Une puissante émotion s’est emparée des travailleurs, de la jeunesse, des retraités, du monde de la culture et de la création lors du décès de Jean Ferrat. Sous diverses formes, un formidable hommage populaire a été rendu au poète, au chanteur, fidèle à sa « France ». De nombreux jeunes auront découvert son talent, ses engagements, la qualité de son chant, ses révoltes et ses fidélités aux peuples, aux belles valeurs de la liberté, de la justice, de la paix.
A l’occasion de cette douloureuse disparition la recherche du « beau », d’un peu de tendresse, de solidarité aura parcouru le cœur de notre peuple mais aussi la recherche d’un « idéal qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui ».

Cela rejoint une part des leçons essentielles des élections régionales. Le second tour a confirmé le rejet de la droite sarkozyste. La recherche d’autre chose que ce que le pouvoir et les puissants imposent aujourd’hui. La gauche rassemblée va continuer d’animer la gestion de la quasi totalité des régions. Ses élus doivent impérativement se mettre encore plus et mieux au service des familles populaires qui souffrent de plus en plus de la crise globale du capitalisme qui, non seulement, n’en finit pas mais peut encore s’aggraver. Des interpellations sont aussi adressées à toutes les forces de la gauche et des écologistes.
Celles et ceux qui souffrent le plus, les ouvriers, les salariés précaires, les chômeurs, tant de jeunes, celles et ceux qui vivent sous la menace du licenciement, celles et ceux dont la vie devient de plus en plus dure et incertaine, attendent des actes en leur faveur, des actions et un projet. C’est souvent la raison de leur abstention.
Ils ont trop souvent le sentiment d’être ignorés ou méprisés. Ils doutent désormais profondément de « la politique ». Ils appellent à un changement des pratiques et des conceptions de la politique elle-même.
Le niveau de l’abstention et l’inquiétante montée de l’extrême-droite, qui prend racine dans ces souffrances, ce mépris, poussent le pays au bord d’une crise politique inédite, au sens où les fondements même de la démocratie peuvent être menacés.
En effet, si rien ne change, le boulevard pour les idées extrêmistes s’élargira encore avec d’insoupçonnables conséquences. Mais le plus fondamental est qu’il ne peut y avoir de possibilité de construire un monde meilleur sans la participation de la jeunesse et de toutes celles et ceux que le capitalisme étouffe, exploite, rejette, martyrise le plus.
Le mépris de la droite sarkozyste vis-à-vis du suffrage universel n’en est que plus grand. Le petit réagencement ministériel n’est qu’un pâle rideau de fumée. L’entêtement de cette droite sur ce qu’elle appelle ses « fondamentaux », termes choisis pour désigner le service au capital, contre le peuple, ne pourra qu’aggraver la vie d’une majorité de nos concitoyens. L’urgence est d’arrêter ce train fou des contre-réformes réactionnaires, du recul de l’âge de la retraite à la suppression des services publics et aux réductions d’emplois publics, du gel des salaires et des retraites, des licenciements sans fin, quand la spéculation s’accélère.
La responsabilité d’une gauche utile et combative est donc immense pour se porter, sans attendre aux côté des salariés, des chômeurs, des assurés sociaux pour les défendre. C’est aujourd’hui qu’il faut agir dans l’unité la plus large, à commencer pour mettre en échec du projet sur les retraites.
Croire, comme le font certains, que le moment est venu de se préparer à occuper les palais de la République pour remplacer les ministres actuels, serait une lourde erreur. L’enjeu est de discuter, de débattre, de proposer, d’élaborer, de défricher, avec nos concitoyens les chemins inédits pour construire une société post-capitaliste, dont l’objectif soit l’émancipation humaine. Tel est le niveau de la responsabilité qui incombe aujourd’hui aux forces politiques et sociales de la gauche et écologistes. Et au delà à tous les progressistes quelle que soit l’opinion qu’ils ont sur la politique et les partis politiques.
Une majorité de notre peuple et sans doute des millions d’individus sur toute la planète cherchent le chemin inédit de cette émancipation, de cette nouvelle société à inventer tant ils prennent conscience de la nature même du système capitaliste et de son cortège de dégâts sociaux, humains, écologiques et démocratiques.
Comme à toute période de l’histoire, le génie humain peut découvrir dans le débat, dans la confrontation fraternelle une organisation sociale supérieure au vieux capitalisme en crise. Un tel objectif ne s’accommode évidemment ni de petites ambitions politiciennes, ni de promesses sans lendemain. Il ne s’accommode pas de cuisine politicienne où un parti se donnerait le droit de dominer les autres. Les forces, partie intégrante du Front de gauche, et beaucoup d’autres qui pourraient le rejoindre, ambitionnent de porter cette responsabilité. Elles proposent non pas un aménagement du système actuel mais sa subversion, son dépassement dans un processus « d’évolution révolutionnaire ». Elles doivent le faire la main tendue tant elles n’ont pas vocation à combattre d’autres secteurs de la gauche mais à aider à un rassemblement populaire large, unitaire, à vocation majoritaire, conscient du niveau des changements à opérer. Il faudra retenir de ces élections régionales que c’est l’expression de la diversité à gauche qui permet son succès. Nos concitoyens refusent le bipartisme. Ils souhaitent le pluralisme d’expression, gage de richesse et de liberté.
Le chantier de ce rassemblement majoritaire à construire pour changer est immense et enthousiasmant. Il appelle la participation de toutes et tous pour comme le chantait Jean Ferrat : « Vieux monde clos comme une orange, faites que quelque chose change »…
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