L’atout pour réussir Répondre

Le 24 mai 2012 @10h30

Les premiers actes du nouveau gouvernement signifient clairement que nous sommes sortis du quinquennat sarkozyste. Le mépris, les syndicats et les corps intermédiaires bafoués, la justice instrumentalisée, niée jusqu’à l’insupportable « présomption de légitime défense »; l’installation partout d’un climat de tension, de division, de racisme ; l’argent et la concurrence de tous contre tous érigés en valeurs suprêmes, les principes démocratiques contredits par la toute puissance du Président et des conseillers ; la posture bushiste dans les relations internationales, jusqu’à réintégrer notre pays dans le commandement de l’OTAN et déclencher une guerre laissant la Libye désemparée: le sarkozysme étouffait le pays. Sa défaite est vécue comme une délivrance.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, rajeuni, féminisé, métissé, signataire d’une charte déontologique, marque une rupture appréciée parce qu’attendue. Les déplacements internationaux de F. Hollande, sa nette réaffirmation d’une évacuation de nos troupes combattantes d’Afghanistan à la fin 2012, satisfont nos concitoyens. Chacun sait que les passages à l’acte vont maintenant nécessiter  beaucoup de détermination  et de persévérance tant la crise qui secoue la planète est profonde.

Sous l’impulsion du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon, l’enjeu d’une relance tournant le dos à l’austérité, ainsi que l’idée d’une « réorientation » de la construction européenne ont été repris par le candidat socialiste durant la campagne présidentielle et ont été défendus auprès de Mme Merkel comme de M. Obama. Leur concrétisation impose d’affronter le mur dressé par la haute finance contre les droits économiques, sociaux, démocratiques et culturels. Elle aura besoin de mobilisations populaires et d’un engagement de toutes les composantes de la gauche et de l’écologie politique car l’expérience nous enseigne que la gauche n’est efficace que quand sa pluralité est respectée, valorisée, avec un flanc gauche, aujourd’hui le Front de Gauche, puissant à l’Assemblée Nationale.

Depuis quelques jours, il est devenu l’adversaire privilégié des dirigeants de l’UMP qui ne rêvent que de revanche. Souvent ridicules dans leurs critiques systématiques et partisanes de ce qui change avec le nouveau pouvoir, ils ressortent les vieilles rengaines anticommunistes. Certes, elles peuvent contribuer à la remobilisation d’un électorat passablement sonné par la défaite mais, pour l’essentiel, elles tombent  à plat, tant une majorité de nos concitoyens, au premier rang desquels les jeunes, considèrent qu’ils ont écarté un cauchemar en même temps que M. Sarkozy.

Reste à franchir une étape importante, déterminante pour la nature, la qualité, le rythme du changement, celle d’une défaite nette, sans appel de   l’ancienne majorité de droite de l’Assemblée Nationale, avec zéro député du Front national. Empêcher l’extrême-droite de disposer de la tribune du Parlement pour répandre le poison de la haine, de la xénophobie et du racisme est une ambition de salubrité publique.

Il s’agit d’élire une nouvelle majorité parlementaire de gauche, une majorité suffisamment diverse et rassemblée pour accomplir la tâche immense confiée par les citoyens de réussir le changement, sans pour autant qu’un seul parti dispose à lui seul de la majorité absolue. En effet, la qualité, l’efficacité, la cohérence des lois ont besoin de débats contradictoires dans leur élaboration. Notre peuple est divers. Ses  aspirations, ses  urgences sociales, démocratiques, écologiques ne souffrent aucune hégémonie. L’Assemblée Nationale a vocation à refléter la réalité des confrontations d’idées et de points de vue qui, sur le terrain, traversent la société. En revaloriser le rôle, comme s’y est engagé F. Hollande, tourne le dos à une conception suiviste du rôle des députés. Responsables, constructifs, unitaires, animés par le seul objectif de faire entrer dans la vie les choix des électrices et des électeurs, les députés de gauche, tous les députés de gauche, se doivent de tirer les leçons des expériences précédentes qui peu à peu ont vu les déceptions prendre le dessus sur les espoirs.

Elles méritent d’être méditées avec nos concitoyens dans la campagne électorale et au delà. Ce n’est pas insulter les expériences de la gauche que de le dire. C’est tout simplement appeler, dans l’intérêt de toutes et de tous, dans l’intérêt de la gauche elle-même, à la vigilance, à l’expression la plus large de toutes les forces progressistes et à l’autonomie du mouvement social pour réussir. C’est d’autant plus vrai que nous ne sommes plus ni en 1981, ni en 1984, ni en 1988, ni en 1997. La situation est bien plus grave et préoccupante. Elle ne peut conduire à appliquer une austérité de gauche après les législatives, au nom de l’ampleur des déficits. On sait déjà ce que provoque un tel choix sans issue appliqué à nos voisins grecs, espagnols, italiens ou portugais. La gravité et l’ampleur de la crise appellent aujourd’hui  à inventer une culture qui associe au sérieux de la gestion des ruptures permettant la transformation sociale et écologique. C’est parce qu’il s’agit d’une crise globale, inédite du capitalisme contemporain qu’il est indispensable que la gauche se parle, débatte dans sa pluralité et diversité afin qu’émerge un nouveau projet économique, social, culturel, environnemental. Cela se fait pour une part importante au Parlement. Nos concitoyens doivent en avoir conscience au moment d’aller voter le 10 juin prochain.

Un Front de Gauche fort au Parlement, c’est toute la gauche qui est qualitativement plus à même de réussir. Les problèmes à résoudre sont immenses. Les forces de la réaction, des grandes puissances financières, soutenues par les institutions européennes sont arc-boutées contre le changement. Les affronter avec l’ambition de sortir de la crise, de tourner le dos à l’austérité et au chômage invite à renforcer le flanc gauche de la gauche, pour rendre plus efficace encore l’expression des quatre millions de voix qui se sont portées sur le nom de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. L’humain d’abord, le refus de la financiarisation de la société, une nouvelle répartition des richesses et l’engagement d’un processus pour les produire autrement seront défendus par un groupe Front de gauche le plus important possible. Il sera la meilleure caisse de résonnance dans l’hémicycle de ce qui monte parmi les populations, en France et sur tout le Continent, contre l’austérité et pour réorienter radicalement la construction européenne. Le meilleur interprète de toutes les actions sociales, syndicales, citoyennes, qui se développent en Europe, des votes, comme en Grèce, en faveur de  forces progressistes, au premier rang desquelles Syriza.

L’une des manifestations les plus importantes de ce refus de l’austérité sera le rejet du pacte budgétaire, le traité Sarkozy-Merkel et la mise en débat d’un nouveau projet de développement humain, social et écologique.

Un Front de Gauche renforcé au Parlement c’est l’assurance de nouvelles avancées démocratiques en créant de nouvelles conditions pour que chacune et chacun se sente respecté, écouté et puisse participer aux décisions qui le concerne.

Répondre aux urgences sociales démocratiques, c’est la condition pour faire reculer durablement l’extrême-droite et du même coup une droite de plus en plus extrême qui a reprises les idées lepénistes.

La campagne des élections législatives est donc très importante pour la vie quotidienne et pour créer les conditions de la réussite du changement à gauche.

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La garantie 1

Le 22 mai 2012 @6h13

Le nouveau gouvernement est désormais à pied d’œuvre au moins jusqu’au terme des élections des députés les 10 et 17 juin. Cette élection est importante. C’est en effet à l’Assemblée Nationale et au Sénat qu’on vote les lois. La droite qui a une soif éperdue de revanche s’est lancée dans une multitude de violentes diatribes contre le nouveau gouvernement sur des bases très futiles.

Elle veut une cohabitation, c’est-à-dire une Assemblée Nationale à droite, empêchant tout changement. Cela reviendrait à bafouer le choix des Français le 6 mai. Il faut l’empêcher. Comme il faut empêcher l’élection de députés du Front National, ce parti de la haine, de la division, qui fait désigner le voisin comme un ennemi pour mieux préserver et servir les puissants intérêts de la banque et de la haute finance.

Le Front de Gauche se fait un devoir et un honneur, au service de l’intérêt général, au service des idées de la République et du progressisme, de faire reculer le parti de la haine, qui, malheureusement s’installe dans toute l’Union européenne. C’est le sens fondamental de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à Hénin Beaumont, dans le Pas-de-Calais, s’opposant directement à la chef de cette extrême-droite. La combattre et la faire reculer, c’est en même temps faire reculer la droite dont on a vu à quel point une partie importante d’entre-elle a repris les idées de l’extrême-droite.

Mais soyons conscients qu’éliminer le danger de l’extrême-droite appelle une nouvelle politique économique et sociale pour faire reculer la crise. Voilà pourquoi le Front de Gauche se met à la disposition du combat contre les puissances d’argent pour une nouvelle répartition des richesses afin que la justice et l’égalité deviennent le cœur de la politique de gauche.

C’est le Front de Gauche qui agit pour sortir de l’austérité et donc pour refuser que notre pays ratifie le traité d’austérité budgétaire signé par M. Sarkozy avec Mme Merkel dans le dos des peuples. Ceux-ci d’ailleurs, de l’Allemagne à la Grèce, refusent dans toutes les élections ce texte, non seulement antisocial mais aussi contraire à l’efficacité.

Le Président de la République veut y ajouter un volet « croissance ». C’est un pas. Mais rien ne changera si on reste dans le carcan de ces traités européens.

Le vote pour le Front de Gauche aux élections législatives dans le prolongement de la présidentielle et du « non » au traité constitutionnel, permettra de créer des conditions pour réussir vraiment le changement progressiste.

Le nouveau ministre de l’agriculture et de l’agroalimentaire, Stéphane Le Foll, est un homme compétent, dévoué, connaissant bien les dossiers et les problèmes des agriculteurs et des ruraux. Il se trouve face à de grands enjeux pour défendre les revenus des petits paysans, améliorer leur retraite, revoir la loi de modernisation de l’économie qui fait la part belle aux grandes centrales d’achat, ré-augmenter le budget national agricole, conserver les terres agricoles et rechercher de nouveaux systèmes agricoles plus respectueux de la nature et des hommes, et surtout défendre une nouvelle politique européenne dont l’un des objectifs prioritaire devrait être la rémunération du travail, l’installation de jeunes paysans, la souveraineté et la qualité alimentaire.

Autant de chantiers que le nouveau ministre ne peut mener que dans le cadre d’un nouveau rapport de force où, le Front de Gauche progresse. Cela lui donnera un poids supplémentaire pour lancer une grande politique agricole progressiste.

Les enjeux d’une nouvelle répartition des richesses pour améliorer les salaires, les retraites, les revenus paysans, des droits nouveaux pour les citoyens, la défense et l’amélioration des services publics partout pour réduire les inégalités, la sécurité du travail et de l’emploi, la revitalisation des campagnes sont décisifs pour améliorer réellement la vie. Seul, le vote Front de Gauche permet de peser en ce sens dans le cadre d’une nouvelle majorité de gauche au Parlement.

Plus existe et vit le pluralisme politique à gauche, plus sérieux et approfondis seront les débats, plus les lois seront écrites de façon à répondre aux attentes sociales et populaires.

Le 10 juin, il faut garantir la réussite du changement.

Le vote pour les candidats Front de Gauche aux élections législatives le permet.

Maintenant un Front de Gauche fort dans une majorité de gauche au Parlement 1

Le 17 mai 2012 @06h00

Cette semaine s’est définitivement tournée la sombre page du sarkozysme, avec l’installation de F. Hollande à l’Élysée et la mise en place de son premier gouvernement. De premières mesures sont annoncées. Certaines sont emblématiques et marquent la volonté du nouveau pouvoir de ne plus faire de «l’argent» la marque de la puissance. C’est le cas de la diminution de la rémunération du Président de la République et des ministres comme celle des dirigeants des entreprises publiques. Une orientation à soutenir et à renforcer, notamment pour ces patrons des banques et des grandes firmes privées qui gagnent jusqu’à l’équivalent de quatre cent fois plus que le salaire moyen dans l’entreprise.

Évidemment ces actes positifs ne règlent pas la question principale et fondamentale à laquelle sont confrontées notre société et la collectivité citoyenne en son entier : celle du nécessaire engagement de la gauche pour un nouveau partage des richesses.

L’augmentation substantielle de la prime de rentrée scolaire comme celle des effectifs dans l’éducation nationale ou pour la sécurité sont une bonne chose. Mais le débat qui perdure entre les organisations syndicales, le Front de Gauche et le nouveau gouvernement socialiste est de savoir si cela peut se faire uniquement par simple redéploiement des crédits publics ou par des réformes structurelles, telles qu’une nouvelle fiscalité plus favorable au travail et dissuasive pour la spéculation financière ; un nouveau crédit public, contribuant lui aussi à l’activité et à l’emploi, impliquant une profonde réforme bancaire, jusqu’à la création de pôles publics financiers et bancaires.

Le blocage temporaire des prix de l’énergie et une taxe flottante sur les carburants peuvent également améliorer le pouvoir d’achat. Mais cela aura une portée limitée s’il n’est pas décidé d’augmenter substantiellement les salaires minimums, les retraites et les prestations sociales en promouvant une nouvelle répartition des richesses, tout en impulsant une nouvelle manière de les produire. Tout le contraire de l’austérité, qui, non seulement fait mal au plus grand nombre, mais qui anémie l’activité comme en témoignent nos voisins européens. Si l’on veut promouvoir la justice, il faut  effectuer des ruptures. Inventer une nouvelle voie devient une nécessité pour qu’une cohérence nouvelle permette d’associer efficacité économique et sociale au service du développement humain et écologique.

La question est au cœur des élections législatives. Elles devront bien sûr donner une majorité à l’Assemblée Nationale aux forces qui ont permis la victoire de François Hollande. Toutes partagent cette légitime ambition face à une droite qui n’a que la cohabitation en tête pour empêcher tout changement. Mais, c’est un fait, toutes n’ont pas la même détermination à affronter les puissances financières et les institutions européennes pour dégager les moyens de répondre aux attentes populaires. Élire de nombreux députés du Front de Gauche permettra tout à la fois de soutenir cette détermination et de faire gagner l’ensemble de la gauche qui sera ainsi mieux armée pour voter des lois qui apportent du bien-être au monde du travail et de la culture comme aux retraités. Du bien-être et de nouveaux droits pour les citoyens et les salariés afin qu’ils disposent de pouvoirs pour intervenir et influer sur les choix des collectivités et des entreprises.

Chaque électeur aura la possibilité de construire dans les urnes un rapport des forces qui soit favorable aux changements qu’il attend face aux pressions qu’exercent déjà sur le nouveau pouvoir les milieux d’affaires, les dirigeants allemands et les institutions européennes. Ces dernières refusent de prendre en compte cette donnée fondamentale qui parcourt toute l’Europe, dimanche après dimanche, les partis « pro austérité », défenseurs de l’Europe ultralibérale sont sévèrement désavoués par les électrices et les électeurs.

Comme en France, les Grecs, les Italiens, les Allemands, les Anglais, les Espagnols rejettent la potion amère de l’austérité dont ils constatent qu’elle nous mène tous dans le mur.

Dans toute l’Europe, on attend beaucoup du nouveau Président de la France. Il porte l’espoir d’une sortie du cycle mortifère entamé sur notre continent par Mme Merkel et M. Sarkozy. Ne s’est-il pas prononcé pour une réorientation de la construction européenne ? Loin de nous l’idée qu’il suffirait de le vouloir et de claquer des doigts pour y parvenir. Mais nous avons la conviction que le chef de l’État dispose d’atouts pour réussir à le faire. Le vote de nos concitoyens à l’élection présidentielle d’abord, dont les quatre millions de voix du Front de Gauche sans lesquelles rien n’est possible. Ensuite, ce qui s’exprime dans les élections et les luttes chez nos voisins, dont les citoyens allemands, qui ont engagé un bras de fer pour obtenir d’importantes augmentations de salaire. Isoler Mme Merkel et son ultralibéralisme ne relève pas de l’utopie. A condition de s’appuyer sur les aspirations des populations, de les informer précisément sur ce qui est en cause et sur les différentes options en présence. Les peuples, leurs débats, leur mise en mouvement feront le poids face aux marchés et à la finance. Pour notre part, nous sommes disposés à apporter notre contribution à leurs mobilisations. François Hollande s’est engagé à renégocier le traité budgétaire appelé «traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union européenne» (TSCG). Un traité signé par M. Sarkozy. Celui-ci a été battu. Il refusait toute idée de renégociation et l’UMP fait pression pour que le nouveau gouvernement applique l’austérité selon le modèle allemand. Aujourd’hui, il s’agirait d’ajouter un texte sur la croissance à ce traité. En apparence, l’idée est séduisante. Il faudrait cependant discuter des moyens d’une nouvelle croissance et de sa nature. Le Conseil européen du 30 janvier dernier a adopté un texte à ce sujet. L’idée centrale est de développer la « croissance » par l’accentuation de la compétitivité du travail, donc par une surexploitation du travail. On ne peut l’accepter ! Ajoutons qu’on ne peut faire de la croissance avec de l’austérité. Ajoutons que le traité budgétaire a ceci d’extrêmement grave qu’il ôte toute souveraineté aux peuples et aux Parlements de décider des budgets publics au profit d’un contrôle tatillon et de sanctions de la Commission de Bruxelles.

Tout doit donc être mis sur la table du Conseil européen qui doit se tenir dans les prochains jours et rien ne doit être caché aux différentes populations de l’Europe. C’est trop sérieux puisqu’il s’agit, pour une large part, de réussir ou non le changement ici et chez nos voisins tout en redonnant un sens positif à une construction européenne qui s’est coupée des peuples.

La garantie pour le faire implique l’intervention populaire et une nouvelle progression du Front de Gauche aux élections législatives.

Notre pays n’est pas le dos au mur. Il dispose d’atouts et de  forces pour négocier avec nos partenaires. Il peut, si nécessaire, décider de ne pas ratifier le traité budgétaire qui dés lors deviendrait caduc. Un nouveau chantier s’ouvrirait avec la possibilité que prévalent d’autres critères que ceux retenus dans le précédent tels que l’emploi, un salaire minimum en Europe, la réduction de la pauvreté, des avancées en matière de santé, de protection sociale, de formation, de recherche, de mutation écologique et un nouveau rôle pour la Banque centrale européenne.

Les candidates et candidats du Front de Gauche portent ces orientations constructives au même titre que des projets élaborés avec les citoyens dans les circonscriptions, dans des ateliers législatifs. Partout déterminés contre la droite revancharde et comme va le faire avec courage Jean-Luc Mélenchon contre la dirigeante de l’extrême-droite, les militants et candidats du Front de Gauche le sont tout autant pour créer les conditions de la réussite du changement. Ils méritent la confiance et apporteront, une fois élus députés, ce que les salariés attendent d’eux.

Pour changer vraiment 2

Le 15 mai 2012 @16h00

Le nouveau Président de la République et son gouvernement s’installent cette semaine. Il marque la fin de dix-sept années de gestion de droite et la sortie du sarkozysme, l’autre nom du régime au service exclusif des riches.

La nouvelle équipe gouvernementale prend quelques mesures symboliques comme la réduction de la rémunération du chef de l’Etat, des ministres et de celles des dirigeants d’entreprises publiques. Ce sont des marqueurs, tout comme la démarche de F. Hollande souhaitant rester proche des gens. De même, le blocage des prix de l’essence, du gaz et de l’électricité ou l’augmentation de la prime de rentrée scolaire constituent de premiers actes.

Évidemment, il faut aller très au-delà et s’attaquer aux deux problèmes fondamentaux auxquels sont confrontés nos concitoyens : le pouvoir d’achat et le travail. Certes, la prime de rentrée scolaire et le blocage -voire la baisse- des prix de l’énergie peuvent améliorer le pouvoir d’achat. Mais pour sortir de la crise, il faut absolument créer les conditions d’une nouvelle répartition des richesses pour améliorer les revenus du travail. Une fiscalité plus juste favorisant le travail et pénalisant la spéculation financière est indispensable. Un nouveau développement, favorable aux êtres humains, implique en même temps de relancer un nouveau type de crédit à très bas taux d’intérêt, favorisant l’emploi, l’activité agricole, artisanale et celle des petites entreprises dès lors que cela favorise le travail, la vie territoriale, les rémunérations. Ce sont là de grandes réformes de structure,  indispensables pour réussir le changement progressiste. Celui qui améliorerait concrètement la vie quotidienne de nos concitoyens.

Permettre au gouvernement d’affronter ces enjeux appelle une majorité de gauche au Parlement, avec un flanc gauche, donc un Front de Gauche représenté par de nombreux députés dans la nouvelle assemblée.

Le Président de la République, F. Hollande a déclaré vouloir faire en sorte que « l’austérité ne soit plus une fatalité » et demande un accord avec l’Allemagne pour un protocole dit de « croissance » au traité budgétaire européen.

C’est un discours différent de celui de l’ancien Président de la République. Mais on peut craindre que le terme même de « croissance » soit antagonique avec le traité d’austérité budgétaire. Ajoutons qu’il y a croissance et croissance. Ce qui se discute aujourd’hui est une tentative de relance de la croissance par l’accentuation de la concurrence entre travailleurs, qui de facto, diminue la rémunération du travail.

De surcroît, les termes de ce protocole de croissance sont déjà inclus dans les conclusions du Conseil européen du 30 janvier dernier. Ceci ne constitue donc pas une garantie de sortie de l’austérité. Et le traité Sarkozy-Merkel, qui est une camisole de force réduisant les budgets des Etats et de la sécurité sociale, doublé de la perte de souveraineté des Parlements nationaux, risque de fermer toute perspective d’amélioration. Voilà pourquoi le nouveau Président de la République doit créer les conditions d’un débat public sur ce traité et de le soumettre à l’opinion du peuple par référendum. Si la France ne ratifie pas ce traité, il faudra bien se mettre à la rédaction d’un nouveau texte anti-austérité européen, comme le demandent les peuples dans les élections en France et en Grèce, mais aussi en Allemagne, en Espagne et en Italie.

Le combat contre l’austérité est plus que jamais à l’ordre du jour. C’est la condition de la réussite du changement.

Le vote pour les candidats du Front de Gauche sera un vote anti-austérité et pour la réussite de la gauche.

Pour un forum de refondation de l’Europe 2

Le 10 mai 2012 @10h00

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Hier, mercredi 9 mai, nous avons eu un débat en session plénière au Parlement européen à Bruxelles. En cette Journée de l’Europe, anniversaire de la création de l’Union européenne, nous avons débattu sur son avenir, en présence de Martin Schulz, président du Parlement.

Voici mon intervention durant ce débat, et, plus bas, la vidéo.

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Monsieur le Président,

Permettez-moi de vous remercier, M. Le Président, pour l’hommage fraternel que vous avez rendu à Miguel Portas.

Vous avez fait un bel éloge de l’Europe. Mais la réalité pour les peuples n’est pas celle-là. Si les politiques européennes ne sont pas profondément réorientées, de graves risques d’implosion de l’Union européenne existent, avec de graves conséquences pour les populations qui n’en peuvent plus de l’austérité, du chômage et de la précarité.

L’austérité appliquée à marche forcée aux peuples, alors que les richesses sont accaparées par une minorité, privatisées, est non seulement injuste, mais inefficace. Il faut en tirer les conclusions et vite.

Tenez bien compte de ce qui vient de se passer ces derniers jours. Refus du plan d’austérité par le gouvernement roumain, puis aux Pays-Bas, victoire d’un président de Gauche, François Hollande, en France, défaite de tous les partis pro-austérité aux élections locales en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, en Allemagne, et rejet de celle-ci en Grèce.

Il faut respecter le vote du peuple grec, chercher avec la Gauche une nouvelle voie et abandonner le mémorandum de la Troïka.

On ne peut accepter le Traité budgétaire d’austérité de M. Sarkozy et Mme Merkel. L’ajout d’un protocole dit de croissance est antinomique avec le Traité lui-même. Il faut donc l’abandonner. Austérité et développement sont antagoniques.

Au contraire de cela, réinventons un nouveau pacte de développement humain, social, écologique avec un fonds financier spécial et un nouveau rôle de la Banque Centrale Européenne qui doit faire du crédit pour le développement c’est-à-dire l’amélioration du pouvoir d’achat, la création et la sécurisation de l’emploi, l’innovation, la recherche, la création de nouveaux services publics, la mutation écologique.

Il y a là un autre avenir possible.

La Banque européenne d’investissement au capital augmenté, une nouvelle utilisation des fonds structurels, une taxe sur les transactions financières, un impôt harmonisé sur le capital, l’action contre l’évasion fiscale, seraient des leviers auxquels pourrait s’ajouter la création monétaire de la Banque centrale européenne pour les Etats et les services publics et non plus pour les Banques.

Au lieu de la mise en concurrence des travailleurs, inventons un salaire minimum garanti européen, et un revenu minimum ainsi qu’un plan d’action contre la pauvreté.

Nous demandons en même temps de décréter un moratoire pour une partie de la dette du passé des Etats et de demander à la BCE de prêter délibérément aux Etats au taux de 1%.

A ce propos, je souhaiterais que la Commission et le Conseil fassent un rapport sur l’utilisation des 1000 milliards d’euros que la Banque centrale a prêté aux banques privées. A quoi ont-ils servi ?

Enfin, face à la gravité de la situation et aux menaces qui pèsent, je propose que notre Parlement prenne l’initiative d’un grand forum européen avec tous les parlements nationaux, les comités économiques et sociaux, les syndicats et associations pour jeter les bases d’une refondation de l’Union européenne.

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