L’Union européenne ne doit pas couper les vivres aux plus démunis 4

Ce lundi 20 juin la Commission a annoncé une coupe radicale dans le budget de l’aide alimentaire européenne qui sera ramené de 500 à 113 millions d’euros. Cette aide apportait un financement aux 240 banques alimentaires européennes qui viennent en aide aux Européens les plus démunis. Alors qu’il ne représente que 1% du budget de la Politique agricole commune, ce programme s’adressait à 13 millions de personnes dépendantes de cette aide. En France d’après plusieurs associations caritatives cette aide bénéficierait à deux millions de personnes.

Le gouvernement allemand, soutenu par six autres Etats européens qui ne participaient pas à ce programme, a décidé d’introduire une plainte devant la Cour européenne de Justice, arguant que cette aide ne pouvait être soutenue par le Budget de la Politique agricole commune (PAC), prétextant qu’elle était avant tout sociale et ne rentrait pas dans les missions de la PAC. La Cour européenne de justice leur a donné raison en avril.

Cette décision est totalement scandaleuse. Elle est à l’opposé de l’idée d’une Europe sociale. Comment accepter que la Commission de Bruxelles puisse ignorer froidement 43 millions de personnes, menacées par la pauvreté alimentaire ?

La Commission Emploi et Affaires sociales au Parlement européen a déposé, la semaine dernière, une question à la Commission pour réclamer que ce programme existant depuis 1987 puisse être rétabli.

J’en appelle à l’action contre cette décision insupportable qui fait honte aux institutions européennes. Je demande à la Commission de cesser ces tergiversations incongrues et de non seulement rétablir les budgets de l’aide alimentaire européenne, mais de les augmenter pour combattre la malnutrition et la famine en Europe.

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La question de l’alternative 5

Dans toute l’Union européenne, toutes celles et ceux qui aspirent à une Europe sociale, solidaire, démocratique, écologiste, pacifique, sont confrontés à une question fondamentale : comment rassembler suffisamment de forces de transformation sociale et politique pour échapper au rouleau compresseur de la finance servi par les traités européens et le pacte pour l’Euro plus ? Comment maîtriser un destin qui aujourd’hui échappe aux différents peuples qui composent l’Union ? Comment faire pour que ces derniers défrichent les chemins inédits d’un changement qui tire les enseignements des échecs du passé ? Une contradiction extrêmement aigüe travaille désormais leur conscience et les réalités.

D’un côté, des mouvements syndicaux et sociaux, des votes comme celui des Islandais qui, dans un référendum, ont refusé de renflouer une banque en faillite, des mouvements citoyens et culturels comme celui des indignés en Espagne et en Grèce, porteurs de fortes demandes politiques de changement. De l’autre, dimanche après dimanche, les pouvoirs politiques en place, qu’ils soient classés à droite ou sociaux démocrates, sont désavoués lors d’élections locales ou nationales en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Grèce et dimanche dernier encore au Portugal. Les électrices et les électeurs pouvaient certes choisir entre la droite et la gauche, mais le changement d’étiquette n’est pas le changement de politique. L’abstention massive est une signification du rejet de l’austérité, du chômage et du précariat. Elle ne constitue pas non plus une issue positive. Ce scénario satisfait les rapaces de la finance qui font ainsi croire qu’il n’y a qu’une politique possible. Le plus emblématique vient de se produire au Portugal où les socialistes sont battus par le parti de M. Barroso, celui-là même qui, à la tête de la Commission européenne, fait appliquer avec acharnement les  politiques d’hyper austérité qui ruinent les travailleurs portugais, précarisent la jeunesse. Qui osera prétendre que le problème ne concernerait pas la France ? Des forces de droite et de gauche n’y ont-elles pas comme guide politique et économique  le traité de Lisbonne, le pacte de stabilité et maintenant peu ou prou, le cadre du pacte de saignée sociale que constitue le pacte diabolique  Euro plus ? On assiste d’ailleurs à de curieux mélanges. Ainsi celui qui fait dire à M. Hulot qu’il pourrait s’allier avec celui qui a failli devenir Premier ministre de l’actuel Président de la République, M. Borloo, lequel est courtisé à la fois par M. De Villepin et M. Sarkozy. Quelle mélasse ! Quelle tristesse !  Quelle vacuité de notre débat politique, engoncé dans le conformisme, les coups médiatiques, le bavassage creux, la politicaillerie, quand tant de nos concitoyens souffrent et alors que le monde est confronté à de si grands défis.

L’exigence de démocratie radicale monte des mouvements partout en Europe et dans le monde arabe. Il convient de se hisser à sa hauteur. Ces mouvements sont citoyens au sens le plus élevé du mot ; politiques en cela qu’ils mettent en cause des décennies de politique de soutien au capitalisme qui conduit à une vie toujours plus dure, à la flexibilité et à la précarisation des contrats de travail. Ils refusent d’être les intermittents du travail, variable d’ajustement du grand capital au service des profits. Un nouveau projet d’avenir devrait donc en finir avec une telle insécurité et avancer vers une sécurité sociale professionnelle. Ils refusent avec force la sous-rémunération permanente du travail. L’enjeu d’une nouvelle répartition des richesses avec de meilleurs salaires, une nouvelle fiscalité, un nouveau crédit, est à l’ordre du jour. De nouveaux services publics seraient un atout pour progresser vers la justice, l’égalité de l’accès au logement, à l’éducation, à l’énergie, aux soins, au transport et à une autre utilisation des richesses et de l’argent.

Les mouvements en Europe butteront sur l’issue politique tant que la gauche ne débattra pas au grand jour et ne pensera pas des solutions radicalement nouvelles, adaptées aux nouveaux enjeux de l’heure pour améliorer la vie de la majorité de celles et ceux qui n’en peuvent plus de la vie qui leur est faite. Autant de terrains dans lesquels le Front de gauche pourrait se sentir comme un poisson dans l’eau à condition qu’il soit à la fois plus audacieux, plus clair, plus ouvert, plus unitaire, dans une conception visant non pas à « commander » un mouvement pour le changement, mais à se mettre à la disposition de celui-ci. De ce point de vue, un effort considérable doit être déployé pour surmonter l’actuelle crise de compréhension, facilitée par un système médiatico-politique brouilleur de repères et de choix. Cette difficulté ne peut être levée que si les forces progressistes sortent elles-mêmes d’une certaine crise d’idée alternative. Un débat approfondi, des confrontations honnêtes sont indispensables. Ce sont à des actes forts pour défendre nos concitoyens, pour proposer une alternative crédible et audacieuse que doit s’attacher à proposer un Front de gauche de nouvelle génération, de telle sorte que la majorité de celles et ceux qui aspirent à changer puissent en devenir propriétaires pour en faire un Front populaire, un Front citoyen, un Front progressiste, fer de lance au cœur de toute la gauche.

C’est à y contribuer que s’attache votre Humanité-Dimanche chaque semaine. Les leçons des scrutins qui se déroulent depuis des semaines dans l’Union européenne nous encouragent à poursuivre dans ce sens. Le Parlement européen a été contraint de repousser le vote sur les directives d’approbation du pacte européen Euro plus. Mettons à profit ces jours supplémentaires pour en faire connaître les extrêmes dangers sociaux et démocratiques. Organisons, à l’image des combats contre la directive Bolkestein et de celles et ceux qui, dans l’union, ont mené à la victoire d’un non progressiste au traité constitutionnel le 29 Mai 2005, un front uni, solidaire et progressiste européen contre le pacte des rapaces. C’est ce mouvement qui est en germe dans toute l’Union européenne. Raison de plus pour débattre de la question de l’alternative progressiste ici et en Europe.

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Pacte pour l’Euro, un pacte diabolique 10

Cliquez sur l'image pour lire les conclusions du Conseil

Le vendredi 11 Mars, le Conseil européen a adopté ce qu’il appelle « un pacte pour l’Euro ». Les mots ont un sens. Il n’a pas décidé d’un pacte social et écologique. Son intitulé exact est : « un pacte pour l’Euro », « coordination renforcée des politiques économiques pour la compétitivité et la convergence ». Cette réunion du Conseil européen marque un nouveau tournant très grave, très inquiétant de l’Union européenne. Il s’agit d’un pas de plus vers une Europe fédérale, à direction autoritaire et encore plus ultralibérale. Ce pacte va au-delà du traité de Lisbonne. Décision est prise d’imposer des politiques économiques et sociales très dures aux pays, aux salariés, aux citoyens.

La déclaration finale marque nettement que les programmes d’austérité appliqués aux peuples européens et les remèdes de cheval imposés à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal maintenant se font « sous les auspices du FMI et de l’UE ». Ces derniers ne sont rien d’autre que des plans d’ajustement structurels tels que ceux appliqués aux pays en voie de développement : « L’assistance financière sera subordonnée à une stricte conditionnalité dans le cadre d’un programme d’ajustement macroéconomique », proclame le texte.

Ainsi la Grèce – lisez bien – est invitée à : « mener à bien entièrement et rapidement le programme de privatisations et de valorisation des patrimoines fonciers de 50 milliards d’euros ». La méthode est donc bien celle du Fonds Monétaire International.

L’autoritarisme au service des marchés financiers

En permanence est rappelée dans le texte la nécessité pour chaque État, et chaque année, voire tous les six mois, de rendre compte à l’autorité supranationale, c’est-à-dire à la Commission et au Conseil européen.

Ainsi, le texte fourmille d’injonctions pour chaque État : faire part de ses « engagements nationaux concrets », « la mise en œuvre des engagements et les progrès accomplis… feront l’objet d’un suivi annuel ». Ou encore : « Chaque État membre participant présentera les mesures particulières qu’il prendra ».  Le surveillant en chef est la Commission de Bruxelles. « La commission tiendra un rôle central important dans la suivi de la mise en œuvre des engagements ». Elle qui ne détient aucun pouvoir des peuples, s’érige, avec le Conseil européen, en maître absolu pour imposer du sang et des larmes à celles et ceux qui souffrent déjà de cette Europe des marchands et de l’argent. L’ordre est d’aller plus loin dans l’austérité, la précarité du travail, la mise en concurrence des travailleurs pour une monnaie unique, l’Euro, utile à la rentabilisation des capitaux et aux marchés financiers.

C’est écrit noir sur blanc : « Il impliquera un effort particulier allant au-delà de ce qui existe déjà et comprendra des engagements concrets et des actions plus ambitieuses que celles qui ont déjà été approuvées ainsi qu’un calendrier de mise en œuvre. Ces nouveaux engagements seront ensuite intégrés aux programmes nationaux de réforme et de stabilité et relèveront du cadre de surveillance régulier ».

Baisser les salaires

Le mot « compétitivité » veut bien dire une mise en compétition des salariés entre eux, une mise en concurrence ouverte, brutale. Ceux des pays européens entre eux. Mais aussi avec les salariés du monde entier derrière ce qui est appelé « principaux partenaires commerciaux ». La décision est prise et annoncée ouvertement de laminer les salaires. Lisons : « Les progrès seront évalués sur la base de l’évolution des salaires et de la productivité ainsi que des besoins d’ajustement en matière de compétitivité. Afin de déterminer si les salaires évoluent en accord avec la productivité, le coût unitaire de la main d’œuvre (CUM) fera l’objet d’un suivi sur une période déterminée par comparaison avec l’évolution dans d’autres pays de la zone euro et chez les principaux partenaires commerciaux comparables ».

Ainsi la pression à la baisse sur les rémunérations du travail se fera à l’intérieur de l’Union européenne vers le moins-disant social, mais aussi dans la compétition avec les salariés du Brésil, de la Chine ou de la Corée du Sud.

Le texte est explicite : « Les augmentations significatives et durables pourraient provoquer une érosion de la compétitivité ». Autrement dit, comme nous le révélions dans la première mouture du « pacte de compétitivité », il est demandé ouvertement d’abaisser les salaires. Le rouleau compresseur européen s’immisce dans les négociations sociales.  Il prescrit de « réexaminer les dispositifs de fixation des salaires et, le cas échéant, le degré de centralisation du processus de négociation » et de « veiller à ce que les accords salariaux dans le secteur public viennent soutenir les efforts de compétitivité consentis dans le secteur privé ». Il demande aux gouvernements de peser sur les salaires du public pour aider le privé à extorquer plus de valeur issue du travail, « en gardant à l’esprit que l’évolution des salaires dans le secteur public constitue un signal important ». Il est donc demandé aux gouvernements de presser les salaires dans le public. Du même coup, cela peut abaisser « le coût unitaire de la main d’œuvre » pour le patronat, afin de lui permettre de relever encore ses taux de profits.

Détruire l’idée d’emploi sécurisé et les systèmes de retraites publics

Les métiers et secteurs aujourd’hui protégés comme les pharmacies, les taxis, les notaires, les vétérinaires, les coiffeurs, les architectes, etc,  seront ouverts à la concurrence, et les commerces seront ouverts les dimanches et jours fériés. La précarité, la flexi-sécurité du travail deviennent la norme de l’emploi. La fiscalité pesant sur le travail sera abaissée. Le recul de l’âge de la retraite est acté (même si la référence aux 67 ans a disparu). Pour justifier son combat pour abaisser encore le taux des cotisations chômage et retraites, Mme Parisot, s’est bruyamment revendiquée le 15 mars dernier de ce pacte antisocial : « Le pacte pour l’Euro stipule noir sur blanc que les régimes de retraites doivent évoluer en fonction de l’évolution démographique et de l’espérance de vie » s’est-elle écriée. Par contre, il est demandé de renforcer le secteur financier « un secteur financier fort est essentiel pour la stabilité générale de la zone Euro ». L’impôt sur les sociétés serait harmonisé vers le bas. Le taux d’imposition sur les sociétés est de 34% en France, de 29,8% en Allemagne. Le taux moyen européen est de 25,7%. Dans ce langage européen, cela veut dire qu’on va diminuer la fiscalité sur les sociétés en France et en Allemagne. La commission est en train de rédiger une proposition législative à cet effet.

Les régions mises en concurrence entre elles

Les pays déjà en difficulté, ou en retard de développement, se voient réserver un sort particulier où, dans le cadre de la « compétitivité », il leur est demandé d’y favoriser la « productivité », « afin de faire en sorte que la croissance soit équilibrée et bien répartie dans toute la zone Euro, des instruments spécifiques et des initiatives communes seront envisagées pour favoriser la productivité dans les régions en retard de développement ».

Ainsi dans ces pays on abaisserait encore plus les salaires, les droits sociaux, comme on le voit en Irlande et en Grèce pour monter sans cesse la rentabilité des capitaux. C’est donc un système diabolique qui serait en place où chacun serait mis en compétition avec plus petit que lui. Celui-ci étant lui-même dans l’obligation permanente de travailler toujours plus dur. C’est l’Europe du noyau dur et de la périphérie que certains auraient déjà théorisée.

Sarkozy prend les devants

D’un côté, le gouvernement Sarkozy comme la commission culpabilisent les citoyens avec les déficits publics (que nous léguerons à nos enfants, paraît-il). De l’autre, l’alignement sur la fiscalité allemande conduit à abaisser l’impôt sur les grandes fortunes (ISF) déjà de 2 milliards pour l’année à venir, puis de 4,5 milliards avec en plus une baisse de l’impôt sur les sociétés de 2 milliards.

« Le pacte pour l’Euro » porte bien son nom parce qu’il est un pacte avec et pour l’argent contre le social, contre le travail.

Le pouvoir sarkozyste a accéléré ces derniers jours les annonces : celle de modifier la Constitution, qui y inclurait l’interdiction des déficits publics ; la réduction de l’ISF et le débat depuis plusieurs semaines sur la fiscalité ; le recul de l’âge de la retraite à 67 ans ; le refus de toute augmentation de salaire ; un nouveau coup contre la sécurité sociale en utilisant le risque dépendance pour ouvrir un nouveau terrain de chasse aux assurances privées ; une inique contre-réforme des collectivités territoriales qui s’ajoute à la fameuse RGPP contre les services publics, pour présenter dès le conseil européen du 24 mars une première liste de son arsenal de guerre sociale contre les travailleurs, les retraités et les forces de la création. Il veut répondre ainsi au chapitre prochain de la déclaration :  « Les États membres de la zone Euro s’engagent à traduire dans leur législation nationales les règles budgétaires de l’UE figurant dans le pacte de stabilité de la croissance. Les États membres conserveront le choix de l’instrument juridique à utiliser au niveau national mais veilleront à ce qu’il soit par nature suffisamment contraignant et durable (par exemple, la Constitution ou une législation cadre)». « La formulation exacte de la règle sera également arrêtée par chaque pays [...] mais elle devrait garantir la discipline budgétaire tant au niveau national qu’aux niveaux inférieurs ».

Cette discipline est un corset budgétaire s’appliquant aux budgets de l’État, de la sécurité sociale, des caisses de retraite et aussi aux « niveaux inférieurs », c’est-à-dire aux régions, communes et départements.

Une nouvelle fois est ici revendiquée une application stricte des choix antisociaux par des instances supranationales en dehors des élus nationaux et locaux. La Commission européenne veut faire adopter d’ici le mois de juin six directives baptisées « gouvernance économique » pour mettre en musique ses funestes projets. Le Parlement européen et ses différentes commissions ont déjà commencé à y travailler. Mais les textes sont si durs, si opposés à l’intérêt général que les amendements proposés se traduisent toujours dans les commissions par des amendements dits « de compromis » qui ne modifient en rien le cadre général extrêmement néfaste.

L’idée européenne en cause

Face à un tel rouleau compresseur qui va encore au-delà du traité de Lisbonne, les salariés, les jeunes, les créateurs, les retraités, les petits artisans, les commerçants, les paysans, dans leur diversité, doivent être alertés de toute urgence sur la nature de ce pacte, véritable plateforme conduisant à une dé-civilisation de l’argent. La lutte des classes anti-progressiste est en train de franchir un nouveau cap. La nature du rassemblement des salariés et de tous les travailleurs, de tous les pays de l’Union européenne doit changer jusqu’à se porter au niveau d’un mouvement de nature à contrer une offensive d’une extrême gravité. C’est une urgence ! C’est l’idée européenne au sens de la communauté européenne et de l’Europe elle-même qui est en cause désormais avec ces projets. Ceux-ci vont provoquer des tensions telles qu’elle peut exploser, alors que le besoin de projet coopératif européen, d’Europe solidaire, d’Europe de partage pour le progrès social, le développement humain, l’environnement, n’a jamais été aussi pressant.

Une autre Europe est possible

Le rassemblement peut se faire sur un tout autre projet. Celui de l’Europe sociale avec le partage des richesses, la mise en place d’un salaire minima, de revenus minima et la promotion d’un projet commun de sécurisation des parcours professionnels et de la formation tout au long de la vie pour chacune et chacun. Une Europe solidaire avec le développement et le renouveau des services publics, l’aide aux pays en difficulté par un effort de rattrapage solidaire. Une Europe qui fasse vivre en actes les projets pour l’accès aux biens communs humains. Une Europe écologique avec le développement de la recherche, des industries, associant les populations et les salariés qui devraient disposer de nouveaux pouvoirs de gestion des orientations dans les entreprises. Une Europe qui relève les immenses nouveaux défis de diversification des ressources énergétiques et des modes de transports.

Une Europe de justice, avec une autre utilisation de l’argent, une transformation de la Banque centrale européenne, pour impulser un nouveau crédit du local au continent européen, le refinancement des dettes de certains États, l’utilisation de son pouvoir de création monétaire, la taxation des mouvements de capitaux intra-européens pour commencer, une taxation sur les sociétés et le capital pour financer un effort commun sans précédent pour la recherche, la formation, l’éducation.

Une Europe qui promeut le désarmement et la paix partout. Une Europe qui invente de nouveaux rapports avec les pays du Sud en plein bouleversement.

Ce ne sont que quelques esquisses d’un autre projet pour l’Europe des peuples, de la jeunesse et des travailleurs. Au pacte de l’argent nous opposons un pacte social et écologique.

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C’est un autre partage des richesses qui fera croire en l’Europe, pas le carcan de l’austérité et du chômage 2

 

La commission européenne est venue ce mardi 23 novembre 2010 présenter son programme de travail pour l’année 2011.

Dans ce cadre, je me suis adressé en ces termes au Président de la Commission M. Barroso :

 

Monsieur le Président Barroso, chers collègues,

La Commission semble raisonner comme si l’Europe n’était pas prise dans l’étau d’une crise extrêmement grave. J’ai découvert avec stupéfaction que vous écrivez même dans votre document de présentation de votre programme de travail, je vous cite : « Les signes de reprise sont clairs ». Où avez-vous vu des signes de reprise pour les chômeurs, celles et ceux qui se font chaque jour licencier, pour les pauvres, les privés de logement, les familles qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts ? Votre ligne de conduite est toujours de soutenir la finance. Savez-vous que vous aurez décidé de donner plus de 400 milliards d’argent public aux banques désormais ? J’ai fait comparer le chiffre de réduction, “d’économies”  sur les dépenses sociales et publiques utiles. Comme par hasard, celles-ci se montent exactement à 400 milliards, que vous avez retiré de la satisfaction des besoins sociaux des peuples pour les huit pays qui sont aujourd’hui sous le feu de plans d’austérité drastiques.

Vos choix sont inefficaces. Je propose que votre programme de travail inscrive à son ordre du jour la décision de procéder à une évaluation des résultats concrets pour les travailleurs et les citoyens européens de la mise en œuvre des traités de Maastricht et de Lisbonne. L’issue, à mon sens, n’est pas dans l’austérité salariale et budgétaire. Celle-ci provoque la récession et aggrave la crise. L’issue devrait plutôt s’articuler autour de : l’augmentation de la rémunération du travail ; de l’amélioration des protections sociales et des systèmes de retraite par répartition solidaire ; la mise en place progressive d’un revenu minimum dans l’Union européenne. De la mise à contribution des revenus du capital aux finances publiques et donc d’une nouvelle justice sociale.

Pourquoi ne décidons-nous pas immédiatement de lancer le travail d’étude et le processus législatif pour une taxation des mouvements de capitaux et la mise en place d’un autre système de crédit, avec un rôle nouveau de la Banque centrale européenne, qui, par création monétaire et par un autre crédit public doit aider les Etats et refinancer les banques à taux d’intérêt très abaissés dès lors qu’il s’agit de la sécurisation des parcours professionnels, de la sécurisation du travail, de l’éducation et de la formation , de l’impulsion de tous les biens publics communs avec de nouveaux services publics, la recherche et l’innovation environnementale. De faire de l’Euro un véritable instrument de coopération monétaire au service des peuples et non un levier pour la spéculation.

M. le Président, c’est un autre partage des richesses qui fera croire en l’Europe, pas le carcan de l’austérité et du chômage .