COMPTE-RENDU DE SESSION AU PARLEMENT EUROPÉEN (13-16 février 2012) 5

Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg © Commission européenne

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Le Parlement européen s’est réuni du 13 au 16 février 2012 à Strasbourg.

Voici les principaux éléments discutés et votés lors de cette session.

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Aide aux sans-abris, la Commission botte en touche

Lundi 13 février le Parlement a débattu de la situation des personnes sans-abri suite à la vague de froid qui a fait plus de 600 morts à travers l’Europe.

La Commission a été peu claire : selon elle, c’est principalement aux Etats et aux autorités locales de prendre en charge ces personnes. Le discours qui a suivi, technocratique au possible, a exposé les initiatives de la Commission en matière d’entreprenariat social, de meilleur fléchage des Fonds européens, de partages d’informations pour lutter contre la pauvreté et de rapports que la Commission prépare sur le sujet.

Il est vrai que le rôle des acteurs de terrain et des collectivités locales est primordial, mais il est curieux que la Commission n’ait pas fait une seule mention du programme d’aide alimentaire qui bénéficie aux plus démunis, dont la fin est organisée par la Commission pour 2014.

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COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPÉEN (16-19 janvier 2012) 1

--Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg-- © Commission européenne

Le Parlement européen s’est réuni du 16 au 19 janvier 2012 à Strasbourg. Voici les principaux éléments discutés et votés lors de cette session.

Le Parlement européen change de Président

Un curieux accord lie les deux principaux groupes politiques du Parlement européen. Le Parti Populaire Européen (PPE) de droite et les socialistes européens du groupe Socialistes & Démocrates (S&D) se partagent la présidence pour la durée de la législature. Le Président sortant, M. Jerzy Buzek était issu des rangs du PPE, c’est donc le socialiste Martin Schulz qui a été élu ce mardi 17 janvier par 387 voix. C’est une majorité plus faible de celle de son prédécesseur qui avait obtenu 555 voix lors de son élection en juillet 2009.

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Démocratie et libertés menacées en Hongrie : l’Union européenne doit se placer du côté du peuple 3

V. Orban, Premier ministre de Hongrie, est venu “justifier” devant le Parlement européen les dérives autoritaires qu’il impose au peuple hongrois. L’Union européenne doit avoir le courage d’agir et se placer aux cotés du peuple.

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La nouvelle imposture Orban 3

La venue ce jour de M. Viktor Orban devant le Parlement Européen pour s’y exprimer est une imposture. Ce chef de gouvernement de l’Union européenne  met son pays en coupe réglée. Les médias, les associations, les syndicats sont muselés. Les magistrats sont asservis aux ordres du pouvoir exécutif. La chasse aux minorités juives ou tziganes est organisée. Le chauvinisme et le racisme sont érigés en politique. Une constitution et un système électoral ont été modifiés pour permettre le maintien au pouvoir du parti autoritaire populiste et fascisant de M. Orban.

Le Parlement Européen n’a pas voté pour savoir s’il acceptait de l’entendre. Pourtant, il va devoir écouter ses mauvaises explications. C’est très inquiétant. En imposant sa venue dans cette enceinte représentant les peuples européens, M. Orban vient chercher une sorte de brevet de bonne conduite pour retourner ensuite devant son peuple en se prévalant de l’écoute de l’assemblée européenne. C’est un mauvais coup porté aux Hongrois qui tentent de plus en plus de résister à ce système dictatorial.

C’est d’autant plus incongru que plusieurs forces politiques représentées au Parlement Européen sont d’accord pour utiliser l’article 7 des traités qui spécifie « qu’un gouvernement d’un pays de l’Union européenne perd son droit de vote s’il viole les exigences démocratiques ».

L’organisation de la venue de M. Orban, avec la complicité du Parti Populaire Européen, dont il est le Vice-président, dans une sorte de consensus contre nature avec le groupe des socialistes qui hier accédaient à la présidence du Parlement Européen, est une grave faute politique. Disons le tout net, un pestiféré doit être traité comme un pestiféré.

Maintenant il est absolument nécessaire que le Parlement Européen ouvre grand ses portes, écoute et prenne en compte le mouvement civique, social et intellectuel hongrois au nom du soutien à la République hongroise et à la démocratie. Le Parlement Européen doit se ressaisir et répondre à l’appel de la Hongrie démocratique.

Puerta de las Soluciones ?* 1

En Allemagne, le parti de droite au pouvoir perd dimanche après dimanche les élections locales. En Espagne, ce sont les socialistes qui viennent d’être sévèrement sanctionnés. Les mêmes politiques mises en œuvre par des forces différentes produisent les mêmes effets sur la vie quotidienne. Les mêmes effets aussi dans les urnes ! Une autre voie doit être recherchée avec les forces progressistes, notamment le Front de Gauche en France pour sortir de la super austérité et pour faire vivre la démocratie.

C’est la jeunesse européenne qui rompt le silence assourdissant qui entoure les orientations du « Pacte pour l’Euro plus ». Cette violente purge sociale, ce bulldozer aux implacables chenilles qui, dans chaque pays de l’Union européenne, détruit les salaires minimums, l’emploi stable et sécurisé, les services publics, la Sécurité sociale, les pensions de retraites, les Codes du travail. « C’est le système qui est contre nous » proclament ces jeunes. « Sin futuro », sans futur ! Ainsi, depuis plusieurs jours est né, en pleine campagne électorale en Espagne, un mouvement dit des « indignés », dans plus de cinquante villes. Celui-ci se répand peu à peu à Berlin, Oslo, Londres, Rome, Paris.

Ce mouvement en résonnance avec les manifestations ouvrières au Portugal, en Grèce, au Royaume-Uni, en Hongrie, en Roumanie, s’oppose  clairement et nettement au déferlement des politiques d’austérité, de chômage, de précariat dans toute l’Union européenne. Il a des similitudes avec le printemps arabe.

Il y a de cela quelques semaines, de bons esprits savants, qui ont micros et antennes ouverts, se sont senti le droit d’insulter M. Stéphane Hessel, parce qu’il a titré son dernier petite livre : « Indignez-vous ». Il a pourtant raison. Comment les jeunes et les travailleurs ne seraient-ils pas indignés quand le même système bancaire et financier, qui les a plongés dans le précipice, leur y enfonce la tête aujourd’hui, en y dégageant des profits faramineux. Ainsi, un journal économique proche des milieux patronaux écrit : « Les marges des entreprises européennes sont proches de leur record ». Dans notre pays, les quarante grands groupes cotés en Bourse, disposent d’une trésorerie de 170 milliards d’euros. En progrès de 12%. Cet argent serait destiné à relancer la guerre économique entre groupes avec les fusions-acquisitions qui se traduisent toujours par des destructions d’emplois. Indignés encore en découvrant que les principales banques françaises viennent de verser deux milliards d’euros de bonus à leurs traders !

Ces mêmes banques disposent d’argent frais aux alentours du taux de 1% auprès de la Banque centrale européenne, alors qu’elles octroient ensuite des prêts variant de 6 à 19% à la Grèce, au Portugal, à l’Irlande et à l’Espagne. Les jeunes espagnols crient sur la place  Puerta del sol, à Madrid : « Nous ne sommes pas une marchandise entre les mains des politiques et des banquiers ». Belle lucidité, porteuse d’espoir. Ils refusent l’austérité, le chômage, la précarité, qu’elle soit mise en œuvre par un gouvernement socialiste ou par un gouvernement de droite. Ils contestent les alternances produites par des bipartismes réducteurs. Ils appellent donc à une autre voie pour la construction européenne, rejoignant celles et ceux qui, en France, aux Pays-Bas, en Irlande, ont rejeté majoritairement le traité de Lisbonne et ceux qui refusent la dictature instituée des marchés financiers, inscrite dans le pacte dit « Euro plus » et « le mécanisme européen de stabilité » qui n’est rien d’autre qu’un FMI européen.

Cette autre voie commence par briser le silence consensuel sur le pacte diabolique au service des rapaces de l’argent. C’est ce que vient de faire à son congrès la Confédération européenne des syndicats en adoptant « Le manifeste d’Athènes ». Elle appelle à des mobilisations unitaires contre le contenu de ce pacte, qui rend obligatoire d’inscrire dans les Constitutions nationales les réductions des dépenses sociales et publiques. Ce pacte est écrit pour le grand patronat, pour la baisse des salaires, le recul de l’âge de départ en retraite, la privatisation de celle-ci, l’abaissement des niveaux de Sécurité sociale, de nouvelles privatisations comme celles imposées au Portugal, à la Grèce et à l’Irlande.

Ces  choix mènent l’Europe dans le mur ! Ils sont à l’opposé de ce qu’il conviendrait de faire pour conjuguer progrès social, écologiste, démocratique et  efficacité économique afin de sortir de la crise. Le voilà bien, le véritable enjeu des prochaines échéances électorales ! Celui que les puissants voudraient  occulter. Ils redoutent par dessus tout que nos concitoyens se demandent à quoi servirait d’élire une personne à la présidence de la République qui appliquerait l’austérité ? Qu’ils soient de gauche ou de droite l’austérité, le chômage, le précariat sont injustes et inefficaces. C’est une autre voie qu’il faut inventer, celle du progressisme européen que propose le Front de Gauche.

C’est dans cet état d’esprit que les forces progressistes devraient porter le projet d’un pacte humain, d’un nouveau pacte social, solidaire, écologique. Il serait rendu possible par le désarmement intégral des rapaces des marchés financiers, en instituant une taxe sur les mouvements de capitaux spéculatifs, une harmonisation par le haut des impôts sur les sociétés et le capital, la récupération des recettes de TVA aujourd’hui détournées, un changement de la Banque centrale européenne qui doit pouvoir racheter tout ou partie de la dette des Etats par création monétaire et aider à des refinancements, au service des Etats sur les critères de la création d’emplois, la formation, l’éducation, l’innovation et la recherche, avec le développement de grands services publics, outils d’égalité sociale et d’amélioration de l’environnement. Ces services publics de type nouveau, promouvant la coopération européenne, devraient faire vivre le projet de biens communs publics européens et mondiaux, accessibles à toutes et tous. Une sorte de « plan Marshall » devrait être inventé pour venir en aide aux peuples du Sud de la Méditerranée, qui cherchent la voie de leur émancipation.

Des solutions existent donc pour sortir des impasses étouffantes actuelles. C’est d’ailleurs ce que disent les jeunes espagnols de la place « Puerta del sol » qui l’ont rebaptisé « Pertua de las soluciones » oui, place aux solutions. Trouvera-t-on une caméra ou un micro pour les filmer et leur donner la parole ?

* La porte des solutions

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