L’atout pour réussir Répondre

Le 24 mai 2012 @10h30

Les premiers actes du nouveau gouvernement signifient clairement que nous sommes sortis du quinquennat sarkozyste. Le mépris, les syndicats et les corps intermédiaires bafoués, la justice instrumentalisée, niée jusqu’à l’insupportable « présomption de légitime défense »; l’installation partout d’un climat de tension, de division, de racisme ; l’argent et la concurrence de tous contre tous érigés en valeurs suprêmes, les principes démocratiques contredits par la toute puissance du Président et des conseillers ; la posture bushiste dans les relations internationales, jusqu’à réintégrer notre pays dans le commandement de l’OTAN et déclencher une guerre laissant la Libye désemparée: le sarkozysme étouffait le pays. Sa défaite est vécue comme une délivrance.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, rajeuni, féminisé, métissé, signataire d’une charte déontologique, marque une rupture appréciée parce qu’attendue. Les déplacements internationaux de F. Hollande, sa nette réaffirmation d’une évacuation de nos troupes combattantes d’Afghanistan à la fin 2012, satisfont nos concitoyens. Chacun sait que les passages à l’acte vont maintenant nécessiter  beaucoup de détermination  et de persévérance tant la crise qui secoue la planète est profonde.

Sous l’impulsion du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon, l’enjeu d’une relance tournant le dos à l’austérité, ainsi que l’idée d’une « réorientation » de la construction européenne ont été repris par le candidat socialiste durant la campagne présidentielle et ont été défendus auprès de Mme Merkel comme de M. Obama. Leur concrétisation impose d’affronter le mur dressé par la haute finance contre les droits économiques, sociaux, démocratiques et culturels. Elle aura besoin de mobilisations populaires et d’un engagement de toutes les composantes de la gauche et de l’écologie politique car l’expérience nous enseigne que la gauche n’est efficace que quand sa pluralité est respectée, valorisée, avec un flanc gauche, aujourd’hui le Front de Gauche, puissant à l’Assemblée Nationale.

Depuis quelques jours, il est devenu l’adversaire privilégié des dirigeants de l’UMP qui ne rêvent que de revanche. Souvent ridicules dans leurs critiques systématiques et partisanes de ce qui change avec le nouveau pouvoir, ils ressortent les vieilles rengaines anticommunistes. Certes, elles peuvent contribuer à la remobilisation d’un électorat passablement sonné par la défaite mais, pour l’essentiel, elles tombent  à plat, tant une majorité de nos concitoyens, au premier rang desquels les jeunes, considèrent qu’ils ont écarté un cauchemar en même temps que M. Sarkozy.

Reste à franchir une étape importante, déterminante pour la nature, la qualité, le rythme du changement, celle d’une défaite nette, sans appel de   l’ancienne majorité de droite de l’Assemblée Nationale, avec zéro député du Front national. Empêcher l’extrême-droite de disposer de la tribune du Parlement pour répandre le poison de la haine, de la xénophobie et du racisme est une ambition de salubrité publique.

Il s’agit d’élire une nouvelle majorité parlementaire de gauche, une majorité suffisamment diverse et rassemblée pour accomplir la tâche immense confiée par les citoyens de réussir le changement, sans pour autant qu’un seul parti dispose à lui seul de la majorité absolue. En effet, la qualité, l’efficacité, la cohérence des lois ont besoin de débats contradictoires dans leur élaboration. Notre peuple est divers. Ses  aspirations, ses  urgences sociales, démocratiques, écologiques ne souffrent aucune hégémonie. L’Assemblée Nationale a vocation à refléter la réalité des confrontations d’idées et de points de vue qui, sur le terrain, traversent la société. En revaloriser le rôle, comme s’y est engagé F. Hollande, tourne le dos à une conception suiviste du rôle des députés. Responsables, constructifs, unitaires, animés par le seul objectif de faire entrer dans la vie les choix des électrices et des électeurs, les députés de gauche, tous les députés de gauche, se doivent de tirer les leçons des expériences précédentes qui peu à peu ont vu les déceptions prendre le dessus sur les espoirs.

Elles méritent d’être méditées avec nos concitoyens dans la campagne électorale et au delà. Ce n’est pas insulter les expériences de la gauche que de le dire. C’est tout simplement appeler, dans l’intérêt de toutes et de tous, dans l’intérêt de la gauche elle-même, à la vigilance, à l’expression la plus large de toutes les forces progressistes et à l’autonomie du mouvement social pour réussir. C’est d’autant plus vrai que nous ne sommes plus ni en 1981, ni en 1984, ni en 1988, ni en 1997. La situation est bien plus grave et préoccupante. Elle ne peut conduire à appliquer une austérité de gauche après les législatives, au nom de l’ampleur des déficits. On sait déjà ce que provoque un tel choix sans issue appliqué à nos voisins grecs, espagnols, italiens ou portugais. La gravité et l’ampleur de la crise appellent aujourd’hui  à inventer une culture qui associe au sérieux de la gestion des ruptures permettant la transformation sociale et écologique. C’est parce qu’il s’agit d’une crise globale, inédite du capitalisme contemporain qu’il est indispensable que la gauche se parle, débatte dans sa pluralité et diversité afin qu’émerge un nouveau projet économique, social, culturel, environnemental. Cela se fait pour une part importante au Parlement. Nos concitoyens doivent en avoir conscience au moment d’aller voter le 10 juin prochain.

Un Front de Gauche fort au Parlement, c’est toute la gauche qui est qualitativement plus à même de réussir. Les problèmes à résoudre sont immenses. Les forces de la réaction, des grandes puissances financières, soutenues par les institutions européennes sont arc-boutées contre le changement. Les affronter avec l’ambition de sortir de la crise, de tourner le dos à l’austérité et au chômage invite à renforcer le flanc gauche de la gauche, pour rendre plus efficace encore l’expression des quatre millions de voix qui se sont portées sur le nom de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. L’humain d’abord, le refus de la financiarisation de la société, une nouvelle répartition des richesses et l’engagement d’un processus pour les produire autrement seront défendus par un groupe Front de gauche le plus important possible. Il sera la meilleure caisse de résonnance dans l’hémicycle de ce qui monte parmi les populations, en France et sur tout le Continent, contre l’austérité et pour réorienter radicalement la construction européenne. Le meilleur interprète de toutes les actions sociales, syndicales, citoyennes, qui se développent en Europe, des votes, comme en Grèce, en faveur de  forces progressistes, au premier rang desquelles Syriza.

L’une des manifestations les plus importantes de ce refus de l’austérité sera le rejet du pacte budgétaire, le traité Sarkozy-Merkel et la mise en débat d’un nouveau projet de développement humain, social et écologique.

Un Front de Gauche renforcé au Parlement c’est l’assurance de nouvelles avancées démocratiques en créant de nouvelles conditions pour que chacune et chacun se sente respecté, écouté et puisse participer aux décisions qui le concerne.

Répondre aux urgences sociales démocratiques, c’est la condition pour faire reculer durablement l’extrême-droite et du même coup une droite de plus en plus extrême qui a reprises les idées lepénistes.

La campagne des élections législatives est donc très importante pour la vie quotidienne et pour créer les conditions de la réussite du changement à gauche.

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La garantie 1

Le 22 mai 2012 @6h13

Le nouveau gouvernement est désormais à pied d’œuvre au moins jusqu’au terme des élections des députés les 10 et 17 juin. Cette élection est importante. C’est en effet à l’Assemblée Nationale et au Sénat qu’on vote les lois. La droite qui a une soif éperdue de revanche s’est lancée dans une multitude de violentes diatribes contre le nouveau gouvernement sur des bases très futiles.

Elle veut une cohabitation, c’est-à-dire une Assemblée Nationale à droite, empêchant tout changement. Cela reviendrait à bafouer le choix des Français le 6 mai. Il faut l’empêcher. Comme il faut empêcher l’élection de députés du Front National, ce parti de la haine, de la division, qui fait désigner le voisin comme un ennemi pour mieux préserver et servir les puissants intérêts de la banque et de la haute finance.

Le Front de Gauche se fait un devoir et un honneur, au service de l’intérêt général, au service des idées de la République et du progressisme, de faire reculer le parti de la haine, qui, malheureusement s’installe dans toute l’Union européenne. C’est le sens fondamental de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à Hénin Beaumont, dans le Pas-de-Calais, s’opposant directement à la chef de cette extrême-droite. La combattre et la faire reculer, c’est en même temps faire reculer la droite dont on a vu à quel point une partie importante d’entre-elle a repris les idées de l’extrême-droite.

Mais soyons conscients qu’éliminer le danger de l’extrême-droite appelle une nouvelle politique économique et sociale pour faire reculer la crise. Voilà pourquoi le Front de Gauche se met à la disposition du combat contre les puissances d’argent pour une nouvelle répartition des richesses afin que la justice et l’égalité deviennent le cœur de la politique de gauche.

C’est le Front de Gauche qui agit pour sortir de l’austérité et donc pour refuser que notre pays ratifie le traité d’austérité budgétaire signé par M. Sarkozy avec Mme Merkel dans le dos des peuples. Ceux-ci d’ailleurs, de l’Allemagne à la Grèce, refusent dans toutes les élections ce texte, non seulement antisocial mais aussi contraire à l’efficacité.

Le Président de la République veut y ajouter un volet « croissance ». C’est un pas. Mais rien ne changera si on reste dans le carcan de ces traités européens.

Le vote pour le Front de Gauche aux élections législatives dans le prolongement de la présidentielle et du « non » au traité constitutionnel, permettra de créer des conditions pour réussir vraiment le changement progressiste.

Le nouveau ministre de l’agriculture et de l’agroalimentaire, Stéphane Le Foll, est un homme compétent, dévoué, connaissant bien les dossiers et les problèmes des agriculteurs et des ruraux. Il se trouve face à de grands enjeux pour défendre les revenus des petits paysans, améliorer leur retraite, revoir la loi de modernisation de l’économie qui fait la part belle aux grandes centrales d’achat, ré-augmenter le budget national agricole, conserver les terres agricoles et rechercher de nouveaux systèmes agricoles plus respectueux de la nature et des hommes, et surtout défendre une nouvelle politique européenne dont l’un des objectifs prioritaire devrait être la rémunération du travail, l’installation de jeunes paysans, la souveraineté et la qualité alimentaire.

Autant de chantiers que le nouveau ministre ne peut mener que dans le cadre d’un nouveau rapport de force où, le Front de Gauche progresse. Cela lui donnera un poids supplémentaire pour lancer une grande politique agricole progressiste.

Les enjeux d’une nouvelle répartition des richesses pour améliorer les salaires, les retraites, les revenus paysans, des droits nouveaux pour les citoyens, la défense et l’amélioration des services publics partout pour réduire les inégalités, la sécurité du travail et de l’emploi, la revitalisation des campagnes sont décisifs pour améliorer réellement la vie. Seul, le vote Front de Gauche permet de peser en ce sens dans le cadre d’une nouvelle majorité de gauche au Parlement.

Plus existe et vit le pluralisme politique à gauche, plus sérieux et approfondis seront les débats, plus les lois seront écrites de façon à répondre aux attentes sociales et populaires.

Le 10 juin, il faut garantir la réussite du changement.

Le vote pour les candidats Front de Gauche aux élections législatives le permet.

Dimanche, le vote pour changer d’ère Répondre

Le 03 mai 2012 @6h30

Dimanche prochain, l’occasion est donnée de clore cette période du sarkozysme ultralibéral populiste qui restera comme une des plus noires qu’ait connu la République. Il ne faut pas la manquer. Il faut  au contraire s’en saisir pour ouvrir une nouvelle page de notre histoire en utilisant sans ambiguïté le bulletin de vote F. Hollande.

Si M. Sarkozy était réélu, ce serait son dernier quinquennat. Il se sentirait encore plus les mains libres pour déchiqueter tous les droits sociaux, économiques et politiques. Surtout, il arrimerait avec un cadenas notre pays aux injonctions de la haute finance internationale au travers du projet de traité européen budgétaire, aussi baptisé « Merkozysme ». Celui-ci conduit à faire décider de nos droits fondamentaux de la protection sociale au salaire minimum, à l’éducation, à la formation, à la santé, à l’énergie, au transports par le bon vouloir des autorités bruxelloises non élues.

C’est la République sociale et la République démocratique annihilées.

La campagne d’entre deux tours du président sortant est bien plus qu’un dérapage ou un simple calcul pour capter des voix qui se sont portées sur l’extrême-droite. C’est un choix politique réfléchi. Le Président des riches n’a pas perdu la boussole ! Cette rhétorique extrémiste, débordant souvent le lepénisme sur sa droite, est précisément sa boussole. Certains de ses propres amis politiques qui ont exercé ou exercent encore les plus hautes fonctions de l’État, les yeux ébahis, ne cachent plus leurs inquiétudes, voir leur effroi.

M. Sarkozy rompt sciemment et en connaissance de cause les digues existant entre la droite et l’extrême-droite. Son calcul n’est pas qu’électoraliste. C’est bien plus grave et plus profond que cela. Cette tendance est déjà à l’œuvre dans de nombreux pays européens, de la Hongrie aux Pays-Bas, de l’Autriche à la Grèce, de la Norvège à la Suisse et aussi aux États-Unis.

Le capital international dont M. Sarkozy est l’un des mandataires a besoin, à ce moment précis de l’histoire, d’un personnel politique suffisamment fort idéologiquement pour que les terribles souffrances  et les puissantes colères que provoquent ses choix ne puissent se retourner contre lui.

L’idéologie de la concurrence de tous contre tous doit avoir pour corolaire politique l’imaginaire de groupes sociaux en guerre les uns contre les autres, d’une France du travail accusant une autre qui en est privée par les logiques du libéralisme mondialisé. Le quinquennat qui s’achève en a été le terrain d’expérimentation. Une catégorie de citoyens est désignée responsable des problèmes de l’autre. Le Français contre l’immigré, les travailleurs et les retraités contre de prétendus assistés, des gens honnêtes encerclés par une meute de délinquants ! Bref, la loi de la jungle appliquée à toute la société, avec une oligarchie de lions qui dresseraient des clôtures pour se protéger de moutons méprisés et exploités. La « présomption de légitime défense », sortie du programme de l’extrême-droite, n’est rien d’autre qu’un droit à la bavure qui pervertirait l’idée de répression pour franchir un pas de plus vers l’antichambre d’un système policier.

Le projet historique consiste à profiter de la crise pour démanteler à jamais la République sociale, tout en gagnant les consciences à cette nécessité. Projet des puissants qui depuis toujours caressent le rêve de voir « les damnés de la terre » accepter leur servitude. Le rêve de sortir définitivement vainqueurs d’une lutte de classes dont le peuple aurait perdu jusqu’à la conscience, selon les mots du milliardaire nord-américain Warren Buffet. Ni plus ni moins que la « stratégie du choc » si bien décrite par Naomi Klein. Orientation politique dont l’objectif est de fragiliser les populations puis à profiter de cette fragilisation en  plaçant les citoyens en état de choc, pour les  dépouiller de leurs droits.

Dimanche prochain, il s’agira de porter un coup sévère à ce projet ultralibéral-autoritaire-populiste, de sortir de ce climat de haine et de suspicion en battant N. Sarkozy, tout en plaçant les enjeux là où ils doivent l’être, comme n’a cessé de le démontrer le Front de Gauche. Toutes les études du premier tour montrent que  des millions de nos concitoyens, au delà de ceux qui ont accordé leurs suffrages à Jean-Luc Mélenchon, ont en commun avec eux de réclamer  le nouveau partage des richesses, l’égalité et la justice, le droit au travail, à la santé, à la protection sociale, à l’éducation, à la culture, des conditions de vie meilleures pour toutes et tous, un saut démocratique dans la cité et les entreprises, la mutation écologique dans le développement industriel ou agricole, un pôle public bancaire.

Tout ne pourra commencer en ce sens que si le sarkozysme sort défait du scrutin du  6 mai. Notre appel à voter massivement F. Hollande pour qu’il soit élu Président de la République, n’est ni un appel formel ni encore moins de moindre mal. Nous considérons en effet que la victoire de F. Hollande créera une situation totalement nouvelle, à saisir pour ouvrir une nouvelle phase du combat pour favoriser la promotion des droits sociaux et humains.

Il n’est pas possible de se donner la moindre chance de sortir de la crise capitaliste et de la crise européenne qui n’en finit pas tant qu’elle sera pilotée par le couple Sarkozy-Merkel. Il faut donc le briser. Et la responsabilité du peuple français vis-à-vis de tous nos frères européens est de le faire en battant Sarkozy.

Dire ceci ne revient pas à nourrir quelques illusions. C’est créer de nouvelles conditions pour élargir le spectre des forces qui, avec le Front de Gauche, les organisations syndicales, les associations qui verraient leur potentiel libéré pour affronter le capital mondialisé et les institutions européennes. C’est un acte de confiance dans la capacité du monde du travail et de la création à se mobiliser pour écrire un présent et un avenir conformes à ses espoirs.

Si la France ne signe pas le traité d’austérité budgétaire grâce à un mouvement populaire exigeant un nouveau système européen pour le développement humain, social et écologique, beaucoup de choses peuvent changer.

L’enjeu est d’ouvrir une brèche, de poursuivre le mouvement de l’extraordinaire campagne du Front de Gauche du premier tour, de telle sorte qu’une autre majorité se constitue à l’Assemblée Nationale, avec de nombreux parlementaires Front de Gauche. De la composition du Parlement va en effet dépendre la qualité des lois qui y seront votées.

F. Hollande a beau répéter qu’il ne changera pas son programme, mais mieux que quiconque il sait qu’il dispose de voix aux motivations diverses, avec pour point commun le rejet du sarkozysme et le désir d’un vrai changement progressiste. Parmi ces électeurs auxquels il devra sa victoire, il y a bien sûr ceux qui ont permis à Jean-Luc Mélenchon de réaliser plus de 11% des voix au premier tour. Mais aussi le tiers des électrices et des électeurs qui ont voté pour le candidat socialiste qui déclarent qu’ils auraient pu voter Front de Gauche sans la peur de ne pas voir de candidat de gauche au second tour, dans un contexte, où, autour de soi, chacun pressentait malheureusement un haut score de l’extrême-droite.

Plus le score de F. Hollande sera élevé, meilleures seront les chances pour le peuple de résister aux pressions que les puissances d’argent et des forces de droite ne manqueront pas d’exercer. Ce peut être plus facile dans un contexte où le suffrage universel les aura affaiblies. Plus le score de F. Hollande sera important, plus ce sera vrai et  moins, s’il en avait la tentation,  il pourra prétendre demain qu’il ne dispose pas des forces pour mener une politique de gauche. D’un autre côté, l’idée de se placer dans une posture d’attente de l’échec de F. Hollande nous est totalement étrangère. Nous refusons l’impuissance et nous n’avons que pour seul souci les intérêts des citoyens, des travailleurs, des jeunes en quête d’avenir.

Nos journaux, l’Humanité et l’Humanité-Dimanche, comme le Front de Gauche, ont vocation à les aider, dans leur diversité, à créer un rapport de force qui leur soit favorable. Nous n’y sommes pas encore. Mais cela peut le devenir avec le vote F. Hollande, dimanche et un vote Front de Gauche progressant encore le 10 juin, lors du premier tour des élections législatives.

Notre option est clairement celle de la réussite d’une gauche nouvelle en France, dans l’intérêt de nos concitoyens, en lien avec ceux qui en Irlande mènent campagne pour le non au traité européen, ceux qui en Grèce vont voter pour le changement, ceux qui en Espagne et en Allemagne agissent aujourd’hui contre l’austérité et pour les salaires. En phase aussi avec ceux qui dans le monde arabe cherchent les chemins de la démocratie et de la liberté.

La période historique est inédite. La situation est totalement différente de celle de 1981 ou de 1997. Elle recèle de réelles potentialités grâce à des nouveautés parmi lesquelles  figurent en bonne place  l’expérience et le positionnement de nombreux syndicats dans toute l’Europe. Avec aussi, cette fois, un rassemblement de type nouveau, le Front de Gauche,  qui durant la campagne des élections présidentielles est devenu davantage la propriété de citoyens, d’intellectuels et de créateurs qui veulent s’en servir comme d’un outil pour changer la donne. Répondre à ce qu’ils attendent de lui est un impératif pour que le Front de Gauche devienne la force politique, à la gauche du Parti socialiste,  tout autant unitaire qu’autonome qui depuis tant d’années manque dans notre pays pour durablement peser positivement sur la vie nationale et internationale. Cela passe dimanche, par la défaite nette de M. Sarkozy et l’élection tout aussi nette de F. Hollande.

Rassembler pour élire François Hollande 3

Le 26 avril 2012 @6h30

La forte participation au premier tour du scrutin présidentiel confirme l’intérêt de nos concitoyens pour l’élection présidentielle, ses débats politiques ainsi que leur volonté de participer aux choix. La gauche a progressé tout au long de la campagne électorale. Elle le doit beaucoup au score de Jean-Luc Mélenchon qui était estimé aux alentours de 4% à l’automne et réalise 11,1%. Les grands médias cachent sous divers artifices que cela constitue l’un des événements de ce premier tour. Événement heureux qui rend probable la victoire de François Hollande le 6 mai. Ce courant de la transformation sociale est passé de  700 000 voix en 2007 à près de 4 millions, approchant le nombre de voix rassemblées par Georges Marchais en 1981, certes cette fois avec plus d’inscrits.

Le candidat socialiste a lui aussi progressé depuis quelques semaines pour sortir en tête de ce premier tour. Il est sûr que durant les dernières heures, face à diverses pressions ou à la peur  de voir Sarkozy réélu, des électrices et des électeurs soutenant Jean-Luc Mélenchon ont, dans l’isoloir, choisi F. Hollande. Le système même de l’élection présidentielle conduit à de telles préférences. Ceci n’enlève rien au désir de gauche de tels électeurs, partagé par d’autres, qui d’emblée ont choisi le député de Corrèze, les candidats de  l’écologie politique ou de l’extrême gauche. Il faudra bien en tenir compte.

Que dans un tel contexte de forte mobilisation électorale, le Président de la République sortant soit à ce point sanctionné est l’indicateur de la puissante condamnation dont fait l’objet son bilan et du rejet de son programme à venir. On parle très peu de celui-ci depuis quelques jours et pourtant, il serait dans la droite ligne de son bilan antisocial et antidémocratique, avec un alignement sur les pires critères d’austérité européens. Loin des idéaux républicains de « liberté, égalité, fraternité », il veut se faire réélire dans une alliance cachée avec les idées de l’extrême-droite.

C’est ce noir bilan, doublé de la reprise des idées lepéniste depuis des mois, qui fait progresser dangereusement cette dernière. Pour une grande part, certains de nos concitoyens qui souffrent terriblement des effets de la mondialisation capitaliste, de l’Europe de l’argent, utilisent ce vote pour dire leur colère, pour faire entendre leurs souffrances. En utilisant ce vote, ils se trompent gravement car la cause de la crise n’est ni son voisin, ni le jeune que la société rejette à ses marges dans la discrimination et la précarité, ni l’immigré jeté sur les routes par le capitalisme mondialisé qui l’affame. La famille Le Pen sert à protéger les grands manitous de la finance internationale qui toujours tirent leur épingle du jeu. L’ennemi de l’emploi et du meilleur salaire, des services publics, c’est bien le capitalisme débridé et non pas l’immigré.

Le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon ont eu raison d’alerter sur l’imposture Le Pen. Il eut été d’intérêt général que d’autres qu’eux, comme l’a fait l’Humanité-Dimanche, la démasquent au lieu de théoriser sur sa « prétendue » dédiabolisation. L’extrême-droite est un danger ! Malheureusement, ce courant national-populiste-fascisant progresse dans toute l’Union européenne sous l’effet de déceptions, de magouilles politiques et d’une Europe se faisant contre les peuples. Le combat pour réduire l’extrême-droite reste devant nous, tant il constitue un verrou contre les changements progressistes, au service du capital international. Il est indispensable d’avoir conscience que Mme Le Pen, avec ses nouveaux amis comme Madelin, dessine une France et une Europe ultralibérales et autoritaires, dépouillées de tous droits sociaux et démocratiques. Pour y parvenir, elle travaille à une recomposition profonde de toute la droite pour en faire l’outil d’explosion des principes et des valeurs de la République. D’ailleurs, si le système ne change pas en profondeur, ce scénario devient plausible.

Faire reculer l’extrême-droite doit devenir l’un des combats permanent de toute la gauche, de tous les progressistes. Mais, ce recul n’est possible qu’avec une nouvelle politique, répondant aux angoisses et aux attentes populaires. Telle devrait être la tache d’une nouvelle majorité de gauche demain. Le message essentiel du scrutin est une envie profonde de changement, la demande d’une autre manière de gouverner en associant les citoyens et les élus, la prise en compte des revendications des syndicats et des associations, la revitalisation des plus belles valeurs de la République : « Liberté, égalité, fraternité ».

C’est ce qu’ont voulu dire celles et ceux qui ont choisi les candidats de la gauche et de l’écologie politique.

Près de quatre millions d’électrices et d’électeurs ont appuyé les propositions du Front de Gauche d’une nouvelle répartition des richesses, d’un retour à la retraite à 60 ans et d’un SMIC à 1700€, le logement à un prix accessible et une action de grande ampleur contre la précarité, la défense et l’élargissement des services publics, un saut qualitatif de nos institutions avec une sixième République dans laquelle les travailleurs disposeraient de nouveaux pouvoirs à l’entreprise, la nécessité d’une mutation écologique de nos systèmes productifs, de nos habitude de consommation pour faire face aux urgences environnementales.

C’est aussi le Front de Gauche qui fait vivre le projet de solidarité internationaliste et coopérative avec les pays du Maghreb et de l’Afrique pour un nouveau projet de co-développement, pour mettre fin partout à la misère, à la faim, à la précarité et  au chômage. Le Front de Gauche c’est le projet d’un monde de partage où il fait bon vivre, au Sud comme au Nord. Le Front de Gauche devient une nouvelle et grande force pour l’avenir commence à influencer la vie politique française. Elle est d’ores et déjà  un atout pour être défendu et un outil pour créer les conditions d’une gauche qui réussisse parce que, s’appuyant sur les citoyens eux-mêmes pour répondre à ce qu’ils attendent d’elle. Le six mai, le choix est donc clair : créer les conditions pour battre le candidat des riches et utiliser, sans la moindre réserve, le bulletin de vote F. Hollande. Si par malheur, N Sarkozy était réélu, ce serait une politique de déchiquetage des droits sociaux et humains, la destruction du code du travail, la retraite à la carte par capitalisation, la privatisation de la sécurité sociale, l’austérité à perpétuité avec ce traité d’austérité Sarkozy-Merkel. Battre Sarkozy c’est ouvrir une première brèche dans le merkozysme austéritaire.

Le vote Hollande se fera sans ambiguïté et en toute lucidité, en appelant la gauche à ne pas retomber dans les ornières du passé, à résister aux injonctions des marchés financiers et du grand patronat, à agir pour changer les traités européens et à refuser le dernier écrit par le tandem Sarkozy-Merkel.

Le Front de Gauche sera disponible pour ces combats indispensables pour sortir de l’austérité, du chômage, donc de la crise.

La victoire du candidat de la gauche que devient F. Hollande doit s’accompagner en juin de la constitution d’une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale dans laquelle de nombreux députés du Front de Gauche, dans un important groupe parlementaire, constitueront une garantie pour abroger les négatives lois sarkozystes et en écrire de nouvelles, pour l’augmentation des salaires et des retraites, le blocage des prix alimentaires et des carburants, pour sécuriser l’emploi et pour en finir avec la précarité, pour élargir les services publics, défendre et améliorer la sécurité sociale, créer les conditions pour que la jeunesse soit respectée et qu’un nouvel avenir soit construit avec elle.

L’urgence, c’est la mobilisation pour créer les conditions de défaire Sarkozy et assurer la victoire la plus large possible de la gauche.

22 avril, vote Mélenchon, vote d’espoir 1

Jusqu’à dimanche soir, les électrices et les électeurs vont choisir le bulletin qu’ils mettront dans l’urne. Le rejet du Président sortant est si fort, si largement partagé qu’on voit mal ce qui pourrait empêcher une majorité de nos concitoyens de tourner la page d’un quinquennat qui leur aura fait tant de mal, qui aura défiguré notre beau pays, qui aura terni son image en Europe et dans le monde. Et son projet est encore pire que son bilan ! Les enquêtes d’opinions confirment ce que nous entendons et ressentons autour de nous. L’actuel climat ressemble à celui qui précédait la victoire du “non” au référendum de 2005. Elles nous disent que la gauche et l’écologie politique sont, au premier tour, à un niveau bien plus élevé qu’en 2007 de dix pour cent puisqu’elles atteignent les niveaux de 1981 qui ont permis la victoire de François Mitterrand. C’est grâce à la percée de Jean-Luc Mélenchon depuis quelques semaines qui conforte toute la gauche. Elles nous disent aussi, depuis des mois et des mois, sans aucune exception, que F. Hollande l’emportera au second tour avec une avance à la mesure de la répulsion suscitée par le candidat des riches. Elles nous disent enfin que, notamment sous les coups de boutoir du Front de Gauche, la candidate de l’extrême-droite n’est heureusement pas en mesure de rééditer le sinistre “exploit” de son père en 2002. C’est donc en toute liberté et sans risque, dimanche prochain, que chacune, chacun pourra non seulement choisir le changement à gauche mais surtout la nature et le niveau de ce changement. Or, ce dont il est question, c’est de savoir si cette élection, puis celles des députés qui suivront, permettront ou non de renouer avec les fils d’un processus démocratique trop longtemps interrompu, pour une marche en avant vers le progrès social, humain, écologique. Il s’agit de le faire dans les conditions de notre époque en tirant pleinement les leçons de tout ce qui a échoué, aujourd’hui comme hier, ici comme ailleurs.

L’un des grands défis à relever devrait être de briser l’actuel cercle infernal qui fait que les générations actuelles vivent plus mal que leurs parents. Il suppose un changement de logique, de pouvoir pour  progresser vers une société nouvelle inscrivant à son fronton : « l’humain d’abord » et non plus la dictature des puissances d’argent. Le grand mérite du Front de Gauche et de son candidat aura été précisément de commencer à briser le rouleau compresseur de la fatalité, d’une pensée unique qui, toujours, prend le parti des plus fortunés contre celui des exploités, des opprimés et des méprisés. Au fond, n’est-ce pas la reconnaissance de ce mérite là qu’a exprimée F. Hollande, dans un entretien à nos confrères de Libération, il y a quelques jours, affirmant : « Jean-Luc Mélenchon n’est pas mon adversaire, ni même mon concurrent », souhaitant « que le score du reste de la gauche soit important, qu’ont ait un total des voix de gauche qui nous permette d’avoir de la marge, qui nous permette de gagner, oui ».  Et parlant des électeurs, le candidat du Parti socialiste a ajouté : « J’aurai donc à écouter leur message », précisant  que « l’enjeu est de savoir sur quelle ligne politique je peux gagner cette élection ». Or, pour une part importante, c’est le score atteint par Jean-Luc Mélenchon qui influencera  cette «ligne» dans le sens d’une politique capable de donner vie à une évolution révolutionnaire,  indispensable au mieux vivre, au mieux être, à la solidarité, à la paix, à de nouveaux progrès de civilisation.

Nous ne pouvions mieux dire combien le vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon est d’une utilité irremplaçable pour nos concitoyens et la gauche toute entière. Plus le message sera fort, plus les chances de réussir les changements tant espérés et depuis si longtemps seront grandes. Plus la nécessité d’une autre répartition des richesses et d’une nouvelle manière de les produire prendront le pas sur une austérité qui partout enfonce dans la crise, avec son cortège de souffrances pour le monde du travail, des retraités et de la culture. Il faudra en effet que soit mise sur la table l’énormité des sommes qui devraient enfin servir aux êtres humains et non plus à la finance. 317 milliards d’euros de revenus financiers soustraits des  entreprises contre les salaires et l’emploi ; 170 milliards de cadeaux fiscaux et sociaux contre la justice et la protection sociale ; 210 milliards pris sur les résultats des entreprises pour être versés en dividendes aux actionnaires contre la sécurité de l’emploi ; 1000 milliards prêtés aux banques privées au taux exceptionnel de 1%. En voilà des sommes astronomiques à répartir autrement pour que le plus grand nombre puisse vivre mieux et pour sortir de la crise !

Il en est de même des pouvoirs d’intervention des salariés sur la gestion de leur entreprise et de l’économie. Ou encore de la force à se donner pour résister et riposter aux offensives de la finance internationale, de la Commission de Bruxelles qui ne supporte pas qu’on puisse envisager un référendum sur le nouveau traité européen, ni que l’on refuse l’outil installé depuis une banque de Francfort, lundi dernier, pour spéculer contre la dette de la France. D’ailleurs dans un ultime sursaut, la droite n’hésite pas à faire appel aux marchés financiers contre le pays en cas de victoire de la gauche.

D’ici dimanche soir, les manœuvres de dernière heure, avec leur lot de diversions, de ferments de division, ne vont pas manquer. Des peurs seront agitées. Sereinement, confiants, tous ensemble, jusqu’à la dernière heure, nous allons nous efforcer de rassurer, pour convaincre les hésitants, conforter celles et ceux qui font mouvement vers Jean-Luc Mélenchon avec l’espoir raisonné qu’une très bonne nouvelle est à la portée de ces derniers efforts. Nous le ferons avec en tête les épisodes d’une extraordinaire campagne de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche qui rend possible la concrétisation de nos espoirs.