui-ci. De ce point de vue, un effort considérable doit être déployé pour surmonter l’actuelle crise de compréhension, facilitée par un système médiatico-politique brouilleur de repères et de choix. Cette difficulté ne peut être levée que si les forces progressistes sortent elles-mêmes d’une certaine crise d’idée alternative. Un débat approfondi, des confrontations honnêtes sont indispensables. Ce sont à des actes forts pour défendre nos concitoyens, pour proposer une alternative crédible et audacieuse que doit s’attacher à proposer un Front de gauche de nouvelle génération, de telle sorte que la majorité de celles et ceux qui aspirent à changer puissent en devenir propriétaires pour en faire un Front populaire, un Front citoyen, un Front progressiste, fer de lance au cœur de toute la gauche.

C’est à y contribuer que s’attache votre Humanité-Dimanche chaque semaine. Les leçons des scrutins qui se déroulent depuis des semaines dans l’Union européenne nous encouragent à poursuivre dans ce sens. Le Parlement européen a été contraint de repousser le vote sur les directives d’approbation du pacte européen Euro plus. Mettons à profit ces jours supplémentaires pour en faire connaître les extrêmes dangers sociaux et démocratiques. Organisons, à l’image des combats contre la directive Bolkestein et de celles et ceux qui, dans l’union, ont mené à la victoire d’un non progressiste au traité constitutionnel le 29 Mai 2005, un front uni, solidaire et progressiste européen contre le pacte des rapaces. C’est ce mouvement qui est en germe dans toute l’Union européenne. Raison de plus pour débattre de la question de l’alternative progressiste ici et en Europe.

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