COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPÉEN (16-19 janvier 2012) 1

--Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg-- © Commission européenne

Le Parlement européen s’est réuni du 16 au 19 janvier 2012 à Strasbourg. Voici les principaux éléments discutés et votés lors de cette session.

Le Parlement européen change de Président

Un curieux accord lie les deux principaux groupes politiques du Parlement européen. Le Parti Populaire Européen (PPE) de droite et les socialistes européens du groupe Socialistes & Démocrates (S&D) se partagent la présidence pour la durée de la législature. Le Président sortant, M. Jerzy Buzek était issu des rangs du PPE, c’est donc le socialiste Martin Schulz qui a été élu ce mardi 17 janvier par 387 voix. C’est une majorité plus faible de celle de son prédécesseur qui avait obtenu 555 voix lors de son élection en juillet 2009.

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COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPÉEN (12-15 décembre 2011) 1

Le Parlement s’est réuni du 12 au 15 décembre à Strasbourg. Voici les principaux éléments discutés et votés lors de cette session.

Conseil européen de Bruxelles

Mardi 13 décembre nous avons débattu des résultats du Conseil européen des 7 et 8 décembre. Ce Conseil européen a validé un resserrement drastique de la discipline budgétaire qui sera mis en place par un pacte d’austérité pour les peuples.

Herman Van Rompuy, le président du Conseil, et José Manuel Barroso, le président de la Commission, sont tous deux venus présenter les conclusions de ce 16ème sommet depuis la crise de l’Euro.

Les mesures adoptées au Conseil européen :

➨ Une règle budgétaire est fixée pour encadrer le « déficit structurel » à 0,5 % des richesses produites. Pour obtenir le déficit structurel, on retranche au déficit d’un Etat la charge de la dette et les effets de cycle (croissance ou récession). En l’occurrence, la différence ne devra pas dépasser les 0,5%.

Le Conseil propose de faire inscrire ces critères dans les constitutions nationales, avec un mécanisme de réduction automatique des dépenses. La Cour de justice européenne sera chargée de vérifier la bonne application de ces règles.

Avec un tel mécanisme adossé à des mesures automatiques pour réduire les dépenses, toute politique d’investissement ambitieuse est impensable.

➨ Le Pacte de stabilité, avec ses fameuses limites de 3% de déficit et 60% de dette publique par rapport aux richesses produites, est renforcé. En septembre Parlement et Conseil étaient arrivés à un accord donnant la possibilité aux Etats de bloquer les sanctions en cas de dépassement de ces seuils. Trois mois plus tard, les chefs d’Etat européens sont revenus sur cet accord pour donner à la Commission un plus grand pouvoir de sanctions auquel les Etats pourront difficilement s’opposer.

La Commission doit bientôt se prononcer sur cinq Etats en difficulté qu’elle pourrait sanctionner par des amendes allant jusqu’à 0,5% de leur richesse, dont la Belgique, Malte, Chypre, la Pologne et la Hongrie.

➨ Le semestre européen, qui permet d’ausculter les budgets au niveau européen avant qu’ils ne soient votés, sera prolongé et la Commission pourra intervenir dans le processus menant à l’adoption du budget par les Parlements nationaux. Les Etats en difficulté seront obligés de négocier un « programme de partenariat économique » avec la Commission et le Conseil qui fixera les orientations de leur politique économique et dont l’application sera « surveillée ».

➨ Il n’est toujours pas demandé à la Banque centrale européenne d’intervenir significativement pour racheter les dettes des Etats et l’Allemagne refuse l’augmentation des capacités financières du fonds de stabilité (500 milliards d’euros).

Preuve de l’échec du précédent sommet d’octobre, les chefs de gouvernement reviennent sur l’un de ses points principaux consistant à faire participer les investisseurs privés à la restructuration de la dette grecque, ce qui impliquait des pertes pour les investisseurs, chose à laquelle se refuse le Fonds monétaire international. Ce nouveau sommet revient sur les standards du FMI en protégeant à tout prix les investisseurs, aux dépens des Etats qui supportent la dette.

Le débat :

MM. Barroso et Van Rompuy se sont tous deux félicités des résultats de ce sommet. A ceux qui pensent que la Banque centrale n’en fait passez, H. Van Rompuy a rappelé que celle-ci n’est pas un instrument de solidarité, mais de stabilité, mettant la responsabilité de la crise sur le « fait que les Etats membres ont attendu trop de longtemps pour agir ».

Pour sa part J.M. Barroso, fidèle à son habitude, a énuméré les actions en cours et les propositions législatives à venir, plaçant de temps en temps le mot « solidarité » et présentant la proposition d’Eurobonds comme la panacée. Il a appelé à « aller plus loin » dans l’architecture qui se met en place, regrettant le véto anglais qui oblige un pacte intergouvernemental plutôt qu’un traité qui aurait accru le pouvoir de la Commission.

Finalement seuls les députés issus de la droite européenne se sont montrés satisfaits. Socialistes et Verts ont dénoncé cette marche à l’austérité sans un mot sur la croissance et les emplois, et même le chef des libéraux, Guy Verhofstadt s’est montré très critique : « Il faut avoir l’honnêteté d’admettre que nous ne maîtrisons rien et que la fin de la crise n’est pas à l’horizon », précisant « la discipline sans la solidarité ce n’est pas vraiment l’Union ».

Lothar Bisky, Président de notre groupe de la Gauche Unitaire Européenne / Gauche Verte Nordique, a montré le même pessimisme : « Il ne fait aucun doute que le Conseil européen n’a pas réussi à apporter des solutions pour résoudre la crise financière mondiale [...] La taxe sur les transactions financières doit désormais être implémentée au plus vite. Les nouveaux produits financiers les plus dangereux doivent tout simplement être interdits. [...] La politique des 15 dernières années nous a menés à la crise et doit par conséquent être stoppée et inversée. Le meilleur exemple de ce manque de confiance et de ce déni démocratie est la mise en place de gouvernements de technocrates. Il est ironique de constater que les banquiers responsables de la crise sont aujourd’hui aux commandes – choisir des voleurs pour attraper les voleurs. La seule question restante est de savoir combien de temps la patience et l’endurance des citoyens va subsister.

L’élimination du Parlement européen de la mise en place d’une union fiscale et le fait que les représentants élus des peuples vont à peine pouvoir observer le processus de rédaction de l’accord est une disgrâce. C’est une autre pierre à l’édifice de la frustration et un désenchantement grandissant dans les politiques ».

Aide au plus démunis, le Conseil fait un chantage honteux au Parlement

Lundi 12 décembre nous avons débattu en Commission agriculture de la proposition de compromis des chefs de gouvernement européens pour le futur de l’aide alimentaire européenne.

Le Programme d’aide aux plus démunis créé en 1987 bénéficie à plus de 18 millions de personnes dans 21 Etats membres via 240 banques alimentaires européennes qui dépendent de cette aide. A la suite d’une plainte déposée par l’Allemagne – soutenue par le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark, les Pays-Bas et la République Tchèque – la Cour de justice européenne a décidé en avril que la base juridique de cette aide était illégale. Il aurait donc fallu adosser cette aide non plus à la politique agricole commune mais à la politique de cohésion. Cependant la Commission proposait au passage de ramener son budget de 500 à 113 millions d’euros. Avec la forte mobilisation des organisations caritatives en France et en Europe, le débat a été porté sur la place publique, mettant les chefs d’Etat dans l’embarras.

Le compromis (élaboré entre A. Merkel et N. Sarkozy) proposé à la Commission agriculture n’est en fait rien de plus qu’un chantage aux subventions : l’aide alimentaire est maintenue pour 2012 et 2013 mais supprimée ensuite. Sachant que les organisations caritatives ont besoin que le Parlement européen débloque le plus rapidement possible les fonds, le Conseil a joué sur l’urgence. En faisant planer la menace que tout amendement au « compromis » ferait tomber la proposition, il a forcé la main au Parlement européen qui s’est prononcé pour le maintien de l’aide.

Tous les députés présents à cette réunion comme aux réunions de négociations se sont insurgés contre ce chantage, regrettant l’attitude détestable des gouvernements qui bloquent le maintien de l’aide. C’est donc à contrecœur que nous avons adopté le compromis proposé pour assurer aux banques alimentaires les financements dont elles ont besoin. Les fonds seront assurés jusqu’à 2014, mais il nous faudra continuer à agir avec les organisations caritatives pour un programme d’aide alimentaire européen ambitieux après 2014, et en aucun cas laisser ce compromis franco-allemand mettre fin à ce programme qui représente tant pour les européens les plus démunis.

Permis unique, une directive Bolkestein pour les travailleurs non-européens

Mardi 13 décembre la Parlement a adopté le rapport sur le Permis unique dont j’ai suivi les travaux pour notre groupe.

Ce permis unique crée un ensemble de droits communs pour les travailleurs venant de pays hors Union européenne en matière de salaires, de conditions de travail, de droit du travail, de reconnaissance des qualifications et d’accès aux services publics. Il permet également de réduire les formalités avec une procédure unique pour la demande de permis de travail et de résidence, le guichet délivre une réponse dans les quatre mois.

C’est là un progrès malheureusement miné par de nombreuses exceptions : certains droits comme l’accès à la protection sociale et au logement social peuvent être limités par les Etats et surtout le texte ne s’applique pas à tous les travailleurs de l’étranger. Il se limite en effet à ceux qui restent au delà de six mois. De nouveaux textes sont en préparation pour ceux qui restent moins longtemps : travailleurs saisonniers ou détachés par une entreprise. Ces nouveaux textes sont autant de possibilités de créer des catégories différentes de travailleurs avec des droits non homogènes avec lesquelles certaines entreprises n’hésiteront pas à jouer.

On verrait alors se mettre en place une mise en concurrence à l’image de celle de la directive Bolkestein, entre travailleurs locaux, ceux bénéficiant du permis unique et les saisonniers et détachés. Une proposition contraire à l’égalité totale de traitement que nous demandons pour tous les travailleurs quelle que soit leur origine. Les arguments que nous défendions avaient prévalu il y a un an lorsque le texte a été rejeté une première fois. Mais à peine ce rejet enregistré le texte revenait en discussion en commission pour finalement arriver au même résultat.

Pour Cornelia Ersnt (GUE/NGL), « La procédure de demande unique pour les permis de résidence et de travail lie de façon inacceptable le permis de résidence à l’emploi et ne permettra pas aux résidents de pays tiers de jouir des mêmes droits que les citoyens européens.

Le travail sur cette nouvelle disposition s’annonçait prometteur au début mais se termine lamentablement. Ce n’est en aucun cas le passage vers une simplification des procédures pour des citoyens de pays tiers désirant travailler dans une Europe ouverte.

La marge est inacceptable – la réglementation sera valide seulement pour l’État membre d’émission et non pour l’Union européenne dans son ensemble. De plus, la réglementation ne s’applique pas aux membres de la famille de citoyens européens s’ils ont la nationalité d’un pays tiers, ni aux travailleurs saisonniers, ni aux travailleurs détachés, ni aux personnes qui sont sous la protection internationale ou temporaire. Par conséquent, différentes castes de citoyens de pays tiers avec des droits différents vont émerger ».

Déclaration des droits européens, un progrès pour le droit des suspects en Europe

Le Parlement a adopté mardi 13 décembre par 663 voix pour, 24 contre et 17 abstentions une directive créant un ensemble de droits pour les suspects lors de leur arrestation.

La proposition originale visait à créer un texte simple et compréhensible informant toute personne arrêtée de ses droits à bénéficier d’une traduction, à connaître les charges retenues ainsi que d’avoir un avocat. Elle a été complétée par les députés qui y ont ajouté le droit de garder le silence, de contacter sa famille, et de bénéficier des soins médicaux urgents. Notre groupe a soutenu ce texte.

Accords de pêche Union européenne-Maroc, le plaidoyer de la Commission n’aura pas suffi

Jeudi 15 décembre les députés européens ont rejeté la demande de la Commission de prolonger un accord de pêche avec le Maroc.

Cet accord permettait aux navires européens de venir pêcher dans les eaux marocaines mais également le long des côtes du Sahara occidental occupé par le Maroc et dont la souveraineté n’a jamais été reconnue par l’ONU. Cet accord ne respectait donc pas le droit international et méprisait le droit des Sahraouis à pouvoir bénéficier et à être consultés sur l’utilisation de leurs ressources.

La Commissaire à la pêche Maria Damanaki a bien essayé de rassurer les députés, mais ses explications selon lesquelles l’accord serait revu pour « respecter pleinement le droit international » et pour que les « populations concernées tirent des avantages économique de cet accord » n’ont pas suffi à convaincre. Les députés ont donc refusé d’accorder un chèque en blanc à la Commission sans garanties sur ces points. Par 296 voix pour, 326 contre et 58 abstentions ils n’ont pas soutenu la prolongation de l’accord, mais ont demandé à la Commission dans une autre résolution d’en négocier un nouveau évitant la surexploitation de la ressource et bénéficiant également aux populations locales, en particulier au peuple sahraoui.

Pour Joao Ferreira (GUE/NGL) cet accord « révèle les propres inconsistances et contradictions de la commission », ajoutant : “Cet accord est illégal au regard de la loi internationale. Il implique l’exploitation de ressources naturelles dans le Sahara de l’Ouest sur lequel le Maroc n’a pas la souveraineté.

En incluant les eaux du Sahara de l’Ouest, cet accord viole les lois internationales et toutes les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies à ce sujet, tout particulièrement la résolution de 2009 sur les intérêts des peuples des territoires non-autonomes. Les accords de pêche avec des pays tiers doivent résulter de l’expression libre de la volonté souveraine des pays et des peuples concernés et ne doit pas servir de couverture au pillage des ressources naturelles comme c’est le cas ici ».

Fonds d’ajustement à la mondialisation

Jeudi 15 décembre, le Parlement a débattu de la décision des gouvernements européens de rendre les aides du fonds d’ajustement à la mondialisation plus difficiles à obtenir.

Ce fonds bénéficie d’une enveloppe d’un demi-milliard d’euro par an. Chaque session parlementaire nous votons des crédits de ce fonds pour des travailleurs qui ont perdu leur emploi du fait de délocalisation ou de suppressions massives dans des secteurs touchés par la crise. Ces aides permettent de financer des indemnités supplémentaires ou des formations.

Avec le début de la crise, le taux de co-financement européen (le reste étant à la charge de l’Etat ou des autorités locales) avait été porté de 50 à 65 % et de mesures avaient été prises pour rendre ce fonds plus accessible et plus rapidement. Il avait été proposé de prolonger ce régime exceptionnel jusqu’au 31 décembre 2013, mais ce projet a été rejeté par sept Etat membres sur vingt-sept. En conséquence les Etats ou régions devront financer les 50% restant au lieu de 35% ; ce qui est énorme en période d’austérité budgétaire et pénalise encore davantage les Etats déjà en difficulté.

Ilda Figueiredo (GUE-NGL) a exprimé son indignation face au refus du Conseil de prolonger la dérogation, estimant qu’il est nécessaire de relancer ce fonds pour aider les pays qui font face aux plus grandes difficultés financières et sociales : « Le cofinancement de 35% requis par les États membres pour soumettre des projets a déjà rendu la situation plus difficile pour ces pays. Si nous décidons désormais que le financement ne sera accordé qu’aux cas extrêmes et limités de relocalisation de multinationales, alors la plupart des cas à venir seront exclus. Cela démontre simplement un manque de solidarité de l’Union européenne ».

Le même jour, le Parlement européen décidait un financement exceptionnel pour l’entreprise Renault

La demande de Renault portait sur le financement européen d’une partie des indemnités de départ et de formation que l’entreprise a versé en 2009 à 3 582 des ses anciens salariés licenciés sur plusieurs sites industriels (Guyancourt Aubevoie, Sandouville, Douai, Maubeuge et Rouen). Dans le cadre du « Plan Renault Volontariat », l’entreprise proposait également à ses employés des départs anticipés à la retraite, en faisant abstraction de la réforme qui allait venir. Avec cette réforme, plus d’une centaine de salariés du site de Sandouville ont perdu leur retraite à taux plein.

Les élus progressistes du Parlement européen avaient décidé qu’une partie des fonds accordés (7 millions d’euros sur 24) serait suspendue tant que la situation de ces travailleurs ne serait pas clarifiée par Renault. Faisant abstraction de la décision des députés, le service juridique du Parlement a refusé l’amendement validé en Commission Emploi et cherché à imposer le plein versement de l’aide, sans conditions.

Refusant de se faire forcer la main, les élus des groupes progressistes ont voté contre le versement de cette aide. Les salariés licenciés n’étaient pas pénalisés par ce blocage, ayant déjà perçu leurs indemnités, tandis que l’entreprise Renault était contrainte d’avancer sur le dossier de leurs droits de retraite. Suite aux pressions, le texte a finalement été adopté par 448 voix pour, 87 contre et 90 abstentions, les députés de notre groupe et les Verts faisant ainsi savoir leur mécontentement.

Voici l’intervention de Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL) :

« Renault est un cas d’école, l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. […] Renault est une entreprise saine économiquement. Elle dégage chaque année plusieurs milliards de bénéfices, trois milliards pour la seule année 2009. […]. Chaque année, depuis plusieurs années, ce sont des milliers de salariés qui sont licenciés pour le seul bénéfice des actionnaires […]

J’espère vivement que les discussions actuelles sur le Fonds permettront d’en revoir profondément le fonctionnement pour éviter d’accompagner les pires pratiques des grandes entreprises vis-à-vis de leurs travailleurs, traités en l’espèce comme de simples variables d’ajustement. Nous savons qu’en France, les plans d’accompagnement social laissent pour le moins à désirer et que l’objectif d’insertion sociale n’est pas au rendez-vous, tout particulièrement en ce qui concerne Renault ».

Prix Sakharov : cinq figures du printemps arabes récompensées

Mercredi 14 décembre, le Parlement européen a officiellement décerné le prix Sakharov pour la liberté d’expression à cinq figures du printemps arabe : Asmaa Mahfouz, l’une des fondatrices du Mouvement des jeunes du 6 avril de la place Tahrir ; Ahmed al-Sanusi Ahmed al-Zubair, le plus vieil opposant libyen qui a passé 31 années dans les geôles de Kadhafi ; Razan Zaitouneh, avocate syrienne pour les droits humains qui vit aujourd’hui dans la clandestinité ; Ali Farzat, le caricaturiste syrien qui a eu les deux mains brisées en guise d’ »avertissement » ; et enfin Mohamed Bouazizi, le jeune vendeur ambulant tunisien qui s’est immolé par feu le 17 décembre 2009 en signe de protestation au régime de Ben Ali.

Le courage des ces personnes et de tous ceux qu’ils représentent est salué par ce prix qui récompense le formidable élan démocratique qui traverse le monde arabe et continue d’inspirer bien au delà.

Pour Asmaa Mahfouz, ce prix Sakharov récompense la révolution égyptienne et la révolution arabe dans son ensemble et « marque une nouvelle ère dans les relations entre l’Union européenne et le monde arabe, et une meilleure compréhension mutuelle, car nous avons vécu longtemps sur les stéréotypes sur les arabes et les musulmans ». « Cette récompense rend un vibrant hommage aux héros de la révolution, c’est un prix pour tous les jeunes Égyptiens dont certains ont sacrifié leur vie ou leur liberté pour la liberté pour tous », a-t-elle ajouté avant de préciser qu’un long combat attend les Égyptiens pour changer le régime, en référence au Conseil militaire et à l’armée dont les violences ont fait 10 morts et plus de 500 blessés ce weekend.

Dans son discours, Ahmed al-Sanusi a tenu à rendre hommage aux femmes. « La femme a apporté plusieurs sacrifices, sa vie, ses proches, ses enfants pour atteindre nos objectifs : se débarrasser d’un régime totalitaire », a-t-il expliqué. Il a aussi rappelé que « pendant 42 ans, nous avons vécu dans l’exclusion dans l’humiliation de la dignité humaine et ce sont ces longues années qui nous ont mené à la révolution », soulignant que la seule arme des jeunes révolutionnaires était leur volonté. M. al-Sanusi a précisé qu’il reste « un long chemin à parcourir pour réaliser nos objectifs mais nous allons les réaliser, grâce à notre patience, à la suite de la mise en place d’un Parlement élu et d’une constitution votée par le peuple ».

Dans un message vidéo enregistré, Ali Farzat a précisé qu’il « souffre de tout ce qui se passe actuellement en Syrie. Au fur et à mesure que les heures passent, des victimes tombent ». Pensant aux manifestants, M. Farzat a souligné qu’« ils nous lancent un appel, nous disent que la liberté est grande, importante, précieuse, que c’est un don de dieu ».

Le Parlement européen condamne la répression en Syrie

Le jeudi 15 décembre le Parlement européen a adopté une résolution condamnant « avec la plus grande fermeté » la « répression brutale » du régime syrien. Celle-ci aurait fait plus de 5 000 morts depuis début mars.

La résolution demande la fin immédiate de la répression, la libération de tous les manifestants arrêtés, et des enquêtes « promptes, indépendantes et transparentes sur la violation systématique et flagrante des droits humains et des libertés ».

Les députés européens ont appelé à une transition pacifique vers la démocratie basée sur « un processus inclusif de dialogue politique national avec la participation de toutes les forces démocratiques et de la société civile ». La résolution demande à l’Union européenne de continuer à faire pression sur le régime par le biais de sanctions ciblées et se félicite du soutien de la Ligue arabe ainsi que des résolutions des Nations unies.

Une résolution critique sur les politiques antiterroristes adoptée

Mercredi 14 décembre les députés européens progressistes et libéraux ont adopté une résolution demandant à la Commission une évaluation des politiques antiterroristes menées en Europe, provocant l’ire de la droite européenne.

Partant du constat que pratiquement rien n’a été fait pour évaluer à quel point les objectifs des politiques antiterroristes de l’UE ont été atteints, le Parlement demande une évaluation complète et détaillée des incidences des politiques antiterroristes sur les libertés civiles et les droits fondamentaux. La Commission devra établir un rapport complet sur toutes les ressources consacrées par l’Union européenne, les États membres de l’UE et les entreprises privées, directement ou indirectement, aux mesures poursuivant des objectifs de lutte contre le terrorisme.

La résolution demande également de nouvelles propositions pour renforcer la protection des libertés civiles et la transparence dans les politiques antiterroristes. Celles-ci peuvent en effet parfois être détournées de leur objectif et favoriser une trop grande liberté de l’exécutif dans les politiques d’écoutes par exemple.

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COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPÉEN (14 – 17 novembre 2011) 7

Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg / Photo : Olivier Hansen

Le Parlement européen s’est réuni du 14 au 17 novembre à Strasbourg.

Voici les principaux éléments discutés et votés lors de cette session.

Espace ferroviaire européen unique : le Parlement encourage la libéralisation

Mercredi 16 novembre, la libéralisation du transport ferroviaire a connu un coup d’accélérateur avec la refonte en une seule directive des trois textes européens du premier « paquet » ferroviaire.

Le texte adopté vise à avancer plus rapidement dans l’ouverture des marchés nationaux, avec notamment la séparation entre la gestion des infrastructures et leur exploitation et la mise en place d’instances nationales uniques de contrôle du secteur ferroviaire puis, à terme, la création d’un régulateur européen.

La libéralisation des transports ferroviaires dans l’Union européenne est amorcée avec une directive en 1991. Trois « paquets » (blocs constitués de plusieurs textes autour de la thématique concernée) viennent ensuite préciser les activités couvertes par ce mouvement. C’est le premier  paquet (1998-2001) qui organise l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de marchandises.

Malgré nos demandes répétées, celles des syndicats et d’associations d’usagers, la Commission n’a toujours pas effectué d’étude d’impact indépendante qui permettrait de dresser un constat impartial des effets de cette libéralisation. Force est de constater que les prix du ferroviaire ne cessent d’augmenter alors que le service se détériore dans son ensemble et que le chemin de fer a perdu du terrain, particulièrement dans le transport de marchandises (la part du fret ferroviaire a décru de près de 2% entre 1996 et 2008).

L’une des questions posées par la libéralisation du transport ferroviaire est celle de la séparation entre le réseau (les voies de chemin de fer) et l’activité (faire rouler les trains). Les tenants de l’ouverture à la concurrence ont toujours fait valoir que les deux activités devaient être séparées juridiquement. Au fil des directives européennes, cette position a mené à un statut quo : les deux fonctions sont séparées en termes d’activité mais pas de propriété, on peut posséder les deux structures mais elles doivent être indépendantes. En France la séparation a été faite entre la SNCF et son réseau, désormais propriété de Réseau Ferré de France (RFF), mais ce n’est toujours pas le cas en Allemagne ou en Belgique par exemple.

Si le texte adopté demande une stricte séparation comptable, le Parlement n’a pas encore opté pour la séparation totale entre gestionnaires des infrastructures et opérateurs ferroviaires, mais il enjoint néanmoins la Commission à présenter avant fin 2012  « une proposition de directive contenant des dispositions relatives à la séparation des opérations de gestion de l’infrastructure et de transport, ainsi qu’une proposition visant à ouvrir le marché intérieur du transport ferroviaire de voyageurs ».

Le rapport prévoit aussi de renforcer l’indépendance du gestionnaire de réseau en lui donnant les moyens de mener ses activités d’entretien. Même lorsque réseau et transport sont séparés comme en France, le gestionnaire est souvent dépendant de l’entreprise « historique », la SNCF, en matière de personnels qualifiés et de financements pour entretenir le réseau. C’est pour remédier à cette situation que le texte prévoit une stricte séparation des activités ainsi qu’une séparation comptable, afin d’éviter les flux financiers qui rendent le gestionnaire de réseau dépendant de l’opérateur historique. Ainsi c’est toute l’organisation de l’entretien du réseau avec les multiples valeurs ajoutées issues de décennies d’expérience et d’optimisation que l’on veut remettre à plat pour faciliter l’ouverture à la concurrence.

Au delà de la propriété et de l’indépendance totale ou non du gestionnaire de réseau, les directives organisent en parallèle l’ouverture du marché via des règles communes « d’interopérabilité » : formation de conducteurs, systèmes de signalisation, caractéristiques techniques des locomotives… Ces règles communes permettent à un cheminot, à un matériel, d’être opérationnel d’un pays à un autre.

Le texte s’attaque par ailleurs aux services ferroviaires (appelés aussi « services au dernier kilomètre ») : l’entretien et la maintenance des trains. Ces opérations sont souvent réalisées par l’opérateur historique pour deux raisons : ces installations ont été construites à sa demande pour répondre à ses besoins techniques (selon les pays ce ne sont pas les même marques de locomotives ou types de wagons qui roulent), et bien souvent c’est encore lui qui est propriétaire des installations. Depuis l’ouverture à la concurrence, l’opérateur historique français, la SNCF, fournit également ces services aux nouveaux entrants en échange d’une facturation. Mais les nouveaux entrants se plaignent d’une discrimination dans l’accès à ces services. Une réponse logique aurait été de permettre la réalisation des opérations de maintenance sur les trains de concurrents. Mais le rapport va plus loin en demandant que la prise de décision en matière de gestion des capacités des installations soit indépendante afin de faire de la place pour les nouveaux entrants.

Les Etats membres devront se doter d’un régulateur national indépendant, ou le renforcer s’il existe déjà. Cet organisme de contrôle national « doit être une autorité de régulation indépendante, dotée de pouvoirs d’autosaisine et d’enquête et capable de rendre aussi des avis et des décisions exécutoires, afin de garantir un marché ouvert et sans barrière, au sein duquel s’exerce une concurrence libre et non faussée », il sera habilité à « surveiller la concurrence » et « assortir ses décisions de sanctions appropriées, y compris d’amendes. Les décisions prises par l’organisme de contrôle sont contraignantes pour toutes les parties concernées et ne sont soumises au contrôle d’aucune autre instance administrative nationale ». Un organisme de contrôle européen devrait voir le jour d’ici deux ans, pour surveiller et arbitrer les problèmes de nature transfrontalière et internationale et exercer une fonction de recours vis-à-vis des décisions des organismes de contrôle nationaux.

On le voit, la logique d’ensemble du texte vise à créer les conditions pour que la concurrence s’exerce et se renforce, au détriment de l’organisation même du service ferroviaire et finalement de sa qualité. Unique élément positif de ce texte : le rejet de la proposition de la Commission d’introduire un « service minimum » menaçant l’action syndicale en attaquant le droit de grève.

Compte tenu des dangers qu’il fait peser sur le savoir-faire de nos compagnies ferroviaires et sur la qualité du service sans cesse remise en cause pour faciliter l’ouverture à la concurrence, notre groupe – Gauche Unitaire Européenne / Gauche Verte Nordique (GUE/NGL) – a voté contre ce texte qui a été adopté par 526 voix, avec 80 voix contre et 36 abstentions.

Voici l’intervention de Jacky Hénin (GUE/NGL) :

« Madame la Présidente, les résultats des paquets ferroviaires sont accablants. Le fret, de l’aveu même des rapporteurs, recule alors que le transport routier émettant des millions de tonnes de CO2 a, lui, encore progressé. Les infrastructures périclitent faute de financement. Dans une concurrence absurde contre l’avion, on privilégie la grande vitesse au détriment du cadencement local et de l’effet réseau régional.

L’ouverture se traduit par toujours moins de services aux usagers. Malgré de très timides affirmations de principe sur les conditions d’emploi, on nous propose, encore et toujours, d’aller plus loin dans la désintégration des entreprises ferroviaires. C’est contreproductif et très dangereux pour la sécurité ferroviaire. Cela fait fi, au nom du dogme libéral, de décennies de culture technique cheminote.

Au contraire, il faut reconstruire des entreprises ferroviaires nationales publiques intégrées allant des infrastructures jusqu’à la définition des matériels, en passant par les secteurs voyageurs et fret ainsi qu’à la recherche et développement. Puis, à partir de là ; nous pourrons construire un pôle public ferroviaire européen sous la forme d’un groupement d’intérêt économique.

Le financement des grandes infrastructures ferroviaires pourrait être assuré par la banque d’investissement européenne. La finalité de l’Europe ferroviaire ne doit pas être qu’un centre de profit financier pour quelques groupes, elle doit être de répondre aux besoins de mobilité des citoyens d’Europe et à la nécessité de transport de matières sûres et écologiques : les marchandises ».

L’idée d’un revenu minimum européen fait son chemin

En adoptant mardi 15 novembre le rapport du socialiste belge Frédéric Daerden, le Parlement a fait avancer l’idée d’un revenu minimum européen équivalent à 60 % du revenu médian de chaque Etat membre (niveau de revenu au-dessus et en dessous duquel vit la moitié de la population du pays concerné).

L’idée déjà proposée en octobre 2010 par Ilda Figueiredo (GUE/NGL) fait son chemin et est réaffirmée dans cette résolution sur la plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Parmi les autres suggestions de ce rapport que j’ai soutenu en commission Emploi et Affaires sociales :

  • une plus grande coordination et davantage d’échanges sur les politiques de lutte contre l’exclusion sociale et la pauvreté, une plus grande coopération avec les autorités locales ;
  • la création d’indicateurs européens sur la pauvreté, les Etats ayant souvent une méthodologie différente pour cacher une dure réalité ;
  • plus d’études d’impact social sur les textes proposés à la Commission ;
  • une étude sur l’accès effectif des plus pauvres à leurs droits et aux services fondamentaux ainsi que sur les discriminations subies ;
  • plus d’efforts pour les sans abris, les personnes âgées, les handicapés, les jeunes, les Roms, et les non citoyens de l’Union européenne qui vivent très souvent dans des situations précaires ;
  • la dénonciation du travail précaire, la demande de l’égalité de traitement, de droits et de protection sociale pour les travailleurs de l’Union, mais aussi pour ceux ressortissant de pays tiers.

Rappelons que 116 millions de personnes sont menacées de pauvreté au sein même  de l’Union européenne, et que 42 millions (8 % !) vivent dans un dénuement matériel extrême… Il y a urgence.

Débat sur la nouvelle directive sur les qualifications professionnelles

Mardi 15 novembre le Parlement a donné sa position sur un nouveau texte européen visant à reconnaitre les qualifications professionnelles.

La directive de 2005 sur les qualifications professionnelles fixe des règles pour près de 800 professions réglementées et garantit la reconnaissance automatique de sept professions dans l’Union européenne : médecins, dentistes, pharmaciens, personnel soignant, sages-femmes, vétérinaires et architectes. Une nouvelle directive doit être proposée à la fin de l’année, afin d’améliorer la mobilité transfrontalière de ces professionnels en simplifiant et en accélérant l’échange d’informations entre Etats membres.

Le Parlement européen s’est prononcé pour une reconnaissance plus rapide des qualifications professionnelles, notamment en clarifiant les exigences linguistiques, tout en l’accompagnant de garde-fous : création d’une carte professionnelle européenne volontaire et d’un mécanisme d’alerte européen interdisant aux personnes radiées d’exercer leur profession dans un autre Etat.

Ce texte que nous avons soutenu a été adopté par 463 voix pour, 163 contre et 17 abstentions.

Le Parlement adopte un règlement contre la spéculation sur les assurances de dette souveraines

Mardi 15 novembre, le Parlement a adopté le rapport de Pascal Canfin (groupe des Verts/Alliance libre européenne) qui limite désormais la spéculation sur certains produits financiers.

Le rapport adopté après négociation avec le Conseil vise l’utilisation spéculative de produits financiers créés à l’origine pour couvrir un non paiement de dette : les « Credit Default Swaps » (CDS). Un investisseur qui avait prêté de l’argent pouvait souscrire à ce type de produit d’assurance pour se couvrir d’un non remboursement, d’un défaut sur le titre de dette qu’il détenait.

Avec la crise de la dette des Etats et l’augmentation des risques de défaut de paiement, ces assurances se sont multipliées. Elles ont cependant été en partie détournées de leur mission première en devenant des produits purement spéculatifs que l’on s’échangeait en anticipant le non remboursement de sa dette par un Etat. Cette possibilité de défaut de paiement faisait alors s’envoler les cours des CDS censés couvrir les pertes. A tel point que ces titres d’assurances pouvaient être détenus par des investisseurs ne possédant même pas de titres de dettes couverts par ces assurances. En spéculant sur un défaut de paiement, ils pouvaient toucher la prime d’assurance sans avoir à essuyer les pertes d’une dette qu’ils ne détenaient pas.

C’est pour limiter la spéculation sur ces titres et donc la volatilité du « marché » de la dette des Etats, que le Parlement a adopté un texte visant à restreindre les possibilités de détention de ces assurances. Désormais il sera nécessaire de détenir les dettes qu’elles couvrent ou des actifs liés, comme des actions de banques des pays dont la dette est couverte par ces contrats d’assurances. Cette nouvelle réglementation limitera grandement la spéculation autour de ces titres d’assurances et les cantonnera à leur rôle initial.

Le texte limite également les ventes à découvert ou “à nu”, c’est à dire la possibilité de vendre des titres que l’on ne possède pas et de les acheter une fois le prix descendu pour satisfaire la vente et empocher la différence sur l’évolution des cours. Cette technique a pour particularité de renforcer les tendances sur les cours. Pour éviter ces mouvements « procycliques » le Parlement a également décidé de renforcer le rôle de l’autorité européenne des marchés (l’ESMA).

Si ce n’est pas encore une interdiction totale de ces pratiques, c’est toutefois déjà un progrès que notre groupe a logiquement soutenu. Thomas Händel (GUE/NGL) a cependant  rappelé : « Nous voulons une interdiction totale des ventes à découvert à nu et des CDS en raison surtout de la crise grecque. Beaucoup trop d’exceptions et de dérogations, de difficultés de contrôle et de longues phases d’intervention ont affaibli les efforts pour maîtriser ces instruments spéculatifs et extrêmement préjudiciables financièrement ».

Programme de travail 2012 de la Commission : Barroso pérore mais n’écoute pas

Mardi 15 novembre, lors de la présentation du programme de travail 2012 de la Commission, son Président José Manuel Barroso s’est de nouveau lancé dans un numéro d’autosatisfaction sur les actions menées par la Commission. Il l’a fait sans même daigner écouter les questions des députés et y répondre. Il a quitté la séance au bout de vingt minutes. C’est un mépris total des parlementaires, émanation du scrutin populaire.

Il y avait pourtant beaucoup de choses à redire de ses propos. A commencer par ce simple rappel : le Président de la Commission s’est félicité de l’annonce du maintien du programme d’aide alimentaire jusqu’en 2013. Dans cet éclair de modestie, il n’a pas jugé bon de préciser que l’après 2013 est quant à lui dores et déjà remis en question. La France et l’Allemagne se sont en effet engagées à ce que l’Europe ne finance plus ce programme après cette date, la question est donc loin d’être réglée.

Voici ce que je lui ai dit :

« M. Barroso, vous venez de présenter un programme pour l’année 2012 qui, à mon sens, ne tient aucun compte de l’extrême gravité de la crise qui enserre les pays de l’Union européenne, des pertes de souveraineté populaire auxquelles on assiste depuis quelques jours sous la dictée des marchés financiers, mais aussi du rejet grandissant par le peuple de l’idée européenne elle-même, parce que l’Europe n’est ni solidaire, ni sociale, ni écologique. Vous parlez sans cesse « de croissance et d’emploi » mais il n’y a devant nous que menaces de récession et chômage. Devant nous s’avance peu à peu un véritable champ de ruines si vous continuez ainsi avec l’hyper austérité et la destruction des droits sociaux.

Voilà pourquoi M. Barroso je vous propose d’étudier une autre logique. S’il y a une modification des traités européens à faire d’urgence, elle consisterait à changer les missions de la Banque centrale européenne pour lui permettre, par création monétaire, de prendre ou de garantir des dettes des Etats en difficulté et de promouvoir un nouveau crédit en opposition aux marchés financiers. Ce nouveau crédit serait utilisé pour une relance économique et sociale. En lien avec ceci, je vous propose d’étudier la création d’un nouveau fonds de développement humain, social et écologique alimenté par une taxe sur les transactions financières, la lutte contre l’évasion fiscale, une taxation européenne des revenus financiers des plus grandes entreprises, des banques et autres institutions financières et par un concours de la Banque centrale européenne. Ceci aurait pour objectif de relancer les grands services publics des transports, de l’éducation, de la culture, du logement, de la santé et inciterait à la mise en place d’une sécurité sociale du travail et de la formation, ainsi que des investissements et équipements indispensables, ceux-ci étant eux-mêmes créateurs d’emplois dans toute l’Europe.

Ces outils devraient pouvoir inciter partout au progrès social, à la lutte contre la pauvreté, au maintien et au développement des systèmes de protection sociale, avec notamment le projet que devrait porter la Commission européenne, comme notre Parlement, de la création d’un revenu minimum européen de solidarité et d’un salaire minimum afin de faire cesser la concurrence entre salariés au sein de l’Union européenne. Celle-ci est ravageuse. De même, il faut trouver les chemins d’une harmonisation des fiscalités, notamment la fiscalité sur le capital et les sociétés. C’est ainsi une autre cohérence que je vous propose M. le Président de la Commission. Je vous demande simplement, pour l’instant, de la faire étudier ».

 « Gouvernance économique européenne » l’autre expression pour camoufler l’autoritarisme

 Mercredi 16 novembre, le Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le Président de la Commission, José-Manuel Barroso, et le président de l’Euro-groupe, M. Junker, ont présenté leur vision commune de ce qu’ils appellent « la gouvernance économique européenne ».

Cette « gouvernance économique européenne » regroupe l’ensemble de règles de l’Union européenne qui régissent la politique économique des Etats. Cette année de nouveaux instruments ont déjà été créés, comme le Semestre Européen et le Paquet gouvernance économique, qui permettent déjà à l’Union européenne de superviser les budgets des Etats et de sanctionner ceux qui n’iraient pas dans le sens souhaité. A peine ces instruments -que l’on a placés au dessus de la souveraineté des Parlements- étaient-ils adoptés que de nouveaux outils étaient en cours d’élaboration. Les interventions des présidents de la Commission et du Conseil ont réaffirmé cette ambition.

Herman Van Rompuy a ainsi déclaré qu’il fallait remédier aux « erreurs du passé » par plus de « discipline fiscale ». Pour mener à bien cette tâche, il a cité trois leviers de pression sur les Etats : la « pression institutionnelle », les « pressions des pairs », et… la « pression des marchés ». Concluant: « la combinaison des trois et déjà en train de produire des résultats ».

De son côté, José Manuel Barroso a mis en avant le « besoin d’augmenter la surveillance, notamment pour les Etats qui mettent en danger la stabilité financière des autres ». Pour cela « la Commission surveillera l’exécution du budget [des Etats] et si nécessaire suggérera des amendements dans le cours de l’année ». Il précise certes que le dernier mot reviendra au Parlements nationaux, « mais les Parlements nationaux doivent être rendus plus conscients des règles que leurs gouvernements -et eux mêmes- ont acceptées. »

Chacun son agenda de réformes au sein de son institution, mais avec le même objectif : un renforcement drastique de l’influence de l’Union européenne dans l’adoption des budgets nationaux. Jusque là son pourvoir se limitait à des orientations, des remarques. Avec les nouvelles règles adoptées et que j’ai dénoncées dès leur divulgation, l’Union européenne peut désormais sanctionner durement les Etats membres qu’elle considère comme de mauvais élèves. Non contente de ce saut « qualitatif », l’Union européenne souhaite désormais intervenir directement dans la procédure d’adoption avant le vote par le Parlement.

Afin de ne pas perdre de temps dans une réforme des Traités souhaitée mais qui prendra plusieurs années, les nouvelles règles seront basées sur le Traité déjà existant. H. Van Rompuy a précisé son calendrier : présentation à la fin de l’année de ses propositions et adoption « en mars ou en juin 2012 ». Celles-ci s’orienteront autour de trois axes : plus de compétitivité, plus de discipline budgétaire avec un pouvoir renforcé de sanction et d’intervention dans les procédures budgétaires nationales, et plus de coordination dans la politique économique. Sur ce dernier point il y a beaucoup à faire en matière d’harmonisation fiscale et sociale, mais il est à craindre que ce point vital pour stopper la concurrence entre Etats et travailleurs européens restera le parent pauvre des grands changements à venir.

La droite et les libéraux européens ont largement soutenu ces orientations alors que socialistes et verts se sont montrés plus critiques. De son côté, Lothar Bisky, président de notre groupe de la GUE/NGL, a demandé un changement radical d’approche.
S’exprimant au sujet des propositions annoncées par le président Barroso pour renforcer la coordination de la politique économique, il a demandé : « Avez-vous le courage et la capacité de vous opposer au secteur financier et d’empêcher de futures vagues de spéculation ? […]Les délibérations d’ECOFIN [le Conseil des Affaires Economiques et Financières ndlr] sur la taxe sur les transactions financières ont souligné le manque de volonté politique des États membres de faire ne serait-ce qu’un tout petit effort. Quelle taille doit atteindre la crise, combien de pays doivent être touchés et combien de sacrifices les populations doivent-elles faire avant qu’on comprenne quelles sont les mesures nécessaires à l’action ? ».

Une question semble avoir été totalement éludée. « Où trouver de nouvelles sources de financement pour les États ? Les revenus des Etats doivent être augmentés. Au jour d’aujourd’hui, les seules mesures proposées sont la réduction des prestations sociales, des salaires et des retraites ou l’augmentation de la TVA. Cela signifie l’étranglement de la consommation et l’accroissement du fossé entre les riches et les pauvres. Par ailleurs, il n’est toujours pas question d’augmenter les taxes des banques, des grandes entreprises ou des plus riches. […] Les citoyens ne se sentent pas responsables de la crise et ils ne le sont pas. Ils réclament l’équité, y compris l’équité dans la taxation – d’où les manifestations massives contre l’austérité, d’où l’instabilité politique dans les pays les plus touchés dans lesquels plusieurs gouvernements ont été évincés. Si l’on s’obstine à intensifier l’austérité, les protestations vont continuer à s’accroître – où cela nous mène-t-il ?[…] Il a été prouvé que le mantra néolibéral visant à réduire la taxation et la réglementation des marchés a conduit aux excès du système financier mondial. Il est impératif de changer de façon de penser et d’approche ! ».

Conférence sur le climat de Durban

Ce mercredi 16 novembre le Parlement a demandé à l’Union européenne de tenir son rôle de chef de file dans la lutte contre le changement climatique lors de la conférence de l’ONU à Durban en Afrique du Sud.

Dans une résolution adoptée à une large majorité (532 voix pour, 76 contre et 43 abstentions), le Parlement – qui sera représenté à la conférence par une délégation –  demande d’aller plus loin que l’objectif de 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, de s’engager davantage financièrement dans la lutte contre le changement climatique, et d’inclure les transports aériens et maritimes dans le système de taxation du carbone.

Lors du débat, Bairbre de Brùn (GUE/NGL) qui fera partie de la délégation pour Durban avec deux autres élues de notre groupe (Sabine Wils et Marisa Matias), a précisé : « L’objectif est clairement une solution mondiale ambitieuse. L’Union européenne peut aider à atteindre ce but et doit faire preuve d’un esprit de leadership prospectif indépendamment de la position des autres. À Durban, nous devons combler le fossé gigantesque qui existe entre les niveaux d’ambition actuels et ceux requis pour maintenir l’augmentation de la température sous 2°C ».

Une conférence pour sensibiliser les députés au sort des prisonniers palestiniens

Mercredi 16 novembre, j’ai organisé au nom de notre groupe une conférence au Parlement européen sur le sort des prisonniers palestiniens.

Afin de sensibiliser les députés ainsi que les nombreux militants des Droits de l’Homme de Strasbourg qui ont répondu à notre invitation, des responsables palestiniens sont venus dresser un tableau sans concession des exactions de l’armée israélienne et de sa politique d’arrestations arbitraires validée par des tribunaux militaires.

Issa Shawqi, avocat et militant des Droits de l’Homme, et Ahmed Alissa, responsable du centre d’information Badil, ont ainsi pu témoigner très concrètement du sort réservé à ces prisonniers qui touche tant de familles palestiniennes qu’un ministère a même été créé afin de traiter de ce problème.

Une note d’espoir cependant : Ahmed Alissa nous a annoncé la formation imminente d’un gouvernement d’union nationale entre le Hamas et l’OLP avant la convocation de nouvelles élections qui mettront un terme à la division issue des élections de 2006.

Ce mardi nous avons également entendu le témoignage de Paul Murphy, jeune député de 27 ans de la GUE/NGL, arrêté sur un bateau qui tentait de briser le blocus de Gaza. Après avoir passé quasiment une semaine dans les geôles israéliennes dans des conditions très dures (isolement quasi complet, privation de sommeil et de repères spatio-temporels), il a finalement été libéré. Ce traitement infligé à un député européen est honteux, mais il nous donne également un aperçu terrible de celui réservé aux prisonniers palestiniens.

Le Parlement européen maintient le principe de la neutralité d’internet

Jeudi 17 novembre le Parlement a demandé à la Commission de veiller à la « neutralité du net » : l’accès à tous les contenus et pour tous, sans discriminations.

Le principe de neutralité d’internet affirmé par le Parlement, et de façon plus timide par la Commission, est actuellement remis en cause par les opérateurs. Sous le prétexte de la congestion des réseaux, ils souhaitent mettre en place un système d’accès différencié pour privilégier certains utilisateurs. Au nom de cette différenciation, un opérateur peut aussi limiter l’usage de programmes concurrents. Par exemple si un fournisseur internet propose aussi de la téléphonie, il pourrait être tenté de bloquer ou de réduire le débit de logiciels concurrents -comme Skype- qui passent par internet.

Dans la résolution adoptée ce jeudi à main levée, le Parlement demande à la Commission de « veiller à ce que les fournisseurs de services Internet ne puissent bloquer, défavoriser, affecter ou amoindrir la capacité de chacun à utiliser un service en vue d’accéder à tout contenu, application ou service mis à disposition via Internet, de l’utiliser, de le transmettre, de le poster, de le recevoir ou de le proposer, quelle qu’en soit la source ou la cible ».

En termes de suivi des mesures déjà adoptées et de stratégie de la Commission pour l’internet, c’est l’Organe des régulateurs européens des communications électroniques (ORECE) qui est compétent. Celui-ci doit réaliser une enquête, dont les résultats seront publiés fin 2011. La résolution du Parlement s’appuie sur celle-ci et demande à la Commission de sévir et prendre des mesures législatives complémentaires « dans un délai de six mois à compter de la publication des résultats de l’enquête de l’ORECE, si d’autres mesures sont nécessaires afin de garantir la liberté d’expression, le libre accès à l’information, la liberté de choix des consommateurs et le pluralisme des médias ainsi que la compétitivité et l’innovation ».

Les Roms en Europe toujours victimes d’intolérance, jusque dans les gouvernements européens

Le Parlement a tenu un débat mercredi 16 novembre sur la situation des Roms en Europe.

Après la divulgation en avril 2011 de la communication de la Commission pour l’intégration des Roms le constat est bien maigre. Les changements positifs sont rares, une faible part des fonds européens prévus pour des projets « d’inclusion » des Roms a été utilisée, mais surtout la situation s’aggrave dans plusieurs pays.

En France, malgré les remontrances de la Commission l’année dernière, les expulsions de Roms vers la Bulgarie et la Roumanie se sont intensifiées : elles se chiffrent à 4 714 rien que pour le premier quart de l’année 2011, alors que le total de 2010 était de 9 500. Les tensions entre populations locales et Roms en République Tchèque sont importantes et peuvent évoluer en violence ouverte comme ce fut le cas en septembre dernier. De même en Hongrie, où la loi elle-même instrumentalise désormais cette discrimination, ainsi une nouvelle loi requiert que les personnes bénéficiant d’aides sociales travaillent pour le « bien public » et est clairement orientée contre la population Rom.

Voici l’intervention de Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL) lors de ce débat :

« Nous ne pouvons qu’être atterrés par l’anti-tsiganisme qui sévit avec un certain regain notamment en République Tchèque, en Hongrie, en Bulgarie, mais aussi sur les bancs de cet hémicycle malheureusement, alimenté par les propos xénophobes d’un certain nombre de responsables politiques. Je voudrais, une fois de plus, revenir sur le cas français.

 (Mme Reding) s’est félicitée il y a quelques semaines, d’avoir vu la France, je la cite, « avoir entièrement répondu aux préoccupations de la Commission et apporter les modifications législatives exigées » y compris « en ce qui concerne les garanties qui protègent les citoyens de l’UE contre les expulsions arbitraires et les traitements discriminatoires ».

Le Conseil de l’Europe vient de démentir de façon claire les propos de Mme Reding.

Je vous inviterai si ce n’est déjà fait à lire le rapport du Comité européen des droits sociaux. Certaines de mes collègues l’ont déjà cité. Ce rapport fait un état exhaustif des « violations aggravées des droits de l’Homme » auxquelles se sont livrées les autorités françaises durant l’été 2010 et qui se poursuivent aujourd’hui dans les mêmes conditions.

La Commission a été alertée. Les ONG l’ont saisie systématiquement de ces faits. On les retrouve intégralement dans le rapport et la Commission européenne s’est refusé à enclencher une procédure d’infraction en matière de discrimination, comme on l’avait envisagé à l’automne dernier.

La Commission va-t-elle attendre la condamnation par la Cour de justice de l’Union européenne ? La Charte des droits fondamentaux a désormais force juridique. La Commission est garante des Traités parait-il ? Que vaut la directive anti-discrimination dans un tel contexte ?

Comment la Commission espère-t-elle que des stratégies nationales peuvent se mettre en place dans de telles conditions ? En France, Mme la Commissaire, vos services n’arrivent même pas à identifier un interlocuteur et ils doivent rendre leur rapport pour la fin de l’année.

C’est un leurre, une façon de reporter le problème ».

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COMPTE-RENDU DE SESSION AU PARLEMENT EUROPEEN (9-12 MAI 2011) 2

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Le Parlement s’est réuni à Strasbourg du 9 au 12 mai. Voici les principaux éléments de cette session.

 

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Le Parlement vote une résolution demandant plus de droits pour les travailleurs domestiques, la droite cherche à minimiser le texte.

Le parlement a voté jeudi 12 mai un texte appuyant les négociations en vue d’une convention de l’Organisation Internationale du Travail pour les travailleurs domestiques.

Effectuant des tâches ménagères, des gardes d’enfants et nombre de services à la personne à domicile, les travailleurs domestiques sont souvent des travailleurs immigrés, employés sans contrat et parfois victimes de mauvais traitements. Le fait qu’ils ne disposent pas toujours d’un titre de séjour les pousse malheureusement vers des relations de travail informelles aux dépens de leur droits. La non maîtrise de la langue pour certains, la méconnaissance de leurs droits et la peur d’être renvoyés dans leur pays d’origine les incite à ne pas se signaler auprès des organismes ou structures qui pourraient les protéger, ce qui les rend d’autant plus fragiles. Ils représentent pourtant entre 5 et 9 % de l’emploi dans l’Union européenne.

Pour s’attaquer à ce problème l’Organisation Internationale du Travail négocie une convention afin de mieux protéger les travailleurs domestiques. La commission Emploi du Parlement a décidé de soutenir ces négociations en proposant une résolution assurant l’appui de l’Union européenne. Ce texte tel que nous l’avons voté en commission Emploi demande une application rapide de la convention dans l’Union européenne dès qu’elle sera adoptée. Tout en rappelant les conditions précaires de ces travailleurs,  la résolution demande de nettes améliorations : en s’attaquant à la précarité des contrats de ces personnes (lorsqu’elles en ont) et au travail non-déclaré ; en demandant la reconnaissance de leurs droits et leur protection ainsi que l’application des minimums européens en matière d’égalité de traitement, de santé et de sécurité à tous ces travailleurs « quel que soit leur statut juridique ».

Pourtant, lors du vote en plénière, un amendement a été déposé par la droite européenne et l’extrême droite – dont Mme Le Pen – pour faire effacer la mention « les travailleurs sans papiers n’osent pas prendre contact avec les autorités pour demander une protection, faire valoir leurs droits ou revendiquer l’accès aux services de santé parce qu’ils craignent d’être renvoyés dans leur pays d’origine ou sanctionnés par leur employeur ». Avec les Verts, les Socialistes français et le groupe centriste de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux (ALDE) nous avons voté contre cet amendement qui nie la fragilité de la situation des ces personnes. Cet amendement a pourtant été voté du fait de l’abstention des autres socialistes européens. Malgré ce vote honteux, les éléments soutenant la future convention et demandant de lutter contre la précarisation et les mauvais traitements ont été maintenus. Nous avons donc voté pour cette résolution adoptée par 517 voix pour et 64 contre. La désormais prétendue grande défenseure des travailleurs Mme Le Pen ainsi que M. Gollnisch ont fait partie des 14 voix – venant pour l’essentiel de l’extrême droite – qui se sont abstenues sur ce texte.

Les députés s’inquiètent des nouvelles propositions de la Commission pour réformer l’Espace Schengen

Les prétendues bisbilles franco-italiennes opposant les deux gouvernements se refilant la patate chaude de l’accueil des réfugiés tunisiens sont remontées au niveau européen ce mardi 10 mai.

La décision française de réintroduire des contrôles aux frontières italiennes pour bloquer les immigrants tunisiens en Italie ne correspondait pas aux règles européennes de l’escape Schengen qui assurent la libre circulation des personnes dans cet espace. Plutôt que de revoir sa politique, le gouvernement de M. Sarkozy a préféré demander une modification des règles de l’espace Schengen afin de permettre ces contrôles.

Le mardi 10 mai, dans le débat qui a suivi les propositions de la Commission divulguées le 4 mai, les députés se sont inquiétés de cette refonte qui permet de réintroduire des contrôles aux frontières internes de l’Union Européenne lorsqu’un  Etat n’en fait pas assez dans les contrôles aux frontières extérieures ou qu’il fait face à une situation « critique ».

Cette refonte a focalisé l’attention, la question portant sur la légitimité des contrôles aux frontières tels que décidés par la France. Pourtant, les nouvelles orientations proposées par la Commission dans son document sur les migrations vont beaucoup plus loin et méritent que l’on s’y attarde.

En plus de la possibilité de rétablir des contrôles aux frontières intérieures (dans certains cas exceptionnels, contrairement aux cris de victoire poussés un peu vite par le gouvernement français), le document propose un renforcement de Frontex, l’outil européen de contrôle aux frontières. Il propose surtout une pression encore plus forte sur les pays voisins pour qu’ils coopèrent davantage à la chasse aux migrants.

Actuellement, des accords avec les pays hors Union européenne permettent de renvoyer les migrants dans les pays d’origine et de transit (les accords de réadmission), mais également d’aider ces pays à fermer leurs propres frontières. L’un des meilleurs élèves dans ce domaine était la Libye de Kadhafi. En échange de leur aide, ces pays obtenaient un meilleur accès au marché européen via des accords commerciaux. L’aide au développement était elle aussi de plus en plus sujette à la bonne coopération de ces pays en matière de lutte contre l’immigration.

Le nouveau document pousse encore plus loin cette logique et promet désormais des « partenariats de mobilité » à ceux qu’ils considèrent comme de bons élèves : aide financière, visas, accès au marché européen en échange d’un réel engagement à lutter contre la libre circulation des personnes.

Lors de son intervention en séance, mon amie du Front de Gauche Marie-Christine Vergiat a rappelé cette triste réalité :

« Nous sommes confrontés à un débat surréaliste. Il faudrait remettre en cause la liberté de circulation des personnes en Europe et remettre en place les frontières nationales pour faire face à des « flux » de migrants qui s’abattraient sur l’Europe depuis la révolution Tunisienne.

Si les conséquences de ces gesticulations n’étaient pas aussi dramatiques et loin des réalités, on pourrait en rire. Mais plus de 1 150 personnes sont mortes en Méditerranée depuis le début de l’année 2011. 23.000 Tunisiens sont arrivés en Italie.

Pendant ce temps là,  plus de 700.000 personnes ont fui la Libye pour se réfugier dans les pays voisins et ont eu un autre accueil que celui que sait leur réserver l’Europe.

MM. Sarkozy et Berlusconi font prévaloir des intérêts électoralistes à courte vue, manient les peurs et font croire à une invasion. Foutaises ! Quand  l’Europe cessera-t-elle de mettre en contradiction ses discours et ses actes ?

Que nous propose-t-on aujourd’hui ? Au delà des mots : céder aux pressions populistes. Encore et toujours renforcer Frontex, poursuivre la construction de l’Europe forteresse. Les frontières n’ont jamais arrêté personne, pas même aux heures les plus sombres de notre histoire.

N’a-t-on pas un autre message à faire passer aux démocraties naissantes de l’autre côté de la Méditerranée ? L’Union a tendu la main aux dictateurs pendant des années au mépris de ses valeurs, n’était-il pas temps qu’elle ouvre les yeux ? Moi, je crois que si.

Première puissance économique du monde, l’Union européenne peut montrer la voie de la solidarité tant en interne qu’en externe et rappeler à l’ordre les pays qui se fourvoient. Oui le problème c’est nous et pas ces femmes et ces hommes qui croient en nous et en nos valeurs ».

Débat sur la Politique étrangère de l’Union européenne : « Quel nouvel acte va produire l’Union européenne pour reconnaitre l’État palestinien ? »

Mercredi 11 mai lors d’un débat sur la politique étrangère de l’Union européenne, les députés européens ont demandé à Mme Ashton, Haute-Représentante de l’Union européenne pour la politique étrangère, d’être moins attentiste et moins dépendante des gouvernements européens. Les députés ont appelé à un plus grand volontarisme. J’ai profité de mon intervention pour l’interpeler sur la stratégie de l’Union européenne vis à vis de la Palestine.

Pour l’heure, la diplomatie européenne est très attentiste sur l’idée de la reconnaissance du futur État après la réconciliation inter-palestinienne. Tout en tenant des propos intéressants, la Haute-Représentante ne s’engage pas nettement.

Lors de mon intervention j’ai donc une nouvelle fois appelé à une initiative politique visant à reconnaître l’État Palestinien et posé deux question à la Haute Représentante :

« Je considère que les mots que vous avez employés dans votre première intervention à propos de votre souhait de l’existence de l’État palestinien, après la réconciliation inter-palestinienne sont très importants.  Cette entente palestinienne est un fait politique de premier ordre.

Contrairement à ce qui a été dit tout à l’heure, le Hamas a admis l’OLP et l’Autorité palestinienne comme interlocuteurs des négociations.  Il accepte les frontières de 1967 et les conditions du Quartet dont le refus de la violence.

Un gouvernement transitoire, chargé de préparer les élections va être mis en place. Les conditions sont réunies pour la reconnaissance de l’État palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, à l’Organisation des nations Unies en septembre prochain ».

Au delà  de ce que vous venez de dire, quel nouvel acte va produire l’Union européenne pour reconnaitre l’État palestinien et défendre cette idée auprès de l’ONU ?

D’autre part, pouvez-vous nous faire connaitre les initiatives que compte prendre l’Union européenne pour que le gouvernement israélien restitue le produit des taxes et impôts qui doit revenir à l’Autorité palestinienne ? »        

Crise de la zone euro : la Commission défend l’austérité

Mercredi 11 mai, le Parlement a tenu un débat en présence du Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, le Finlandais Olli Rehn. Sa justification des plans d’austérité a été soutenue par la présidence hongroise et la droite du Parlement qui souhaitent l’adoption d’un nouveau paquet renforçant les contraintes européennes sur les budgets au nom de la lutte contre le « laxisme budgétaire ».

En mai 2010 le Mécanisme d’aide temporaire à la Grèce était adopté pour permettre à ce pays de rembourser ses créances arrivées à échéance et surtout « rassurer les marchés » sur les capacités d’emprunt des pays de la zone euro. En échange d’une « aide » des Etats européens – des prêts d’un total de 78 milliards d’euros à des taux légèrement inférieurs à ceux du marché (mais supérieurs à ceux auxquels ils empruntent, ce qui permet aux banques d’empocher la différence et de grossir leurs profits) – le gouvernement grec fut contraint de prendre des engagements en termes de politiques économiques. Ces engagements, négociés entre le Fonds Monétaire International et la Commission, consistent en un lourd programme d’austérité budgétaire aux conséquences sociales terribles : coupes dans les retraites et les salaires, réduction des services publics, privatisations… Le tout afin de suivre ce que dans le langage bruxellois on appelle une trajectoire de réduction des déficits, qui s’avère totalement irréaliste.

L’objectif de ce plan était de fournir des liquidités à la Grèce pour lui permettre de se refinancer, le temps d’appliquer les mesures imposées et, grâce à celles-ci, lui permettre de revenir sur des financements de marché d’ici fin 2011. L’échec est flagrant, les dernières prévisions économiques du FMI prévoient encore une année de récession pour la Grèce, et un retour sur des financements de marché est impossible.

Pourtant, au lieu de revoir ces politiques basées sur toujours plus d’austérité avec pour seule conséquence de tuer toute reprise économique, l’Union européenne continue sur sa voie : l’Irlande s’est vue imposer les mêmes conditions, le sort du Portugal doit être réglé cette semaine avant même la tenue des élections, et un nouvel ensemble de directives européennes sera adopté en juin pour renforcer encore un peu plus la supervision européenne des budgets nationaux.

Les députés de mon groupe parlementaire de la GUE/NGL se sont insurgés contre cette politique. Mon amie portugaise Ilda Figueiredo a parlé d’une « interférence qui ne respecte ni la souveraineté ni la juridiction du Parlement portugais, ni les élections législatives à venir ». Alors que les élections auront lieu le 5 juin au Portugal, le futur vainqueur de ces élections a déjà un programme politique qui l’attend. Concocté par la Commission et le FMI, ce document qui reprend les conditions de l’attribution de « l’aide » au Portugal ne s’arrête pas à la politique économique, mais traite toutes les politiques, du code du travail jusqu’à la carte judiciaire, toujours guidé par l’obsession de réduction des budgets.

A Olli Rehn, qui refuse toute restructuration et même tout rééchelonnement de la dette grecque, Nikolaos Chountis, député grec de notre groupe, a rappelé que les « exigences du FMI et de l’Union européenne ne sont pas soutenables et aggravent encore plus la récession ».

Pour l’instant, la réponse de la Commission et des autres États de l’Union est de forcer la Grèce à appliquer un gigantesque programme de privatisations qui doit rapporter 50 milliards d’euros, autant de moins pour le patrimoine public des citoyens grecs.

Lobbying : un registre commun au Parlement et à la Commission

Mercredi 11 mai, le Parlement a adopté un rapport créant un registre commun des lobbyistes qui travaillent avec le Parlement et la Commission.

Le Parlement dispose d’un registre depuis 1996 et la Commission depuis 2008. Ce registre commun non obligatoire est un premier pas positif vers plus de transparence, même si, comme l’a rappelé mon collègue danois Søren Bo Søndergaard, « Il reste encore beaucoup de travail à faire », à commencer par la participation du Conseil au registre et l’obligation des lobbyistes de s’y inscrire. Lors du même débat, Søren a d’ailleurs qualifié l’attitude du Conseil d’ « inacceptable » en matière de transparence : « Le Conseil fait tout son possible pour empêcher le Parlement d’auditer les comptes de l’Union européenne. Ils ont refusé de nous envoyer les documents nécessaires, refusé de répondre à nos questions et ont refusé de nous rencontrer pour discuter ».

Une proposition intéressante de ce rapport : désormais, pour chaque texte législatif qui passera par le Parlement, le rapporteur (le député chargé de rédiger le texte) devra joindre en annexe la liste de tous les lobbyistes rencontrés lors de la rédaction de ce rapport. Il sera alors possible de savoir si un rapporteur à consulté tel groupe d’intérêt ou non.

Jeunesse en mouvement : de bons objectifs mais trop calqués sur les besoins des entreprises

Jeudi 12 mai le Parlement a adopté le programme «Jeunesse en mouvement» qui  regroupe 28 actions pour développer l’enseignement et la formation des jeunes via la mobilité. Des objectifs louables mais trop préoccupés des besoins des entreprises.

Le programme «Jeunesse en mouvement» est l’un des pendants de la stratégie Europe 2020 pour l’éducation. En premier lieu il représente une avancée car il peut permettre aux jeunes et aux organisations de jeunesse de s’investir davantage au niveau européen (séminaires, voyages, réunions), de prendre part au débat en matière de politiques sur la jeunesse tout en bénéficiant de l’aide de l’Union Européenne.

Le rapport qui nous était soumis soulignait par ailleurs à plusieurs reprises l’importance de l’accès à l’enseignement pour le plus grand nombre, il s’opposait à une réduction des budgets de formation et d’enseignement, en demandant un accroissement des dépenses dans ces domaines ainsi qu’en termes de mobilité afin de permettre à tous de participer à ces programmes.

La possibilité de permettre aux jeunes issus des pays voisins de participer à ces programmes était également séduisante, tout comme les demandes pour un réel statut juridique des stages, avec une rémunération convenable, un accès à la protection sociale et ne se substituant pas à un réel emploi.

Néanmoins, comme souvent dans les textes européens qui sont le fruit de compromis délicats, on souffle le chaud et le froid dans le même texte : les parties concernant  l’Enseignement supérieur et la formation professionnelle s’inscrivent dans la droite ligne des politiques de libéralisation et de subordination aux intérêts des entreprises (autonomie des universités, réforme des programmes en fonction des besoins du marché, promotion de l’esprit d’entreprise…).

Marie-Christine Vergiat, coordinatrice du dossier pour notre groupe, a donc appelé à s’abstenir sur ce dossier, voici son intervention :

« Éducation et culture : ces sujets n’ont pas la place qu’ils méritent dans l’Union européenne.

Les questions relatives à l’éducation et à la culture ne tiennent malheureusement pas suffisamment de place dans cet hémicycle. Elles sont pourtant essentielles pour notre avenir, celle de l’Europe et celle de notre jeunesse.

Les moins de 30 ans représentent 20% de la population européenne mais le chômage des jeunes de moins de 24 ans atteint aujourd’hui près de 21% et près de 15% des 18/24 ans quittent l’école avant la fin du 2ème cycle et ne suivent ni études ni formations complémentaires. Pire, près de 25% des jeunes de moins de 15 ans ont des difficultés de lecture.

Ces chiffres ne peuvent nous satisfaire. Et ils s’aggravent dans un certain nombre d’États membres avec la crise.

Le rapport qui nous est soumis sur « Jeunesse en mouvement » va dans le bon sens sur certains points et fait passer un certain nombre de messages à la Commission et aux Etats membres. Le Parlement européen réaffirme sa volonté de ne pas voir notre jeunesse sacrifiée sur l’autel des politiques d’austérité mises en œuvre partout en Europe. Espérons que ce ne seront pas de vaines paroles ».

 

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COMPTE-RENDU DE SESSION AU PARLEMENT EUROPÉEN (4 – 7 avril 2011) 3

Le Parlement s’est réuni du 4 au 7 avril à Strasbourg. Si les discussions sur les droits des migrants, des Roms et la question du nucléaire ont profondément divisé le Parlement, les grands sujets économiques ont provoqué moins de débats enflammés. La portée des décisions du dernier Conseil, validant une année de réformes sur la gouvernance économique, est pourtant considérable.

Voici les principaux éléments de cette session.

Un Conseil européen pour clore une année de réformes pour plus d’austérité

Mardi 5 avril, le Président du Conseil européen (l’institution représentant les gouvernements européens), Herman Van Rompuy, et le Président de la Commission, José Manuel Barroso, se sont tout deux livrés à des numéros d’autosatisfaction sur les résultats du Conseil européen des 24 et 25 mars. Cette réunion des chefs de gouvernement européens avait adopté le Pacte de compétitivité que nous avions divulgué dans l’Humanité et désormais renommé «Pacte pour l’Euro plus ».

Le « Pacte pour l’Euro plus » vient conclure un grand marchandage qui pourrait se résumer ainsi : les États dits «vertueux » et « compétitifs » acceptent de mettre la main à la pâte pour le financement de l’aide européenne au pays en difficulté, en échange de garanties.

Ces garanties imposent de s’aligner sur le modèle économique des États «vertueux » et « compétitifs » : budgets équilibrés après des coupes terribles, compétitivité assurée par la pression à la baisse sur les salaires, flexibilisation du travail… Les réalités et potentiels économiques sont pourtant totalement différents entre des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas et la Grèce ou le Portugal…

Pour s’assurer que les États suivent les recommandations européennes, plusieurs outils vont être mis en place ou renforcés :

  • le renforcement du Pacte de stabilité, qui permettra d’infliger des amendes allant jusqu’à 0,2% du PIB aux pays dont les budgets ne respectent pas les critères de Maastricht (les fameux 60% de dette et 3% de déficit par rapport au PIB),
  • le Semestre européen, qui autorise les instances européennes à superviser les budgets nationaux avant adoption par leur Parlement.

Le renforcement du Pacte de stabilité et la création du Semestre européen ont été décidés il y un an exactement et validés par une suite de compromis entre les gouvernements de M. Sarkozy et Mme Merkel. Le Pacte de stabilité issu de ces compromis est désormais en négociation entre le Parlement et le Conseil, sous la forme de six textes législatifs modifiant les cadres existants.

Le Conseil européen des 24 et 25 mars ajoute un autre outil encore plus intrusif dans la politique économique des États. C’est le « Pacte pour l’Euro plus » qui demande plus d’austérité, le recul de l’âge de départ à la retraite, la flexibilisation du travail, l’ouverture des professions protégées, la création de frein à l’endettement dans les constitutions ou de loi-cadre budgétaire pour limiter les déficits…

Quant à la solidarité européenne, censée se manifester sous la forme d’un «Mécanisme européen de stabilité » apportant des capitaux aux pays en difficulté, rappelons que celui-ci s’accompagne d’une mise sous tutelle de fait de la politique économique des États sur des critères proches de ceux du Fonds Monétaire International. Avec les désastres que l’on connait… Cet instrument n’existe finalement que pour rassurer les marchés.

C’est donc cet ensemble de décisions que se sont chargés de nous vanter MM. Van Rompuy et Barroso en séance plénière, à la plus grande satisfaction de la droite de l’hémicycle et de leur chef de file, le député Joseph Daul (UMP).

Le groupe des libéraux a demandé des règles budgétaires encore plus contraignantes et surtout un déclenchement plus rapide et plus automatique des sanctions à l’encontre des États qui ne respectent pas les carcans imposés.

La gauche du Parlement s’est prononcée contre la logique actuelle qui permet aux banques de se refinancer à des taux quasi nuls pour ensuite imposer aux États les plus en difficulté des taux proches de 10%.

Lothar Bisky, Président de notre groupe de la Gauche Unitaire Européenne – Gauche Verte Nordique, a dénoncé une quête obsessionnelle et destructrice :

« Monsieur le Président du Conseil, Monsieur le Président de la Commission,
Au nom de mon groupe je tiens à exprimer nos désaccords sur les résultats de ce Conseil.
Concernant la politique économique, ce que nous pensons des changements apportés, nous l’avons exprimé la semaine dernière lors d’une audition de notre groupe sur le sujet :
Il est nécessaire de sortir des orientations néolibérales sur la concurrence, la recherche de bénéfices, la flexécurité, l’ajustement de l’âge de la retraite etc.
Nous avons besoin d’une gouvernance économique légitime, contrôlée démocratiquement avec des normes minimales sur la fiscalité, les salaires et le dumping environnemental ».

Mon amie Bairbre de Brún (GUE/NGL – Irlande) a déclaré que « les mesures convenues lors du sommet cadenasseront tous les États membres dans une logique économique qui va à l’encontre des intérêts du peuple – une logique qui nécessite des coupes sombres et prive les États membres de la capacité à promouvoir la croissance ». « Quelle réflexion pousse le Conseil et la Commission à croire que les politiques imposées à l’Irlande n’augmenteront pas la dette ? Ou que la dette ne sera pas le résultat de ces politiques dans l’ensemble de l’Union européenne ? »

Mon amie Ilda Figueiredo (GUE-NGL – Portugal) a rappelé le sort des cent millions de personnes en situation de pauvreté dans l’Union européenne, qui «vivent dans la pauvreté, travaillent pour de faibles salaires et dans de mauvaises conditions tandis que les bénéfices des institutions économiques et financières montent en flèche outrageusement ».

Immigration : au mépris des valeurs de l’UE

Lundi 4 avril, un débat a eu lieu au Parlement au sujet des flux migratoires, suivi d’un vote le lendemain sur deux rapports sur le sujet.

Le premier, sur les flux migratoires, avait été attribué à un député italien de la Ligue du Nord, Fiorello Provera. Connaissant les positions ouvertement xénophobes de son parti, on pouvait nourrir les plus grandes inquiétudes.

Confirmant nos craintes, ce rapport prône une « Europe forteresse » face à une immigration perçue uniquement comme une source de danger sans même prendre en compte le fait que certaines migrations ne sont pas voulues mais subies (guerres, répressions, changements climatiques). Ce rapport cultive également l’ambition de maintenir nos voisins dans une logique de sous-traitance des flux migratoires vers l’Europe en échange d’accords de partenariat toujours couplés à des accords de réadmission. Ces accords permettent de renvoyer les migrants dans ces pays, que les migrants en soient originaires ou qu’ils n’aient fait qu’y transiter pour entrer dans l’UE.

En parallèle, le Parlement a adopté le rapport de la socialiste française Sylvie Guillaume relatif à l’octroi et au retrait de la protection internationale.

Ce rapport aurait pu marquer un grand pas pour les demandeurs de protection internationale en ce qu’il prévoyait le rapprochement de procédures actuellement très divergentes selon les 27 États membres de l’UE (harmonisation, procédure plus rapides, protection procédurale pour les groupes les plus vulnérables : victimes de tortures, viols, violences, mineurs non accompagnés…). Mais la droite du Parlement y a introduit des dispositions permettant des procédures « accélérées » pour les demandes jugées non crédibles, ou la création d’une liste de pays jugés « sûrs » dont les ressortissants n’auraient donc pas droit à la protection internationale.

Ce rapport très controversé a finalement été adopté par une très courte majorité (314 voix pour, 306 contre et 48 abstentions). Mon groupe a voté contre ces deux rapports, pour les raisons que mon amie Marie-Christine Vergiat (Front de Gauche) a très bien expliquées lors de son intervention :

« Le groupe de la GUE/NGL ne votera pas ce rapport qui comprend, certes, quelques éléments positifs mais qui sont contredits en permanence par les politiques de certains États membres dont mon propre pays. Ce rapport refuse de voir que les migrations sont d’abord Sud/ Sud. A défaut de le reconnaître, les tensions ne peuvent que s’aggraver et enfoncer un peu plus dans la pauvreté un certain nombre d’États du Sud.

Certes, l’Union européenne ne peut accueillir toute la misère du monde mais elle n’est en rien menacée ; les chiffres sont là pour le démontrer quelles que soient les gesticulations de certains.

L’Union européenne ne peut accueillir toute la misère du monde mais elle devrait y contribuer au prorata de sa richesse, de ses besoins, et des dégâts qu’y ont causés certains États membres et que causent encore certaines de leurs entreprises qui pillent les richesses de ces pays.

Ce rapport reste dans la ligne de cette « Europe forteresse » repliée sur elle même au mépris de ses propres intérêts, notamment démographiques. Non, l’Union européenne ne tire pas les leçons des révolutions en cours dans les pays arabes.

Elle ne fait pas preuve de solidarité. En quelques jours, la Tunisie, elle, a accueilli plus de 100.000 personnes dans des conditions exemplaires.

Non, Madame la Commissaire, les discours de l’Europe ne sont pas à la hauteur des problèmes qui se posent au monde.

Ils ne peuvent qu’alimenter les politiques xénophobes de certains États membres, et je le regrette sincèrement ».

Le lendemain, nous apprenions la terrible disparition de 150 personnes dans la nuit du 5 au 6 avril, après le chavirement d’une embarcation près de l’île de Lampedusa. Les bisbilles continues entre les gouvernements français et italien sur le sort des 20 000 migrants arrivés récemment à Lampedusa sont honteuses dans un tel contexte. De plus, comme l’a rappelé mon ami Rui Tavares (GUE/NGL – Portugal), il existe des instruments pour protéger ces personnes : la directive 55/2001 qui permet l’octroi d’une protection internationale temporaire en cas d’afflux massif de réfugiés, et une nouvelle directive européenne en négociation pour partager entre Etats européens la charge d’un afflux massif de migrants. Ce programme de réinstallation des réfugiés dans l’UE dont il est le rapporteur est malheureusement toujours bloqué au Conseil, qui continue de prôner une Europe forteresse au mépris des valeurs humanistes et de solidarité de l’Union européenne.

Le Parlement adopte un rapport sur la lutte contre la violence à l’ encontre des femmes

Mardi 5 avril, le Parlement a adopté le rapport de mon amie Eva-Britt Svensson (GUE/NGL – Suède) qui demande que le viol et toute autre violence sexuelle à l’encontre des femmes soient reconnus comme des crimes dans tous les pays de l’UE et leurs auteurs poursuivis d’office.

Il reste encore du chemin à parcourir dans ce combat : dans plusieurs États membres, le viol n’est pas considéré comme une infraction pénale, alors qu’un dixième des femmes européennes ont subi au moins une fois dans leur vie une agression sexuelle. Lors de son intervention, Eva-Britt a dénoncé une «violence qui nous affecte précisément parce que nous sommes des femmes ».

Par l’adoption de ce rapport, le Parlement demande aux États membres de :

  • reconnaître le viol et la violence sexuelle à l’encontre des femmes comme des crimes, en particulier au sein du mariage et des relations informelles intimes ;
  • veiller à faire poursuivre d’office les auteurs de ce type d’infraction ;
  • rejeter toute référence à des pratiques culturelles traditionnelles ou religieuses en tant que circonstances atténuantes, y compris les crimes dits d’honneur et les mutilations génitales féminines.

Il demande également la création d’instruments européens : un outil de droit pénal sous la forme d’une directive visant à lutter contre les violences fondées sur le genre, et un cadre juridique permettant de sanctionner le harcèlement en le reconnaissant comme une forme de violence dans tous les États membres. Enfin, en matière de prévention, le rapport demande une aide juridique disponible dans toute l’UE pour les victimes de violences, des seuils minimum pour le nombre de structures d’aide au logement pour les victimes de violences, et un cadre légal protégeant davantage les femmes migrantes.

Unilever : une aide ne doit pas dégager les entreprises de leurs obligations

Le Parlement devait se prononcer mardi 5 avril sur une aide européenne aux travailleurs ayant perdu leur emploi du fait de délocalisation d’une entreprise Unilever.

Ce type d’aide est attribué via le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM). Elle est normalement versée à des États, des collectivités locales qui se chargent ensuite de financer des projets de reconversion professionnelle, d’aide à la recherche d’emploi pour les personnes concernées.

A chaque session nous avons à voter plusieurs mobilisations de ce fonds, pour des centaines de personnes de différentes entreprises ou bassins d’emplois ayant perdu leur travail du fait de leur mise en compétition avec d’autres travailleurs. Bien que je considère que ce ne doit pas être aux crédits publics de payer les factures des licenciements et qu’au contraire je propose une taxation des licenciements abusifs des grandes sociétés, je vote ce fonds surtout pour venir en aide aux salariés. J’avais été très critique sur une telle initiative pour Dell. Cette fois je ne peux supporter que l’Union européenne ne demande aucun compte à Unilever et finance ses dégâts sociaux.

Dell avait fait transférer ses activités d’Irlande jusqu’à la Pologne en jouant avec les subventions que lui offrait la Pologne tout en comptant sur les aides européennes pour payer les pots cassés en Irlande. J’avais alors voté contre le déblocage de l’aide car celle-ci ne devait pas déresponsabiliser Dell de ses obligations.

C’est cette logique qui m’a poussé, avec mes collègues du Front de gauche, à voter contre la mobilisation du FEM pour les travailleurs licenciés d’Unilever en République Thèque. Unilever est une entreprise qui affiche des taux de rentabilité insolents, il est hors de question qu’une entreprise aussi rentable se dédouane de ses obligations sociales en laissant la collectivité payer pour ses logiques prédatrices.

Stratégie d’intégration des Roms : un manque flagrant d’ambition et de consultation

Mardi 5 avril, les groupes politiques du Parlement européen ont passé en revue les mesures annoncées par la Commission pour mieux intégrer les Roms qui représentent 11 millions de citoyens en Europe.

L’égalité d’accès à l’emploi, à l’éducation, à la santé et au logement, la protection des droits fondamentaux et une meilleure utilisation des fonds de l’UE sont les priorités de la Commission pour leur intégration. Mais les groupes progressistes du Parlement (GUE-NGL, Socialistes, et Verts) ont fait entendre leurs critiques sur le manque d’ambition de la Commission.

Mon amie Cornélia Ernst (GUE/NGL – Allemagne) a déploré que la stratégie proposée « n’aille pas au-delà de l’éducation, de l’emploi, de la santé et du logement, et ne contienne aucune sanction claire et concrète en cas de non respect par les États membres ». En effet de nombreuses voix ont critiqué le fait que la Commission n’ait pas traité la question sous l’angle des droits fondamentaux, de la non-discrimination, et de la lutte contre la xénophobie qui s’appliquent à tous les domaines et non uniquement à ceux cités par la Commission.

Autre critique récurrente : cette nouvelle stratégie de la Commission a été élaborée sans consultation des Roms et des Organisations non gouvernementales travaillant sur le terrain.

Cornélia Ersnt a terminé son intervention en faisant savoir que notre groupe de la GUE-NGL attend bien plus de cette stratégie et fera tout pour la modifier et l’amender dans le bon sens.

Syrie, Bahreïn, Yémen : réaction très timide de l’Union européenne

Mercredi 6 avril le Parlement a débattu de la situation en Syrie, au Bahreïn et au Yémen.

Catherine Ashton n’étant pas présente, c’est le ministre hongrois des affaires étrangères qui a endossé le message de la Vice-présidente de la Commission. Si la situation dans ces pays est « très tendue », « inquiétante » et même «dramatique », celui-ci a reconnu que l’UE ne pouvait en ce moment faire beaucoup plus qu’appeler les régimes autoritaires en place dans ces trois pays à cesser leur répression violente et à entamer les réformes réclamées par leur peuple.

Une déclaration qui a laissé sur leur faim les députés des tous les groupes politiques qui, depuis les événements de Tunisie, mettent franchement en doute la diplomatie européenne et ne cessent de demander une stratégie. Les affaires étrangères restant du domaine des États, le levier d’action le plus significatif de la diplomatie européenne reste la politique commerciale. Dans ce domaine l’UE ne fait pas preuve d’un grand discernement lorsqu’elle négocie des accords de partenariat, dont le principal objectif reste l’ouverture des marchés et la possibilité de renvoyer des migrants dans les pays signataires.

Comme la souligné mon amie du Front de gauche Marie-Christine Vergiat, la résolution du Parlement demande certes la réévaluation de nos relations avec ces pays pour tenir compte des soulèvements populaires, ou la suspension des accords en négociation comme c’est le cas avec la Syrie, mais, comme elle le rappelle très justement, cet accord est suspendu depuis 2009 non pas à la demande de l’UE mais de la Syrie…

Marché intérieur : enthousiasme de la droite, critique de la gauche

Lors de la discussion mercredi 6 avril sur les futures propositions de la Commission pour relancer le Marché intérieur, le Commissaire, Michel Barnier, a annoncé « douze leviers » pour relancer le marché européen avec pour chacun une action concrète «délivrée en deux ans ».

Le détail de ces leviers doit encore être précisé par la Commission qui a chargé un groupe de douze commissaires de faire des propositions. Celles-ci seront basées sur les objectifs de la stratégie Europe2020 qui succède à l’identique à la stratégie de Lisbonne.

En attendant les propositions de la Commission, le Parlement a fait connaitre sa position en votant trois textes qui donnent ses priorités pour le marché unique. En voici les axes :

  • reconnaissance européenne des qualifications professionnelles ;
  • plus grande surveillance de la Commission sur les produits financiers et marchandises ;
  • accès aux services bancaires de base pour tous ;
  • accès facilité des sociétés aux capitaux des marchés et à des fonds européens pour les grands chantiers d’infrastructures ;
  • aide à l’innovation et initiative législative sur la propriété intellectuelle via un brevet européen et un système de règlement des litiges ;
  • effort poussé pour la création d’un marché européen du numérique via «l’Agenda digital » préparé par la Commission et lutte contre le piratage ;
  • simplification des normes législatives pour les entreprises, notamment celles qui ont des activités économiques transfrontalières ;
  • réforme de la fiscalité des entreprises (mais pour l’instant on en reste à une assiette commune et non un taux commun) ;
  • accès plus facile des PME aux marchés publics en simplifiant leurs règles d’attribution.

Le Parlement demande également que la réunion des chefs d’État européens lors du Conseil de printemps fasse le point chaque année sur l’avancement du marché intérieur.

« L’achèvement du marché unique » reste un des points les plus importants pour la Commission et les tenants d’un fonctionnement du marché européen délivré de tous les carcans réglementaires ; ce qui n’est pas sans conséquence sur les droits sociaux, comme l’avait montré la directive « services ».

La Commission, par la voix de son Commissaire au Marché intérieur Michel Barnier, a fait savoir qu’elle voulait obtenir un plus grand accès au marchés publics hors Union européenne via ses négociations commerciales : « L’objectif est clair : plus d’accès aux marchés pour nos entreprises, et nous sommes naturellement prêts à offrir davantage nous aussi, dans un esprit de réciprocité et de bénéfice mutuels. Plus de commerce bénéficiera à tout le monde ».

Face à la droite européenne qui demande plus de marché, plus de mobilité des capitaux et des travailleurs, mais sans préciser à quelle condition (certains estimant même que la directive « services » est trop protectrice), les socialistes sont restés un peu timorés, se contentant de demander une «clause sociale » qui obligerait la Commission à étudier l’impact social de chaque nouvelle législation, mais sans remettre en cause le fonctionnement même du marché intérieur, qui se traduit bien souvent par une harmonisation vers le bas des acquis sociaux.

A l’inverse, mon ami Kyriakos Triantaphyllides (GUE/NGL – Chypre) a critiqué les propos de la Commission qui «suivent la même logique que la stratégie de Lisbonne qui est un échec » et a appelé à « un nouveau marché européen favorisant la justice sociale ». Dennis de Jong, mon ami néerlandais également membre de la GUE/NGL, a enfoncé le clou en déclarant « le marché unique ne devrait pas subordonner les droits sociaux à la concurrence effrénée ».

Pêche : un compromis sur le financement et l’utilisation des données de la pêche

Mercredi 6 avril, le Parlement européen a adopté à une large majorité (633 voix pour, 26 contre et 13 abstentions) le rapport de mon ami João Ferreira (GUE/NGL – Portugal) sur les mesures financières de l’Union relatives à la mise en œuvre de la politique commune de la pêche.

Ce rapport reprend un accord obtenu en mars entre les trois institutions européennes (Parlement, Conseil, Commission). Il permet de préciser les investissements possibles de l’UE, notamment en matière de recherche scientifique, et harmonise les règles européennes de collecte, de gestion et d’utilisation des données visant à produire des avis : état des ressources, écosystème marin, aspects économiques et sociaux…

Nucléaire : une résolution du Parlement bloquée

Mercredi 6 avril le vote sur une résolution commune sur les leçons de l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi a provoqué de profondes divisions au sein du Parlement européen.

Finalement rejetée, la résolution commune (négociée et cosignée par tous les groupes) avait pourtant fait l’objet d’un large consensus. Elle rappelait évidemment notre solidarité avec le peuple japonais tout en demandant plus de transparence de la part des autorités japonaises et de la société privée TEPCO, opérateur de la centrale de Fukushima. En voici quelques passages significatifs :

« considérant que cet accident nucléaire et les précédents accidents de ce type au Japon et dans le reste du monde ont révélé qu’il est plus que jamais nécessaire de revoir l’approche adoptée en matière de sûreté nucléaire au niveau de l’Union et à l’échelle mondiale,

considérant que la directive sur la sûreté nucléaire ne prévoit qu’un cadre limité pour l’action de l’Union européenne dans ce domaine ; considérant qu’à la lumière de ces événements, les normes européennes et internationales dans le domaine de la sûreté nucléaire devraient être aussi élevées que possible,

considérant la nécessité manifeste d’un dialogue public ouvert sur l’énergie nucléaire dans tous les États membres afin de sensibiliser le public aux effets de l’énergie nucléaire avant toute prise de décision politique,

considérant que l’organisation du travail dans l’industrie nucléaire européenne actuelle revêt souvent la forme de la sous-traitance et qu’une formation appropriée, en particulier en matière de niveaux d’exposition dangereux des travailleurs, ainsi qu’un contrôle final de la fiabilité aux stades les plus dangereux des processus doivent être assurés,

est d’avis que l’Union européenne doit réévaluer l’ensemble de son approche nucléaire, étant donné que l’énergie nucléaire continuera à faire partie de la palette énergétique de plusieurs États membres pendant de nombreuses années encore et que de nouveaux réacteurs sont prévus ou sont déjà en cours de construction ; invite les États membres, dans l’intervalle, à imposer un moratoire sur la construction et la mise en service de nouveaux réacteurs nucléaires, du moins pendant la période au cours de laquelle les tests de résistance seront réalisés et évalués ;

estime que, pour assurer la crédibilité des tests de résistance, ceux-ci doivent être obligatoires et fondés sur des critères communs et transparents fixés par la Commission en coopération avec le groupe des régulateurs européens en matière de sûreté nucléaire (ENSREG) et des experts indépendants ; considère que ces tests doivent être menés sous la surveillance de l’Union et suivis par des experts indépendants et que les évaluations finales doivent être prêtes à être publiées d’ici la fin de l’année 2011 ;

demande à la Commission de réaliser une étude sur l’économie générale de la construction, du fonctionnement et du démantèlement des centrales nucléaires en Europe, y compris les aspects liés aux interventions d’État en cas d’accidents/d’urgence, aux assurances et aux aides d’État ainsi qu’à la concurrence dans le contexte du marché unique européen de l’énergie ».

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