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Mardi 19 Janvier a eu lieu au Parlement européen à Strasbourg un débat sur la situation humanitaire catastrophique à Haïti, suite au séisme qui a dévasté l’île.
Voici mon intervention :
Je veux dire une nouvelle fois combien nous sommes bouleversés par ce que doit endurer le peuple Haïtien, les enfants d’Haïti, depuis maintenant sept jours. Ils survivent dans un enfer. ![haiti-apres-le-seisme-port-au-prince_303[1]](http://patricklehyaric.files.wordpress.com/2010/01/haiti-apres-le-seisme-port-au-prince_3031.jpg?w=300&h=199)
L’élan de solidarité mondiale fait chaud au cœur mais il doit encore se renforcer, être mieux coordonné au seul service d’une population assoiffée, affamée, privée de maisons et des soins médicaux les plus élémentaires. Nous saluons toutes celles et ceux qui y participent.
L’Union européenne a décidé de débloquer de premiers moyens financiers, nous nous en félicitons, mais il ne faut pas en rester là. L’aide de l’Union européenne doit être considérablement augmentée et le système bancaire mondial mis à contribution.
Des surplus alimentaires européens doivent être acheminés pour les populations haïtiennes. Notre continent a une véritable dette vis-à-vis de Haïti, un devoir de réparation après tant d’années de domination, de pillage. 
Il faut tirer toutes les leçons de la mise sous tutelle de cette île “perle des Caraïbes” par les instituions financières internationales qui l’ont asphyxiée avec la dette odieuse et le service aussi odieux de cette dette.
Notre parlement devrait se prononcer pour l’annulation immédiate et sans condition de la totalité de cette dette.
Le groupe de la GUE/NGL souhaite que la conférence, qui aura lieu prochainement à Montréal, prépare efficacement une conférence internationale de réparation, reconstruction et développement durable de Haïti.
Cette reconstruction doit être placée sous l’égide des Nations Unies, de telle sorte que le peuple Haïtien retrouve sa souveraineté économique et politique.
Haïti ne doit pas être l’enjeu d’une bataille de domination entre grandes puissances. Ainsi, tout en saluant les efforts de solidarité des Etats-Unis, nous mettons en garde et nous refusons que cette terrible catastrophe serve aux dirigeants nord-américains de prétexte pour occuper l’île, l’administrer et y installer des bases militaires.
L’Europe doit être exemplaire. Elle doit voir qu’un objectif, un seul souci : le peuple, les enfants d’Haïti.
Bruxelles, 15/01/2010
De Patrick Le Hyaric, MEP GUE/NGL
“Au fil des heures, les images et les éléments qui nous parviennent d’Haïti font découvrir l’étendue de l’horreur.
Il est clair que le peuple haïtien appauvri année après année, ne disposant ni de système d’alerte sur les séismes, ni d’infrastructures et de bâtiments solides a été inséré dans la tenaille d’une incroyable catastrophe.
L’aide médicale, alimentaire, humanitaire doit être la priorité. Et aux côtés des Etats, l’Union européenne doit être plus active dans les actes de solidarité qui se déploient.
Au delà, le Groupe GUE/NGL au Parlement européen demande que les institutions européennes soutiennent et aident à préparer une Conférence internationale de reconstruction d’Haïti, en l’aidant à disposer des moyens de prévention climatique et sismique.
La réunion extraordinaire du Conseil de développement lundi prochain peut en être l’occasion. Cette conférence doit aussi prévoir un plan de développement d’Haïti, respectant sa souveraineté populaire et économique.
Nous demandons également l’annulation immédiate de la dette du pays”.
Comme toutes et tous, nous sommes saisis d’effroi et de douleur face au drame épouvantable qui frappe une nouvelle fois le peuple haïtien. Si proche de nous, nous avons envers lui une dette qui remonte à Richelieu, lui qui fit dominer l’île par la France en y pillant ses ressources et en y organisant l’esclavage.
Chaque minute compte pour des milliers et des milliers d’haïtiens, enfants, femmes et hommes, encore ensevelis sous les décombres. Chaque instant est précieux pour soulager la peine des familles plongées dans le chagrin et la douleur d’avoir perdu un être cher quand ce n’est d’avoir tout perdu. Dans cette angoissante course contre la montre pour sauver le maximum de vies, il est bien que les Etats, dont la France et l’Organisation des Nations-Unies, s’engagent fortement.
Ceci est amplement justifié par le fait que cette tragédie a été considérablement aggravée par l’état de fragilité et de délabrement des infrastructures. On a du mal à imaginer comment la capitale Port-au-Prince ait pu être ainsi plongée dans cette spirale destructrice, dans l’horreur et la désolation si rapidement.
Si le bilan devient si dramatique, c’est aussi parce que ce pays a continué d’être dominé et pillé avec un plan d’austérité imposé par le Fond Monétaire International, s’ajoutant aux violences de dictatures dont celle des Duvalier et des tontons macoutes, mais aussi aux méfaits de gouvernements corrompus.
Des milliers de morts et de blessés auraient peut être pu être évités si les populations avaient pu bénéficier d’une assistance médicale immédiate et d’un habitat plus solide.
Comment les puissants de ce monde continueront-ils de justifier qu’ils puissent dilapider chaque jour des sommes colossales dans le surarmement et des guerres ou pour sauver les grands banquiers de ce monde alors qu’ils laissent, comme en Haïti, des peuples aux mains nues dans la pauvreté la plus totale ?
Cette effrayante tragédie se rajoute en effet au drame quotidien des 12 millions d’habitants de ce pays dont près des quatre-cinquième survivent avec moins de deux dollars par jour. Nos frères haïtiens s’étaient fait entendre durant l’année 2007 avec les « émeutes de la faim ». Ils alertaient déjà contre un ordre mondial foncièrement égoïste qui les étrangle depuis deux siècles. Les puissants de la planète ne leur auraient-ils pas encore pardonné leur dignité conquise depuis 1804, année de l’indépendance de l’île ? Dés le début, les dominateurs et les impérialistes sanctionnèrent ce peuple en organisant contre lui un blocus commercial et en installant des présidents fantoches jusqu’à la mise sous tutelle du FMI. Voilà ce qui l’empêcha de gagner définitivement sa liberté totale, de construire son développement, de prendre en main son destin, jusqu’à vivre aujourd’hui dans un pays exsangue.
Nos amis haïtiens n’ont que trop subi le sang, les armes et la misère. Cela ne fait que renforcer encore l’importance vitale de la mobilisation internationale en marche et notamment celle de la France qui doit ressentir une responsabilité particulière vis à vis des populations de Haïti.
L’heure est maintenant à la solidarité active la plus large. Ils sont et seront des dizaines de milliers là-bas à avoir besoin de nous, à avoir besoin de tout : des médicaments, du matériel de base, des vivres, des moyens financiers pour reconstruire.
Ne perdons pas un seul instant ! Notre journal l’Humanité s’associe une nouvelle fois avec le Secours populaire français pour organiser la solidarité. Solidarité pour Haïti!