Maintenant un Front de Gauche fort dans une majorité de gauche au Parlement 1

Le 17 mai 2012 @06h00

Cette semaine s’est définitivement tournée la sombre page du sarkozysme, avec l’installation de F. Hollande à l’Élysée et la mise en place de son premier gouvernement. De premières mesures sont annoncées. Certaines sont emblématiques et marquent la volonté du nouveau pouvoir de ne plus faire de «l’argent» la marque de la puissance. C’est le cas de la diminution de la rémunération du Président de la République et des ministres comme celle des dirigeants des entreprises publiques. Une orientation à soutenir et à renforcer, notamment pour ces patrons des banques et des grandes firmes privées qui gagnent jusqu’à l’équivalent de quatre cent fois plus que le salaire moyen dans l’entreprise.

Évidemment ces actes positifs ne règlent pas la question principale et fondamentale à laquelle sont confrontées notre société et la collectivité citoyenne en son entier : celle du nécessaire engagement de la gauche pour un nouveau partage des richesses.

L’augmentation substantielle de la prime de rentrée scolaire comme celle des effectifs dans l’éducation nationale ou pour la sécurité sont une bonne chose. Mais le débat qui perdure entre les organisations syndicales, le Front de Gauche et le nouveau gouvernement socialiste est de savoir si cela peut se faire uniquement par simple redéploiement des crédits publics ou par des réformes structurelles, telles qu’une nouvelle fiscalité plus favorable au travail et dissuasive pour la spéculation financière ; un nouveau crédit public, contribuant lui aussi à l’activité et à l’emploi, impliquant une profonde réforme bancaire, jusqu’à la création de pôles publics financiers et bancaires.

Le blocage temporaire des prix de l’énergie et une taxe flottante sur les carburants peuvent également améliorer le pouvoir d’achat. Mais cela aura une portée limitée s’il n’est pas décidé d’augmenter substantiellement les salaires minimums, les retraites et les prestations sociales en promouvant une nouvelle répartition des richesses, tout en impulsant une nouvelle manière de les produire. Tout le contraire de l’austérité, qui, non seulement fait mal au plus grand nombre, mais qui anémie l’activité comme en témoignent nos voisins européens. Si l’on veut promouvoir la justice, il faut  effectuer des ruptures. Inventer une nouvelle voie devient une nécessité pour qu’une cohérence nouvelle permette d’associer efficacité économique et sociale au service du développement humain et écologique.

La question est au cœur des élections législatives. Elles devront bien sûr donner une majorité à l’Assemblée Nationale aux forces qui ont permis la victoire de François Hollande. Toutes partagent cette légitime ambition face à une droite qui n’a que la cohabitation en tête pour empêcher tout changement. Mais, c’est un fait, toutes n’ont pas la même détermination à affronter les puissances financières et les institutions européennes pour dégager les moyens de répondre aux attentes populaires. Élire de nombreux députés du Front de Gauche permettra tout à la fois de soutenir cette détermination et de faire gagner l’ensemble de la gauche qui sera ainsi mieux armée pour voter des lois qui apportent du bien-être au monde du travail et de la culture comme aux retraités. Du bien-être et de nouveaux droits pour les citoyens et les salariés afin qu’ils disposent de pouvoirs pour intervenir et influer sur les choix des collectivités et des entreprises.

Chaque électeur aura la possibilité de construire dans les urnes un rapport des forces qui soit favorable aux changements qu’il attend face aux pressions qu’exercent déjà sur le nouveau pouvoir les milieux d’affaires, les dirigeants allemands et les institutions européennes. Ces dernières refusent de prendre en compte cette donnée fondamentale qui parcourt toute l’Europe, dimanche après dimanche, les partis « pro austérité », défenseurs de l’Europe ultralibérale sont sévèrement désavoués par les électrices et les électeurs.

Comme en France, les Grecs, les Italiens, les Allemands, les Anglais, les Espagnols rejettent la potion amère de l’austérité dont ils constatent qu’elle nous mène tous dans le mur.

Dans toute l’Europe, on attend beaucoup du nouveau Président de la France. Il porte l’espoir d’une sortie du cycle mortifère entamé sur notre continent par Mme Merkel et M. Sarkozy. Ne s’est-il pas prononcé pour une réorientation de la construction européenne ? Loin de nous l’idée qu’il suffirait de le vouloir et de claquer des doigts pour y parvenir. Mais nous avons la conviction que le chef de l’État dispose d’atouts pour réussir à le faire. Le vote de nos concitoyens à l’élection présidentielle d’abord, dont les quatre millions de voix du Front de Gauche sans lesquelles rien n’est possible. Ensuite, ce qui s’exprime dans les élections et les luttes chez nos voisins, dont les citoyens allemands, qui ont engagé un bras de fer pour obtenir d’importantes augmentations de salaire. Isoler Mme Merkel et son ultralibéralisme ne relève pas de l’utopie. A condition de s’appuyer sur les aspirations des populations, de les informer précisément sur ce qui est en cause et sur les différentes options en présence. Les peuples, leurs débats, leur mise en mouvement feront le poids face aux marchés et à la finance. Pour notre part, nous sommes disposés à apporter notre contribution à leurs mobilisations. François Hollande s’est engagé à renégocier le traité budgétaire appelé «traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union européenne» (TSCG). Un traité signé par M. Sarkozy. Celui-ci a été battu. Il refusait toute idée de renégociation et l’UMP fait pression pour que le nouveau gouvernement applique l’austérité selon le modèle allemand. Aujourd’hui, il s’agirait d’ajouter un texte sur la croissance à ce traité. En apparence, l’idée est séduisante. Il faudrait cependant discuter des moyens d’une nouvelle croissance et de sa nature. Le Conseil européen du 30 janvier dernier a adopté un texte à ce sujet. L’idée centrale est de développer la « croissance » par l’accentuation de la compétitivité du travail, donc par une surexploitation du travail. On ne peut l’accepter ! Ajoutons qu’on ne peut faire de la croissance avec de l’austérité. Ajoutons que le traité budgétaire a ceci d’extrêmement grave qu’il ôte toute souveraineté aux peuples et aux Parlements de décider des budgets publics au profit d’un contrôle tatillon et de sanctions de la Commission de Bruxelles.

Tout doit donc être mis sur la table du Conseil européen qui doit se tenir dans les prochains jours et rien ne doit être caché aux différentes populations de l’Europe. C’est trop sérieux puisqu’il s’agit, pour une large part, de réussir ou non le changement ici et chez nos voisins tout en redonnant un sens positif à une construction européenne qui s’est coupée des peuples.

La garantie pour le faire implique l’intervention populaire et une nouvelle progression du Front de Gauche aux élections législatives.

Notre pays n’est pas le dos au mur. Il dispose d’atouts et de  forces pour négocier avec nos partenaires. Il peut, si nécessaire, décider de ne pas ratifier le traité budgétaire qui dés lors deviendrait caduc. Un nouveau chantier s’ouvrirait avec la possibilité que prévalent d’autres critères que ceux retenus dans le précédent tels que l’emploi, un salaire minimum en Europe, la réduction de la pauvreté, des avancées en matière de santé, de protection sociale, de formation, de recherche, de mutation écologique et un nouveau rôle pour la Banque centrale européenne.

Les candidates et candidats du Front de Gauche portent ces orientations constructives au même titre que des projets élaborés avec les citoyens dans les circonscriptions, dans des ateliers législatifs. Partout déterminés contre la droite revancharde et comme va le faire avec courage Jean-Luc Mélenchon contre la dirigeante de l’extrême-droite, les militants et candidats du Front de Gauche le sont tout autant pour créer les conditions de la réussite du changement. Ils méritent la confiance et apporteront, une fois élus députés, ce que les salariés attendent d’eux.

Pour un forum de refondation de l’Europe 2

Le 10 mai 2012 @10h00

.

Hier, mercredi 9 mai, nous avons eu un débat en session plénière au Parlement européen à Bruxelles. En cette Journée de l’Europe, anniversaire de la création de l’Union européenne, nous avons débattu sur son avenir, en présence de Martin Schulz, président du Parlement.

Voici mon intervention durant ce débat, et, plus bas, la vidéo.

.

Monsieur le Président,

Permettez-moi de vous remercier, M. Le Président, pour l’hommage fraternel que vous avez rendu à Miguel Portas.

Vous avez fait un bel éloge de l’Europe. Mais la réalité pour les peuples n’est pas celle-là. Si les politiques européennes ne sont pas profondément réorientées, de graves risques d’implosion de l’Union européenne existent, avec de graves conséquences pour les populations qui n’en peuvent plus de l’austérité, du chômage et de la précarité.

L’austérité appliquée à marche forcée aux peuples, alors que les richesses sont accaparées par une minorité, privatisées, est non seulement injuste, mais inefficace. Il faut en tirer les conclusions et vite.

Tenez bien compte de ce qui vient de se passer ces derniers jours. Refus du plan d’austérité par le gouvernement roumain, puis aux Pays-Bas, victoire d’un président de Gauche, François Hollande, en France, défaite de tous les partis pro-austérité aux élections locales en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, en Allemagne, et rejet de celle-ci en Grèce.

Il faut respecter le vote du peuple grec, chercher avec la Gauche une nouvelle voie et abandonner le mémorandum de la Troïka.

On ne peut accepter le Traité budgétaire d’austérité de M. Sarkozy et Mme Merkel. L’ajout d’un protocole dit de croissance est antinomique avec le Traité lui-même. Il faut donc l’abandonner. Austérité et développement sont antagoniques.

Au contraire de cela, réinventons un nouveau pacte de développement humain, social, écologique avec un fonds financier spécial et un nouveau rôle de la Banque Centrale Européenne qui doit faire du crédit pour le développement c’est-à-dire l’amélioration du pouvoir d’achat, la création et la sécurisation de l’emploi, l’innovation, la recherche, la création de nouveaux services publics, la mutation écologique.

Il y a là un autre avenir possible.

La Banque européenne d’investissement au capital augmenté, une nouvelle utilisation des fonds structurels, une taxe sur les transactions financières, un impôt harmonisé sur le capital, l’action contre l’évasion fiscale, seraient des leviers auxquels pourrait s’ajouter la création monétaire de la Banque centrale européenne pour les Etats et les services publics et non plus pour les Banques.

Au lieu de la mise en concurrence des travailleurs, inventons un salaire minimum garanti européen, et un revenu minimum ainsi qu’un plan d’action contre la pauvreté.

Nous demandons en même temps de décréter un moratoire pour une partie de la dette du passé des Etats et de demander à la BCE de prêter délibérément aux Etats au taux de 1%.

A ce propos, je souhaiterais que la Commission et le Conseil fassent un rapport sur l’utilisation des 1000 milliards d’euros que la Banque centrale a prêté aux banques privées. A quoi ont-ils servi ?

Enfin, face à la gravité de la situation et aux menaces qui pèsent, je propose que notre Parlement prenne l’initiative d’un grand forum européen avec tous les parlements nationaux, les comités économiques et sociaux, les syndicats et associations pour jeter les bases d’une refondation de l’Union européenne.

.

.

En avant, pour la réussite du changement à gauche 8

Avec toutes les électrices et électeurs de gauche, progressistes et de l’écologie politique, nous nous réjouissons qu’une majorité nette de nos concitoyens vienne d’élire François Hollande et de mettre fin au sarkozysme.

La page est enfin tournée d’un quinquennat de la régression sociale et démocratique qui a fait tant souffrir notre peuple, tant défiguré et affaibli notre pays, tant stigmatisé, tant divisé, tant opposé les uns aux autres en piétinant les plus belles valeurs de notre République. Comme vous, ce soir, nous sommes soulagés, heureux et nous félicitons chaleureusement François Hollande pour son élection. Une victoire à laquelle nous avons activement participé.

Avec lui tout peut commencer.

Nous souhaitons ardemment, dans l’intérêt de nos concitoyens, que la gauche réussisse, qu’elle s’attaque à la crise, qu’elle améliore la vie quotidienne de chacune et chacun.

Le défi est immense car les puissances d’argent, les institutions européennes, la droite, l’extrême-droite et le grand patronat vont se mobiliser pour dresser des obstacles sur la route des changements que vous espérez depuis si longtemps.

Le nouveau pouvoir aura besoin du rassemblement et de l’intervention du plus grand nombre. Il aura besoin de l’union la plus large et pourra compter sur l’apport de la force politique nouvelle qui a si puissamment émergé dans cette élection présidentielle, le Front de Gauche. Unitaire, indépendante et autonome, votre appui, votre soutien lui seront nécessaires pour que soient adoptées par la nouvelle Assemblée Nationale, des lois portant les urgences sociales, écologistes et démocratiques, avec notamment l’augmentation du pouvoir d’achat, le retour à la retraite à 60 ans, la défense de la sécurité sociale, la construction de logements accessibles par toutes et tous ; des moyens pour l’école et la formation et une dynamique nouvelle de création et de sécurisation des emplois, le changement du secteur bancaire, des droits nouveaux pour les salariés.

Beaucoup va donc dépendre du nombre de députés du Front de Gauche qui seront élus en juin prochain. Avec eux, vous pouvez être assurés que vos attentes seront défendues avec la volonté de bousculer les institutions européennes et ne pas appliquer le traité d’austérité Sarkozy-Merkel.

Une brèche vient de s’ouvrir qui libère des forces pour une République nouvelle, un pays apaisé, où chacune et chacun peut contribuer au changement.

Ensemble, ce soir partageons l’immense joie de la victoire. Ensemble, demain, partageons notre réussite commune.

Diminution de l’aide alimentaire aux plus démunis : une Europe solidaire doit faire d’autres choix 1

Ce mercredi 29 mars a eu lieu un débat au Parlement européen sur l’aide alimentaire. Pour rappel, il y a un an six Etats dont l’Allemagne se sont prononcés contre la prolongation de ce programme qui bénéficie pourtant à plus de 18 millions de personnes à travers  l’Union européenne. Notre groupe – Gauche Unitaire Européenne / Gauche Verte Nordique – s’était alors vivement opposé à ces projets.

Lire la suite

Une république sociale n’est plus un rêve ! 4

Joyeuse, belle, déterminée, fut la marche vers La Bastille dimanche dernier, symbole d’une multitude populaire en mouvement, cherchant son unité, sa force pour bousculer l’ordre existant. Toutes les sensibilités de gauche en étaient qui ne venaient pas, comme un soir d’élection, fêter une victoire, mais bien pour la construire. En brandissant le drapeau rouge, expression d’un puissant désir de changement et de progrès. Expression aussi d’une volonté de subvertir les mauvais scénarios écrits par les puissants pour l’élection présidentielle. La foule bigarrée se voulait annonciatrice du rassemblement de tout un peuple, uni dans un énorme rejet du sarkozysme, bannissant l’égoïsme du monde des affaires pour mieux prendre lui-même en mains les affaires du monde.

Lire la suite