COMPTE-RENDU DE SESSION AU PARLEMENT EUROPÉEN (13-16 février 2012) 5

Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg © Commission européenne

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Le Parlement européen s’est réuni du 13 au 16 février 2012 à Strasbourg.

Voici les principaux éléments discutés et votés lors de cette session.

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Aide aux sans-abris, la Commission botte en touche

Lundi 13 février le Parlement a débattu de la situation des personnes sans-abri suite à la vague de froid qui a fait plus de 600 morts à travers l’Europe.

La Commission a été peu claire : selon elle, c’est principalement aux Etats et aux autorités locales de prendre en charge ces personnes. Le discours qui a suivi, technocratique au possible, a exposé les initiatives de la Commission en matière d’entreprenariat social, de meilleur fléchage des Fonds européens, de partages d’informations pour lutter contre la pauvreté et de rapports que la Commission prépare sur le sujet.

Il est vrai que le rôle des acteurs de terrain et des collectivités locales est primordial, mais il est curieux que la Commission n’ait pas fait une seule mention du programme d’aide alimentaire qui bénéficie aux plus démunis, dont la fin est organisée par la Commission pour 2014.

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Non aux traités européens à la sauce grecque 2

De Madrid à Lisbonne, où à Athènes et Rome, les salariés, les citoyens se sont mobilisés en fin de semaine dernière  contre l’Europe de l’austérité et du chômage. Ce mouvement aura un temps fort le 29 février prochain à l’appel de la Confédération européenne des syndicats. Pour la première fois, cette dernière s’est très nettement prononcée contre les projets de traités européens qu’on tente une nouvelle fois d’imposer aux peuples. Imposés par le couple Sarkozy-Merkel, cachés aux citoyens européens, ils sont une sorte de constitutionnalisation à l’échelle de toute l’Union européenne du scandaleux talon de fer déjà imposé au peuple grec. Après la mise en place de huit plans d’austérité consécutifs, la dette y a augmenté de 25% avec un doublement du chômage. Preuve par l’absurde et d’indicibles douleurs que l’austérité est un poison mortel.

Les familles sont saignées à blanc : baisse des retraites, suppression de plus de 15 000 emplois publics, vente des entreprises publiques, diminution de toutes les prestations sociales et médicales, abaissement de 22% du salaire de base et de 32% des rémunérations des jeunes de moins de 25 ans. La misère s’abat sur une population dont la majorité, depuis des années, tirait déjà le diable par la queue, tandis que les grands armateurs, les grandes sociétés privées, la riche Eglise orthodoxe vivent dans l’opulence. Les dépenses d’armement comme l’argent placé dans les paradis fiscaux ne sont pas touchés. Les milieux financiers et le grand capital européen suivent avec attention les capacités de réaction du peuple grec. En effet, de telles dispositions appliqués à notre pays, notamment la réduction des salaires, aboutiraient à un SMIC net à 843€ par mois, tandis qu’un jeune serait rémunéré à 702€ mensuels.

Comment tolérer que soit ainsi traitée la nation qui  a légué au monde les principes de la démocratie ! Ceux-là  mêmes qui sont chaque jour foulés au pied par les institutions européennes. N’ont-elles pas  installé à leur tête un représentant de la Banque Goldman-Sachs, exécuteur des ordres d’une junte composée des représentants de la Commission de Bruxelles, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international ? Les marchés financiers estiment bien sûr être mieux servis par eux-mêmes. Pour les Grecs, c’est une toute autre histoire! Il aurait été possible, il est encore possible de faire autrement en permettant à la Banque centrale européenne de racheter par création monétaire la dette grecque. Il s’agirait  d’aider au redressement du pays par l’octroi de crédits à taux d’intérêt quasi nuls pour des projets de développements sociaux, humains et des investissements utiles, créateurs d’emplois, dans le cadre d’un fonds européen de développement humain, solidaire et écologique.

Les autorités européennes ont choisi la voie de l’étouffement qu’elles veulent généraliser sur tout le continent. Elles ont baptisé « mécanisme européen de stabilité » une sorte de banque dans laquelle les pays mettront, dans un premier temps, 500 milliards d’euros, dont 142 milliards par tranche pour la France. Il ne s’agira pas d’un fond d’entraide à disposition des états en difficulté. Comme pour la Grèce, l’argent ne sera éventuellement prêté à un pays que s’il s’impose des  purges sociales aux effets pires que le remède proposé.

Ce « mécanisme européen de stabilité » est devenu un traité voté en catimini par l’Assemblée nationale mardi dernier. Il est indissociable du deuxième traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire (TSCG) qui, lui, oblige à réduire toutes les dépenses publiques et sociales sous peine de « sanctions européennes ». C’est celui-là qui  impose  d’inscrire dans la Constitution le principe de  réduction des investissements publics, baptisé « règle d’or ». Les mots “chape de plomb” sur la vie quotidienne de chacun conviendraient beaucoup mieux. Tout pays qui refuserait d’obtempérer serait poursuivi devant la cour de justice européenne.

Président des riches reconverti la veille d’un scrutin en candidat du peuple, M. Sarkozy  a signé deux traités qui vont faire beaucoup de mal aux peuples de l’Europe. L’article 5 du traité instituant « le mécanisme européen de stabilité », édicte noir sur blanc qu’ils sont inséparables: « Le présent traité et le traité TSCG sont complémentaires dans la promotion de la responsabilité budgétaire et de la solidarité au sein de l’Union »… et précise : « L’octroi d’une assistance financière dans le cadre de nouveaux programmes en vertu du MES sera conditionné… par la ratification du TSCG par l’état membre concerné… ». Une camisole de force est ainsi imposée à tous les européens. Les Grecs servant  aujourd’hui de cobayes.

Les députés socialistes, dans leur majorité,  ne sortent pas grandis par leur refus d’entendre l’appel unitaire du Front de Gauche à se rassembler pour s’opposer à un texte aux conséquences aussi lourdes pour le monde du travail et de la création. En s’abstenant mardi soir, ils ont envoyé un mauvais signal à toutes celles et ceux qui espèrent tant un changement de politique qui ne sera possible qu’en se dégageant d’orientations qui ont conduit l’Union européenne dans le mur.

Les prochaines échéances électorales donnent l’occasion aux électrices et électeurs, qu’ils soient socialistes, écologistes, communistes, progressistes, de modifier le rapport de forces en faveur d’une Europe de la solidarité qui refuse l’austérité. Sans attendre, ils peuvent se rassembler pour ensemble obtenir un grand débat national et un référendum sur ces textes si néfastes pour ceux qui n’ont que leur travail pour vivre et pour l’idée même de construction européenne. Plus le résultat de Jean-Luc Mélenchon sera élevé, plus le Front de gauche aura de députés aux prochaines législatives, meilleures seront les chances de la gauche et de l’écologie politique de l’emporter et, demain, de réussir une politique vraiment de gauche.

Solidarité avec le peuple grec 5

Grève générale en Grèce contre les nouvelles mesures d'austérité - 07/02/2012

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Je m’adresse à  tous les salariés, à tous les peuples de l’Europe.

Et si dans les mois, les années qui viennent nous étions traités comme le sont les Grecs ? Plan d’austérité après plan d’austérité, les autorités européennes leur imposent une effroyable purge sociale : diminution du salaire minimum de près d’un quart -en France une telle mesure ramènerait le SMIC à 1000€-, suppression cette année de quinze mille emplois publics, nouvelle baisse des retraites, diminution de la sécurité sociale, privatisation de quatre nouvelles entreprises.

C’est une effroyable saignée qui épargne les armateurs, la  riche Eglise orthodoxe, les banquiers et les  spéculateurs. On ne peut tolérer que soit ainsi traité au XXIème siècle, sur le continent européen, un peuple qui a légué au monde les principes de la démocratie aujourd’hui piétinés par les autorités européennes. On ne peut accepter que soit niée  sa souveraineté et qu’il soit  soumis à la « discipline budgétaire » et à « la surveillance » tandis que les marchés financiers et les  banques le spolient avec des taux d’intérêts usuraires. Cette danse macabre des vautours de la finance qui dépècent la Grèce doit cesser. Il faut leur couper les ailes sinon ils s’attaqueront à d’autres proies en Europe. Leur austérité mène à la ruine.

Avec les Grecs, refusons-la avec d’autant plus de force que les deux traités européens écrits par Sarkozy et Merkel visent à imposer partout dans l’Union européenne le garrot qui étrangle la population grecque. En Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal, dans toute l’Europe, rassemblons-nous sur une exigence simple et réaliste: que la Banque centrale européenne prenne en charge la dette grecque et avance à ce pays directement les 130 milliards dont il a besoin au même taux qu’elle le fait pour les  banques privées, c’est-à-dire à 1%. Ne pas le faire serait  un crime !

Oui, Grecs nous sommes dans la solidarité en refusant de l’être demain dans le malheur qu’on leur fait subir.

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Signez la pétition en ligne sur le site de l’Humanité, en cliquant ici

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Contre le déclassement, changer de système Répondre

Que les dirigeants des pays européens aient pu laisser trois agences de notations, liées aux milieux d’affaires, peser sur les orientations politiques et économiques, constitue une démission sans nom, une forfaiture. Voici que l’une de ces sévères “notatrices”, liée au capital nord-américain, sanctionne la politique de M. Sarkozy. Preuve que le Président de la République ne protège pas la France. Preuve aussi que ses discours sur ” la moralisation du capitalisme” ne sont que du vent.

Pourtant, c’est ce même M. Sarkozy qui avait répété ces dernières années que la notation dite “triple A” était si précieuse que pour la préserver il a, contre l’opinion majoritaire des citoyens français, démembré le droit à la retraite à 60 ans, abaissé les niveaux de protection sociale, attaqué violemment les services publics, obligé les familles populaires à se serrer toujours plus la ceinture.

Preuve vient d’être administrée que rentrer dans le jeu des marchés financiers et tenter de répondre sans cesse à leurs exigences revient à placer nos concitoyens dans une broyeuse sans fin de leur salaire, de leur retraite, de leurs droits sociaux, démocratiques et politiques. Une réflexion nouvelle vient immédiatement à l’esprit : il ne peut y avoir de réponse authentiquement de gauche si on se moule dans le modèle du capitalisme financiarisé et mondialisé. Plus le pouvoir de droite et les dirigeants européens imposent l’austérité, plus la finance en réclame et plus la crise s’aggrave. Quelle que soit la couleur politique des gouvernants qui l’appliquent, parce qu’ils font souffrir leurs populations, ces dernières les chassent à la première occasion comme dernièrement en Grèce et en Espagne. Mais en guise de changement, les Grecs et les Espagnols ont maintenant encore plus d’austérité, avec plus de chômage et de précarité, certes avec des têtes nouvelles au sommet des Etats. De cette vis sans fin vers le malheur et la désespérance, il est plus que temps de sortir. C’est pour y contribuer qu’existent le Front de gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon.

Eux seuls ont le courage et l’honnêteté de dire que l’austérité n’est pas le moyen de réduire les dettes. Elle en produit et les aggrave sans cesse. M. Sarkozy, ce  grand pourfendeur de déficits, aura réussi cet incroyable et pitoyable exploit de créer à lui seul autant de dettes que les quatre Présidents de la République qui l’ont précédé. Lorsqu’il s’est installé au Palais de l’Elysée en 2007, l’endettement du pays était de 700 milliards d’euros. Aujourd’hui il est de 1600 milliards. Non pas parce qu’il a amélioré les services publics ou la protection sociale. Il les a dégradés. Par contre, il a multiplié les cadeaux aux plus fortunés et au grand capital, tout en réduisant l’activité économique. Il voudrait nous faire croire qu’il n’est pour rien dans la dégradation de la note qu’il présentait encore il y a peu comme une catastrophe à éviter à tout prix, devenue de peu d’importance aujourd’hui qu’elle est là. N’en déplaise à cet illusionniste, la chose est grave. Très grave. Dans l’actuel système, elle oblige notre pays à emprunter à des taux d’intérêt plus élevés. Tout risque encore d’augmenter, avec des  souffrances sociales insupportables.

Le Premier ministre, comme d’habitude, appelle à un tour de vis supplémentaire au nom de la “compétitivité “. Avec d’un côté, une ponction sur le consommateur avec “la TVA-vie chère”. De l’autre, une diminution des salaires. Certains ministres proposent même de supprimer la cinquième semaine de congés payés. Or, dans toute l’Europe l’expérience montre que plus l’austérité est sévère, plus la crise s’aggrave et plus les difficultés s’accumulent, plus la dette grossit. Elle augmente parce que l’économie est étouffée et que les banques ponctionnent des intérêts sur cette dette devenue insupportable pour les Etats et la société toute entière.

S’attaquer à la dette appelle de tourner le dos à ces choix. C’est en effet le développement économique et social qui permettra des rentrées financières et de relancer la production et l’emploi. Il faut une réforme fiscale progressiste pour la justice et une transformation  du système bancaire qui doit cesser d’être un outil de pompage des ressources du travail, des Etats, des collectivités territoriales et des institutions publiques. Il s’agit de mettre ces outils au service du développement humain, social et écologique grâce à l’utilisation d’un crédit peu cher, dès lors qu’il sert le travail, la création, le progrès social et écologique. Pour y parvenir, -condition d’une indispensable souveraineté économique- il devient nécessaire que le système bancaire soit sous contrôle citoyen. Autrement dit, il est indispensable de socialiser les banques et les institutions financières, tout en menant bataille en Europe pour changer le rôle de la Banque centrale européenne de telle sorte qu’elle se mette au service du bien commun et non plus de la rapacité des fonds financiers des banques privées.

C’est l’opposé de ce que tentent d’imposer M. Sarkozy et Mme Merkel avec le projet d’un nouveau traité européen austéritaire. M. Sarkozy avait déclaré qu’il était le point de départ d’une « nouvelle Europe ». Il n’a pas dit pour qui ! Pour les voraces de la finance ? Certainement ! On voit mieux aujourd’hui la nocivité des orientations euro-capitalistes de ce texte, aggravant considérablement les critères antisociaux du traité de Lisbonne, déjà majoritairement rejeté en 2005 par le non au référendum. Le caractère dérisoire des sommets franco-allemands à répétition saute aux yeux. M. Sarkozy y aligne nos droits sociaux sur les choix extrêmement durs que subissent les travailleurs allemands, sans pour autant enrayer la crise, bien au contraire !

 Ce n’est pas en livrant la France, pieds et poings liés à la finance qu’on en sortira. C’est en engageant un processus populaire et démocratique qui s’en émancipe en misant sur “l’humain d’abord”.

Sortir des impasses de l’euro-austérité 3

Ce n’est plus un petit vent mauvais qui souffle sur l’Europe mais une tornade qui, pour le compte du monde de la finance, aspire, déchiquette, détruit les droits sociaux et humains acquis, pendant des décennies,  au fil des combats sociaux des ouvriers, des intellectuels et des créateurs. Un recul sans précédent de la démocratie est à l’œuvre sur notre continent.

Régression sociale inconnue depuis la seconde guerre mondiale, injustices, inégalités, appauvrissement, se conjuguent avec la mise en place d’un totalitarisme d’un type nouveau, appliqué par des mandataires, anciens commissaires européens ou de la Banque centrale européenne, aux pouvoirs spéciaux, au service du capital financier international.

Le fossé séparant les puissances d’argent et les peuples va s’agrandissant. Ces forces de l’argent, portées par les banques privées, les fonds d’investissements, des compagnies d’assurance, ont les mains libres grâce aux politiques libérales menées par les gouvernements successifs de droite, mais aussi malheureusement par des gouvernements de gauche, de tendance sociale-libérale en Europe. Elles livrent une véritable  guerre  aux peuples, qui n’épargne pas  le capital productif. Guerre avec ses fronts économiques, monétaires entre le dollar et l’euro, et politiques, allant jusqu’à imposer à la tête des Etats les mandataires de leur choix. Après l’Irlande et  le Portugal, la finance vient d’installer ses « administrateurs judiciaires » à la direction de la Grèce et de l’Italie.

Nous sommes à un moment où les contradictions internes du capital peuvent exploser. En Grèce a été préférée l’entrée au gouvernement, aux côtés de la droite et des socialistes,  de l’extrême-droite des colonels plutôt que la consultation du peuple par référendum. En Italie, nous ne regretterons pas M. Berlusconi. Mais il détenait son mandat du suffrage universel. Aujourd’hui, c’est l’ancien commissaire européen, qui a le plus poussé aux dérégulations et déréglementations, forçat de la concurrence débridée, qui est aux affaires.

En France, à peine le Premier ministre avait-il fini d’exposer un deuxième plan d’austérité depuis l’été, que concomitamment, la Commission de Bruxelles en réclamait un troisième et l’agence de notation nord-américaine « Standard & Poor’s » préparait un communiqué confirmant une dégradation de la note de la France. Depuis, on fait croire qu’il s’agit d’un accident. En vérité, c’est le révélateur du système. Un communiqué était écrit et est parti trop tôt. Mais il était rédigé d’avance. Dans quel but ? Et pour qui ? La réponse est claire. En dégradant la note de la France, les taux d’intérêt des emprunts de notre pays augmentent automatiquement. Déjà l’Etat français emprunte à des taux d’intérêt plus élevés que l’Allemagne. Au nom de quoi ? Aucune raison valable, sauf la voracité de la finance.  L’intérêt sur la dette que paie notre pays équivaut à la totalité des recettes de l’impôt sur le revenu, soit 50 milliards d’euros. Si on augmente le taux d’intérêt de la France de 1 à 1,5%, la charge de la dette augmente de 15 à 25 milliards d’euros. Autrement dit le gel du barème de l’impôt sur le revenu et les hausses de TVA vont directement dans les caisses des fonds financiers et des banques. Et les rapaces de la finance, toujours plus assoiffés, en demandent plus. Les puissances d’argent, comme les dirigeants européens, savent que cette politique va mener à une terrible récession. Ils vont donc s’appuyer sur la crise dont ils sont responsables pour développer une campagne idéologique visant à faire accepter l’euro-austérité. Plus ! Ils veulent maintenant une Europe gouvernée centralement, hors de portée des peuples, dans un « fédéralisme  centralisé et autoritaire » avec un gouvernement européen dont le pilier serait un ministre des finances chargé d’appliquer « le pacte euro plus » qui va encore plus loin que le traité de Lisbonne. C’est d’ailleurs le sens de la proposition d’une modification dite de simplification des traités : intégrer ce « pacte euro plus » dans le traité de Lisbonne. Pour cela, « les crises sont une chance » vient de déclarer le ministre allemand des finances à nos confrères du Monde. Pour lui, la cour de justice européenne doit poursuivre les Etats qui n’appliquent pas le « pacte euro plus ».

L’enjeu essentiel pour les droites européennes et les milieux d’affaires est d’amplifier la guerre économique en alignant les niveaux de vie des populations européennes sur les niveaux les plus bas dans le monde. Ils appellent cela … « la compétitivité » !

Telles sont les raisons essentielles des plans de super austérité combinés au totalitarisme idéologique et politique qui se propage. Pour maquiller ceci, la propagande des élites européennes fait croire qu’on installe des gouvernements de techniciens. C’est un leurre ! Ce sont des gouvernements directement en phase avec les marchés financiers. Voilà qui appelle l’ensemble du mouvement progressiste, les syndicats, les associations, la gauche, à aborder des questions, peut-être compliquées, mais indispensables pour que les peuples ne soient pas dépossédés de leur avenir. Le choix ne peut être entre le sarkozysme des marchés financiers et une gauche d’adaptation à ceux-ci. Si on se laissait enfermer dans un tel faux choix, il n’y aurait plus d’alternative, pas d’amélioration de la vie des familles populaires. Au bout du chemin, c’est la ruine, la pauvreté et la misère partout. Au bout du compte, il ne faudrait pas exclure le pire, la résurgence et la montée d’une extrême-droite, peut-être repeinte aux couleurs de notre époque, mais extrême-droite tout de même !

Il faut avoir le courage de tirer les leçons des tares originelles des traités de Maastricht et de Lisbonne, non pas pour revenir à un souverainisme populiste et droitier, mais pour remettre les peuples au cœur d’un projet européen efficace parce que basé sur le progrès social, la solidarité internationaliste, la démocratie, la protection de la planète, la coopération internationale à l’opposé de la fausse concurrence. Changer ces traités ultralibéraux au profit de traités pour les peuples est une tache essentielle.

Dans l’immédiat, il conviendrait d’obtenir une expertise populaire de la nature de la dette qui étouffe les Etats. Une partie de ces dettes est illégitime. Il faut donc ouvrir le processus de son annulation.

Il n’y a pas de sortie de crise sans poser avec force et de manière populaire, accessible à toutes et tous, les enjeux du rôle de l’argent, des financements, du crédit public, contre les marchés financiers.

Ceci ne peut se faire uniquement de manière institutionnelle, mais dans la vie réelle, en combinant le débat d’idées, les demandes et les actions sociales dans les entreprises, les services publics, les banques et les assurances, les collectivités territoriales, en faveur d’une autre politique nationale et européenne.

C’est ce mouvement de va et vient, partant de la vie de chaque individu jusqu’au changement en Europe et dans le monde, qui peut ouvrir la perspective d’une autre cohérence au service des êtres humains d’abord contre les rapaces de la finance.

De l’entreprise, du quartier, jusqu’aux institutions européennes, l’enjeu de la démocratie contre les petits despotes éclairés, même camouflés derrière les termes de « techniciens » ou « d’experts économiques », devient primordial.

En ce sens, il faut reprendre le pouvoir sur les banques et les institutions financières, de la Banque centrale européenne jusqu’à la banque de quartier. Pourquoi les Etats, donc l’argent des citoyens, doit-il servir à partager les pertes sous forme de recapitalisation ? La logique pousse plutôt à des nationalisations démocratiques, appropriation sociale, citoyenne d’un nouveau type des banques pour constituer un pôle public bancaire et financier, adossé à la Caisse des dépôts et Caisse d’épargne, et à la Banque postale pour développer un crédit public, pour le développement humain contre la loi de la finance.

Ce crédit à bas taux d’intérêt ou nul, favoriserait l’investissement productif, le tissu des petites et moyennes entreprises,  les collectivités locales pour la rénovation urbaine, le logement, les transports, l’aide aux jeunes en difficulté, la vie rurale et l’agriculture paysanne, les modifications des systèmes productifs dans le cadre d’une transition plus humaine et écologique vers une croissance d’un type nouveau.

De tels systèmes bancaires développés partout en Europe devraient pouvoir s’appuyer sur une nouvelle banque centrale européenne, placée sous le contrôle des élus du peuple et dont les missions prioritaires deviendraient l’action pour le progrès humain et écologique, le travail pour toutes et tous, l’éducation et la formation, les investissements utiles, la culture, l’incitation au progrès social et au rattrapage économique pour certains pays.

En ce sens, la Banque centrale européenne refinancerait les banques nationales ou européennes sur la base de ce nouveau crédit public.

La Banque centrale européenne devrait pouvoir aussi utiliser son droit de création monétaire pour deux objectifs prioritaires. D’abord dans le but d’aider les économies à faire progresser la production réelle, les salaires, le développement d’infrastructures indispensables en Europe, le travail sécurisé. D’autre part, pour racheter des dettes publiques légitimes en difficulté pour purger le système.

Cependant, « purger » ne suffit pas. Il sera nécessaire de réformer profondément le système fiscal, le crédit et de développer les secteurs et services publics pour un nouveau développement humain, durable et solidaire. L’actuel « fonds européen de stabilité financière » ne peut promouvoir cet objectif car il est alimenté et garanti par les Etats, mais surtout, il emprunte sur les marchés financiers.

Par contre, la création d’un fonds européen de développement humain, social et écologique serait un outil efficace qui, alimenté d’une taxe sur les transactions financières, la création monétaire de la Banque centrale européenne et le rachat par elle de dettes publiques, favoriserait le développement  des services publics au service des individus, de la sécurité du travail, de l’éducation, de la recherche, de la santé.

Il n’y a aucune fatalité à l’actuelle crise. Il y a par contre une féroce lutte, une guerre menée par la classe des possédants contre le monde du travail, de la création et des retraités. La question du dépassement du marché capitaliste est posée. Le nouveau frappe à la porte. Il appelle un basculement, une rupture avec le système actuel,  de l’entreprise à la Nation et à l’Union européenne, avec un autre partage des richesses, une nouvelle manière de produire, basée sur une démocratie participative d’intervention sociale et politique. A l’opposé de la concurrence destructrice des droits sociaux et de l’environnement,  ce sont de nouvelles coopérations entre individus, Nations, entreprises, banques, qu’il faut inventer. Une Europe de coopération qu’il convient de promouvoir, qui coopère avec les pays du Sud et  avec ceux qui dans le monde cherchent à s’émanciper du dollar et des marchés financiers. Au lieu que tout soit « marché et marchandises », du travail à la monnaie, de nouveaux critères de gestion pour l’humain et l’humanité et non plus pour la rémunération sans fin du capital, deviennent une nécessité.

Une Europe qui pousse l’idée d’une monnaie commune mondiale, de coopération comme le Parlement européen l’a voté récemment, combinée à une transformation du Fonds monétaire international et de l’Organisation mondiale du commerce, pour une mondialisation favorable aux peuples, serait de nature à combler le fossé qui se creuse entre les populations et l’idée même de construction européenne sociale et solidaire. Un fossé sur lequel surfe la terrible et dangereuse démagogie des extrêmes-droites. Il n’y a pas de temps à perdre pour que s’ouvre le débat public sur les moyens de sortir des impasses de l’euro-austérité.