La responsabilité de la gauche 2

Nous avions connu le « référendum » bafoué en 2005, avec M. Sarkozy sans plus de considération pour le vote majoritaire de nos concitoyens contre le traité constitutionnel européen qu’il n’en a pour un paillasson !

Voici le « référendum » interdit au peuple grec. Interdit par le même M. Sarkozy, dans le sillage de Mme Merkel, couple bien loin de la parité, fabriqué par la classe des élites européennes. Ces deux là ne sont en fait que les petits valets de l’oligarchie capitaliste qui enfonce et enfonce toujours plus les peuples et l’Union européenne dans la crise. Ils se sont constitués en directoire franco-allemand de l’Europe, méprisant à ce point le Premier ministre grec qu’ils se permirent de le convoquer comme un vulgaire laquais afin de lui intimer l’ordre de ne pas consulter ses concitoyens, au beau milieu de la réunion internationale du G20, qui, une nouvelle fois, n’a débattu ni du sort des chômeurs, des précaires, des pauvres et des nouvelles couches qui descendent un à un les barreaux de l’échelle sociale. Ce même duo, allié au Fonds monétaire international, a méprisé tout autant le peuple italien en le plaçant sous surveillance, dépêchant là-bas aussi des wagons d’experts -ceux-là même qui nous ont plongé dans l’actuel bourbier- pour décider des orientations économiques et budgétaires de l’Italie en lieu et place des Italiens. Et à peine rentré des Conseils européens et du G20, le duo Sarkozy-Fillon impose une nouvelle purge sociale contre les familles populaires après avoir servi, depuis le début du quinquennat, les plus fortunés et les puissances d’argent. Pour y parvenir, tous les moyens leur sont bons. N’a-t-on pas vu le premier Ministre comparer la France, qui n’a jamais produit autant de richesses, au champ de ruines laissé par la dernière guerre ?

Décidément, il apparait de plus en plus clair que ces mots répétés depuis quelques temps dans les cénacles européens de « gouvernance de l’Europe » sont à l’opposé de toute forme de démocratie. Tout ce qui permettrait aux peuples de faire irruption sur la scène européenne se voit opposer un refus net et violent. Les dirigeants européens ne se cachent même plus. Ils l’écrivent noir sur blanc dans le « Pacte Euro plus » et la conclusion de la réunion du Conseil européen du 26 octobre dernier. C’est limpide ! Lisons : « La Commission et le Conseil auront la possibilité d’examiner les projets de budgets nationaux et de rendre un avis sur ces projets avant leur adoption par le Parlement national concerné. En outre, la Commission assurera le suivi de l’exécution du budget et, si nécessaire, proposera des modifications en cours d’exercice ». Ainsi, une structure non élue décidera avant et à la place des parlementaires du budget national. Cette même structure « assurera le suivi de l’exécution de ce budget » et pour finir ceci : « En cas de dérapage d’un programme d’ajustement, une coordination et un suivi plus étroit de la mise en œuvre du programme seront assurés » (chapitre 27 – a de l’accord du 26 octobre).

Quel démocrate, quel progressiste, quelle femme ou quel homme de gauche peut accepter ce déchiquetage intégral de la souveraineté populaire et de la souveraineté des Nations ? En fait, s’instaure un diktat supranational sur la vie des gens, exercé par une instance non élue. Remarquons d’ailleurs que les rectifications budgétaires demandées sont toujours la réduction des droits sociaux, des salaires, de l’emploi, des services publics. Jamais dans le cas de la Grèce il n’a été question du rapatriement des 200 milliards d’évasion fiscale, d’imposition des gros armateurs ou d’arrêt de l’achat d’armement… à l’Allemagne ou à la France. Oui, il s’agit bien d’une Europe toute entière au service du capital. Une Europe antidémocratique et antisociale.

Ajoutons cette nouvelle donnée inquiétante. Depuis les débats sur l’acte unique européen, puis plus encore au moment de l’adoption du traité de Maastricht, la droite comme la majorité du Parti socialiste et des écologistes ont défendu ces textes au nom du projet européen, de l’idée européenne, de la paix, de la solidarité et de la mise en commun. Autant de visées que nous partagions, tout en combattant ces traités car nous pensions que leur esprit et leur lettre allaient à l’opposé des objectifs proclamés.

Nous ne savions pas que les choses iraient si vite et prendraient une telle ampleur dramatique.

Non seulement les orientations de ces bibles euro-libérales enfoncent les peuples dans une crise dont on ne voit ni la fin, ni même toutes ses conséquences. Non seulement elles ont donné tout le pouvoir aux institutions financières, aux puissances d’argent, aux marchés financiers dont les chefs d’Etat font semblant de se plaindre chaque matin. Mais la solidarité interne entre Nations en Europe, l’entraide, la construction commune, la vision commune de l’avenir est totalement absente. Pire, voilà qu’on déclame sur tous les tons, dans tous les médias, qu’il existe une Europe divisée entre une Union européenne des 27 Etats membres, au sein de laquelle il y a une Europe de la zone Euro de dix-sept pays et au sein de celle-ci, quinze Etats sont placés sous le commandement d’un axe « franco-allemand », lequel est dominé par l’idée du retour à une grande Allemagne, imposant ses vues à chaque réunion du Conseil. Une nouvelle étape vient d’être franchie avec la participation du Président des États-Unis en personne à une réunion du Conseil européen à Cannes. Quelle est loin l’idée d’une Europe protectrice face aux prétentions des USA! Dans le monde qui se métamorphose sous nos yeux, il ne faut pas exclure que les dirigeants nord-américains souhaitent désormais l’explosion de tout projet européen et de l’Euro pour asseoir sur le monde une domination d’un type nouveau.

M. Sarkozy voudrait faire croire qu’il est à la baguette. Tantôt, il s’affiche avec la chancelière Mme Merkel, tantôt avec le Président Obama, pour les besoins de sa tentative de réélection dans quelques mois. En vérité, Mme Merkel ne cesse de réaffirmer son comportement : « Je suis tenue par mes fonctions d’éviter les dommages au peuple allemand, de faire ce qui est bon pour le peuple allemand ». Ce dernier souffre aussi. Il faut donc entendre le modèle capitaliste allemand. Nous sommes donc entrés dans une nouvelle période ou se répand en Europe un vent mauvais. Ce sont des rapports de domination qui priment. Ils sont la manifestation des contradictions au sein des forces du capital en crise dans l’espace européen et au-delà. Qui peut croire que le destin commun aux Nations et aux peuples européens se résume à la valeur de l’Euro et au contrôle des budgets nationaux ? Qui peut croire que le bien être collectif soit du ressort des rapaces des marchés financiers ?

Le thème du « fédéralisme » qui est désormais poussé dans le débat par les élites européennes, cache un recul démocratique inconnu depuis la seconde guerre mondiale, mais surtout la résurgence d’un impérium allemand sur le continent, dans une crise dont la gravité ne peut être comparée à aucune autre.

Quels visages de l’Europe se dessinent en suivant la proposition de l’UMP et de la droite allemande, la CDU qui veulent aboutir à un budget commun, des politiques partagées entre la France et l’Allemagne, laquelle Allemagne élargit sa zone d’influence sur son flanc est ? Pourquoi la France n’a-t-elle pas plus et mieux travaillé avec les pays du sud de l’Europe ? Ceux qui sont aujourd’hui les plus en difficultés avec les pays d’Afrique, ceux du Maghreb et du Mashreq en ébullition ?

Dans ces conditions se pose aux peuples dans leur diversité de culture, d’histoire, de cheminement politique, la grande question de reprendre ensemble le pouvoir sur l’oligarchie. De retrouver les chemins de leur souveraineté, de la maîtrise de leur destin- qui inévitablement comportera une part de mise en commun librement choisie- contre les embryons du système autoritaire qui se développent. En ce sens le référendum en Grèce aurait eu l’avantage de permettre un nouveau débat bien au delà des frontières de ce seul pays. L’Union européenne entre dans une crise politique grave. Celle-ci, avec la crise sociale, ne peut se résoudre par des alternances tranquilles. Le retour de la droite au pouvoir en Grèce ou en Espagne ne constituera qu’un levier au service des marchés financiers. Mais le succès de la gauche en France, puis en Allemagne, ne peut pas se faire sur la base d’une acceptation plus ou moins grande des diktats des marchés financiers et d’une austérité plus ou moins acceptable. L’austérité, même de gauche, est inacceptable parce qu’elle est injuste et inefficace pour aujourd’hui et pour demain. Voilà qui fait revenir sur le devant de la scène, comme un boomerang violent, la nature de cette construction européenne ultralibérale, sur la base des traités de Maastricht et de Lisbonne, maintenant en crise profonde. Le grand débat des années 2004- 2005, débouchant sur le NON au référendum est donc très actuel. Il faut le reprendre avec le recul de cette terrible expérience. Avec le recul de ce qui a été dit à l’époque par les uns et par les autres.

Rien ne sert de se plaindre de la rapacité des marchés financiers quand on leur a donné le pouvoir, tout le pouvoir, par des décisions nationales et par les traités européens.

Rien ne sert de discourir sur les délocalisations et le recul du travail quand on a promu la « concurrence » et la fameuse « compétitivité » qui n’est que la tenaille enserrant dans ses mâchoires les ouvriers et tous les travailleurs.

Rien ne sert de pleurer sur la concurrence internationale qui écrase notre industrie et notre agriculture, quand on a voté « un marché ouvert où la concurrence est libre ».

Rien ne sert de geindre sur le haut niveau du service de la dette si on refuse de nationaliser les banques, de poser la question devenue principale du rôle de la Banque centrale européenne et de l’utilisation du crédit sélectif pour le développement humain, en opposition avec les marchés financiers.

Voilà les grandes questions qui ont à voir avec la possibilité et les moyens d’une politique de changement favorable aux familles populaires, à leur pouvoir d’achat, leur emploi, leur logement, leur école et leurs services publics. Elles sont posées à tous les citoyens de gauche, de l’écologie politique et au-delà dans leur diversité. Leur mise en débat publique au sein de toute la gauche, avec nos concitoyens, partout dans le pays est la question de l’heure.

Les formations du Front de Gauche qui, pour une part, sont issues de ce débat de 2005, ont la responsabilité politique d’y contribuer de toute leur énergie. La main ouverte à toute citoyenne, tout citoyen voulant chasser Sarkozy, empêcher la dangereuse montée de l’extrême droite et faire gagner une gauche ne se résignant pas à être ligotée par les forces de l’argent, mais se tournant résolument et hardiment vers la promotion de l’intérêt général. Comme à d’autres périodes charnières de notre histoire, la responsabilité est immense. Elle est celle de toute la gauche.

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Nous sommes les quatre-vingt dix-neuf pour cent 1

Il serait naturel, alors que la planète vient d’accueillir le 7 milliardième habitant, que le groupe des pays les plus importants du monde, appelé G 20, réuni cette fin de semaine, se donne l’objectif de faire respecter le premier des droits humains : celui de pouvoir se nourrir. C’est le contraire et la famine va encore s’amplifier. L’argent pour le surarmement, on le trouve !  Pas celui pour lutter contre cet inadmissible fléau du 21ème  siècle, la faim, qui, comme Jean Ziegler l’écrit si bien dans un livre documenté qui paraît cette semaine, est une « arme de destruction massive ».

Au delà, un G 20, soucieux du devenir de l’humanité et de la planète,  devrait lancer de grands projets pour le droit à l’eau potable, à l’énergie, à l’éducation, à la santé, au travail, au respect et à l’accès à la culture. Pour cela, il devrait s’évertuer à inventer un nouveau mode de développement humain durable, qui change progressivement les systèmes productifs dominants et certains modes de consommation. Il se fixerait l’ambition d’impulser un nouvel âge de la démocratie mondiale. De promouvoir un projet d’égalité entre tous les êtres humains, quel que soit leur lieu de vie, leur sexe ou leur origine.  A cet effet, les chefs d’Etat et de gouvernement de ces vingt pays ne pourraient-ils pas lancer un appel mondial à tous les peuples et  inviter tous leurs représentants à se réunir en une grande conférence mondiale exceptionnelle sous l’égide d’une Organisation des Nations-Unies rénovée, démocratisée, pour lancer ces grands projets afin que la vie s’améliore partout, que la justice gagne, que les menaces contre l’environnement reculent ? Cela obligerait à cesser les spéculations monétaires et celles sur les matières premières agricoles sans frontières, à réguler les échanges, à partager les coûts de grands programmes mondiaux pour la recherche, la santé, l’alimentation, l’énergie. On pourrait y parvenir en taxant les mouvements de capitaux spéculatifs, en asséchant les paradis fiscaux, ce qui libèrerait beaucoup d’argent pour agir en ce sens. Rien n’interdirait de décider de nouveaux mécanismes de coopération et d’échange, notamment  avec les peuples arabes et africains. Les missions fondamentales du Fonds monétaire international et de la Banque Mondiale seraient radicalement changées et mises au service du bien commun humain. Pour combattre une concurrence meurtrière, la création d’une monnaie commune mondiale serait à l’ordre du jour. Elle permettrait des échanges équitables et de défendre le travail, les productions, l’environnement dans chaque pays.  Un G 20, décidant enfin de changer l’orientation du monde pour la faire bifurquer vers ces choix, ne susciterait-il pas un formidable enthousiasme sur tous les continents ? Une dynamique populaire mondiale de nature à balayer tous les obstacles pour vraiment sortir de la crise ?

Croire que les maitres du monde le feraient serait rêver car leur seule préoccupation est de sauver les banques, les institutions financières et le un pour cent d’individus qui détient la quasi-totalité de la richesse mondiale contre les quatre-vingt dix-neuf pour cent de la planète, comme le  dénonce le mouvement des indignés dans le monde entier. Croire à la faculté des peuples rassemblés d’imposer ces transformations profondes, a, à l’inverse, beaucoup de sens quand la lutte des classes à l’échelle internationale prend de nouveaux contours, une nouvelle vigueur, une nouvelle ampleur. L’unité des peuples contre les oligarchies financières et les démantèlements des systèmes démocratiques, peut être largement ressentie partout par des majorités de citoyens. Ce qui ressort du Sommet européen du 27 octobre dernier, après celui du 21 juillet et tant d’autres, le confirme amplement. Leurs résultats sont extrêmement préoccupants pour l’avenir des citoyens européens et de l’idée de solidarité européenne elle-même. Ceci de plusieurs points de vue. M. Sarkozy et la droite, qui depuis des années sacrifient notre industrie, notre agriculture, ainsi que les services, a consacré en une nuit la suprématie définitive des dirigeants et financiers de l’Allemagne qui dictent leur loi, sans jamais tenir compte de l’intérêt commun. Le Président français fait croire qu’il a obtenu un geste des banques en faveur de la Grèce alors qu’elle agonise et que le couple Merkel-Sarkozy s’est couché devant l’internationale des banques en négociant avec leur représentant, qui n’est autre qu’un ancien haut fonctionnaire du département d’état américain et de la banque américaine JP Morgan.

En vérité, les banques délestent les pays au nom du rachat de leur dette mais ce sont les Etats et donc les citoyens qui fournissent l’argent pour cette basse œuvre. Révoltant ! Ajoutons que M. Sarkozy a ouvert la voie à une mise sous dépendance totale de l’Europe et de notre pays aux fonds d’investissements privés et aussi à  des pays émergeants comme la Chine ou le Brésil. Ce qui revient à relancer la spéculation d’une part et le libre échangisme intégral dans la concurrence pour l’industrie, l’agriculture et les services d’autre part. Tout ceci ouvre la porte à un nouveau tour de vis drastique contre les familles populaires au moment où le chômage augmente à nouveau et que les plans de licenciements reprennent dans de nombreux secteurs dont l’automobile. Enfin, M. Sarkozy, dans la lignée du Pacte euro plus,  a signé sans mandat un texte dans lequel  il transfère les choix économiques et politiques au contrôle direct des institutions européennes non élues notamment la Commission de Bruxelles (1), entérinant ainsi la destruction de la souveraineté populaire et nationale qu’il a pourtant pour mission de faire respecter.

Seule l’intervention populaire unitaire, rassembleuse, à l’échelle de chaque pays et du continent, imposera  que les institutions financières principales et les banques soient nationalisées pour instiller un nouveau type de crédit sélectif en faveur de projets de relance économique, de développement humain, à partir de grands services publics démocratiques. La Banque centrale européenne ne doit plus être autonome. Elle doit avoir pour mission de racheter tout ou partie des dettes des Etats, notamment par création monétaire si nécessaire. Evidemment pour cela, devient urgente la  relance d’un grand débat public concernant tous les peuples européens pour changer radicalement les traités européens. Laisser faire serait abdiquer nos choix économiques budgétaires et politiques. Abdiquer ce serait s’empêcher de changer quoi que ce soit en faveur des familles populaires.

Voilà quel sera l’un des chantiers auquel la gauche devra s’attaquer demain avec courage pour renégocier ces choix. Le Front de Gauche, qui a refusé le traité de Lisbonne et combat pied à pied le Pacte euro plus, devra porter cet enjeu avec beaucoup de force. Il ne s’agit ni plus ni moins pour nos concitoyens d’éviter un désastre. Voilà pourquoi les quatre-vingt dix neuf pour cent, c’est-à-dire la grande majorité, doivent se faire entendre avec force.

(1) : Paragraphe 26, alinéa 2 des conclusions du sommet du 27 octobre 2011.

 

NE PAS SE LAISSER DEPOSSEDER 5

Le débat politique dans notre pays serait-il tombé si bas que la dame, devenue porte-paroles de l’extrême-droite, peut déclamer avec assurance, sans être contredite à droite : « Encore un effort Monsieur Copé ! Encore un petit débat, un petit blabla sur l’islam, la laïcité, et je pense effectivement que nous pourrons terminer à la présidentielle à  25% » (France-Info, le 18 février 2011). Le même jour, un quotidien publiait sur commande un sondage qui, par hasard, montre que dame Le Pen arriverait en troisième position à l’élection présidentielle. Qui joue ? Qui a intérêt à jouer ainsi avec le feu brunâtre dégageant une puante fumée ?

Faute d’apporter des solutions aux difficultés des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, des mal logés, des petits paysans, des retraités, M. Sarkozy a décidé depuis des mois de cultiver le fumier de la sinistre extrême-droite. A-t-on d’ores et déjà décidé en haut lieu de jouer un coup de poker en utilisant et en rendant toujours plus visible l’épouvantail de l’extrême-droite ? Après le débat sur l’identité nationale, l’agitation de la burqua, les grossières manœuvres racistes contre les Roms, la fabrication d’une multitude de lois sécuritaires qui n’ont pas fait reculer l’insécurité, puis les attaques contre les enseignants ou les magistrats, voilà que l’on nous concocte de toutes pièces un débat sur l’islam et la laïcité. Tout ceci se déroule avec un fond de tableau, où mois après mois, au sommet de l’Etat, on se comporte comme une caste défigurant la République. L’hôte de l’Elysée s’est rendu, il y a quelques jours, à une réception d’un club dit du « premier cercle », qui est le rassemblement de tous les fortunés de ce pays qui versent de l’argent à l’UMP. Ce soir là M. Sarkozy leur a redit à quel point ils étaient ses amis, leur a promis de passer un coup de rabot sur l’impôt sur les grandes fortunes. Puis après le scandale Woerth-Bettencourt, la ministre des affaires étrangères est empêtrée dans des histoires de voyage en Tunisie, payé par des proches de M. Ben Ali, avec qui la famille faisait des affaires.

Au-delà les mensonges répétés depuis des années et des années sur le travail, les salaires, les impôts, la croissance, produit des désastres. Une majorité de nos concitoyens a de plus en plus conscience qu’au-delà des discours de campagne électorale, la politique se fait sans eux, mais surtout contre eux. Les sociétés cotées en Bourse annoncent encore cette semaine des records de profits pendant que celle ou celui qui n’a que son travail pour vivre, qu’il soit cadre, ouvrier, employé, paysan ou artisan, s’appauvrit chaque jour un peu plus et est menacé par le chômage et  la précarité qui touchent plusieurs millions de personnes. Autant de marques d’un déclassement social d’un monde du travail et de la création  qui cherche des issues progressistes à sa situation. Ce n’est pas l’actuel méli-mélo médiatico-politique des élections présidentielles qui peut aider à en trouver les indispensables chemins. On ne peut accepter ce détournement, ce  vol du débat. Au moment même où les peuples arabes revendiquent avec courage leur liberté, leur émancipation, la création d’états de droit, sans domination religieuse, M. Sarkozy et Mme Le Pen, créent artificiellement ce débat sur l’Islam en France comme dans une compétition où le choix ne serait qu’entre eux. D’un autre côté, les moulins à vent médiatiques ont tourné toute la semaine autour d’un nouveau concept, celui d’un « candidat non déclaré »d’un virtuel candidat socialiste. Il a la particularité de ne pas parler de cela et d’être le directeur général du Fonds Monétaire International, qui, de connivence avec l’actuel président du G20, M. Sarkozy, gère paraît-il les affaires du monde avec le succès que l’on sait. Un chômage mondial et des inégalités qui explosent, une spéculation monétaire qui tue l’industrie et affame les peuples. M. Strauss-Kahn peut bien parler de “monsieur tout le monde”, évoquer « les souffrances sociales », il ne nous a pas échappé que le FMI est associé, voir pilote des plans d’austérité partout et est un fervent défenseur de ces traités européens qui au nom de la concurrence et de la compétitivité démolissent les services publics, détruisent l’emploi, et serrent la vis aux rémunérations salariales. Il est sûrement d’accord avec M. Trichet, le président de la Banque centrale européenne, qui n’a pas de problèmes de fin de mois et explique  que «augmenter les salaires serait la dernière bêtise à faire ».

Enfermer le débat dans un cercle infernal, c’est boucher tout avenir à notre peuple et à la société.

Les forces progressistes, associatives, syndicales, celles du Front de Gauche d’abord ont une grande responsabilité. Elles doivent refuser de laisser enfermer le débat politique dans le cadre d’un tripartisme avec comme seul arbitre épouvantail, l’extrême-droite, pour pousser au vote utile. Autant dire à tuer tout débat et toute alternative. Elles doivent parallèlement aider nos concitoyens à se mobiliser afin de  défendre leurs droits sociaux et démocratiques, sans cesse menacés et pour élaborer un programme de changement qui doit commencer par revenir sur toutes les décisions négatives prises par la droite ces dernières années. En soi, c’est déjà un énorme chantier. Il ne serait possible de le mener à bien que dans le cadre d’un nouveau rapport de force au service des travailleurs, des privés d’emploi, contre le caste de l’argent et pour commencer à agir pour changer les politiques européennes qui constituent des carcans contre tout changement progressiste.

Ceci commence dés les prochaines élections cantonales dont le premier tour aura lieu dans un mois. Celui-ci sera l’occasion,  avec le bulletin de vote des candidats du Front de gauche, pour dire ce qu’on a sur le cœur, pour crier sa révolte, son désir de se débarrasser de la droite, de  barrer la route à l’extrême-droite et peser pour un nouveau pacte social et progressiste d’une gauche ancrée sur les réponses à apporter aux attentes et espoirs populaires. Aidons partout à ne pas se tromper de colère.

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L’hypocrisie des vœux officiels ! Nos responsabilités. 4

Les cérémonies de vœux des locataires des palais officiels se révèlent être une fois de plus de formidables pitreries, des flux d’hypocrisie et de mensonges. Subitement, en ce début d’année, la crise serait terminée. Qu’on les invite à se rendre vite dans les quartiers et les villages, les usines, aux soupes populaires, dans les files de « pôle emploi », dans les écoles, les hôpitaux et les laboratoires. Ils y verraient la grande angoisse et la souffrance de nos concitoyens, l’inquiétude face à l’avenir. Evidemment, c’est à l’opposé de ceux qui touchent à la fois de gros salaires et des stocks options et les profits des grosses entreprises qui sont très élevés et qui ont été reversés « en dividendes » aux actionnaires.

Prenons quelques exemples qui montrent la duplicité de cette “élite” qui vous présente ses vœux :

► Une attaque qui mettrait définitivement fin à 160 années de réduction du temps de travail avec la mise à bas des 35 heures, au détriment de la santé des travailleurs et de l’emploi. Affirmons-le clairement, les énormes gains de productivité permettent de réduire le temps de travail sans diminution de salaires. Le grand patronat veut à la fois bénéficier de l’augmentation de la durée du travail et continuer à toucher les 22 milliards d’exonération de cotisations sociales, auxquelles s’ajoutent 4 milliards d’aides « Sarkozy » dans le cadre de la loi TEPA. Au moment où montent le chômage et la précarité, en particulier dans la jeunesse,  il est totalement absurde d’augmenter, d’allonger la semaine de travail et de reculer l’âge de la retraite. Malheureusement, la Commission de Bruxelles va proposer, dans les jours, qui viennent une directive pour augmenter la durée hebdomadaire du travail partout.

► Les augmentations du gaz, de l’électricité, des transports continuent. Pourtant, avons-nous rêvé ? Ne nous avait-on pas promis que l’Europe de la concurrence permettrait de baisser les prix ? D’urgence, il faut maintenant bloquer et baisser les prix en valorisant de vrais services publics, en réorientant les profits de ces entreprises vers la qualité du  service rendu aux usagers, l’embauche et la modernisation des entreprises comme la SNCF.

► Le recul des droits à la santé, avec les augmentations de la consultation médicale, des déremboursements de plus en plus importants alors que l’industrie pharmaceutique s’en met plein les poches, la réduction des personnels dans les hôpitaux. Enterrons le bouclier fiscal. Empêchons la remise en cause de l’impôt sur la fortune, la santé et l’école ont besoin de moyens ! Alignons les cotisations sociales des grandes entreprises sur celles prélevées sur les salaires et libérons le secteur du médicament du privé pour créer un grand pôle public du médicament avec des nationalisations devenues indispensables.

► De même, le règlement du défi de la dépendance des personnes âgées ne peut se faire ni par une augmentation de la contribution sociale généralisée, ni pour engraisser les assurances privées, mais dans le cadre d’un service public lié à la sécurité sociale. Cela implique évidemment de cesser d’abaisser les devoirs des grandes entreprises à l’égard de la solidarité nationale.

Plus généralement, un rassemblement de lutte, au-delà des opinions politiques, devrait être impulsé, aidé, soutenu partout pour défendre les hôpitaux, l’école, les tribunaux, les transports, le droit à l’énergie, les moyens des collectivités territoriales. Il en va de l’égalité des citoyens pour l’accès à leurs droits. Il en va aussi de l’efficacité économique. Ne laissons pas se développer les dégradations des services publics, de plus en plus gérés comme des entreprises privées. Les dégâts produits servent d’argument à la droite pour valoriser… les secteurs privés et les privatisations ! Il faut sortir des dogmes comptables de la réduction des dépenses publiques, sous injonction de la Commission de Bruxelles.

Voilà que maintenant, l’UMP tente de remettre en cause le statut de la fonction publique, autre bel héritage de la Libération, créé sous le gouvernement du Général de Gaulle par Maurice Thorez puis complété et rénové par Anicet Le Pors dans le gouvernement de gauche de 1981.

Faute d’avoir agi pour des mécanismes de stabilisation des prix des matières premières, ceux des carburants et de l’alimentation flambent, poussant des peuples un peu plus dans la misère, la pauvreté ou la famine, tout en renchérissant le coût de la vie ici, alors que les salaires sont bloqués. Pourtant, il aurait été possible, soit de constituer des stocks de sécurité, de lutter contre la scandaleuse spéculation au bénéfice des multinationales et des grands financiers. Il sera nécessaire de reconnaître l’agriculture et l’alimentation comme des « biens publics » à soustraire de la loi de l’argent.

Il ne suffira pas de proclamations de M. Sarkozy au G20, il faudra des actes anti-spéculation. Il faudra des transformations profondes de la construction européenne, avec un autre rôle de la Banque centrale européenne au service du refinancement de la dette des Etats et de dispositions incitatives pour l’emploi et l’innovation environnementale.

Enfin, au moment où nous comptons désormais 53 français tués en Afghanistan, que nos forces sont embourbées en Irak, il est urgent d’entamer un processus de retrait des troupes françaises, d’initier des accords de coopération respectant les souverainetés politiques et économiques des pays, de promouvoir le désarmement actif et d’agir pour le respect des droits des Palestiniens et la sécurité dans la région.

On pourrait ainsi ajouter d’autres exemples démontrant l’hypocrisie des vœux officiels et la possibilité de faire autrement en associant en permanence nos concitoyens à la construction d’un nouveau projet progressiste.

Au lieu de simples compétitions personnelles pour la présidentielle, de castings éloignés de la vie réelle, de débats de posture que seuls ceux qui y participent et les médias qui les promeuvent comprennent, sans prise avec la vie réelle de plus en plus dure de nos concitoyens, la tâche de tous les militants de gauche et écologistes, de tous les progressistes n’est-elle pas de se mettre au service de celles et ceux qui souffrent et attendent d’urgence des solutions pour vivre mieux ? C’est à mon sens la question principale de l’heure.

 

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Bilan du Sommet du G20 : sortir des déclarations d’intention 1

Mercredi 24 novembre a eu lieu un débat au Parlement européen sur le bilan du Sommet du G20. Voici le contenu de mon intervention :

Monsieur le Président, Chers collègues

L’ampleur de la crise totale mondiale, les urgences sociales et environnementales appellent une Présidence française du G20 qui sorte des déclarations d’intention sur une prétendue régulation de la finance internationale.

Les négociations de l’Organisation Mondiale du Commerce ne doivent pas transformer le monde en une véritable jungle. Celles-ci  doivent, au contraire, faire  appliquer des normes sociales, environnementales, d’éducation et de création d’emploi dans le système des échanges.

Le G20 doit s’attaquer au fléau du chômage qui touche plus 250 millions de personnes sur la planète en cessant les politiques d’austérité.

A l’opposé, il faut assécher les paradis fiscaux et inventer un mécanisme de taxation des mouvements des capitaux qui servirait à alimenter un Fonds de solidarité pour les peuples des pays en voie de développement; inventer un mécanisme mondial de stabilisation des prix des matières premières à commencer par les produits agricoles de base.

Engager une refonte du système monétaire international avec un nouveau rôle du Fonds Monétaire International pour l’emploi, pour le développement humain durable avec la création d’une monnaie commune mondiale universelle contre la loi du dollar.

De même, il faut maintenant faire cesser le scandale des agences de notation qui sont juges et parties au seul service des banques.

Les peuples doivent avoir leur mot à dire sur tous ces enjeux qui les concernent.