Parmi les arguties utilisées contre le puissant mouvement social refusant l’abrogation du droit à la retraite à 60 ans, de grands médias tentent de culpabiliser nos concitoyens en multipliant les reportages venus de l’étranger, accréditant l’idée que les autres peuples ne comprendraient pas les français. Belle manipulation consistant à désigner les français comme d’irréductibles râleurs. Et que dire des images télévisées à l’étranger où on fait croire que la France c’est la guerre civile permanente. Le peuple ne se laissera ni berner, ni culpabiliser. Et il ne laissera détruire ni le droit de grève, ni l’existence des organisations syndicales qui prouvent leur grande utilité. En vérité, les tenants de l’ordre actuel combinant super austérité et autoritarisme souhaitent partout la résignation. Ils ont peur que partout dans le monde, des Etats-Unis à l’Europe, des mouvements se développent contre des politiques qui font payer leur crise aux peuples tandis que la suraccumulation du capital dans quelques mains repart de plus belle.
Parmi les contre-vérités déclamées par le pouvoir, il y a celle qui consiste à dire qu’on casse la retraite à 60 ans parce que tous les autres pays européens l’ont fait. Question : s’ils retournaient à l’esclavage devrions-nous le faire aussi ? Passons ! Cet argument est totalement faux. La durée des cotisations est, le plus souvent, moins élevée ans la plupart des autres pays européens. Et la contre-réforme engagée chez nous est l’une des plus dures. Elle s’aligne sur le livre vert européen sur les retraites qui prévoit de démolir le système solidaire des retraites au profit du système par capitalisation. Un système qui permet aux grands manitous de l’assurance, de la banque,de mettre notre argent dans les paradis fiscaux et sur les marchés financiers, sans avoir l’assurance pour les souscripteurs d’avoir demain une retraite. Les retraités américains en savent quelque chose !
Et à l’opposé de la propagande véhiculée dans quelques sphères médiatiques, les salariés, les jeunes, les retraités d’autres pays considèrent que ce qui se passe en France est, comme à d’autres périodes de l’histoire, le meilleur de la résistance contre l’injustice et contre une austérité appliquée aux seules familles populaires. Evidemment, les tenants de l’ordre établi du capitalisme européen et mondial ne souhaitent pas cette jonction des travailleurs et des jeunes pour leur intérêt commun. Pourtant le mouvement français reçoit le soutien de la Confédération européenne des syndicats, de la DGB allemande, du LKP de Guadeloupe, de la Fédération syndicale européenne des services publics, des commissions ouvrières des Asturies, des syndicats du Sénégal, de Madagascar et de bien d’autres encore…
Nombreux sont celles et ceux qui font l’expérience des mensonges des défenseurs du modèle européen ultralibéral avec les traités de Maastricht et de Lisbonne. Ceux-ci n’ont cessé d’expliquer que ce type de construction européenne les protègerait. Toutes et tous font aujourd’hui le terrible constat d’une orientation européenne qui produit au Royaume-Uni 500 000 emplois publics en moins ; des baisses de salaires et des hausses de TVA au Portugal ; avec en plus des impôts supplémentaires en Grèce ; la démolition du droit du travail en Allemagne ; le recul de l’âge de la retraite partout en Europe.
L’Europe place les citoyens dans l’insécurité et la dépendance vis-à-vis des rapaces des marchés financiers. C’est un conglomérat de pays, dirigé par un Conseil européen et une Commission, massacrant tous les droits sociaux et humains pour servir la haute finance. Face à cela, de l’Espagne à l’Italie, du Portugal à la Grèce, les peuples se lèvent peu à peu. Jusque là le niveau de l’action est plus soutenu, plus déterminé en France. La nouveauté réside dans les prémices d’une nouvelle conscience naissante, d’une part sur l’injustice et les inégalités et surtout sur leur inefficacité économique, sociale et écologique, et d’autre part sur le rapport capital-travail dans la société et l’Union européenne.
Cependant,il ne faut pas se cacher que dans la crise actuelle et face à une insuffisante visibilité de solutions alternatives montent des solutions et des groupes d’extrême-droite. Ceux-ci sont d’ailleurs entretenus au plus haut niveau des Etats, en Italie, en France, en Allemagne maintenant, où les chefs d’Etat eux-mêmes désignent les immigrés comme cause de la crise. Ils le font au moment même où, ensemble, ils décident que des autorités supranationales décideront de plus en plus de la nature des budgets des Etats, sous prétexte de réduire les déficits publics. Ils décident entre eux que des autorités non élues pourront appliquer des sanctions contre leur propre pays. Et voilà, oh miracle, que Sarkozy et Merkel demandent ensemble de modifier le traité de Lisbonne pour le rendre encore plus dur ! Curieux, n’est ce pas ? On nous avait expliqué que ce texte était « intouchable » ! En vérité les dirigeants européens sont en service commandé pour détruire les droits sociaux et humains de toutes et de tous, afin de satisfaire les appétits du capital.
A l’image de la manifestation européenne de Bruxelles, il y a quelques jours, c’est à la solidarisation des peuples européens contre l’oligarchie financière, contre les critères de la Banque centrale européenne, imposant l’austérité et le chômage, qu’il devient nécessaire de travailler. Cette unité des peuples européens pour jeter les bases d’une Europe sociale, solidaire, écologique est plus que jamais d’actualité. En même temps, dans chaque pays et dans l’Union européenne doit être recherché le chemin de cette « autre Europe possible et nécessaire » et cet après capitalisme indispensable au retour du progrès social, humain, démocratique.
Une grande initiative populaire européenne sur le refus des sacrifices et un nouveau partage des richesses portée par le maximum de forces progressistes et écologistes serait utile aux peuples eux-mêmes.



