Avec le Front de Gauche, la gauche est de retour 4

Enfin une bonne nouvelle ! La gauche est de retour. Et c’est au Front de Gauche qu’on le doit. Le candidat du Parti socialiste disait en décembre qu’il fallait « donner du sens à la rigueur ». Aujourd’hui, comme nous, il dit qu’il faut s’attaquer à la finance. Il n’y a pas si longtemps, il envisageait une majorité avec  Bayrou, homme de droite déguisé en centriste. Il a récemment clairement affirmé que sa majorité est dans la diversité de la gauche. Voilà des avancées qu’il faut mettre au crédit des évolutions de l’opinion publique auxquelles contribue la dynamique et rassembleuse campagne de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, au sein duquel les communistes prennent une part très active en déploiement militant et en créativité politique, même si les grands médias font tout pour le cacher. Ceci ne signifie pas que la gauche soit devenue uniforme, en accord en tout point. Non ! Loin de là. Le programme de F. Hollande reste marqué par l’adaptation à la crise.

Mettre en évidence ces données nouvelles veut surtout dire que rien n’est encore réglé quant au programme qui permettra de battre l’hyper-austérité sarkozyste et de sortir nos concitoyens des souffrances sociales qui les assaillent. Mais que tout reste possible, dans un sens positif pour le monde du travail et de la création, grâce à l’efficacité de l’alliance du Front de Gauche qui fait bouger la situation en crédibilisant la possibilité de battre N. Sarkozy, en faisant  reculer l’extrême-droite et en donnant un sens transformateur et populaire  à la gauche et à l’écologie politique dans leur ensemble. Plus nombreux sont nos concitoyens qui en prennent conscience. Ils ont fait progresser Jean-Luc Mélenchon de 4% à près de 10% des intentions de vote.

Fait d’autant plus encourageant que Jean-Luc Mélenchon et François Hollande progressent ensemble. Le  risque, comme en 2002, d’une élimination de la gauche au second tour devient donc très improbable surtout que s’ajoute la stagnation, voir le recul du candidat-président. Dans ces conditions, bien plus grande est cette fois la liberté des électrices et des électeurs de gauche d’émettre un vote utile, efficace et sans danger afin d’ancrer la politique à gauche et mettre un terme aux  politiques d’austérité et de chômage.

Cela vaut le coup d’y réfléchir quand on partage le dur sort des six millions de personnes qui sont contraintes de vivre avec moins de mille euros par mois, ou celui des seize millions qui terminent le mois à dix euros près. Au moment où ces lignes sont écrites, un seul bulletin de vote -c’est un fait- leur permet de dire qu’ils veulent  une augmentation des bas salaires, des minima sociaux et des prestations sociales, la baisse des prix à la consommation, le bulletin Jean-Luc Mélenchon.

Ce n’est pas un hasard puisqu’il s’en donne les moyens grâce à un nouveau partage des richesses, pour la justice et l’égalité. Avoir du courage par les temps qui courent consiste à se placer du côté des petits, des humbles, de toutes celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre. N Sarkozy, lui, continue d’être obsédé par la rente des plus fortunés. C’est de ce côté qu’il faut prendre et pas parmi ceux qui n’ont rien, peu ou pas grand-chose, comme le propose trop souvent le candidat du Parti socialiste. Le courage, ce n’est pas de copier le modèle allemand et de se faire adouber par l’ultralibérale Mme Merkel. C’est, en s’appuyant sur une dynamique de victoire en France, en appeler aux autres peuples européens pour refuser -et non aménager- un nouveau traité, corsetant les dépenses sociales et publiques et des droits sociaux. Qui peut croire que nos concitoyens soient les seuls en Europe à être favorables  au rachat par la Banque centrale européenne de tout ou partie de la dette des Etats ? Ou à estimer que ce serait une bonne chose si cette même banque impulsait  un nouveau type de crédit, en lien avec des pôles publics bancaires pour que l’accès au crédit soit d’autant plus facilité qu’il sert l’emploi, les salaires, l’investissement utile et écologique ? Messieurs les bonimenteurs de l’austérité à perpétuité, donnez la parole aux populations et vous verrez que ne sont pas isolées sur notre continent les motivations de celles et ceux qui ont dit “non” chez nous à la Constitution européenne!

Nous entrons dans cette phase de la campagne électorale où le débat sur la sortie de l’austérité va  prédominer. Prétendre qu’il y a trop de dépenses sociales ou trop de nos concitoyens qui vivent au dessus de leurs moyens pour expliquer la crise, c’est faire prendre les vessies pour des lanternes. Trop de richesses accumulées à un pôle de la société avec une paupérisation de l’autre pôle, voilà où se situe l’origine de la crise. En ajoutant de l’austérité, on ne fait qu’aggraver le mal. Pour s’en sortir, il faut s’attaquer à la finance spéculative au profit d’une vie meilleure pour les travailleurs. C’est  un nouveau partage des richesses qui permettra de favoriser la rémunération du travail et des retraites, combiné à un nouveau crédit, à une modification des systèmes productifs qui fera reculer la crise dans ses dimensions économiques, sociales et écologiques. Trop de candidats essaient d’enfermer le débat dans le piège d’une acceptation de l’austérité à plus ou moins grande échelle. La droite, de Sarkozy à Bayrou, et l’extrême droite, sont sur ce créneau, en bons protecteurs des puissances d’argent. Ils veulent désormais tellement cacher cette donnée que, dimanche dernier, le Président de la République a expliqué une hausse de la TVA et une baisse des salaires par le fait qu’il s’agirait là de “la raison” ou  “d’un devoir de réalité”, car “le clivage entre la droite et la gauche n’a plus de raison d’être”. Rien n’est plus faux ! La droite n’a pas changé. Elle sert sa classe : la classe capitaliste. La hausse de la TVA sert à faire un nouveau  cadeau  de près de treize milliards aux grandes entreprises.

Il reste moins de trois mois pour amplifier un mouvement qui s’est amorcé depuis quelques semaines et lui donner la force d’une dynamique irrésistible. Trois mois pour faire apprécier combien le Front de Gauche et son candidat peuvent, beaucoup plus encore, contribuer à la victoire et au succès durable d’une politique de changement qui réponde aux espoirs de celles et ceux qui n’en peuvent plus de souffrir.

COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPEEN (30 novembre – 1er décembre 2011) 3

Le Parlement s’est réuni en session à Bruxelles le 30 novembre et le 1er décembre, voici les principaux éléments débattus et votés lors de cette session.

Semestre européen : un manque de démocratie souligné mais une logique bien intégrée

Jeudi 1er décembre le Parlement européen a adopté (501 voix pour, 16 contre et 11 abstentions) le rapport de Pervenche Berès (Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates) sur le « semestre européen pour la coordination des politiques économiques ». Ce rapport fait le bilan de la première année de cet exercice de contrôle des budgets nationaux par les institutions européennes.

Le principe du « semestre européen » est de donner à la Commission et au Conseil le pouvoir de contrôler le budget de chacun des Etats membres, avant même leur adoption par les Parlements nationaux. La procédure s’étend l’espace d’un semestre et se décompose en plusieurs phases : en début d’année la Commission fait des projections économiques et des recommandations générales pour chaque Etat membre. Sur la base de ces prévisions économiques, les Etats présentent leur projet de budget à la Commission et au Conseil, qui, après analyse, font leurs recommandations pour d’éventuels changements.

Le fait que les institutions européennes aient leur mot à dire avant même que les Parlements élus démocratiquement ne puissent se prononcer crée déjà un précédent dangereux car il fausse le débat national sur des orientations budgétaires préalablement fixées au niveau européen.

Mais le danger est encore plus grand. Avec les politiques d’austérité imposées partout en Europe au nom de la discipline budgétaire, le moment du vote des budgets nationaux est de plus en plus encadré par les institutions européennes. Non contente de surveiller ces budgets avec le semestre européen, la Commission a annoncé la semaine dernière des propositions législatives qui lui permettent de jouer un rôle actif jusque dans leur élaboration. Ces projets de directives poussent la logique du semestre européen encore plus loin en accordant à la Commission le droit d’intervenir directement dans la procédure budgétaire en amendant le budget des Etats en difficultés. Concrètement, si un Etat ne respecte pas les carcans budgétaires européens en décidant d’appliquer une grande politique de relance économique, il est fort probable que la Commission intervienne directement dans l’élaboration de son budget pour en réduire la portée. Dès leur mise en place j’ai dénoncé de tels outils.

Le rapport présenté par Pervenche Berès s’inquiétait lui-même de cette tendance : « Exprime ses inquiétudes concernant la légitimité démocratique de l’introduction du semestre européen ; considère que le rôle du Parlement européen et des parlements nationaux est essentiel pour créer la légitimité démocratique et l’appropriation nationale nécessaire ».

Il demandait une participation plus active des Parlements dans le processus, un audit de la dette, une contre-expertise économique à celle de la Commission ou la consultation des partenaires sociaux, ou encore une prise en compte plus poussée des objectifs en matière d’emploi et pas uniquement en matière de contrôle de la dépense publique : « Invite la Commission et le Conseil à veiller à ce que les orientations générales concernant l’assainissement budgétaire et les réformes structurelles soient cohérentes avec la stratégie Europe 2020 pour la croissance et l’emploi ».

Mais toutes ces suggestions intègrent le principe même du semestre européen : le contrôle des budgets nationaux par les institutions européennes -avec pour seul objectif la mise en place de l’austérité- n’est pas remis en question. Pour cette raison l’ensemble de notre groupe a voté contre ce rapport.

Voici ma déclaration à l’issue du vote :

La mise en place du semestre au début de l’année dernière a marqué la première étape d’un tour de vis général vers plus d’austérité.

En imposant aux Etats de communiquer les projets de Budgets aux institutions européennes avant même que ne soient consultés les Parlements nationaux, le semestre européen créait un dangereux précédent.

Cette logique, une fois imposée, n’a pas tardé à être suivie par des mesures encore plus drastiques transférant chaque fois un peu plus la souveraineté parlementaire vers les instances de contrôle européennes. Le Pacte de stabilité s’appuie sur cette architecture, tout comme les nouvelles propositions de la Commission qui visent à mettre les Etats en difficultés sous surveillance.

Le rapport de Madame Berès s’inquiète lui-même de la légitimité démocratique de ce processus. Mon groupe lui ne peut accepter cette austérité imposée aux peuples européens et demande en conséquence l’ouverture d’un vrai débat sur un nouveau projet européen émancipé des marchés financiers, et ayant pour objectif principal le progrès social, humain et écologique, et la sécurité de l’emploi.

Mario Draghi demande plus d’austérité avant que la Banque centrale européenne ne vienne en aide aux Etats

Le Président de la Banque centrale européenne est venu ce jeudi 1er décembre au Parlement européen présenter le rapport 2010 des activités de son institution ainsi que ses exigences.

L’échec des sommets européens des 23 et 26 octobre pour stabiliser les marchés de la dette est apparu de manière flagrante dès la semaine qui a suivi. En l’espace de quelques jours, les gouvernements italien et grec sont tombés au profit de gouvernements de coalition dirigés par des technocrates se fixant pour objectif de faire leurs les recommandations européennes. Les principaux partis politiques grecs furent même obligés de s’engager par écrit à suivre ce programme, condition à tout nouveau versement européen.

La tournure prise par la crise de la dette européenne – qui menace désormais jusqu’aux pays « modèles » et crée un risque de raréfaction du crédit – démontre le rôle fondamental que doit jouer la Banque centrale européenne. Jusqu’à présent la BCE a toujours tenu ce rôle à reculons et parfois même contre sa volonté.

Se cachant derrière l’indépendance que lui garantissent les Traités, la BCE rechigne à intervenir pour calmer les marchés. Alors que la Réserve fédérale américaine a investi 2 800 milliards de dollars pour aider le gouvernement ainsi que les Etats américains en difficulté, la BCE n’a sorti que 200 milliards d’euros pour ramener de la stabilité sur les marchés. Mais sans pour autant que son action ait réellement cherché ou réussi à faire baisser les coûts des financements. En conséquence, les Etats européens déjà fragilisés le sont encore plus, contraints d’emprunter à des taux intenables alors que d’autres pays comme le Royaume-Uni disposent encore d’une banque centrale qui les protège.

Lors de son intervention, le nouveau président de la Banque centrale européenne a posé ses conditions : pas d’aide de la BCE sans un « approfondissement » de l’intégration budgétaire et fiscale, via un Pacte budgétaire « A mes yeux, ce dont a besoin notre union économique et budgétaire, c’est d’un nouvel accord budgétaire – une reformulation fondamentale des règles budgétaires, avec les engagements budgétaires mutuels que les gouvernements de la zone euro ont pris ».

Un changement des Traités, comme le souhaite l’Allemagne, prenant trop de temps, la BCE veut un engagement fort de la part des Etats pour une réduction drastique de la dépense publique : « Les pays sont sur la bonne voie pour réformer, mais un message crédible s’impose désormais. Ce pacte sera l’élément le plus important pour assurer la crédibilité à court terme ». Il a donc appelé à la création de ce Pacte tout en suggérant la possibilité d’autres changements plus importants dans les Traités : « D’autres éléments pourraient suivre, mais la séquence a son importance (…) Il est de prime importance de réussir à créer un pacte budgétaire partagé ».

Ainsi Mario Draghi fait la synthèse entre le besoin d’une action immédiate que lui permettrait ce Pacte et la demande de l’Allemagne d’une modification des Traités pour des sanctions plus rapides. La BCE aura aussi tenté de démontrer que nul ne peut lui dicter sa conduite, mais que, bien au contraire, c’est elle qui fixe ses conditions.

A cette intervention Nikos Chountis (GUE/NGL) a répondu : « L’objectif de stabilité des prix de la BCE s’est révélé être un désastre, surtout pendant cette crise. Le rôle de la banque doit être modifié. L’indépendance de la BCE est aussi extrêmement questionnable, l’institution étant clairement manipulée par les banquiers. Cela doit changer. Il faut établir un véritable contrôle parlementaire ».

De son côté Paul Murphy (GUE/NGL) a qualifié les demandes de la BCE à l’Italie et la Grèce de véritable « Ultimatum : Au cœur de la troïka, la BCE a fait pression de façon agressive en faveur des mesures d’austérité qui ont jeté les gens dans la misère. La BCE a été conspiratrice dans les coups silencieux portés à la Grèce et à l’Italie, remplaçant les gouvernements élus par des gouvernements de banquiers. Veuillez s’il-vous-plait cesser de prétendre, comme vous l’avez fait plusieurs fois aujourd’hui, que la BCE est de quelque façon indépendante. Elle est indépendante uniquement face à la vérification démocratique et à une quelconque responsabilité devant les gens ordinaires ».

Le Parlement vote pour l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne

Jeudi 1er décembre le Parlement a donné son assentiment à la demande d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne par 564 voix pour, 38 contre et 32 abstentions.

Tout en soulignant qu’il reste encore des efforts à faire en matière de lutte contre la corruption et le crime organisé et qu’une réforme judiciaire est souhaitable, le Parlement a donné son feu vert pour l’adhésion de la Croatie. Après ses efforts pour enfin coopérer avec le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie afin d’inculper les criminels de guerre sur son territoire, le dernier point de blocage portait sur des différends frontaliers avec la Slovénie. Ces différents résolus, la prochaine étape est la signature d’un traité d’adhésion entre la Croatie et les Etats européens lors du Conseil des 8 et 9 décembre. Les pays européens et la Croatie auront ensuite une année pour ratifier ce Traité, avant une adhésion prévue le 1er juillet 2013. La Croatie deviendra alors le 28ème Etat de l’Union européenne. Nous avons voté pour ce rapport.

Un petit pas en avant pour les fonds de cohésion, un grand pas en arrière pour les fonds d’aide à la mondialisation

Jeudi 1er décembre, le Parlement a adopté en procédure rapide un texte permettant de relever la part européenne dans le financement des projets de développement régional des Etats membres les plus fortement touchés par la crise, sans accroître le volume total des fonds structurels pour chaque Etat membre.

En adoptant ce texte que notre groupe a soutenu, le Parlement permet à l’Union européenne de financer jusqu’à 95 % (soit un relèvement de 10% par rapport au précédent seuil) les projets européens dans les pays en difficulté. Le système de cofinancement exige que les Etats et/ou les collectivités locales prennent part au financement des projets, et bien souvent c’est trouver ces fonds – minoritaires dans le financement – qui pose problème. En relevant le seuil, l’Union européenne espère accélérer la mise en place de ces projets de développement : infrastructures, transports, réseaux électriques, internet, éducation, recherche. La Grèce, l’Irlande, le Portugal, la Roumanie, la Lettonie et la Hongrie sont concernés par cette mesure.

Le même jour, le Conseil des Ministres européens de l’emploi et du travail a pris une décision inverse sur le Fonds d’ajustement à la mondialisation. Ce fonds, qui bénéficie d’une enveloppe d’un demi-milliard d’euro par an, permet de financer des indemnités supplémentaires, des formations… pour des travailleurs victimes des suppressions massives d’emplois liées à la crise ou de délocalisations. Lors de chaque session parlementaire nous votons des crédits sur ce fonds, ainsi, tout récemment, 1,5 million d’euros a été attribué à 726 travailleurs portugais ayant perdu leur emploi dans la construction automobile.

Avec le début de la crise, le taux de co-financement avait été porté de 50 à 65 % jusqu’au 31 décembre 2011, également pour rendre ces fonds plus accessibles et plus rapidement. Le projet – qui a été rejeté par sept Etat membres sur vingt-sept – visait à prolonger la dérogation jusqu’au 31 décembre 2013. En pleine période d’austérité budgétaire, Etats et/ou régions devront donc se débrouiller pour financer la différence.

Cette situation fait malheureusement penser aux crédits pour l’aide alimentaire eux aussi bloqués par une minorité d’Etats pour finalement arriver à un « compromis » qui enterre l’aide alimentaire après 2013. Ce comportement égoïste tend malheureusement à se développer et doit être combattu avec force, c’est pourquoi nous ne faiblirons pas, sur le dossier de l’aide alimentaire comme sur celui du fonds d’ajustement à la mondialisation, car c’est bien d’une plus grande solidarité européenne dont nous avons besoin.

Agir davantage contre le Sida

Pour la journée mondiale de lutte contre le Sida, le Parlement a adopté une résolution demandant des stratégies de prévention plus efficaces, et notamment un accès « abordable » aux contraceptifs.

En raison de cette position en faveur des contraceptifs, une petite partie de la droite n’a pas soutenu le texte (86 voix contre et 44 abstentions) ; mais le texte a été adopté à une large majorité (454 voix). La résolution rappelle notamment que, chaque année, 25 000 personnes sont contaminées par le virus dans l’Union européenne. Plus grave, 30 % des personnes infectées ne le savent pas.

La progression est certes moins rapide que dans les pays voisins (plus de 100 000 cas supplémentaires par an), il n’en faut pas moins « investir massivement dans le secteur de la santé » comme l’a précisé Marisa Matias (GUE/NGL) qui a précisé que « ce n’est pas encore le cas en raison de la crise économique et sociale ». Pour conclure son intervention elle a déclaré : « Il faut par ailleurs éliminer la discrimination, assurer un traitement équitable et aplanir les inégalités entre les personnes nécessitant assistance et traitement ».

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Pour un débat clarificateur 4

Cette campagne électorale préparatoire aux élections présidentielle et législatives devrait être l’occasion d’un débat politique de haute tenue et de haut niveau. C’est la situation gravissime du pays, de l’Europe et de la planète qui l’impose. Derrière l’écorce de l’actuelle crise du capitalisme financier mondialisé, surgit une véritable crise de civilisation. Peut-être que, pour la première fois depuis très, très longtemps, un processus de régression, porteur de dé-civilisation est à l’œuvre. Cela fait se poser à chacune et chacun de grandes questions fondamentales. Les forces politiques, les candidats devraient se saisir de l’occasion pour de vrais débats d’options et de sens, en y associant le maximum de citoyennes et de citoyens. Ce n’est pas ce qui se passe ! Ici, un ministre en est à demander le retour de l’uniforme à l’école. Là, un autre vient de mettre à jour une autre trouvaille : supprimer le mot « mademoiselle » sur les documents administratifs. Ailleurs, l’avenir de nos écosystèmes se réduit à un marchandage électoral, à l’abri de la première concernée, la population. C’est pitoyable ! Et tout ceci explique que seulement 13% de nos concitoyens font confiance aux partis politiques, alors que l’intérêt pour la politique augmente, passant de 55 % en décembre 2009 à 60 % aujourd’hui.

Cet intérêt se manifeste dans le mouvement mondial des indignés qui rejette le système, comme il se reflète dans le mouvement de recherche d’émancipation dans les pays arabes, comme il s’est révélé dans le puissant mouvement contre la réforme des retraites ou encore à l’occasion des élections cantonales et sénatoriales.

Dans chacun de ces moments, deux constantes dominent : l’aspiration à l’unité et la recherche de solutions neuves pour changer et en sortir. Conscient du puissant rejet d’un système où l’argent domine tout contre les êtres humains, le Président de la République s’acharne à faire dériver le débat, précisément pour tenter de mettre l’organisation capitaliste de la société hors d’atteinte de l’intervention citoyenne, quitte à faire glisser la dispute politique dans les marécages du populisme et de la dénonciation calomnieuse. Ainsi, il accusait la semaine dernière des assurés sociaux d’être des « voleurs » et des « fraudeurs », sans jamais dire un mot des dettes des grandes entreprises aux caisses de la sécurité sociale et en cachant que les énormes revenus financiers ne versent rien aux caisses de protection sociale.

Au même moment, le Premier ministre mettait en doute la réalité des arrêts maladie des travailleurs pour ajouter un jour de carence. Ainsi, avec le couple Sarkozy-Fillon, les spéculateurs peuvent spéculer, les riches s’enrichir, les grands actionnaires toucher leurs confortables dividendes. C’est le peuple qui va trimer, ici comme dans toute l’Europe.

Derrière ceci se cache le projet de détruire le système de sécurité sociale, issu du Conseil National de la Résistance, pour alimenter les rapaces de la finance en offrant la protection sociale aux assurances privées. Au-delà, c’est la tentative de rabaisser le rôle de l’Etat, au moment même où son affaissement donne carte blanche aux marchés financiers. Ainsi, le pouvoir de droite tente de diviser, de dresser ceux qui n’ont rien contre ceux qui n’ont pas grand-chose pour préserver le grand capital. Il crée et créera toujours plus un contexte abrasif, explosif, si la gauche ne se porte pas à la hauteur des enjeux en cours. Elle doit le faire en osmose avec toutes celles et ceux -et ils sont majoritaires- qui aspirent et recherchent autre chose. Malheureusement, la semaine dernière, entre petites phrases portées par le complexe médiatico-politique et échanges de circonscriptions contre des réacteurs nucléaires, elle en est loin. A ainsi continuer, elle donne de la vigueur à une « droite par défaut » et laisse les chômeurs, les ouvriers, les retraités, la jeunesse, les habitants des quartiers populaires, les paysans, les enseignants, les chercheurs, bref le peuple, dans l’absence d’alternative. On ne peut qu’être inquiet de tels développements s’ils devaient se poursuivre car, dans une telle crise, ils ouvriraient la voie à la progression de l’extrême-droite présentée comme force d’opposition.

Par ricochet, une telle menace favoriserait le vote utile et affaiblirait la gauche de transformation sociale essentiellement portée par le Front de Gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci a fait depuis un moment une offre de débat à gauche. Ce débat est indispensable, nécessaire. Une victoire de la gauche se traduisant par une austérité de gauche remplaçant une purge de droite, serait dramatique. On voit ce que cela a donné en Espagne. Ce débat nécessaire n’a pas pour objectif d’embêter  le candidat socialiste. Il vise au contraire à créer les conditions d’une large victoire de la gauche parce que mieux porteuse des attentes populaires et des exigences qu’expriment les organisations syndicales et le monde associatif dans leur diversité. C’est le seul moyen pour une gauche authentique d’être, dans son pluralisme, plus unie, plus forte face à la droite, l’extrême-droite, le grand patronat, l’Europe ultralibérale et les marchés financiers. En associant les citoyens aux contenus de cette victoire et aussi aux moyens à mettre en œuvre à son lendemain, le nouveau pouvoir se doterait des capacités de faire plier tous ceux qui en France et ailleurs voudraient lui mettre des bâtons dans les roues pour l’empêcher de promouvoir les intérêts du plus grand nombre. Il n’y a pas de solution durable aux graves et douloureux problèmes auxquels sont confrontés nos concitoyens, sans volonté de désarmer les marchés financiers et sans reprendre les leviers du crédit ; sans redistribution des richesses, donc sans changement de la fiscalité et de la rémunération du travail ; sans une politique ambitieuse de développement industriel et agricole, dans le cadre d’une croissance qualitativement et écologiquement nouvelle ; sans donner des pouvoirs nouveaux aux salariés à l’entreprise ; sans le retour de grands services publics, démocratisés et modernisés.

Changer implique forcément un autre mode de discussions et peut-être des affrontements au sein de l’Union européenne pour une renégociation du traité de Lisbonne en faisant appel aux peuples européens.

Le cœur d’actes de gauche à ce niveau devra porter sur le changement des missions et des orientations de la Banque centrale européenne, sans quoi il ne se passera pas grand-chose de positif pour les familles populaires. L’enjeu fondamental n’est pas de « donner un sens à la rigueur » comme le dit F. Hollande, ni d’en rabaisser sur le niveau des solutions nécessaires à gauche. Au contraire ! C’est à partir d’un haut niveau de solutions qu’on empêchera l’austérité, la récession  qu’elle alimente et qu’on sortira de la crise actuelle.

Les enjeux de reconstruction, de sortie de crise sont si importants qu’ils s’inscrivent désormais dans un nouveau projet de civilisation et qu’ils ne peuvent être traités en vase clos, dans un tête-à-tête entre responsables de partis, ni être réduits, comme le font les grands médias, à de petites phrases tournant en boucle. Ils doivent être discutés publiquement, pour rendre les citoyennes et citoyens, les acteurs sociaux, syndicaux, associatifs, maîtres du processus de changement de bout en bout.

Les enjeux du droit à l’énergie, à l’éducation, à la santé, au travail et à la culture, à l’alimentation, au logement, au transport, à la protection sociale, à un environnement de qualité, ne peuvent se traiter dans des tractations électoralistes, mais au grand jour, à partir de l’intérêt des travailleurs, des créateurs, des scientifiques, de celles et ceux qui sont privés d’emploi.

C’est le sens des assemblées citoyennes que propose le Front de Gauche pour battre la droite sarkozyste et ancrer, dans l’unité la plus large, la gauche dans la réponse aux préoccupations populaires contre la loi de l’argent.

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Une autre logique pour l’Europe 1

Le Président de la Commission européenne M. Barroso est venu cet après midi du mardi 15 novembre devant le Parlement européen pour présenter le programme d’action de la Commission pour l’année 2012.

On se serait cru sur une autre planète, puisque le Président de la Commission européenne a répété ce qu’il dit, année après année, du programme d’action de sa Commission et des institutions.

Sur tous les bancs du parlement, y compris ceux du PPE, les députés ont montré leur étonnement et leur stupéfaction devant une telle démarche. Nombreux sont celles et ceux qui lui ont posé un certain nombre de questions précises relatives aux moyens de sortir de l’actuelle crise. Une inquiétude sérieuse était perceptible dans l’hémicycle. Cela ne semble pas angoisser M. Barroso qui, de son air méprisant et hautain, n’a daigné répondre à aucune des questions qui lui étaient posées, puisqu’il a quitté la séance sans explication au bout de vingt minutes de discussion.

Voici mon intervention lors de cette séance :

Messieurs les Présidents, cher(e)s collègues,

M. Barroso, vous venez de présenter un programme pour l’année 2012 qui, à mon sens, ne tient aucun compte de l’extrême gravité de la crise qui enserre les pays de l’Union européenne, des pertes de souveraineté populaire auxquelles on assiste depuis quelques jours sous la dictée des marchés financiers, mais aussi du rejet grandissant par le peuple de l’idée européenne elle-même, parce que l’Europe n’est ni solidaire, ni sociale, ni écologique. Vous parlez sans cesse « de croissance et d’emploi » mais il n’y a devant nous que menaces de récession et chômage. Devant nous s’avance peu à peu un véritable champ de ruines si vous continuez ainsi avec l’hyper austérité et la destruction des droits sociaux.

Voilà pourquoi M. Barroso je vous propose d’étudier une autre logique. S’il y a une modification des traités européens à faire d’urgence, elle consisterait à changer les missions de la Banque centrale européenne pour lui permettre, par création monétaire, de prendre ou de garantir des dettes des Etats en difficulté et de promouvoir un nouveau crédit en opposition aux marchés financiers. Ce nouveau crédit serait utilisé pour une relance économique et sociale. En lien avec ceci, je vous propose d’étudier la création d’un nouveau fonds de développement humain, social et écologique alimenté par une taxe sur les transactions financières, la lutte contre l’évasion fiscale, une taxation européenne des revenus financiers des plus grandes entreprises, des banques et autres institutions financières et par un concours de la Banque centrale européenne. Ceci aurait pour objectif de relancer les grands services publics des transports, de l’éducation, de la culture, du logement, de la santé et inciterait à la mise en place d’une sécurité sociale du travail et de la formation, ainsi que des investissements et équipements indispensables, ceux-ci étant eux-mêmes créateurs d’emplois dans toute l’Europe.

Ces outils devraient pouvoir inciter partout au progrès social, à la lutte contre la pauvreté, au maintien et au développement des systèmes de protection sociale, avec notamment le projet que devraient porter la Commission européenne, comme notre Parlement, de la création d’un revenu minimum européen de solidarité et d’un salaire minimum afin de faire cesser la concurrence entre salariés au sein de l’Union européenne. Celle-ci est ravageuse. De même, il faut trouver les chemins d’une harmonisation des fiscalités, notamment la fiscalité sur le capital et les sociétés. C’est ainsi une autre cohérence que je vous propose M. le Président de la Commission. Je vous demande simplement, pour l’instant, de la faire étudier.

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Profonde crise du système sarkozyste… 2

Certes, la majorité de gauche au Sénat dimanche dernier est, pour une part essentielle, le reflet des derniers scrutins municipaux, cantonaux et régionaux. Mais le mouvement est beaucoup plus profond pour l’une de nos chambres parlementaires dont le mode de scrutin a été conçu pour qu’elle reste à droite. D’ailleurs, l’éditorialiste du Figaro n’hésitait pas à écrire lundi dernier que cette assemblée était depuis cinquante-trois ans « la propriété » du centre et de la droite. « Propriété » !  L’aveu ne fait que renforcer encore la clarté et la puissance de cette sanction électorale dans ce bastion fortifié du conservatisme.

Ayons en effet à l’esprit que la gauche est majoritaire dans les collectivités à prédominance urbaine. Or, les communes de moins de 9000 habitants représentent la moitié de la population, mais élisent près des trois quart des sénateurs. Ajoutons que M. Sarkozy a perdu toutes les élections depuis qu’il est Président de la République. Quel rejet du sarkozysme et du système mis en place par la clique au pouvoir qui se sert des leviers de commande de la République pour servir ses copains de la haute société ! Et l’argument selon lequel l’UMP aurait été victime de listes baptisées « dissidentes » en rajoute encore à la sanction du parti du Président. Sanction de sa politique parfois, de ses méthodes de gouvernement souvent. Depuis quelques mois, des amis hier proches du locataire de Élysée osaient dire des vérités. Celles de préfets, sous-préfets ou policiers déplacés, sanctionnés, méprisés ; du mépris des élus locaux, comme on l’a vu à deux reprises au congrès des maires de France ; des promesses jamais tenues en matière de maintien de l’emploi, de la défense des tissus industriels et agricoles ; des saccages des services publics à la campagne comme en ville. On peut désormais parler d’une profonde crise du régime sarkozyste.

Dans de nombreux départements, les élus locaux, par-delà leurs engagements,  ont eu le courage et la force, dans le secret de l’isoloir, de se faire les porte-voix de l’exaspération des populations. D’abord contre cette violente attaque contre les collectivités territoriales de base pour adapter notre système institutionnel aux canons de l’Europe ultralibérale en crise. A cela s’ajoute l’asphyxie organisée des communes, départements et régions avec la suppression de la taxe professionnelle et la tentative de maîtriser centralement, dans les cabinets du ministère des finances, les budgets des collectivités territoriales.

Ces mêmes finances seraient contrôlées et mises en conformité avec le fameux pacte Sarkozy-Merkel, qui organise l’austérité et la réduction des droits sociaux et démocratiques, au mépris de la souveraineté populaire.

Dans ce cadre sont d’ores et déjà diminués, rabotés, fermés, une multitude de services publics, des postes aux gendarmeries, des tribunaux aux écoles. La semaine dernière était confirmée la suppression de l’aide alimentaire européenne aux plus démunis, qui coûte moins de 500 millions d’euros quand ces mêmes dirigeants européens mettent 440 milliards d’euros pour venir au secours des banques. Les fonds sociaux et structurels européens sont menacés d’être diminués, alors que la réforme envisagée de la politique agricole commune n’est pas de nature à faire vivre nos territoires ruraux et leurs habitants.

Et les décisions annoncées ces jours derniers du déremboursement de nouveaux médicaments, de taxation des mutuelles, d’un nouveau recul de l’âge de la retraite à… 67 ans, s’inscrivent dans cette logique régressive contre les familles populaires, alors qu’est annoncé que de nouveaux milliards seront trouvés pour recapitaliser les banques. Telle est l’œuvre  des locataires des palais nationaux qui transforment notre pays en « République des mallettes ». Que la justice quotidiennement dévoile certaines de leurs turpitudes donne un goût amer à leurs campagnes répétées depuis plus d’une décennie sur la sécurité ! Le mauvais exemple vient de haut et l’insécurité progresse au rythme d’une insécurité sociale galopante. Au-delà, dans tous les pays européens, dimanche après dimanche, les pouvoirs en place appliquent cures d’austérité après purges sociales. Régulièrement,  les citoyens les désavouent et les battent, de plus en plus conscients que l’injustice aggravée ne mène qu’à l’échec économique.

La majorité de celles et ceux qui ont fait basculer le Sénat à gauche dimanche, ont ainsi réglé le sort de cette fameuse règle, dite d’or, qui n’était rien d’autre qu’un nouveau missile contre les finances des collectivités locales, celles de la sécurité sociale et des dépenses sociales utiles.

Leur message a aussi été celui d’une demande de gauche. D’une gauche qui s’unirait sur un programme d’amélioration nette de la vie de chacune et de chacun, de progrès de la démocratie et au-delà, sur un projet de changement, ouvrant la voie à des avancées de  civilisation.

Ce désir d’unité est aussi profond que le rejet du sarkozysme. Reste à la gauche à inverser les logiques à l’œuvre en promouvant une réforme de la fiscalité, un crédit public grâce à un système bancaire devenu propriété sociale, le relèvement des salaires et des retraites pour un nouveau développement solidaire et durable, l’amélioration des services publics pour faire progresser l’égalité, le combat pour changer l’Europe. La majorité de gauche du Sénat doit répondre à l’appel émis par les élus et demander l’abrogation de la loi de massacre des collectivités territoriales. Dans ce nouveau contexte, une gauche majoritaire à l’Assemblée nationale en juin prochain, avec un gouvernement ancré à gauche, pourrait donner au peuple des atouts tout à fait nouveaux pour abroger toutes les lois de régression sarkozyste et légiférer en faveur d’un projet de justice, de progrès social et écologique. Elle aurait les coudées franches pour ouvrir un nouvel âge pour la démocratie en convoquant une constituante régénérant les fondements de notre République et pour un nouveau contrat social.

Immense responsabilité pour un Front de gauche élargi, citoyen, populaire, unitaire, rassembleur, portant l’audace de ce changement à gauche que celle d’être utile à la majorité qui cherche les voies nouvelles de l’espérance.

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