COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPEEN (17 – 20 janvier 2011) 1

Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg / Photo : Olivier Hansen

Le Parlement européen s’est réuni en session plénière à Strasbourg du 17 au 20 janvier, en voici les principaux éléments.

L’ordre du jour de cette session aurait pu être bien plus riche si le Parlement n’avait pas refusé de donner toute sa place à des événements aussi importants que la révolution en Tunisie ou le texte de loi qui vise à museler les médias en Hongrie. Mais les relations ambigües de l’UE avec ses voisins dans le premier cas et la volonté de ne pas froisser la Hongrie au début de sa présidence dans le second, ont eu raison de nos appels à de vrais débats de fond sur ces questions.

Tunisie-Libye : réactions et réserves timorées du Parlement européen alors que de vraies questions demeurent sur les relations qu’entretient l’UE avec ses voisins

Les mouvements populaires en Tunisie qui ont marqué la fin de la dictature Ben Ali, ont été salués lors d’une courte déclaration du Président du Parlement européen qui se félicitait de “la révolution du Jasmin”. A la place d’un vrai débat dans l’hémicycle avec le vote d’une résolution demandée par notre groupe de la Gauche Unitaire Européenne et Europe-Ecologie Les Verts donnant la position du Parlement, nous en sommes restés à cette déclaration optimiste mais qui ne pose pas la question fondamentale des relations de complaisance qu’entretiennent les gouvernements européens et l’UE avec les plus terribles dictatures.

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Aide et reconstruction en Haïti : il y a urgence ! 1

En janvier dernier, l’île d’Haïti était frappée par un violent séisme qui a fait des centaines de milliers de morts et laissé plus d’un million de personnes sans-abri. Quelques jours après cette terrible catastrophe, j’avais interpelé le Parlement européen. Aujourd’hui, la situation du peuple Haïtien demeure extrêmement difficile, il s’agit de ne pas l’oublier. 

La coordination de l’aide humanitaire et de la reconstruction en Haïti a fait l’objet d’un nouveau débat ce jour au Parlement européen.

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Ma lettre d’information 2

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Une Humanité spéciale solidarité Haïti 1

Depuis ce terrible jour du 12 janvier où un violent séisme a frappé Haïti, l’Humanité, comme d’autres, n’a cessé d’appeler et d’organiser la solidarité avec le peuple et les enfants haïtiens, en partenariat avec le Secours Populaire Français. Nous avons déjà reçu de nombreux dons. Et chaque dimanche, des diffuseurs militants participent à cette indispensable collecte d’argent pour l’aide d’urgence.

Notre correspondante sur place, Cathy Ceïbé, relate presque chaque jour la dureté de la vie, de la survie là-bas, la douleur du deuil, la difficulté à reconstruire et à se reconstruire pour nombre de familles haïtiennes. La situation si poignante des enfants. Elle raconte aussi le courage d’un peuple qui veut se relever, reconstruire son pays. Nous avons soutenu l’aide internationale des Etats, nous appelons à la suppression de l’odieuse dette, nous avons réclamé un engagement plus net, plus fort de l’Union européenne. Surtout, nous demandons que le peuple haïtien puisse être maître de la reconstruction de son pays dans le cadre d’un projet nouveau de développement solidaire et durable. De ce point de vue, nous dénonçons la méthode du Fond monétaire international qui, sous couvert d’une prétendue aide d’urgence de 102 millions de dollars, ajoute de la dette à la dette, puisque cette somme devra être remboursée dans cinq ans.

Afin d’aider à développer encore cette indispensable solidarité financière et une réelle solidarité politique avec le peuple haïtien, l’Humanité éditera ce jeudi 4 février, un numéro exceptionnel dont 20 pages seront consacrées à Haïti, à une meilleure connaissance de l’histoire de ce pays et de ce peuple, aux moyens à déployer pour la reconstruction des infrastructures et des logements. Il comportera aussi des reportages sur la situation sur place et dans la communauté haïtienne de France. Des écrivains, des historiens, des  agronomes interviendront également dans ce numéro. Celui-ci sera vendu 1€ de plus que le prix habituel. Cet euro sera immédiatement reversé pour les projets du Secours Populaire Français.

Nous remercions l’ensemble de la chaîne de fabrication, d’impression, de distribution jusqu’aux marchands de journaux qui permet la réalisation de cette nouvelle initiative solidaire. Chacune et chacun de vous peut y participer.

Vous aussi faites connaître cette édition spéciale « solidarité Haïti », diffusez la largement autour de vous, organisez des diffusions.

Nous le devons aux enfants, au peuple d’Haïti, nous qui avons Haïti au cœur.

Haïti au cœur Répondre

 

Le formidable élan de solidarité mondiale envers le peuple haïtien fait chaud au cœur. L’ampleur des solidarités populaires reste plus forte que les égoïsmes que les puissants voudraient nous inculquer. C’est plutôt rassurant sur la nature humaine. Il faut continuer !

Saluons une nouvelle fois toutes les ONG, les professionnels de la santé, de la sécurité civile pour leur courage et leur dévouement. Il est dommage que la coordination de cette aide ne soit pas mieux organisée. Il ne faudrait pas rajouter du chaos au chaos ! C’est l’urgent ! Il manque de tout là-bas : d’eau potable, de médicaments, de médecins, de couvertures, de nourriture. Ce peuple courageux et digne, envers qui nous avons une immense dette, doit affronter l’insupportable, l’horreur de la mort provoquée par un séisme si puissant qu’il a réduit la solidité du sol à la fragilité d’une feuille de papier. Injuste, rageant, révoltant que cette île, baptisée du beau nom de « perle des caraïbes », ait pu être ainsi transformée en un vaste champ de ruines, en un amas de décombres. L’un des pays les plus appauvri du monde subit une des plus grandes catastrophes qu’ait connue la planète. Depuis des jours nos frères haïtiens survivent en enfer.

 

Oui, révoltant, car il n’y avait aucune fatalité à tant de dévastations et de fauchages de vies humaines. Si les bâtiments avaient été plus solides, si le système de santé et de services publics avaient été en situation de réagir, si l’Etat n’était pas sous tutelle, si ce peuple n’avait pas été, depuis si longtemps, acculé à la pauvreté, à la misère, ponctionné hier par de fortunés blancs esclavagistes et aujourd’hui victime d’une puissante sangsue répondant au nom de Fond Monétaire International, il en eut été autrement.

Bien sûr, ce ne sont pas les pouvoirs mondiaux qui organisent les tremblements de terre! Mais notre révolte naît de cette violente injustice qu’un séisme de même amplitude ne provoque pas les mêmes dégâts selon qu’il se produit à  Port-au-Prince ou à Tokyo. Celui-ci va peut être faire plus de victimes que le tsunami. Comment expliquer que des avions militaires, des satellites qui scrutent le sol en permanence, au dessus de l’Irak et de l’Afghanistan, ne soient pas mis au service du bien commun, de la vie ? Comment justifier que des centaines de milliards de dollars soient gaspillés chaque jour dans la course aux armements et que, non seulement, on laisse un peuple démuni, mais on continue à le dépecer de tout. Depuis deux cent ans, l’ancienne Hispanola, la petite Espagne de Christophe Colomb s’épuise à rembourser une odieuse dette sans cesse grossie de ses  intérêts. Il y a à peine cinq ans, après le cyclone « Jeanne », Haïti a dû débourser des dizaines de fois plus d’arriérés de créances pour obtenir à peine dix pour cent de ce qui lui avait été promis pour sa reconstruction.

Encore une fois les institutions financières internationales portent une lourde responsabilité, jusqu’à faire perdre à ce peuple sa souveraineté politique et économique.

Et même si nous saluons les efforts de solidarité des Etats-Unis depuis le séisme, le dévouement de ses médecins, de ses spécialistes de la sécurité civile, nous mettons en garde. Les dirigeants nord-américains, présidents d’hier et d’aujourd’hui, alliés pour la circonstance, ont un comportement qui ressemble à un « colonialisme de la solidarité ». Y-a-t-il besoin de 12 000 marines pour envahir l’île ? Au nom de quoi se sont-ils emparés de l’aéroport ? Pourquoi ne pas avoir réuni le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies pour organiser une coopération mondiale de solidarité, sinon pour écarter et discréditer l’ONU, une nouvelle fois ?

Le séisme ne doit pas fournir l’occasion aux dirigeants nord-américains d’occuper l’île, de l’administrer et d’installer des bases militaires dans la région, après celles qui l’ont été en Colombie et après les coups en sous-main au Honduras.

Et on ne peut que déplorer que l’Union européenne, qui paraît-il s’est doté d’un Président stable et d’une ministre des affaires extérieures, avec le traité de Lisbonne, soit restée si longtemps silencieuse, inactive, en tant qu’institution et communauté.

Tout en participant à l’indispensable solidarité avec le Secours Populaire Français, nous nous engageons à ne pas oublier, les enfants, le peuple d’Haïti. Sans attendre, les institutions financières, les Etats doivent annuler, sans condition,  toutes les dettes. La France et les Etats-Unis doivent réparer les effets de leurs politiques depuis l’indépendance de l’île. Une grande conférence de reconstruction et de développement durable d’Haïti, créant les conditions de sa souveraineté économique et politique, doit être organisée sous l’égide de l’ONU. Nul humaniste ne peut vivre tranquille tant que nos semblables à Haïti et ailleurs devront supporter l’insupportable souffrance. Ce peuple n’a jamais rien eu que son courage. Ne le laissons pas tomber!