Combativité, unité, audace 2

 

Après le cycle des élections régionales, les forces politiques entament depuis la semaine dernière une nouvelle étape, les yeux fixés sur l’horizon de la présidentielle de 2012. Le Président de la République et le premier ministre aggravent encore le déni de démocratie. « Pas question de changer de cap » ont-ils martelé en réaffirmant qu’ils feront voter contre vents et marées la dislocation de l’agencement des collectivités locales et régionales, le maintien de l’injuste bouclier fiscal, l’amplification de la suppression des emplois publics, le blocage des salaires et surtout la contre-réforme réactionnaire des retraites. Pour faire bonne mesure, le prix du gaz augmente une nouvelle fois alors que tant de familles populaires ne parviennent déjà pas à régler leur facture d’énergie.

Cette surdité aggravée du pouvoir n’est pas un problème médical, c’est une grande question politique. Ceux qui gouvernent ont décidé de passer en force parce que cela correspond aux intérêts de l’infime minorité des rentiers, des spéculateurs, de l’internationale des requins de la finance.

Ainsi, ils ont choisi d’engager un bras de fer contre le peuple, dans le prolongement de leur pratique de ces dernières années: refus d’entendre la protestation des jeunes des quartiers populaires, le non au référendum sur le traité européen, et aujourd’hui, refus d’écouter le message de ces élections régionales. Difficile de faire pire en matière de mépris à l’égard de celles et ceux qui contribuent à créer les richesses de notre pays! Ceci peut avoir de redoutables conséquences, au moment où une crise générale atteint chaque individu, chaque famille, dans sa vie, dans son être, son utilité, dans ses repères, son regard sur la politique et les partis, son désir de progrès individuel et collectif. Lire la suite

Ils sont sourds ! Répondre

La semaine dernière, après un remaniement technique du gouvernement, le Président de la République a fait une déclaration dans laquelle il tire « ses » leçons des élections régionales. Le premier ministre lui a emboîté le pas avec le même argumentaire dans un journal, dimanche dernier. Compte-tenu du désaveu cinglant que leur ont infligé les électrices et les électeurs, on aurait pu penser qu’ils procèderaient à un petit début d’autocritique et décideraient de modifier un peu le cap. Pas du tout ! « Rien ne serait pire que de changer de cap », a déclaré M. Sarkozy, ajoutant : « Nous devons faire preuve de constance, nous devons continuer les réformes ». Bref, il a décidé de mépriser le cri du peuple dans les urnes et ceux qui ont décidé de se taire par l’abstention en signe de protestation. Et parmi les premières mesures ils ont décidé d’augmenter scandaleusement le prix du gaz.

S’il agit ainsi c’est qu’il veut continuer d’ être le mandataire de la caste des privilégiés de la fortune en continuant d’écraser le peuple. Après le refus d’entendre le non majoritaire au référendum sur le projet de Constitution européenne, le refus d’entendre la protestation contre la privatisation de la Poste et la fermeture des services publics, après le refus d’entendre les puissants mouvements sociaux et citoyens, les mouvements des agriculteurs comme ceux qui s’expriment dans les quartiers populaires, voilà un nouveau refus d’écouter et d’entendre l’expression populaire. Ceci ne fera qu’aggraver la crise de la démocratie, la défiance des citoyens vis-à-vis des responsables politiques qui peuvent avoir de douloureuses conséquences à l’avenir. C’est souvent sur un tel terreau, dans lequel se mélangent une crise sociale sans précédent et le refus de respecter et d’entendre le peuple, que progressent les idées d’extrême droite.

Ajoutons que ce même Président de la République, qui accepte ou fait accepter les dérégulations de la politique agricole commune, n’hésite pas à menacer aujourd’hui de créer une « crise européenne » si on continue de démanteler la politique agricole commune. Mais il est l’un des artisans du démantèlement de la PAC. Qui a accepté le démantèlement de système de prix minimum, celui des quotas laitiers, sinon lui et son gouvernement ? Et la semaine dernière il a été le co-auteur d’un communiqué du Conseil européen, renforçant encore le pacte de stabilité, qui est un pacte d’austérité aggravée contre les peuples, au seul bénéfice des rois de la finance qui font de l’argent par la spéculation grâce au principe de la « liberté totale de circulation des capitaux ». Ne croyons pas qu’il s’agit d’un simple entêtement infantile. Non ! S’ils maintiennent le cap c’est parce que les forces de l’argent leur ont donné le mandat de défendre leurs privilèges. Telle est la question fondamentale. Tel est l’enjeu posé au peuple en son entier.

L’urgence est donc de se rassembler, de débattre pour exiger des élus de gauche qu’ils utilisent les régions et les départements de gauche comme de vrais boucliers sociaux. Les mouvements unis contre la fermeture des services publics, le relèvement des prix agricoles à la production, l’augmentation des petites retraites et le refus net du recul de l’âge de départ en retraite, avec une bonne pension, doivent se développer, s’amplifier. La gauche sociale et politique doit, ensemble, avec les populations, faire front pour défendre le peuple et faire front pour travailler à un projet crédible de changement, commençant par remettre en cause toutes les contre-réformes négatives sarkozystes.

 

Chercher le chemin pour changer 2

Une puissante émotion s’est emparée  des travailleurs, de la jeunesse, des retraités, du monde de la culture et de la création lors du décès de Jean Ferrat. Sous diverses formes, un formidable hommage populaire a été rendu au poète, au chanteur, fidèle à sa « France ». De nombreux jeunes auront découvert son talent, ses engagements, la qualité de son chant, ses révoltes et ses fidélités aux peuples, aux belles valeurs de la liberté, de la justice, de la paix.

A l’occasion de cette douloureuse disparition la recherche du « beau », d’un peu de tendresse, de solidarité aura parcouru le cœur de notre peuple mais aussi la recherche d’un « idéal qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui ».

Cela rejoint une part des leçons essentielles des élections régionales. Le second tour a confirmé le rejet de la droite sarkozyste. La recherche d’autre chose  que ce que le pouvoir et les puissants imposent aujourd’hui. La gauche rassemblée va continuer d’animer la gestion de la quasi totalité des régions. Ses élus doivent impérativement se mettre encore plus et mieux au service des familles populaires qui souffrent de plus en plus de la crise globale du capitalisme qui, non seulement, n’en finit pas mais peut encore s’aggraver. Des interpellations  sont aussi adressées à toutes les forces de la gauche et des écologistes.

 Celles et ceux qui souffrent le plus, les ouvriers, les salariés précaires, les chômeurs, tant de jeunes, celles et ceux qui vivent sous la menace du licenciement, celles et ceux dont la vie devient de plus en plus dure et incertaine, attendent des actes en leur faveur, des actions et un projet. C’est souvent la raison de leur abstention.

Ils ont trop souvent le sentiment d’être ignorés ou méprisés. Ils doutent désormais profondément de « la politique ». Ils appellent à un changement des pratiques et des conceptions de la politique elle-même.

Le niveau de l’abstention et l’inquiétante montée de l’extrême-droite, qui prend racine dans ces souffrances, ce mépris, poussent  le pays au bord d’une crise politique inédite, au sens où les fondements même de la démocratie peuvent être menacés.

En effet, si rien ne change, le boulevard pour les idées extrêmistes s’élargira encore avec d’insoupçonnables conséquences. Mais le plus fondamental est qu’il ne peut y avoir de possibilité de construire un monde meilleur sans la participation de la jeunesse et de toutes celles et ceux que le capitalisme étouffe, exploite, rejette, martyrise le plus.

Le mépris de la droite sarkozyste vis-à-vis du suffrage universel n’en est que plus grand. Le petit réagencement ministériel n’est qu’un pâle rideau de fumée. L’entêtement de cette droite sur ce qu’elle appelle ses « fondamentaux », termes choisis pour désigner le service au capital, contre le peuple, ne pourra qu’aggraver la vie d’une majorité de nos concitoyens. L’urgence est d’arrêter ce train fou des contre-réformes réactionnaires, du recul de l’âge de la retraite à la suppression des services publics et aux réductions d’emplois publics, du gel des salaires et des retraites, des licenciements sans fin, quand la spéculation s’accélère.

La responsabilité d’une gauche utile et combative est donc immense pour se porter, sans attendre aux côté des salariés, des chômeurs, des assurés sociaux pour les défendre. C’est aujourd’hui qu’il faut agir dans l’unité la plus large, à commencer pour mettre en échec du projet sur les retraites.

Croire, comme le font certains, que le moment est venu de se préparer à occuper les palais de la République pour remplacer les ministres actuels, serait une lourde erreur. L’enjeu est de discuter, de débattre, de proposer, d’élaborer, de défricher, avec nos concitoyens les chemins inédits pour construire une société post-capitaliste, dont l’objectif soit l’émancipation humaine. Tel est le niveau de la responsabilité qui incombe aujourd’hui aux forces politiques et sociales de la gauche et écologistes. Et au delà à tous les progressistes quelle que soit l’opinion qu’ils ont sur la politique et les partis politiques.

 Une majorité de notre peuple et sans doute des millions d’individus sur toute la planète cherchent le chemin inédit de cette émancipation, de cette nouvelle société à inventer tant ils prennent conscience de la nature même du système capitaliste et de son cortège de dégâts sociaux, humains, écologiques et démocratiques.

Comme à toute période de l’histoire, le génie humain peut découvrir dans le débat, dans la confrontation fraternelle une organisation sociale supérieure au vieux capitalisme en crise. Un tel objectif ne s’accommode évidemment ni de petites ambitions politiciennes, ni de promesses sans lendemain. Il ne s’accommode pas de cuisine politicienne où un parti se donnerait le droit de dominer les autres. Les forces, partie intégrante du Front de gauche, et beaucoup d’autres qui pourraient le rejoindre, ambitionnent de porter cette responsabilité. Elles proposent non pas un aménagement du système actuel mais sa subversion, son dépassement dans un processus « d’évolution révolutionnaire ». Elles doivent le faire la main tendue tant elles n’ont pas vocation à combattre d’autres secteurs de la gauche mais à aider à un rassemblement populaire large, unitaire, à vocation majoritaire, conscient du niveau des changements à opérer. Il faudra retenir de ces élections régionales que c’est l’expression de la diversité à gauche qui permet son succès. Nos concitoyens refusent le bipartisme. Ils souhaitent le pluralisme d’expression, gage de richesse et de liberté.

Le chantier de ce rassemblement majoritaire à construire pour changer est immense et enthousiasmant. Il appelle la participation de toutes et tous pour comme le chantait Jean Ferrat : « Vieux monde clos comme une orange, faites que quelque chose change »…

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Unité pour se défendre et préparer le changement 3

Le second tour des élections régionales a largement confirmé la sanction infligée à la droite sarkozyste. Plus de dix-neuf ministres étaient engagés dans ces élections. Tous ont été battus. A cela s’ajoute un haut niveau d’abstention et de bulletins blancs, manifestant une sérieuse défiance envers le pouvoir. Mais le silence des urnes est aussi une alerte des catégories les plus populaires, vis-à-vis de la gauche. La nette victoire de la gauche rassemblée au second tour est à la fois la manifestation du rejet de la droite sarkozyste, la satisfaction du bilan des régions et un appel à faire autre chose face à la crise du capitalisme..

Le score de l’extrême-droite est à nouveau très inquiétant. Il se nourrit des déceptions, de la violence de la crise et de ses souffrances sociales, mais aussi de l’attitude du pouvoir qui a repris une partie des thèses lepénistes.

La gauche rassemblée est maintenant en responsabilité dans la grande majorité des régions. Elle doit répondre à la demande des électrices et des électeurs, comme à celles et ceux qui ne se sont pas déplacés, pour améliorer dans le cadre des compétences et des moyens des régions, la vie des gens, défendre l’emploi, la vie rurale, les services publics, l’école, la santé, les producteurs agricoles familiaux.

 

 

Les élus de la gauche devront se mettre au service de toutes et tous dans l’action la plus unitaire possible. Les populations rurales ont fait part de leur désarroi, de leur profond mécontentement contre la baisse continue des prix agricoles à la production, l’endettement, l’inadmissible faiblesse des retraites, la pauvreté qui rode de plus en plus dans les villages. Et le projet de nouvelle modification de la Politique agricole commune aggraverait encore la situation des paysans et celle de l’emploi, si elle se faisait dans le cadre actuel de la concurrence de tous contre tous.

De même, la gauche doit sortir du concept « d’euros-régions » en compétition entre elles pour attirer les capitaux. Elle doit au contraire promouvoir une coopération entre régions pour des projets communs, utiles à l’emploi, au développement rural, au progrès social.

A l’opposé de ce que disent les ministres et les responsables de la droite depuis dimanche, le pouvoir doit tenir compte des messages des électeurs. Ceux-ci disent leur refus de l’injuste bouclier fiscal, de l’augmentation permanente des prélèvements sur les familles comme les franchises médicales ou les forfaits hospitaliers alors que les cadeaux se multiplient pour les plus riches et les banquiers.

Et ce n’est pas d’un petit remaniement du gouvernement dont ont besoin les populations, mais d’un vrai changement de cap : celui qui consisterait à se mettre au service du peuple et non plus au service des banquiers.

Le pouvoir doit renoncer au projet de démolition du droit à la retraite  à 60 ans ou à la contre réforme anti-démocratique des collectivités territoriales, ainsi qu’au projet de taxe carbone ou de création d’une TVA dite « sociale ».

Il est fait beaucoup de bruit autour de la prochaine présidentielle. Certes, celle-ci est importante et la gauche doit préparer un projet alternatif favorable aux familles populaires. Mais c’est sans attendre qu’il faut aider les gens à se défendre contre la crise du capitalisme, obtenir des améliorations en faisant reculer le pouvoir de droite, dans l’unité populaire la plus large possible. Nous en serons !

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Dimanche, le rassemblement 1

 

C’est clairement un rejet de la politique sarkozyste qu’ont signifié les électrices et les électeurs dimanche dernier, à l’occasion du premier tour des élections régionales.

Le message est d’autant plus net que le Président de la République n’avait cessé d’exhorter ses représentants dans les régions à faire « campagne sur son bilan », tout en multipliant les interventions ces deux dernières semaines, jusqu’à cet entretien au Figaro-Magazine, abondamment médiatisé jusqu’à la dernière minute. L’UMP avait pourtant aggloméré en son sein, dés le premier tour, les chasseurs, le parti de M. De Villiers, le nouveau centre et une mouvance socialisante.

Les électrices et les électeurs ont décidé de lui dire « non » et ont donné une majorité aux forces de gauche et écologistes. Il est intéressant de voir que les résultats de ces forces sont obtenus  sans transfert de voix de l’une sur l’autre. La gestion des régions par la gauche n’est pas contestée. Europe-écologie et le Front de gauche, qui constituent des nouveautés depuis moins d’un an, s’installent dans le spectre politique. Les résultats du Front de gauche ont déjà commencé à modifier les rapports de force. Nous n’en sommes plus aux débats de la fin de l’été sur de possibles alliances contre nature entre une partie de la gauche socialiste et une partie de la droite, celle du Modem. Le Front de gauche joue donc déjà un rôle utile et efficace d’ancrage de toute la  gauche à gauche.

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