Dès le 23 mars 2011, le Parlement européen vote le MES, sans les voix de la Gauche unitaire européenne 3

Le parlement européen avait déjà eu à se prononcer le 23 mars dernier sur la modification de l’article 136 du traité de Lisbonne pour permettre la création du Mécanisme européen de stabilité (MES).

Dans la résolution qui avait été adoptée ce jour là, tous les éléments du MES tel qu’il est soumis au parlement français étaient présents : discipline budgétaire, conditionnalité des aides à la mise en place de politiques d’austérité, surveillance des politiques sociales et économiques mises en œuvre, introduction de la Commission de Bruxelles, de la Banque, de la Banque centrale européenne… et du F.M.I., programmes d’ajustement macro-économiques, lien entre M.E.S. et gouvernance économique (article 18).

Tout y était déjà, même si les traités sont bien plus durs que le texte de cette résolution adoptée par la droite, les socialistes et les écologistes, mais rejeté par le groupe de la Gauche unie européenne / gauche verte nordique auquel j’appartiens.

En voici des extraits :

Art. 3. souligne que le mécanisme européen de stabilité est un volet important d’un train de mesures destiné à définir un nouveau cadre afin de renforcer la discipline budgétaire et la coordination des politiques économiques et financières des Etats membres, qui doit notamment favoriser une réponse commune de l’Union européenne aux défis liés à la croissance, tout en venant à bout des déséquilibres économiques et sociaux et en renforçant la compétitivité ;

Art. 6. souligne que le mécanisme européen de stabilité et la stricte conditionnalité qui y est prévue engagent l’ensemble des Etats membres dont la monnaie est l’euro, même les petits Etats dont l’économie pourrait être perçue comme non « indispensable » aux fins de la protection de la zone euro dans son ensemble ;

Art. 7. met en garde contre l’intention d’instituer le mécanisme de stabilité permanent en dehors du cadre institutionnel de l’Union, en ce que cette approche menace l’intégrité du dispositif qui repose sur le traité ; estime que la Commission devrait, en la matière être habilitée à engager les actions appropriées pour atteindre, avec  l’accord des Etats membres concernés, les objectifs du mécanisme européen de stabilité ; insiste sur le fait que les Etats membres doivent en tout cas respecter le droit de l’Union et les prérogatives des institutions qui y sont consacrée ;

Art. 13. reconnaît les signaux positifs perçus dans les lettres des présidents du Conseil européen et de l’Eurogroupe ainsi que du commissaire en charge de la politique monétaire ; prend acte du fait que :

  • la conditionnalité des politiques instaurée dans le cadre d’une surveillance renforcée ou d’un programme d’ajustement macroéconomique sera définie par un règlement qui sera présenté par la Commission, conformément à l’article 136 du traité FUE, de manière à garantir la cohérence avec le cadre de surveillance multilatérale de l’Union ;
  • l’accès à l’assistance financière au titre du mécanisme européen de stabilité sera accordé sur la base d’une analyse rigoureuse du caractère soutenable de la dette publique réalisée par la Commission conjointement avec le FMI et en liaison avec la BCE ; sera imposée une conditionnalité stricte des politiques dans le cadre d’un programme  d’ajustement macroéconomique à l’échelle de la gravité des déséquilibres observés dans l’Etat membre concerné ;
  •  sur la base de l’évaluation des besoins financiers de l’Etat membre bénéficiaire, fournie par la Commission conjointement avec le FMI, en liaison avec la BCE, le Conseil des gouverneurs du mécanisme européen de stabilité chargera la Commission de négocier un programme d’ajustement macroéconomique avec l’Etat membre concerné, conjointement avec le FMI et en liaison avec la BCE ;
  • la Commission proposera au conseil une décision avalisant le programme macroéconomique et, une fois cette décision adoptée, signera le protocole d’accord au nom des Etats membres dont la monnaie est l’euro ;
  • la conditionnalité des politiques instaurées dans le cadre de la surveillance renforcée ou d’un programme d’ajustement macroéconomique devra être conforme au cadre de surveillance de l’Union et garantir le respect des procédures de l’Union ;
  •  l’assistance financière sera activée à la demande d’un Etat membre, à l’issue d’une évaluation menée par la Commission, en liaison avec la BCE, sur l’existence d’un risque pesant sur la stabilité financière de l’ensemble de la zone euro ;
  • la Commission, conjointement avec le FMI et en liaison avec la BCE, sera chargée de surveiller le respect de la conditionnalité des politiques et fera rapport au Conseil et au Conseil des gouverneurs ;
  • après un débat au sein du Conseil des gouverneurs,, la décision du Conseil portant sur la mise en œuvre d’une surveillance post-programme sera arrêtée sur la base d’une proposition présentée par la Commission ;
  • le Parlement sera régulièrement informé par le Conseil et la Commission sur l’établissement et les opérations du mécanisme européen de stabilité et sera dès lors en mesure d’examiner dûment ses activités ;
  • la Cour de justice de l’Union européenne sera compétente pour statuer sur tout différend, conformément à l’article 2273 du traité FUE ;

Art. 18. approuve l’intention de la Commission de « garantir la cohérence entre ce futur mécanisme et la gouvernance économique menée par l’Union notamment au sein de la zone euro, dans le respect des compétences octroyées par le traité à l’Union et à ses institutions » ;

Le texte complet est à votre disposition en cliquant ici.

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FEUILLE DE VOTES

Vote pour

ALDE:          Alfano, Alvaro, Aylward, Bearder, Bennahmias, Bilbao Barandica, Bowles, Buşoi, Chatzimarkakis, Creutzmann, Crowley, Davies, De Sarnez, Donskis, Duff, Ek, Gallagher, Godmanis, Goerens, Goulard, Griesbeck, Haglund, Hall, Harkin, Hirsch, Hyusmenova, Ilchev, Jäätteenmäki, Kazak, Kozlík, Lambsdorff, Ludford, Løkkegaard, Manders, Meissner, Michel, Mănescu, Newton Dunn, Neyts-Uyttebroeck, Nicolai, Ojuland, Oviir, Panayotov, Parvanova, Paulsen, Reimers, Ries, Rinaldi, Rochefort, Rohde, Savisaar-Toomast, Schmidt, Sterckx, Takkula, Thein, Theurer, Tremosa i Balcells, Vajgl, Vattimo, Verhofstadt, Vălean, Wallis, Wikström, de Magistris, in ‘t Veld, van Baalen

ECR:             Wojciechowski

EFD:             Imbrasas, Salavrakos

NI:                 Severin, Sosa Wagner, Werthmann

PPE:             Allam, Andrikienė, Angelilli, Antonescu, Arias Echeverría, Auconie, Audy, Ayuso, Bach, Bagó, Baldassarre, Bastos, Baudis, Bauer, Belet, Bendtsen, Bonsignore, Borys, Boulland, Brok, Busuttil, Băsescu, Březina, Cadec, Cancian, Carvalho, Casa, Casini, Caspary, Cavada, Coelho, Collino, Comi, Corazza Bildt, Danjean, Dantin, Daul, David, Dehaene, Delvaux, Deutsch, Deß, Dorfmann, Díaz de Mera García Consuegra, Ehler, Engel, Estaràs Ferragut, Feio, Ferber, Fernandes, Fidanza, Fisas Ayxela, Fjellner, Fraga Estévez, Franco, Gahler, Gallo, Gardini, Garriga Polledo, Gauzès, Giannakou, Glattfelder, Grosch, Grossetête, Grzyb, Gutiérrez-Cortines, Gyürk, Gál, Gáll-Pelcz, Herranz García, Hibner, Higgins, Hohlmeier, Hökmark, Iacolino, Ibrisagic, Iturgaiz Angulo, Itälä, Ivanova, Jahr, Jazłowiecka, Jeggle, Jiménez-Becerril Barrio, Jordan Cizelj, Juvin, Járóka, Jędrzejewska, Kaczmarek, Kalniete, Karas, Kariņš, Kasoulides, Kelam, Kelly, Klaß, Koch, Kolarska-Bobińska, Korhola, Koumoutsakos, Kovatchev, Kozłowski, Kratsa-Tsagaropoulou, Kuhn, Kukan, Kósa, Köstinger, La Via, Lamassoure, Landsbergis, Langen, Le Grip, Lechner, Lehne, Liese, Lisek, Lope Fontagné, Luhan, Lulling, López-Istúriz White, Mann, Marcinkiewicz, Marinescu, Mastella, Matera, Mathieu, Mato Adrover, Matula, Mauro, Mazzoni, McGuinness, Melo, Mikolášik, Millán Mon, Mitchell, Morin-Chartier, Morkūnaitė-Mikulėnienė, Motti, Muscardini, Méndez de Vigo, Mészáros, Nedelcheva, Neynsky, Niculescu, Niebler, Nitras, Oomen-Ruijten, Pack, Pallone, Papanikolaou, Papastamkos, Patrão Neves, Peterle, Pietikäinen, Ponga, Poupakis, Preda, Protasiewicz, Pöttering, Rangel, Ranner, Reul, Riquet, Rivellini, Roithová, Ronzulli, Rübig, Salafranca Sánchez-Neyra, Saryusz-Wolski, Saudargas, Schnellhardt, Schnieber-Jastram, Schwab, Schöpflin, Scurria, Seeber, Silvestris, Skrzydlewska, Skylakakis, Sommer, Stolojan, Stoyanov Emil, Striffler, Surján, Svensson Alf, Szájer, Sógor, Teixeira, Theocharous, Thun und Hohenstein, Thyssen, Trzaskowski, Tsoukalas, Tőkés, Ulmer, Ungureanu, Urutchev, Verheyen, Vidal-Quadras, Vlasto, Voss, Wałęsa, Weber Manfred, Wieland, Winkler Iuliu, Wortmann-Kool, Zalewski, Zanicchi, Zasada, Zver, Zwiefka, Záborská, de Grandes Pascual, del Castillo Vera, van Nistelrooij, van de Camp, Áder, Łukacijewska, Őry, Šťastný

S&D:            Alves, Arif, Arlacchi, Arsenis, Attard-Montalto, Ayala Sender, Badia i Cutchet, Balzani, Balčytis, Berès, Blinkevičiūtė, Boştinaru, Brzobohatá, Bullmann, Capoulas Santos, Caronna, Cashman, Cercas, Childers, Christensen, Cofferati, Correia De Campos, Costa, Cozzolino, Creţu, Crocetta, Cutaş, Daerden, Danellis, De Angelis, De Castro, De Keyser, De Rossa, Domenici, Dăncilă, El Khadraoui, Enciu, Ertug, Estrela, Fajon, Falbr, Ferreira Elisa, Flašíková Beňová, Fleckenstein, Färm, García Pérez, Gardiazábal Rubial, Gebhardt, Geier, Geringer de Oedenberg, Gierek, Glante, Goebbels, Grelier, Groote, Gualtieri, Guerrero Salom, Guillaume, Gurmai, Gutiérrez Prieto, Göncz, Haug, Hedh, Herczog, Hoang Ngoc, Honeyball, Howitt, Hughes, Iotova, Irigoyen Pérez, Ivan, Jaakonsaari, Jørgensen, Kadenbach, Kalfin, Kirilov, Koppa, Krehl, Kreissl-Dörfler, Lambrinidis, Lange, Leichtfried, Leinen, Liberadzki, Ludvigsson, López Aguilar, Martin David, Martínez Martínez, Masip Hidalgo, Mavronikolas, Maňka, McAvan, Menéndez del Valle, Merkies, Milana, Mirsky, Moraes, Moreira, Muñiz De Urquiza, Neuser, Neveďalová, Obiols, Padar, Paleckis, Paliadeli, Panzeri, Papadopoulou, Pargneaux, Peillon, Perello Rodriguez, Pirillo, Pittella, Plumb, Poc, Podimata, Prodi, Rapkay, Rapti, Regner, Repo, Riera Madurell, Rodust, Romero López, Roth-Behrendt, Rouček, Sassoli, Schaldemose, Schulz Martin, Scicluna, Sehnalová, Senyszyn, Serracchiani, Simon, Simpson, Sippel, Skinner, Smolková, Stavrakakis, Steinruck, Susta, Sánchez Presedo, Sârbu, Tabajdi, Tarabella, Thomsen, Toia, Trautmann, Tănăsescu, Ulvskog, Van Brempt, Vaughan, Vergnaud, Vigenin, Weber, Weiler, Westlund, Westphal, Willmott, Yáñez-Barnuevo García, Zemke

Verts/ALE:  Albrecht, Alfonsi, Auken, Benarab-Attou, Besset, Brantner, Brepoels, Bélier, Bütikofer, Canfin, Cohn-Bendit, Cornelissen, Cramer, Delli, Durant, Eickhout, Engström, Flautre, Giegold, Grèze, Harms, Hassi, Hautala, Häfner, Jadot, Junqueras Vies, Keller, Kiil-Nielsen, Lamberts, Lichtenberger, Lochbihler, Lunacek, Rivasi, Romeva i Rueda, Rühle, Sargentini, Schroedter, Staes, Tarand, Tremopoulos, Trüpel, Turmes, Turunen

Vote contre

ECR:             Ashworth, Atkins, Bokros, Bradbourn, Callanan, Chichester, Deva, Fajmon, Ford, Foster, Fox, Girling, Gróbarczyk, Hannan, Harbour, Helmer, Karim, Kirkhope, Kožušník, McClarkin, Migalski, Nicholson, Piotrowski, Stevenson, Strejček, Sturdy, Szymański, Tannock, Tomaševski, Tošenovský, Van Orden, Vlasák, Zahradil, Zīle, van Dalen

EFD:             Agnew, Andreasen, Bizzotto, Bloom, Borghezio, Bufton, Campbell Bannerman, Clark, Colman, Fontana , Messerschmidt, Paška, Provera, Rossi, Scottà, Soini, Speroni

GUE/NGL:    Angourakis, Bisky, Chountis, Ernst, Ferreira João, Figueiredo, Hadjigeorgiou, Händel, Hénin, Klute, Le Hyaric, Liotard, Matias, Meyer, Mélenchon, Portas, Remek, Rubiks, Scholz, Svensson Eva-Britt, Søndergaard, Tavares, Toussas, Triantaphyllides, Vergiat, Wils, Zimmer, de Brún, de Jong

NI:                 Binev, Brons, Claeys, Dodds, Ehrenhauser, Gollnisch, Griffin, Hartong, Kovács, Madlener, Martin Hans-Peter, Morvai, Obermayr, Stassen, Stoyanov Dimitar, van der Stoep

PPE:             Essayah

Verts/ALE:  Lövin, Schlyter

Abstention

ECR:             Eppink, Rosbach

EFD:             Belder, Paksas

NI:                 Szegedi

Verts/ALE:  Hudghton, Lambert, Smith, Taylor

N’ont pas participé au vote

Bové (EELV), Briard-Auconie (NC), Castex (PS), Cochet (EELV), Dati (UMP), Desir (PS), Joly (EELV), le Brun (UMP), le Foll (PS), le Grip (UMP), le Pen (FN), le Pen (FN), Lepage (CAP 21), Hoarau (PCR), Roatta (UMP), Saïfi (UMP), Sanchez-Schmid (UMP), Tirolien (PS), de Veyrac (UMP), de Villiers (MPF).

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Pour un débat clarificateur 4

Cette campagne électorale préparatoire aux élections présidentielle et législatives devrait être l’occasion d’un débat politique de haute tenue et de haut niveau. C’est la situation gravissime du pays, de l’Europe et de la planète qui l’impose. Derrière l’écorce de l’actuelle crise du capitalisme financier mondialisé, surgit une véritable crise de civilisation. Peut-être que, pour la première fois depuis très, très longtemps, un processus de régression, porteur de dé-civilisation est à l’œuvre. Cela fait se poser à chacune et chacun de grandes questions fondamentales. Les forces politiques, les candidats devraient se saisir de l’occasion pour de vrais débats d’options et de sens, en y associant le maximum de citoyennes et de citoyens. Ce n’est pas ce qui se passe ! Ici, un ministre en est à demander le retour de l’uniforme à l’école. Là, un autre vient de mettre à jour une autre trouvaille : supprimer le mot « mademoiselle » sur les documents administratifs. Ailleurs, l’avenir de nos écosystèmes se réduit à un marchandage électoral, à l’abri de la première concernée, la population. C’est pitoyable ! Et tout ceci explique que seulement 13% de nos concitoyens font confiance aux partis politiques, alors que l’intérêt pour la politique augmente, passant de 55 % en décembre 2009 à 60 % aujourd’hui.

Cet intérêt se manifeste dans le mouvement mondial des indignés qui rejette le système, comme il se reflète dans le mouvement de recherche d’émancipation dans les pays arabes, comme il s’est révélé dans le puissant mouvement contre la réforme des retraites ou encore à l’occasion des élections cantonales et sénatoriales.

Dans chacun de ces moments, deux constantes dominent : l’aspiration à l’unité et la recherche de solutions neuves pour changer et en sortir. Conscient du puissant rejet d’un système où l’argent domine tout contre les êtres humains, le Président de la République s’acharne à faire dériver le débat, précisément pour tenter de mettre l’organisation capitaliste de la société hors d’atteinte de l’intervention citoyenne, quitte à faire glisser la dispute politique dans les marécages du populisme et de la dénonciation calomnieuse. Ainsi, il accusait la semaine dernière des assurés sociaux d’être des « voleurs » et des « fraudeurs », sans jamais dire un mot des dettes des grandes entreprises aux caisses de la sécurité sociale et en cachant que les énormes revenus financiers ne versent rien aux caisses de protection sociale.

Au même moment, le Premier ministre mettait en doute la réalité des arrêts maladie des travailleurs pour ajouter un jour de carence. Ainsi, avec le couple Sarkozy-Fillon, les spéculateurs peuvent spéculer, les riches s’enrichir, les grands actionnaires toucher leurs confortables dividendes. C’est le peuple qui va trimer, ici comme dans toute l’Europe.

Derrière ceci se cache le projet de détruire le système de sécurité sociale, issu du Conseil National de la Résistance, pour alimenter les rapaces de la finance en offrant la protection sociale aux assurances privées. Au-delà, c’est la tentative de rabaisser le rôle de l’Etat, au moment même où son affaissement donne carte blanche aux marchés financiers. Ainsi, le pouvoir de droite tente de diviser, de dresser ceux qui n’ont rien contre ceux qui n’ont pas grand-chose pour préserver le grand capital. Il crée et créera toujours plus un contexte abrasif, explosif, si la gauche ne se porte pas à la hauteur des enjeux en cours. Elle doit le faire en osmose avec toutes celles et ceux -et ils sont majoritaires- qui aspirent et recherchent autre chose. Malheureusement, la semaine dernière, entre petites phrases portées par le complexe médiatico-politique et échanges de circonscriptions contre des réacteurs nucléaires, elle en est loin. A ainsi continuer, elle donne de la vigueur à une « droite par défaut » et laisse les chômeurs, les ouvriers, les retraités, la jeunesse, les habitants des quartiers populaires, les paysans, les enseignants, les chercheurs, bref le peuple, dans l’absence d’alternative. On ne peut qu’être inquiet de tels développements s’ils devaient se poursuivre car, dans une telle crise, ils ouvriraient la voie à la progression de l’extrême-droite présentée comme force d’opposition.

Par ricochet, une telle menace favoriserait le vote utile et affaiblirait la gauche de transformation sociale essentiellement portée par le Front de Gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci a fait depuis un moment une offre de débat à gauche. Ce débat est indispensable, nécessaire. Une victoire de la gauche se traduisant par une austérité de gauche remplaçant une purge de droite, serait dramatique. On voit ce que cela a donné en Espagne. Ce débat nécessaire n’a pas pour objectif d’embêter  le candidat socialiste. Il vise au contraire à créer les conditions d’une large victoire de la gauche parce que mieux porteuse des attentes populaires et des exigences qu’expriment les organisations syndicales et le monde associatif dans leur diversité. C’est le seul moyen pour une gauche authentique d’être, dans son pluralisme, plus unie, plus forte face à la droite, l’extrême-droite, le grand patronat, l’Europe ultralibérale et les marchés financiers. En associant les citoyens aux contenus de cette victoire et aussi aux moyens à mettre en œuvre à son lendemain, le nouveau pouvoir se doterait des capacités de faire plier tous ceux qui en France et ailleurs voudraient lui mettre des bâtons dans les roues pour l’empêcher de promouvoir les intérêts du plus grand nombre. Il n’y a pas de solution durable aux graves et douloureux problèmes auxquels sont confrontés nos concitoyens, sans volonté de désarmer les marchés financiers et sans reprendre les leviers du crédit ; sans redistribution des richesses, donc sans changement de la fiscalité et de la rémunération du travail ; sans une politique ambitieuse de développement industriel et agricole, dans le cadre d’une croissance qualitativement et écologiquement nouvelle ; sans donner des pouvoirs nouveaux aux salariés à l’entreprise ; sans le retour de grands services publics, démocratisés et modernisés.

Changer implique forcément un autre mode de discussions et peut-être des affrontements au sein de l’Union européenne pour une renégociation du traité de Lisbonne en faisant appel aux peuples européens.

Le cœur d’actes de gauche à ce niveau devra porter sur le changement des missions et des orientations de la Banque centrale européenne, sans quoi il ne se passera pas grand-chose de positif pour les familles populaires. L’enjeu fondamental n’est pas de « donner un sens à la rigueur » comme le dit F. Hollande, ni d’en rabaisser sur le niveau des solutions nécessaires à gauche. Au contraire ! C’est à partir d’un haut niveau de solutions qu’on empêchera l’austérité, la récession  qu’elle alimente et qu’on sortira de la crise actuelle.

Les enjeux de reconstruction, de sortie de crise sont si importants qu’ils s’inscrivent désormais dans un nouveau projet de civilisation et qu’ils ne peuvent être traités en vase clos, dans un tête-à-tête entre responsables de partis, ni être réduits, comme le font les grands médias, à de petites phrases tournant en boucle. Ils doivent être discutés publiquement, pour rendre les citoyennes et citoyens, les acteurs sociaux, syndicaux, associatifs, maîtres du processus de changement de bout en bout.

Les enjeux du droit à l’énergie, à l’éducation, à la santé, au travail et à la culture, à l’alimentation, au logement, au transport, à la protection sociale, à un environnement de qualité, ne peuvent se traiter dans des tractations électoralistes, mais au grand jour, à partir de l’intérêt des travailleurs, des créateurs, des scientifiques, de celles et ceux qui sont privés d’emploi.

C’est le sens des assemblées citoyennes que propose le Front de Gauche pour battre la droite sarkozyste et ancrer, dans l’unité la plus large, la gauche dans la réponse aux préoccupations populaires contre la loi de l’argent.

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Des primaires… au mouvement mondial des indignés 5

Que, deux dimanches consécutifs, près de trois millions de personnes se soient déplacées pour désigner le candidat du Parti socialiste, constitue en soi un événement politique marquant. Il témoigne d’une puissante aspiration démocratique, d’une volonté de participer à des choix, sur la base d’une exigence forte de changement. Nombre de celles et ceux qui auront voté lors de ces primaires ont souvent voulu désigner celui qui sera le plus apte à battre l’actuel locataire de Élysée.

C’est ce puissant rejet du sarkozysme -que nous partageons- qui s’est manifesté avec éclat. Mais pas seulement ! Quand des millions de téléspectateurs assistent à des débats télévisés au cours desquels on discute de leur vie réelle et de propositions  pour apporter des solutions à leurs difficultés, ils expriment leur  soif de comprendre, de rechercher des issues positives pour eux-mêmes, leurs proches, nos concitoyens et au delà, pour la France, l’Europe, le monde et le devenir de la planète. Ils font de la politique ! Pas celle qui se limiterait à échanger des qualificatifs, du « dur » au « mou » ou au « fort »,  qui font les délices de la droite et de l’extrême-droite. Non, celle d’une gauche qui se place résolument du côté du peuple pour transformer les réalités afin d’améliorer la vie de chacune et de chacun. D’une gauche qui doit comprendre qu’elle ne réussira pas si, face à la puissance de la finance, elle n’est pas capable de s’appuyer en permanence sur la force de  l’intervention des citoyennes et des citoyens eux-mêmes. De ce point de vue, la forte participation à la consultation des primaires ne vaut pas acceptation du présidentialisme bonapartiste. C’est tout le contraire ! Il y a plutôt une envie de subvertir le présidentialisme pour le placer sous contrôle citoyen avec l’aspiration à une puissante régénération de la démocratie de participation, d’intervention, de représentation et de la démocratie sociale, tant les salariés et les privés d’emploi en ont assez du talon de fer de la loi des financiers et des banquiers  qui broie leur vie pour alimenter en dividendes la minorité des possédants.

Une étape nouvelle de la campagne électorale commence désormais. La droite est empêtrée dans une multitude de contradictions internes et fait l’objet d’un puissant rejet. L’extrême-droite compte en profiter.

Le candidat socialiste va maintenant déployer sa campagne. Mais la campagne des primaires a déjà montré, au fur et à mesure de son déroulement, qu’il a dû infléchir un certain nombre de ses propos et propositions en fonction des attentes du peuple de gauche.

Voilà qui ouvre un extraordinaire champ de travail, de débats, d’actions pour le Front de Gauche, son candidat à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et ses candidats aux élections législatives. Nombre de leurs idées sont majoritaires dans le pays. Reste à trouver leur traduction électorale au service de la victoire et de la réussite de toute la gauche et de l’écologie politique grâce à un rassemblement qui élargisse le plus possible sur sa gauche. L’engagement militant nécessaire doit être mis en perspective avec les puissantes mobilisations pour les retraites,  le refus du mépris envers les salariés,  les succès de la gauche socialiste, du Front de gauche et d’Europe écologie aux élections cantonales et régionales. Le  basculement historique du Sénat participe d’un mouvement plus large avec la mobilisation dite des « indignés » qui s’étend partout dans le monde, dans le prolongement d’autres basculements en Tunisie, en Égypte et des aspirations à la démocratie, à la justice qui se font entendre dans d’autres pays arabes. C’est dire le niveau des aspirations populaires et du même coup des ruptures à opérer pour un changement véritable, durable, progressiste, transformateur qui améliore la vie de chaque être humain et son environnement.

Il ne s’agit pas d’un rêve insensé puisque, simultanément  avec la mobilisation autour de la primaire, naissait un  mouvement mondial d’actions et de manifestations dans plus de neuf cent villes, sur les cinq continents, contre les responsables de la crise capitaliste qui chaque jour fait des millions de victimes.

Ce mouvement protéiforme rejette la marchandisation généralisée, au service de quelques oligarques et appelle un monde de partage, d’égalité avec la priorité à la formation, à la connaissance, à la culture, à la démocratie, au travail pour toutes et tous, une autre utilisation des ressources au service de toutes et tous, leur reproduction et leur préservation, un revenu minimum pour que chacune et chacun puisse vivre et la défense des biens publics par la promotion des services publics. Autant de demandes familières aux lecteurs  de l’Humanité Dimanche. Autant d’aspirations que portent les composantes et les personnalités du Front de gauche.

C’est à ce niveau qu’il faudra se hisser pour réinventer un projet civilisationnel dont les débats des primaires sont loin d’avoir fait le tour. N’est-ce pas l’ambition qu’un candidat de la gauche transformatrice devra porter avec audace pour redonner confiance à des centaines de milliers de citoyens dont l’espérance s’est trop souvent fracassée sur les échecs du passé ? Ambition concrète et réaliste. N’a-t-on pas vu,  en mars dernier, dans une réunion au Brésil, les banquiers centraux des pays émergents élaborer  une stratégie de sortie de crise, en demandant une autre orientation du Fonds monétaire international et la création d’une quasi monnaie commune mondiale contre la spéculation dévastatrice ?

Ils ont avancé les bases, qui ne sont rien de moins que la refondation de l’ordre économique mondial. Les dirigeants européens et le Président de la République, comme les préparatifs du G 20, sont bien loin de ces orientations puisque leur seul souci est d’avancer encore de l’argent aux banques à l’occasion du prochain sommet européen cette fin de semaine. Ne voit-on pas aussi que les traités de Maastricht et de Lisbonne, hier inamendables, selon leurs déclarations et certitudes, doivent être changés sur le champ, mais … évidemment pour spolier encore plus les peuples !

L’affrontement entre les puissances financières internationales et les peuples s’aiguise sérieusement. Des forces nouvelles vont s’agglomérer pour une autre voie que le capitalisme.

Cela confère une énorme responsabilité à toute la gauche et à l’écologie politique qui doivent rechercher sans cesse, dans l’unité, sans faillir, sans se compromettre, des voies nouvelles pour l’émancipation humaine. Tel est l’enjeu. Tel est le niveau des questions posées. Pour trouver les réponses inédites, le Front de gauche peut apporter une contribution de valeur s’il se déploie maintenant hardiment au cœur de toute la gauche, au cœur même du peuple, avec son candidat Jean-Luc Mélenchon. Le chantier du changement est en construction. A nous d’en être !

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