Pour la Commission européenne, répondre à la crise c’est supprimer les solidarités et satisfaire les marchés 4

Alors que cette année 2010 a été décrétée « année de lutte contre la pauvreté en Europe », et que le chômage ne cesse d’augmenter, la Commission européenne prépare pour cette fin de semaine un conseil économique et financier des plus antisociaux qui va accentuer la désindustrialisation, le chômage et la pauvreté.

Au moment du déclenchement de la crise, de nombreuses institutions ont salué le rôle des politiques de solidarité dans les pays européens comme « amortisseurs de la crise », pourtant la commission pousse à la destruction de ces solidarités.

Elle demande que la part de la dette d’un pays au-delà de 60% du PIB (la France était à 78% à la fin 2009), limite fixée par le Pacte de stabilité et de croissance, baisse à un rythme annuel de 5% pendant au moins trois ans. Dans le cas contraire, le pays serait sanctionné par une amende équivalente à 0,2% de son PIB. Mais la commission n’exige rien des banques à qui, sous différentes formes, ont été donnés en Europe près de 3000 milliards d’euros, c’est d’ailleurs l’une des causes essentielles de l’augmentation des dettes. Les banques sont passées faire des retraits à la caisse, et maintenant ce serait aux peuples de banquer ! Cette orientation est inadmissible, intolérable.

Par exemple, cette taxe équivaudrait pour la France à une ponction de 3.8 milliards d’euros. Soit le budget de l’agriculture ou la moitié de celui de la justice.

Ce choix de la Commission qui doit être validé par les Etats est une aberration économique, sociale et politique. Nous appelons donc la France à ne pas le valider. Cette Commission est sourde aux souffrances des européens, des 75 millions de pauvres, des chômeurs, des travailleurs.

Au contraire, le message de la Commission est le suivant : « soit vous acceptez des sacrifices sans précédent soit vous paierez notre amende ». C’est déjà au nom de ces choix qu’est appliquée la super-austérité, avec le démantèlement des services publics et la casse des systèmes de retraite.

La Commission, avec ses calculs rigides et sans vision politique, ne propose aucun plan de relance, n’a pas pour réel objectif l’emploi et les salaires. Cette décision est en réalité un gage donné aux marchés financiers pour les rassurer sur l’argent qu’ils ont placé sur l’euro. On voit les dégâts en Europe, sur un an le nombre de personnes ayant un travail continue de diminuer.

Il faut au contraire changer radicalement de politique en changeant les fonctions de la BCE qui doit avoir un rôle de financeur des entreprises créatrices d’emplois, investissant dans la formation et l’emploi. Il faut lancer un grand plan de relance à l’échelle de l’Union, financé par la taxation des marchés financiers, qui passe par des associations d’entreprises européennes et de services publics européens, la mise en place d’objectifs en terme d’emplois, de développement industriel, de services utiles, et une vraie politique sociale.

Au pacte d’austérité, nous opposons un pacte de développement social et humain durable. Celles et ceux qui agissent aujourd’hui dans toute l’Europe à l’appel de la Confédération européenne des Syndicats, sont les ferments de l’indispensable Europe sociale.

Forum «Quelle Europe nouvelle pour sortir de la crise ?» : compte-rendu 1

Voici un premier compte-rendu du forum qui s’est déroulé

 les 4 & 5 juin à La Mutualité – Paris

   

  

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Pour accéder au résumé des débats d’une table ronde, cliquez sur son titre :  

-         Comprendre la crise en Europe   

Intervenants : Pervenche Berès (députée au Parlement européen, PS), Yves Dimicoli (économiste, PCF), Jacques Généreux (économiste, Parti de Gauche), Pierre Khalfa (membre du Conseil Scientifique d’ATTAC et porte-parole de l’Union syndicale Solidaires), Pierre Laurent (coordinateur national du PCF), Nasser Mansouri-Guilani (membre du Conseil économique et social), Kostas Vergopoulos (économiste).  

-         Traité de Lisbonne, comment sortir de l’impasse politique ?   

Intervenants : Jean-Pierre Brard (député de la Seine-Saint-Denis), Ilda Figueiredo (députée au Parlement européen, Parti communiste Portugais), Monique Florenzano (Économiste, directrice de recherche au CNRS), Liem Hoang-Ngoc (député socialiste au parlement européen, professeur d’économie à l’Université Paris 1), Marie-Christine Vergiat (députée au parlement européen, Front de gauche), Francis Wurtz (député honoraire au parlement européen).  

-         Quelles propositions alternatives, quelle autre construction européenne pour les peuples ?    

Intervenants :  Yannis Androulidakis (syndicaliste grec), Nicolas Benies (économiste, dirigeant national de la Gauche unitaire), Paul Boccara (économiste, historien, PCF), Nicole Borvo (sénatrice, Présidente du groupe CRC-SPG), Bernadette Groison, (secrétaire générale de la FSU), Bogdan Hossu (secrétaire général de Cartel-Alpha, confédération syndicale Roumaine), Thomas Händel (député au Parlement européen, membre de Die Linke), Didier Le Reste (syndicaliste cheminot), Miguel Portas (député au parlement européen, bloc de gauche du Portugal), Elisabeth Gauthier (co-directrice de la revue européenne Transform), Savvas Rompolis (directeur de l’Institut grec du travail).  

-         Quelle solidarité durable mettre en œuvre ?   

Intervenants : Pascal Canfin (député au Parlement européen Verts), Maryse Dumas (syndicaliste, postière), Patrick Le Hyaric (député au parlement européen, vice-président du groupe GUE/NGL, directeur de l’Humanité), Pedro Marset-Campos (ancien député au Parlement européen, membre du bureau du PGE, IU Espagne), Aurélie Trouvé (co-présidente d’ATTAC).  

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Cliquez sur l’image pour l’agrandir   

Photos : Vatscom, Vincent & Thomas Saravaki .
 
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Contre les coups de force, mobilisation démocratique 1

 

Pour être sûr de pouvoir appliquer leur insoutenable purge sociale, les autorités de Bruxelles et le Président de la République veulent procéder à un véritable coup de force. Certains pays connaissent encore des coups d’état. En Europe, on procède de manière plus douce en préparant  le coup d’état social. En effet, le Président de la commission de Bruxelles, qui ne doit sa légitimité qu’à de bizarres et ambigus accords au sein du Conseil des chefs d’Etats et de gouvernements et à une alliance tout aussi curieuse au sein du Parlement européen, demande que désormais les budgets nationaux soient d’abord examinés par l’instance qu’il dirige, non élue par les citoyens. A cette dernière le pouvoir exorbitant de dire s’ils sont bons ou mauvais. Selon quels critères ? Ceux de l’austérité et de la régression sociale.  De ce fait, les Parlements nationaux qui, déjà, passent beaucoup de temps à transférer les directives européennes, seraient dessaisis de l’une de leur mission essentielle : celle de choisir les moyens d’alimenter le budget national et celle de l’utilisation de l’argent public, celui des contribuables.

M. Sarkozy, jamais en retard quand il s’agit de se coucher devant les diktats de cette commission, les injonctions de l’Allemagne et surtout pour s’agenouiller devant la grande finance internationale, veut inscrire dans la Constitution française l’obligation pour tout gouvernement qui commence une législature de se fixer l’objectif de réduire les déficits sur cinq ans. Evidemment, dans son esprit, c’est pour réduire les dépenses publiques et sociales utiles. Car au nom de la sacro sainte compétitivité, de la concurrence dite « libre » et prétendument « non faussée », l’imposition sur les plus fortunés et le grand capital ne risque rien. Au contraire, elle sera  encore allégée. La philosophie du Chef de l’Etat, exposée devant la conférence sur les déficits,  consiste à réduire les dépenses sociales contre la maladie, pour les retraites, tout en augmentant le pillage du travail salarié. Ne vient-il pas de rogner une allocation pour les plus pauvres et de créer 22 impôts nouveaux? Ne se concocte-t-il pas en ce moment même dans les palais gouvernementaux des projets d’augmentations d’impôts, de la CSG, de suppression de 100 000 emplois dans les services publics, de recul du droit à la retraite à 60 ans, de blocage généralisé des rémunérations du travail ?

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UN FORUM POPULAIRE POUR UNE EUROPE NOUVELLE 1

Quelle Europe nouvelle pour sortir de la crise ?

Les 4 et 5 juin Maison de la Mutualité
Salle Jussieu 24 rue Saint-Victor, 75005 Paris

 

Compte tenu du nombre de places limitées,
inscription conseillée !

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Jour après jour l’Europe s’enfonce dans une crise dont personne ne voit le bout. Depuis le premier jour, l’Humanité a lancé une pétition de solidarité avec le peuple grec. Celle-ci a déjà recueilli des milliers de signatures. Depuis, ce sont tous les peuples européens qui sont attaqués. C’est aux populations, aux travailleurs, aux retraités, aux jeunes, que les institutions européennes, les gouvernements, font payer cette crise pendant que les banques, compagnies d’assurances, fonds financiers amassent chaque jour des milliards de profits.

De la Grèce au Royaume-Uni, de l’Espagne à l’Italie, de l’Irlande à la France, la Roumanie, la Hongrie, partout, les gouvernements abaissent les salaires, réduisent l’emploi public, reculent l’âge de départ à la retraite, augmentent les impôts.

On ne peut pas laisser faire ! 

L’Europe des traités de Maastricht et de Lisbonne se fait encore plus contre les peuples. La monnaie unique est menacée. La solidarité européenne n’existe pas.

Les forces progressistes en Europe, les mouvements sociaux, syndicaux, intellectuels ont besoin de se parler, de réfléchir ensemble aux causes de la crise. Surtout, il y a besoin de penser une autre construction européenne qui placerait les êtres humains et la nature au centre de tout et non plus la loi de l’argent roi.

Face à la gravité de la situation et pour que chacun puisse faire part de ses idées, de ses propositions pour cette autre Europe possible, nous vous invitons à un forum de travail et de réflexion.  Nous nous retrouverons avec des syndicalistes, des économistes, des parlementaires européens et nationaux, des journalistes, des responsables du mouvement altermondialiste, des créateurs, des intellectuels, pour débattre des causes de la crise…

 Pour lire la suite cliquez ici : 

 

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