Jean-Luc Mélenchon, le vote de l’espoir 3

 

La demande de changement est certainement la chose la plus partagée partout dans notre pays, du plus petit village à la plus grande ville. M Sarkozy a beau tenter de faire semblant de changer son image, rien ne fera oublier son terrible bilan contre les familles populaires, contre le pays lui-même, le plongeant dans une crise inconnue depuis la fin de la seconde guerre mondiale, bafouant le vote majoritaire contre le projet de constitution européenne devenu traité de Lisbonne, servant généreusement les plus fortunés et les puissances d’argent sous forme de réductions d’impôts et de cotisations sociales. L’intérêt général commande de mettre fin à son mandat le 22 avril et le 6  mai.

Et, il faut en même temps, faire reculer la dangereuse extrême-droite lepéniste qui fait semblant de protester contre le sort fait à nos concitoyens pour mieux cacher qu’elle sert les forces de l’argent, répand la haine et la division pour mieux protéger les banquiers. Il faut donc les battre. On doit au courage de Jean-Luc Mélenchon d’avoir affronté et démasqué cette extrême-droite haineuse et anti-républicaine.

Maintenant, il faut, dés dimanche prochain, créer les conditions de rebâtir le progressisme à la française en faisant gagner la gauche. Mais, l’intérêt de toutes et tous appelle une gauche bien ancrée du côté des aspirations des gens, bien ancrée à gauche. C’est le vote Mélenchon qui va le permettre. La progression régulière de ce vote depuis le début de la campagne fait progresser toute la gauche, semaine après semaine.

Le candidat F. Hollande reste en tête des enquêtes d’opinion, souvent loin devant la droite. Le candidat du Front de Gauche grâce à ses propositions neuves d’amélioration concrète de la vie quotidienne, possibles grâce à une nouvelle répartition des richesses, mobilise de nouvelles familles qui voient dans ce vote une assurance, une garantie que leurs espoirs ne seront pas déçus. Toutes celles et ceux qui veulent battre N. Sarkozy et obtenir une politique vraiment de gauche ont tout intérêt à utiliser le vote Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon.

C’est d’autant plus décisif que les chantiers de reconstruction dans nos campagnes sont majeurs. D’abord changer la politique agricole commune pour défendre l’atout agricole et alimentaire et améliorer le revenu paysan, défendre l’hôpital, le médecin de campagne, la poste, l’école, la gendarmerie, possible avec la ferme volonté de sortir des carcans européens et de refuser le projet de nouveau traité européen. Or, M. Sarkozy a préféré laisser s’installer depuis une banque allemande, un nouvel outil de spéculation contre… la dette de la France. Cette spéculation augmentera encore les intérêts de la dette qui engraisse les banques, que les familles populaires vont payer sous forme de hausse de TVA ou de diminution des services publics. Améliorer le pouvoir d’achat des salariés, des retraités et des paysans pour améliorer la situation du petit commerce et de l’artisanat. C’est possible à condition de répartir autrement les richesses, donc de réorienter l’argent vers le travail. Il faut  décider de changer le système de crédit et la fiscalité de telle sorte qu’on défende l’activité ainsi que les petites entreprises. Une action nouvelle devra être engagée pour revaloriser les retraites agricole et celles des salaires. Cela passe évidemment par de la justice fiscale et sociale.

Dimanche prochain, dans chaque village, on peut peser de ce côté, peser pour soi, pour un nouvel élan pour nos campagnes avec le vote Jean-Luc Mélenchon. Cette fois aucun risque que la gauche ne soit pas au second tour, elle progresse. Lui donner encore de la force et un contenu vraiment progressiste est possible avec le vote Jean-Luc Mélenchon. C’est le moyen de mettre ses colères mais aussi ses espoirs dans les urnes.

Les vrais défenseurs du travail 2

Cette ronde sarkozyste dans les usines est une nouvelle mystification indigne. Elle est proportionnelle à la peur de la révolte de la classe ouvrière, chaque jour plus maltraitée. L’élection présidentielle approchant, le candidat Sarkozy peut soudain miraculeusement régler des situations, comme celle de Pétroplus, de Lejaby ou de Photowatt qui se sont multipliées pendant cinq ans sans que le Président de la République ne lève le petit doigt. Qui ne se réjouirait quand des emplois sont sauvés ou qu’une entreprise est maintenue en activité ? Mais, dans ce cas d’espèce, il ne s’agit pas de sauver le travail des salariés concernés, mais bien celui de Nicolas Sarkozy. Sous son règne, chaque jour, mille travailleurs supplémentaires rejoignent les rangs des privés d’emplois, antichambre des privés de tout.

Et derrière les gesticulations politiciennes autour « d’une prétendue défense de la valeur travail », se dissimule, au nom de la «compétitivité», ce  mot aussi tranchant qu’une guillotine,  le sort de salariés qui devraient accepter encore plus d’exploitation pour que leurs rémunérations se rapprochent des plus basses pratiquées en Europe et au delà. Tout cela pour gonfler les dividendes des actionnaires et gaver les banques qui pratiquent des taux d’intérêts spéculatifs. Tout le contraire de ce qu’il conviendrait de faire pour l’emploi, le développement industriel et agricole. En effet, ce ne sont pas les «charges sociales» qui pénalisent les entreprises et le travail mais bien les charges financières, véritable pompe chargée d’aspirer les fruits du travail salarié et de la recherche-innovation au bénéfice des marchés financiers. On ne le répètera jamais assez : la totalité des cotisations sociales patronales payées par les entreprises non financières est de 145 milliards d’euros. Les charges financières dues, avec les intérêts et dividendes, se montent à 309 milliards d’euros. Voilà ce qui mine l’activité et fait souffrir nos concitoyens. Accorder un deuxième mandat -qui serait le dernier- au président de l’UMP reviendrait à lui donner carte blanche pour broyer nos vies. Son « pacte compétitivité emploi », n’est rien d’autre qu’un blanc seing demandé aux salariés pour leur plus grande exploitation, avec des rémunérations en baisse, la précarité et l’intensité du travail en hausse.

Parallèlement, les outils de solidarité comme les services publics, la protection sociale, la santé, l’école, les transports, la gestion communale, le logement social, les retraites, seraient eux aussi amputés ou mis à la charge de « citoyens-clients », obligés de s’endetter ou de se priver encore plus pour s’en sortir. Comme ne cessent de le démontrer le Front de Gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon, le problème fondamental est bien celui de la finance débridée qui ronge la société. Pour l’affronter vraiment, il faut avoir le courage de l’identifier comme résultant du système capitaliste lui-même dans sa phase de développement actuel et la lucidité de comprendre que, seul un processus démocratique de mobilisations populaires sociales et politiques d’une ampleur inédite de l’entreprise jusqu’à la nation et l’Europe, permettra d’ouvrir la voie à de nouveaux progrès de civilisation. Les prochaines échéances électorales sont un moment important de ce processus à ne pas manquer pour toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à ce que les individus n’existent que tant que leur vie est considérée comme un  temps économique, mis au service de la valorisation du capital.

Pour nous, c’est … l’humain d’abord ! Que la gauche toute entière se retrouve pour que cette ambition se réalise est le vœu le plus cher des hommes, des femmes, des jeunes qui, du plus petit village à la plus grande métropole, militent pour que le poids du Front de Gauche influe le plus possible sur le positionnement et les actes des forces de gauche et de l’écologie. Le combat déterminé contre le cancer financier qui mine la vie des êtres humains, celle des territoires, doit devenir l’un de leurs premiers objectifs. Il passe par une nouvelle politique du crédit à taux d’intérêt variables selon le service rendu à la société. Dès lors, apparaissent nécessaires une appropriation sociale et publique des banques et un changement radical du rôle de la Banque centrale européenne qui doit avoir pour mission le service des intérêts des êtres humains de tout le continent, leur développement, leur environnement et non plus celui des marchés financiers. Nécessaire aussi une nouvelle fiscalité, une nouvelle répartition des richesses, une appropriation sociale et publique de certains secteurs industriels, une réorientation profonde de la construction européenne.

Nous sommes à mille lieues de la dangereuse démagogie du candidat des riches, qui veut imposer le travail forcé pour les allocataires du RSA, le travail éclaté pour les autres et, reprend à son compte une idée de l’extrême-droite, liant une hypothétique augmentation des salaires à la diminution  des cotisations sociales salariées jusqu’à 1,2 SMIC… avec en plus la perte de la prime pour l’emploi ! En vérité, Nicolas Sarkozy défend un travail le moins rémunéré possible pour des dividendes d’actionnaires au beau fixe. Le retour des 195 milliards supplémentaires, pillés par le capital, la fin des exonérations fiscales et sociales aux grandes entreprises, un nouveau type de crédit permettraient à chaque travailleur, à chaque retraité, à chaque assuré social, comme le propose Jean-Luc Mélenchon, de bénéficier, dés cet été, d’une augmentation de 300 euros mensuels. Voilà qui contribuerait à relancer l’économie et s’attaquerait aux causes de la crise. Comme nous sommes loin du feuilleton télévisé quotidien d’usines que super-Sarkozy ne finit pas de sauver après, tout au long de son mandat, les avoir mises sous perfusion !

La porte très à… droite 2

Les palinodies, faux semblants et faux suspens alimentés depuis des semaines autour de la candidature de M. Sarkozy s’arrêtent sur la bande d’arrêt d’urgence de la route présidentielle. Très à droite, proche de la sortie de route de la République.

Le sarkozysme réactionnaire, ultralibéral se métamorphose en un mélange de Reagan-bushisme, mâtiné de tea-party nord-américain et de vieux pétainisme français, intégrateur d’idées d’extrême-droite. Il devient ainsi le candidat de la droite la plus extrême depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Des mensonges de la dernière campagne présidentielle aux discours de Dakar ou de Grenoble, au vote d’une bonne partie du programme de l’extrême-droite au Parlement jusqu’aux saillies guéantistes sur une prétendue hiérarchie entre les civilisations, voici que le sarkozysme tord nos principes constitutionnels et défigure notre République. Ceci au nom d’un débat sur les… valeurs !

Face à une telle dérive, il est de la responsabilité de tous les démocrates, de tous les humanistes, de toutes celles et ceux qui sont attachés aux belles valeurs de « la liberté, de l’égalité, de la fraternité », de parler, de se mobiliser, de contrer l’entreprise en cours. Nous sommes face à une tentative de coup de force pour faire valider par l’élection présidentielle les thèses d’une droite extrême.

Le sarkozysme a validé, mois après mois, les thèses lepénistes gonflant le parti d’extrême-droite. Voici qu’à quelques semaines de l’élection présidentielle, le candidat-président est obsédé par l’idée de faire revenir dans son giron les électeurs qui l’ont quitté pour rejoindre la candidate qui, à leurs  yeux, incarne la protestation nationaliste, chauviniste, ultra-droitière. La séquence calculée sur l’abject thème selon lequel « toutes les civilisations… ne se valent pas », y participe tout comme la stigmatisation de l’immigré, du citoyen « assisté » ou du chômeur.

L’illustre Montaigne avait déjà calmement répondu : « On appelle barbares les peuples d’autres civilisations ». De fait, l’actuel ministre de l’intérieur, comme son prédécesseur a désigné ouvertement « l’autre », le musulman, le Rom, le chômeur comme fauteurs de problèmes, tout comme le fait la famille Le Pen. Ceci est en cohérence avec le préprogramme sarkozyste décliné dans le Figaro Magazine. Il insiste sur son refus de donner le droit de vote à une partie de celles et ceux qui contribuent à la richesse de la France, « les immigrés », mais surtout sa volonté d’organiser un référendum pour savoir comment on doit les expulser. Autrement dit, un référendum suscitant le rejet, la haine, à rebours des valeurs de la République française, « Une et indivisible ».

Rien de tel pour détourner l’attention de tous les citoyens des causes réelles des difficultés. Le banquier et le financier en seraient exonérés tandis que l’immigré serait poussé vers le bûcher ou jeté à la mer. C’est la même logique qui conduit le locataire de l’Elysée à proposer un référendum pour obliger les chômeurs à accepter n’importe quel travail, à n’importe quel prix, afin d’accentuer encore la concurrence entre travailleurs pour abaisser les niveaux de rémunération salariale, dans toute la société. Chaque jour qui passe fait mille chômeurs de plus en sarkozie. Qui est responsable ? Les chômeurs ? Ou une politique économique et sociale qui pousse à l’élimination du travail ?

La proposition d’instituer la taxe Sarkozy, autre nom de l’augmentation de la TVA et le contrat dit « compétitivité-emploi », qui revient à imposer aux salariés une baisse des salaires et à précariser son travail complètent un dispositif de régression sociale inouïe. Cette même logique actuellement à l’œuvre en Grèce mène au chaos. Et pour couronner le tout, M. Sarkozy veut, avec Mme Merkel, imposer deux traités européens pour détruire nos droits sociaux, les services publics et la protection sociale. Un traité sur la « gouvernance économique » et un autre instituant un « mécanisme européen de stabilité », ce dernier est lié au précédent. C’est une sorte de général en chef de l’application de « politique macro-économique », comme le fait le Fonds monétaire international, avec ses plans d’ajustements structurels. Autrement dit, l’austérité à perpétuité pour les familles populaires.

Tout ceci ne procède ni de « dérives », ou de « tâtonnements » comme on l’entend parfois. Il s’agit dans le cadre de la crise de permettre au capital de préserver ses hauts niveaux de profit. Pour cela, il faut détruire la république sociale, la République elle-même. La France, de par son histoire, ses droits sociaux, reste un verrou à faire sauter pour les puissances d’argent. Sarkozy est leur allié. Il bafoue la Constitution, les valeurs républicaines et défigure la France, n’hésitant pas pour parvenir à ses fins à inonder la société de ferments de divisions aux conséquences incalculables. Il ne faut pas exclure non plus qu’il tente de s’appuyer sur des tensions internationales pour se valoriser. Raison de plus pour que la Gauche, comme elle l’a toujours fait dans des périodes historiques préoccupantes, relève le gant. Pas par des demi-mesures, mais avec un projet fort et ambitieux. Voilà ce que porte Jean-Luc Mélenchon, avec la dynamique que construit le Front de Gauche qui, semaine après semaine, est mieux perçue comme utile à la gauche toute entière, dans la mesure où elle permet son ancrage au plus près des attentes du monde du travail et de la création. Dynamique de clarté et de vérité qui ne cache pas la nécessité de produire des actes dont le premier sera le rejet du traité sur le « mécanisme européen de stabilité », le 21 février prochain au Parlement. Personne ne comprendrait, dans le camp du changement et de sa réussite, que la gauche et l’écologie politique n’affichent pas une unité sans faille  pour rejeter le « traité » Sarkozy. La victoire le 6 mai, la réussite d’une politique nouvelle ont tout à gagner d’un engagement à consulter nos concitoyens sur les futurs traités européens. La raison en est simple: on ne peut prétendre mener une autre politique économique et sociale en France sans se dégager des logiques antisociales qui prévalent actuellement dans l’Union européenne. Si Jean-Luc Mélenchon et les candidats du Front de gauche aux élections législatives portent cette exigence avec force, c’est pour que la réussite commune soit au rendez-vous, aux élections et après.

Rejeter le nouveau traité européen 4

Un groupe de chercheurs rassemblé dans une fondation -l’European Council on Foreign Relations-, basée à Londres, alerte sur les « décrochages européens ». « Les nuages noirs s’accumulent sur l’Europe », écrivent-ils. Ils prédisent même que la crise « risque de faire sentir ses effets en 2012 et les années suivantes ». De fait, dans plusieurs capitales à travers le monde on s’alarme sur les conséquences du  dogme de l’austérité appliqué à l’Union européenne. Celui-là même que les dirigeants de l’Union européenne sous la dictée de Mme Merkel et M. Sarkozy tentent de « constitutionnaliser ». La Grèce qu’ils mettent de fait sous tutelle est leur terrain d’expérimentation. La confédération européenne des syndicats refuse ces projets. Elle refuse aussi le nouveau traité européen. Voilà un bon point d’appui pour les peuples européens.

Ce nouveau traité européen, adopté le lundi 31 janvier par le Conseil européen est d’une extrême gravité. Il doit être ratifié définitivement par ce même Conseil dans quelques semaines, au premier jour de mars.  Sans tenir compte de l’opinion des citoyens européens, Merkel et Sarkozy veulent l’imposer au nom d’une prétendue « parole de l’Etat ».

Destiné à être intégré au traité de Lisbonne pour aggraver encore ses orientations négatives, il ne fait pourtant l’objet d’aucun décryptage, d’aucune information précise, d’aucun débat dans les grands médias, dont la spécialisation semble être devenue la chasse à la petite phrase, à la valorisation-banalisation de l’extrême -droite, à la dérision abêtissante, à la bipolarisation politicienne, à l’acharnement à déguiser en populiste tout responsable politique de gauche qui ne rentrerait pas dans le cadre de la pensée unique ultralibérale.

Ces mêmes observateurs, partie intégrante du petit microcosme politico-médiatico-sondagier font croire qu’ils attendent avec impatience des programmes présidentiels qu’ils passent à leur scanner programmé avec des idées… de droite. Ainsi, dimanche dernier, lors d’une émission de radio, chaque proposition de Jean-Luc Mélenchon se voyait rétorquer de cette phrase : « … L’Allemagne ne voudra pas ». Qui est l’Allemagne ? Mme Merkel qui vient faire la campagne de son petit télégraphiste Sarkozy en France pour y imposer les mêmes recettes qui font tant de mal à sa population ? Ou n’est-ce-pas le peuple allemand qui souffre des choix ultralibéraux de Mme Merkel ? Tout ce petit monde de “spécialistes” se dit européen et à ce titre a mené campagne pour tous les traités. Mais quelle est donc cette nouvelle conception de la construction européenne qui voudrait que les dirigeants d’un seul pays imposent leurs vues à tous les autres ! A la sainte alliance du Merkozysme, nous opposons l’unité dans l’action des travailleurs allemands et français avec tous ceux de l’Europe. Le programme de M. Sarkozy consiste à terminer le travail qu’il mène depuis cinq ans au service des puissances d’argent. C’est tout le sens de l’exposé de sa dernière émission de télévision. C’est tout le sens du nouveau projet de traité européen. Le fil rouge qui les relie est le texte du Pacte Euro plus, qui est le programme commun de l’ultra droite allemande et française. En réalité, il s’agit du ralliement, de la capitulation sans condition de M. Sarkozy devant les choix antisociaux de Mme Merkel qui font que l’Allemagne détient le record de la précarité et un niveau de pauvreté supérieur à beaucoup d’autres sur notre continent.

Le nouveau traité européen est un mécanisme autoritaire à tendance dictatoriale, bafouant les souverainetés populaires. A la différence de la négociation des précédents accords ou traités européens, où les constitutions nationales étaient modifiées a posteriori pour se mettre en conformité avec eux, cette fois, c’est un texte européen qui s’impose a priori aux constitutions nationales avec l’obligation qui est faite aux Etats, sans vote de leurs parlements nationaux, d’y inclure le principe autoritaire de la « règle d’or ». Ce carcan contraignant oblige les Etats à l’équilibre budgétaire, mais aussi les caisses de protection sociale et les budgets des collectivités locales. Et il ne s’agit pas de n’importe quelle règle ! Le traité de Maastricht et de Lisbonne avait retenu le principe de non dépassement des déficits à 3% des richesses produites dans le pays. Objectif déjà difficile à atteindre. Mais, cette fois, la norme est abaissée à 0,5% de déficit structurel. Ainsi, aucune dépense de long terme ne pourrait être engagée, comme par exemple les plans pluriannuels d’embauche de salariés dans les secteurs publics, de la santé, de la recherche  ou de l’enseignement.

Le projet de traité vise à constitutionnaliser la réduction des dépenses publiques et sociales, avec cette norme de 0,5% de déficit à ne pas dépasser, comparée à la valeur des richesses produites, en obligeant les Etats à « l’introduction de dispositions nationales contraignantes, de nature constitutionnelles ou équivalentes ». Mais encore plus fort ! Pour être vraiment sûr que cet oukase budgétaire sera vraiment appliqué, la cour de justice européenne tranchera et sanctionnera tout Etat ne respectant pas la règle, en le condamnant à une amende allant jusqu’à 0,1% de son produit intérieur brut.  Il y a d’ailleurs ici une bizarrerie juridique. En effet, ce traité se fait en dehors des structures communautaires puisque deux pays ne l’ont pas signé. La Commission ne peut donc pas le signer non plus. Pour poursuivre un Etat, la Commission demandera donc à un autre Etat de déposer plainte pour elle auprès de la cour de justice.

Puis, un Etat qui sera sous le coup « d’une procédure de déficit excessif » sera placé « sous tutelle » dans le cadre d’un « programme de partenariat économique et budgétaire » obligatoire. Ce programme est exactement celui appliqué à la Grèce, sous le contrôle du Conseil et de la Commission européenne. L’article 11 de ce traité oblige chaque Etat à soumettre « toutes les grandes réformes de politique économique qu’il envisage » à l’approbation des autres Etats. Cette « coordination doit impliquer les institutions de l’Union européenne tel que requis par la loi de l’Union européenne ». Ainsi, pour relancer son économie, développer son tissu industriel et agricole, lancer un programme de grands travaux répondant aux besoins de la métamorphose écologique, un gouvernement devrait obtenir l’accord des institutions européennes. Si ce n’est pas la tutelle renforcée par des organismes supranationaux, qu’est-ce ?

Pour s’imposer, ce traité ne devra pas obligatoirement recevoir l’accord de tous les pays. Dès lors que « …douze pays l’auront adopté, il sera réputé adopté pour tous ». Quel mépris de la démocratie et de la souveraineté des Etats !

Pour être certains que la tutelle de la finance s’exercera d’une main de fer, tout Etat en difficulté sera placé sous l’égide du mécanisme européen de stabilité, (le M.E.S), sorte de « Fonds monétaire international européen » chargé d’appliquer un plan d’ajustement structurel dans chaque pays. Ce M.E.S a été décidé dans le cadre du Pacte Euro plus. Celui-ci devient une référence à part entière du nouveau traité. C’est d’ailleurs en vertu de ce Pacte Euro plus (Le Pacte des rapaces) que M. Sarkozy a décidé d’imposer l’augmentation de la TVA de 1,6 point et de lancer le « pacte compétitivité emploi ». La nouvelle taxe Sarkozy ajoute un cadeau supplémentaire de 13 milliards d’euros aux grandes entreprises et commence à changer le mode de financement de la protection sociale en portant un coup de canif au financement solidaire à partir d’une répartition des fruits du travail. Voilà que cette part serait abaissée et que la porte serait ouverte pour la fiscalisation du financement de la protection sociale, avec l’impôt le plus injuste, l’impôt indirect : la TVA.

C’est en vérité une baisse des salaires qui est envisagée, doublée d’une augmentation des prix à la consommation.

Le second axe sarkozyen est dans le droit fil du premier. Le « contrat compétitivité emploi »  est une torpille contre le code du travail. Il s’agit selon la lettre du Premier ministre de permettre aux entreprises de disposer d’une « capacité d’adaptation face aux chocs conjoncturels d’activité ». A partir de là, des accords d’entreprises doivent être trouvés pour abaisser les salaires, faire varier le temps de travail. Bref, il n’y a plus d’obligation à respecter le code du travail et les conventions collectives. Tout ceci se fait au nom du sacro-saint principe de la « COM-PE-TI-TI-VI-TE » : mettre les salariés et les retraités en compétition, en concurrence entre eux, sur toute la planète pour les aligner sans cesse, marche d’escalier après marche d’escalier descendant sur ceux qui sont le moins payés. Le projet de traité européen, le Pacte Euro plus et le programme Sarkozy ne sont qu’un même projet. Il constitue une machine de guerre contre les peuples au seul service du monde de la finance. Ne laissons pas faire ! Il n’y a pas de demi-mesure possible. Il y a besoin que se lève  un grand mouvement contre ces projets. Battre Sarkozy, Bayrou ou Le Pen à l’élection présidentielle en serait la première étape. Utiliser cette élection présidentielle pour réclamer une consultation populaire sur le nouveau traité, tout en travaillant à une unité des forces progressistes et des peuples européens pour une autre Europe, en constituerait une autre. Le vote Front de Gauche, le vote Jean-Luc Mélenchon est un moyen efficace de peser dans ce sens. Disposer d’une nouvelle majorité de gauche bien ancrée à gauche grâce à de nombreux  parlementaires du Front de Gauche, donnera au mouvement populaire les points d’appui nécessaires pour défaire ces néfastes projets qui  enfonceraient encore plus l’Union européenne dans d’inextricables difficultés comme le prédisent désormais nombre d’analyses.

Sortir de l’austérité, refuser ce traité permettra enfin de s’attaquer à la crise.

Avec le Front de Gauche, la gauche est de retour 4

Enfin une bonne nouvelle ! La gauche est de retour. Et c’est au Front de Gauche qu’on le doit. Le candidat du Parti socialiste disait en décembre qu’il fallait « donner du sens à la rigueur ». Aujourd’hui, comme nous, il dit qu’il faut s’attaquer à la finance. Il n’y a pas si longtemps, il envisageait une majorité avec  Bayrou, homme de droite déguisé en centriste. Il a récemment clairement affirmé que sa majorité est dans la diversité de la gauche. Voilà des avancées qu’il faut mettre au crédit des évolutions de l’opinion publique auxquelles contribue la dynamique et rassembleuse campagne de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, au sein duquel les communistes prennent une part très active en déploiement militant et en créativité politique, même si les grands médias font tout pour le cacher. Ceci ne signifie pas que la gauche soit devenue uniforme, en accord en tout point. Non ! Loin de là. Le programme de F. Hollande reste marqué par l’adaptation à la crise.

Mettre en évidence ces données nouvelles veut surtout dire que rien n’est encore réglé quant au programme qui permettra de battre l’hyper-austérité sarkozyste et de sortir nos concitoyens des souffrances sociales qui les assaillent. Mais que tout reste possible, dans un sens positif pour le monde du travail et de la création, grâce à l’efficacité de l’alliance du Front de Gauche qui fait bouger la situation en crédibilisant la possibilité de battre N. Sarkozy, en faisant  reculer l’extrême-droite et en donnant un sens transformateur et populaire  à la gauche et à l’écologie politique dans leur ensemble. Plus nombreux sont nos concitoyens qui en prennent conscience. Ils ont fait progresser Jean-Luc Mélenchon de 4% à près de 10% des intentions de vote.

Fait d’autant plus encourageant que Jean-Luc Mélenchon et François Hollande progressent ensemble. Le  risque, comme en 2002, d’une élimination de la gauche au second tour devient donc très improbable surtout que s’ajoute la stagnation, voir le recul du candidat-président. Dans ces conditions, bien plus grande est cette fois la liberté des électrices et des électeurs de gauche d’émettre un vote utile, efficace et sans danger afin d’ancrer la politique à gauche et mettre un terme aux  politiques d’austérité et de chômage.

Cela vaut le coup d’y réfléchir quand on partage le dur sort des six millions de personnes qui sont contraintes de vivre avec moins de mille euros par mois, ou celui des seize millions qui terminent le mois à dix euros près. Au moment où ces lignes sont écrites, un seul bulletin de vote -c’est un fait- leur permet de dire qu’ils veulent  une augmentation des bas salaires, des minima sociaux et des prestations sociales, la baisse des prix à la consommation, le bulletin Jean-Luc Mélenchon.

Ce n’est pas un hasard puisqu’il s’en donne les moyens grâce à un nouveau partage des richesses, pour la justice et l’égalité. Avoir du courage par les temps qui courent consiste à se placer du côté des petits, des humbles, de toutes celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre. N Sarkozy, lui, continue d’être obsédé par la rente des plus fortunés. C’est de ce côté qu’il faut prendre et pas parmi ceux qui n’ont rien, peu ou pas grand-chose, comme le propose trop souvent le candidat du Parti socialiste. Le courage, ce n’est pas de copier le modèle allemand et de se faire adouber par l’ultralibérale Mme Merkel. C’est, en s’appuyant sur une dynamique de victoire en France, en appeler aux autres peuples européens pour refuser -et non aménager- un nouveau traité, corsetant les dépenses sociales et publiques et des droits sociaux. Qui peut croire que nos concitoyens soient les seuls en Europe à être favorables  au rachat par la Banque centrale européenne de tout ou partie de la dette des Etats ? Ou à estimer que ce serait une bonne chose si cette même banque impulsait  un nouveau type de crédit, en lien avec des pôles publics bancaires pour que l’accès au crédit soit d’autant plus facilité qu’il sert l’emploi, les salaires, l’investissement utile et écologique ? Messieurs les bonimenteurs de l’austérité à perpétuité, donnez la parole aux populations et vous verrez que ne sont pas isolées sur notre continent les motivations de celles et ceux qui ont dit “non” chez nous à la Constitution européenne!

Nous entrons dans cette phase de la campagne électorale où le débat sur la sortie de l’austérité va  prédominer. Prétendre qu’il y a trop de dépenses sociales ou trop de nos concitoyens qui vivent au dessus de leurs moyens pour expliquer la crise, c’est faire prendre les vessies pour des lanternes. Trop de richesses accumulées à un pôle de la société avec une paupérisation de l’autre pôle, voilà où se situe l’origine de la crise. En ajoutant de l’austérité, on ne fait qu’aggraver le mal. Pour s’en sortir, il faut s’attaquer à la finance spéculative au profit d’une vie meilleure pour les travailleurs. C’est  un nouveau partage des richesses qui permettra de favoriser la rémunération du travail et des retraites, combiné à un nouveau crédit, à une modification des systèmes productifs qui fera reculer la crise dans ses dimensions économiques, sociales et écologiques. Trop de candidats essaient d’enfermer le débat dans le piège d’une acceptation de l’austérité à plus ou moins grande échelle. La droite, de Sarkozy à Bayrou, et l’extrême droite, sont sur ce créneau, en bons protecteurs des puissances d’argent. Ils veulent désormais tellement cacher cette donnée que, dimanche dernier, le Président de la République a expliqué une hausse de la TVA et une baisse des salaires par le fait qu’il s’agirait là de “la raison” ou  “d’un devoir de réalité”, car “le clivage entre la droite et la gauche n’a plus de raison d’être”. Rien n’est plus faux ! La droite n’a pas changé. Elle sert sa classe : la classe capitaliste. La hausse de la TVA sert à faire un nouveau  cadeau  de près de treize milliards aux grandes entreprises.

Il reste moins de trois mois pour amplifier un mouvement qui s’est amorcé depuis quelques semaines et lui donner la force d’une dynamique irrésistible. Trois mois pour faire apprécier combien le Front de Gauche et son candidat peuvent, beaucoup plus encore, contribuer à la victoire et au succès durable d’une politique de changement qui réponde aux espoirs de celles et ceux qui n’en peuvent plus de souffrir.