Sortir des impasses de l’euro-austérité 3

Ce n’est plus un petit vent mauvais qui souffle sur l’Europe mais une tornade qui, pour le compte du monde de la finance, aspire, déchiquette, détruit les droits sociaux et humains acquis, pendant des décennies,  au fil des combats sociaux des ouvriers, des intellectuels et des créateurs. Un recul sans précédent de la démocratie est à l’œuvre sur notre continent.

Régression sociale inconnue depuis la seconde guerre mondiale, injustices, inégalités, appauvrissement, se conjuguent avec la mise en place d’un totalitarisme d’un type nouveau, appliqué par des mandataires, anciens commissaires européens ou de la Banque centrale européenne, aux pouvoirs spéciaux, au service du capital financier international.

Le fossé séparant les puissances d’argent et les peuples va s’agrandissant. Ces forces de l’argent, portées par les banques privées, les fonds d’investissements, des compagnies d’assurance, ont les mains libres grâce aux politiques libérales menées par les gouvernements successifs de droite, mais aussi malheureusement par des gouvernements de gauche, de tendance sociale-libérale en Europe. Elles livrent une véritable  guerre  aux peuples, qui n’épargne pas  le capital productif. Guerre avec ses fronts économiques, monétaires entre le dollar et l’euro, et politiques, allant jusqu’à imposer à la tête des Etats les mandataires de leur choix. Après l’Irlande et  le Portugal, la finance vient d’installer ses « administrateurs judiciaires » à la direction de la Grèce et de l’Italie.

Nous sommes à un moment où les contradictions internes du capital peuvent exploser. En Grèce a été préférée l’entrée au gouvernement, aux côtés de la droite et des socialistes,  de l’extrême-droite des colonels plutôt que la consultation du peuple par référendum. En Italie, nous ne regretterons pas M. Berlusconi. Mais il détenait son mandat du suffrage universel. Aujourd’hui, c’est l’ancien commissaire européen, qui a le plus poussé aux dérégulations et déréglementations, forçat de la concurrence débridée, qui est aux affaires.

En France, à peine le Premier ministre avait-il fini d’exposer un deuxième plan d’austérité depuis l’été, que concomitamment, la Commission de Bruxelles en réclamait un troisième et l’agence de notation nord-américaine « Standard & Poor’s » préparait un communiqué confirmant une dégradation de la note de la France. Depuis, on fait croire qu’il s’agit d’un accident. En vérité, c’est le révélateur du système. Un communiqué était écrit et est parti trop tôt. Mais il était rédigé d’avance. Dans quel but ? Et pour qui ? La réponse est claire. En dégradant la note de la France, les taux d’intérêt des emprunts de notre pays augmentent automatiquement. Déjà l’Etat français emprunte à des taux d’intérêt plus élevés que l’Allemagne. Au nom de quoi ? Aucune raison valable, sauf la voracité de la finance.  L’intérêt sur la dette que paie notre pays équivaut à la totalité des recettes de l’impôt sur le revenu, soit 50 milliards d’euros. Si on augmente le taux d’intérêt de la France de 1 à 1,5%, la charge de la dette augmente de 15 à 25 milliards d’euros. Autrement dit le gel du barème de l’impôt sur le revenu et les hausses de TVA vont directement dans les caisses des fonds financiers et des banques. Et les rapaces de la finance, toujours plus assoiffés, en demandent plus. Les puissances d’argent, comme les dirigeants européens, savent que cette politique va mener à une terrible récession. Ils vont donc s’appuyer sur la crise dont ils sont responsables pour développer une campagne idéologique visant à faire accepter l’euro-austérité. Plus ! Ils veulent maintenant une Europe gouvernée centralement, hors de portée des peuples, dans un « fédéralisme  centralisé et autoritaire » avec un gouvernement européen dont le pilier serait un ministre des finances chargé d’appliquer « le pacte euro plus » qui va encore plus loin que le traité de Lisbonne. C’est d’ailleurs le sens de la proposition d’une modification dite de simplification des traités : intégrer ce « pacte euro plus » dans le traité de Lisbonne. Pour cela, « les crises sont une chance » vient de déclarer le ministre allemand des finances à nos confrères du Monde. Pour lui, la cour de justice européenne doit poursuivre les Etats qui n’appliquent pas le « pacte euro plus ».

L’enjeu essentiel pour les droites européennes et les milieux d’affaires est d’amplifier la guerre économique en alignant les niveaux de vie des populations européennes sur les niveaux les plus bas dans le monde. Ils appellent cela … « la compétitivité » !

Telles sont les raisons essentielles des plans de super austérité combinés au totalitarisme idéologique et politique qui se propage. Pour maquiller ceci, la propagande des élites européennes fait croire qu’on installe des gouvernements de techniciens. C’est un leurre ! Ce sont des gouvernements directement en phase avec les marchés financiers. Voilà qui appelle l’ensemble du mouvement progressiste, les syndicats, les associations, la gauche, à aborder des questions, peut-être compliquées, mais indispensables pour que les peuples ne soient pas dépossédés de leur avenir. Le choix ne peut être entre le sarkozysme des marchés financiers et une gauche d’adaptation à ceux-ci. Si on se laissait enfermer dans un tel faux choix, il n’y aurait plus d’alternative, pas d’amélioration de la vie des familles populaires. Au bout du chemin, c’est la ruine, la pauvreté et la misère partout. Au bout du compte, il ne faudrait pas exclure le pire, la résurgence et la montée d’une extrême-droite, peut-être repeinte aux couleurs de notre époque, mais extrême-droite tout de même !

Il faut avoir le courage de tirer les leçons des tares originelles des traités de Maastricht et de Lisbonne, non pas pour revenir à un souverainisme populiste et droitier, mais pour remettre les peuples au cœur d’un projet européen efficace parce que basé sur le progrès social, la solidarité internationaliste, la démocratie, la protection de la planète, la coopération internationale à l’opposé de la fausse concurrence. Changer ces traités ultralibéraux au profit de traités pour les peuples est une tache essentielle.

Dans l’immédiat, il conviendrait d’obtenir une expertise populaire de la nature de la dette qui étouffe les Etats. Une partie de ces dettes est illégitime. Il faut donc ouvrir le processus de son annulation.

Il n’y a pas de sortie de crise sans poser avec force et de manière populaire, accessible à toutes et tous, les enjeux du rôle de l’argent, des financements, du crédit public, contre les marchés financiers.

Ceci ne peut se faire uniquement de manière institutionnelle, mais dans la vie réelle, en combinant le débat d’idées, les demandes et les actions sociales dans les entreprises, les services publics, les banques et les assurances, les collectivités territoriales, en faveur d’une autre politique nationale et européenne.

C’est ce mouvement de va et vient, partant de la vie de chaque individu jusqu’au changement en Europe et dans le monde, qui peut ouvrir la perspective d’une autre cohérence au service des êtres humains d’abord contre les rapaces de la finance.

De l’entreprise, du quartier, jusqu’aux institutions européennes, l’enjeu de la démocratie contre les petits despotes éclairés, même camouflés derrière les termes de « techniciens » ou « d’experts économiques », devient primordial.

En ce sens, il faut reprendre le pouvoir sur les banques et les institutions financières, de la Banque centrale européenne jusqu’à la banque de quartier. Pourquoi les Etats, donc l’argent des citoyens, doit-il servir à partager les pertes sous forme de recapitalisation ? La logique pousse plutôt à des nationalisations démocratiques, appropriation sociale, citoyenne d’un nouveau type des banques pour constituer un pôle public bancaire et financier, adossé à la Caisse des dépôts et Caisse d’épargne, et à la Banque postale pour développer un crédit public, pour le développement humain contre la loi de la finance.

Ce crédit à bas taux d’intérêt ou nul, favoriserait l’investissement productif, le tissu des petites et moyennes entreprises,  les collectivités locales pour la rénovation urbaine, le logement, les transports, l’aide aux jeunes en difficulté, la vie rurale et l’agriculture paysanne, les modifications des systèmes productifs dans le cadre d’une transition plus humaine et écologique vers une croissance d’un type nouveau.

De tels systèmes bancaires développés partout en Europe devraient pouvoir s’appuyer sur une nouvelle banque centrale européenne, placée sous le contrôle des élus du peuple et dont les missions prioritaires deviendraient l’action pour le progrès humain et écologique, le travail pour toutes et tous, l’éducation et la formation, les investissements utiles, la culture, l’incitation au progrès social et au rattrapage économique pour certains pays.

En ce sens, la Banque centrale européenne refinancerait les banques nationales ou européennes sur la base de ce nouveau crédit public.

La Banque centrale européenne devrait pouvoir aussi utiliser son droit de création monétaire pour deux objectifs prioritaires. D’abord dans le but d’aider les économies à faire progresser la production réelle, les salaires, le développement d’infrastructures indispensables en Europe, le travail sécurisé. D’autre part, pour racheter des dettes publiques légitimes en difficulté pour purger le système.

Cependant, « purger » ne suffit pas. Il sera nécessaire de réformer profondément le système fiscal, le crédit et de développer les secteurs et services publics pour un nouveau développement humain, durable et solidaire. L’actuel « fonds européen de stabilité financière » ne peut promouvoir cet objectif car il est alimenté et garanti par les Etats, mais surtout, il emprunte sur les marchés financiers.

Par contre, la création d’un fonds européen de développement humain, social et écologique serait un outil efficace qui, alimenté d’une taxe sur les transactions financières, la création monétaire de la Banque centrale européenne et le rachat par elle de dettes publiques, favoriserait le développement  des services publics au service des individus, de la sécurité du travail, de l’éducation, de la recherche, de la santé.

Il n’y a aucune fatalité à l’actuelle crise. Il y a par contre une féroce lutte, une guerre menée par la classe des possédants contre le monde du travail, de la création et des retraités. La question du dépassement du marché capitaliste est posée. Le nouveau frappe à la porte. Il appelle un basculement, une rupture avec le système actuel,  de l’entreprise à la Nation et à l’Union européenne, avec un autre partage des richesses, une nouvelle manière de produire, basée sur une démocratie participative d’intervention sociale et politique. A l’opposé de la concurrence destructrice des droits sociaux et de l’environnement,  ce sont de nouvelles coopérations entre individus, Nations, entreprises, banques, qu’il faut inventer. Une Europe de coopération qu’il convient de promouvoir, qui coopère avec les pays du Sud et  avec ceux qui dans le monde cherchent à s’émanciper du dollar et des marchés financiers. Au lieu que tout soit « marché et marchandises », du travail à la monnaie, de nouveaux critères de gestion pour l’humain et l’humanité et non plus pour la rémunération sans fin du capital, deviennent une nécessité.

Une Europe qui pousse l’idée d’une monnaie commune mondiale, de coopération comme le Parlement européen l’a voté récemment, combinée à une transformation du Fonds monétaire international et de l’Organisation mondiale du commerce, pour une mondialisation favorable aux peuples, serait de nature à combler le fossé qui se creuse entre les populations et l’idée même de construction européenne sociale et solidaire. Un fossé sur lequel surfe la terrible et dangereuse démagogie des extrêmes-droites. Il n’y a pas de temps à perdre pour que s’ouvre le débat public sur les moyens de sortir des impasses de l’euro-austérité.

La démocratie est en danger 14

Sous couvert de gouvernements dits “techniques” et “d’unité nationale “, un coup de force caché se déroule sous nos yeux. Celui de l’oligarchie financière qui prend directement les rênes des pays de L’Union Européenne les plus en difficulté. Ceux là mêmes qui ont conduit L’Europe dans l’inextricable crise que nous connaissons. Ce syndicat malfaisant des anciens de Goldman Sachs, de la Banque centrale européenne et de la Commission de Bruxelles, s’est associé avec des cabinets de l’ombre installés dans les arrière-salles des banques et des bourses, baptisés agences de notation. Avec leurs amis en fonction dans ces mêmes institutions, ces prédateurs prennent d’autorité le pouvoir pour appliquer d’une main de fer une super-austérité qui mène les pays à la ruine.

Voilà que l’une de ces agences, “Standard and Poor’s”, avait préparé un communiqué qui aurait conduit automatiquement à augmenter le service de la dette de L’État français, augmentant artificiellement les taux d’intérêt des emprunts d’État le jour même où la Commission de Bruxelles demandait quasiment un troisième plan d’austérité au gouvernement.

Voilà qu’en Grèce, un ancien dirigeant de la BCE devient premier ministre en association avec l’extrême droite fascisante dont le souvenir est encore vivace dans ce pays. Comment comprendre que les socialistes grecs puissent participer à un tel attelage si inquiétant qui va amplifier les destructions sociales et l’abaissement national ?

En Italie est envisagée la nomination de l’ancien Commissaire européen, M. Monti, champion de toutes les déréglementations et mises en concurrence destructrices.

Ces premiers ministres exécutent en fait les ordres de ce que l’on appelle désormais la “Troïka”, composée des commissaires politiques et économiques dépêchés par le FMI, la BCE et la Commission de Bruxelles, conformément au pacte Euro plus, le pacte des rapaces.

Face aux dangers qui se profilent, je souhaite des initiatives d’actions unitaires, larges, ouvertes de toutes les forces progressistes et syndicales, et au delà de tous les démocrates qui n’ont jamais souhaité que la construction européenne devienne synonyme de souffrances, de malheurs, d’appauvrissement généralisé des travailleurs et de transfert direct du pouvoir aux mandataires les plus proches des requins de la finance.

L’heure est bien plus inquiétante qu’il n’y parait. Le choix de l’austérité est inefficace. Il mène à la ruine. Il menace désormais les souverainetés populaires et nationales. Il empêche aussi les projets de solidarité européenne et les indispensables mises en commun librement choisies. Oui l’heure est au rassemblement le plus large pour que la voix des peuples unis se fasse entendre, afin que l’humain prenne le dessus.

Le traité de Lisbonne… comme un boomerang 9

Meeting Fête de l'Humanite 18/09/2011 - Place au Peuple

 Plusieurs éléments ressortent des sommets européens et des rencontres Sarkozy-Merkel qui se multiplient depuis des mois.

D’abord, semaine après semaine, les dirigeants européens font payer aux peuples une crise dont ils ne sont en rien responsables et qui ne profite qu’aux institutions financières et aux banques.

Ensuite, leurs gesticulations ne sont d’aucun effet pour faire reculer d’un seul millimètre la crise. Au contraire, elle s’approfondit, s’aggrave, au point qu’on peut se demander dans quelle mesure nous ne sommes pas au bord d’une dramatique explosion pouvant plonger l’Union européenne et les populations dans la ruine.

Enfin, au fil des mois, force est de constater que ce sont toujours les thèses de la chancelière allemande et du capital allemand qui sortent gagnantes.

De ce point de vue, ce qui se passe depuis plusieurs jours est particulièrement révoltant. Alors que le Conseil des ministres de l’agriculture ne trouve pas les moyens de dégager 500 millions d’euros pour remettre en place le Plan européen d’aide alimentaire aux plus démunis, le lendemain même, les milieux dirigeants jonglent avec les milliards pour recapitaliser  des banques ou injecter de l’argent dans le fonds européen de stabilité financière, que certains veulent transformer en banque. Tout un programme qui a lui seul éclaire crûment l’orientation de cette Union européenne au seul service du capital ! Depuis des semaines, dans les allées des institutions européennes, on tourne le dos au  bien-être des peuples, au travail, à l’éducation, à la culture, aux salaires, à  un changement dans le mode de répartition et de production des richesses. Seule compte la protection des puissances financières.

M. Sarkozy et Mme Merkel s’érigent en petit directoire de l’Europe qui donne des leçons, font des recommandations et admonestent la planète entière. Leurs bourdonnements médiatiques, incompréhensibles et faux, resteront comme de dangereuses  gesticulations d’un théâtre d’ombres tant que le couvercle qui ferme tout avenir aux peuples européens restera sur nos têtes. Ce dernier porte un nom : Traité de Lisbonne. Celui-là même que nos concitoyens, avec d’autres,  ont rejeté alors que la droite et la majorité de la direction du parti socialiste l’approuvaient et que M. Sarkozy a fait adopter.

Aujourd’hui, a été créé le fonds de stabilité financière européen pour tenter de contourner l’absurdité de ce traité de Lisbonne, sur lequel s’appuie Mme Merkel pour continuer d’interdire à la Banque centrale européenne de racheter les dettes d’Etat ou de prêter directement aux Etats. Doté de 400 milliards d’euros, les puissances d’argent proposent de le porter à 1000 milliards, voir à 2000 milliards d’euros. Qui paye ? Les Etats avec nos impôts et la réduction des services publics. Ce fonds ne sert qu’à garantir la situation des banques, sans impulser la relance et l’investissement humain, éducatif, culturel, sur la base d’un nouveau projet de développement. La Banque centrale européenne  ne peut même pas prêter à ce fonds. Effectivement selon l’article 123 du traité de Lisbonne : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des Etats membres … d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales… l’acquisition auprès d’eux par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales des instruments de la dette est également interdite… ». Voilà le corset ! Voilà l’absurde écrit en toutes lettres. L’ « inamendable » traité de Lisbonne revient comme un boomerang et pèse contre la France dans le débat franco-allemand ; Loin d’être le protecteur qu’il prétend, M. Sarkozy portera devant l’histoire l’incommensurable faute d’avoir poussé les peuples dans l’impasse d’une crise sans fin.

Ses partisans avaient expliqué qu’il était impossible de changer ce traité. Et voilà maintenant que les milieux financiers et plusieurs dirigeants européens déclarent qu’il est urgent de modifier les traités de Maastricht et de Lisbonne. Bien sûr, pour eux, il s’agit de les aggraver encore en renforçant leur autoritarisme. Mais puisqu’il faut les changer, aux citoyens d’en exprimer le sens. La campagne des élections présidentielles qui s’ouvre leur en donne l’occasion car chacun comprend bien qu’il ne suffira pas au futur Président de la République, comme on le propose au parti socialiste,  de faire le tour des capitales européennes pour donner un autre visage à une construction européenne qui non seulement ne protège pas les peuples mais qui en rajoute sur les difficultés qui les assaillent. Le Front de Gauche, son candidat Jean-Luc Mélenchon et ses candidats aux législatives, font des propositions précises pour sortir de l’impasse actuelle. Il s’agirait, en lien avec une nouvelle Banque centrale européenne, au service d’un crédit pour l’humain et non plus pour la finance de transformer le fonds de stabilité en un fonds de développement humain, social, solidaire et écologique qui  rende utile aux habitants de notre continent tout l’argent investi en son sein. Utile à des programmes européens pour l’emploi, la ré-industrialisation, la promotion de l’agriculture paysanne, l’éducation et la formation. Utile à des investissements dans de grands chantiers d’intérêt commun aux peuples européens dans les transports, l’énergie, le logement, la recherche… Il est temps de dresser un barrage contre ces semeurs de chômage, de pauvreté et de misère, sans se laisser impressionner. Démasquons-les !

A l’aide de leurs fameuses agences de notation, comme Moody’s, alliée de Sarkozy pour imposer l’austérité, on dégrade la note des banques, sous prétexte qu’elles ne résisteraient pas à une difficulté de remboursement. Puis, on demande aux Etats de les renflouer par avance. Cela revient à augmenter le déficit des Etats qui, pour éviter les prétendus déficits imposent, semaine après semaine, toujours plus d’austérité aux populations. Il est urgent de subvertir ce système de malheur et de reprendre nos vies en mains, contre les rapaces de la dictature de l’argent-roi.  

L’Europe de « l’humain d’abord » ou celle de la finance ? Le Front de Gauche porte avec hardiesse la première.

Moody’s est-il ministre de l’économie ? 4

Maudit soit Moody’s ! Qui est cette dame ? C’est l’une de ces agences de notation qui prétendent dicter leur loi aux peuples.

Deux jours seulement après la désignation de F. Hollande comme candidat socialiste et le jour même où le Parlement entame le débat sur le projet de budget 2012, cette agence de notation du nom de Moody’s a déclaré mettre la France sous surveillance. Bref, on se croirait dans un pays sous occupation, non pas d’une puissance étrangère, mais du capital international. Celui-ci « surveille » désormais la vie de chaque française et français et leur vole leur argent. En effet les banques notent la situation budgétaire du pays, les systèmes de protection sociale et les collectivités !! Quand la note est abaissée, les taux d’intérêt sur la dette ou sur les emprunts augmentent automatiquement au seul service « des banques ». Et cela se paye en réductions de services publics, hausse des taux des mutuelles, recul de l’âge de la retraite et baisse des pensions. Oui, c’est du vol au profit des banques.

Curieux hasard ou plutôt opération politique des manitous de la finance internationale pour faire peur à nos concitoyens, faire croire qu’une nouvelle purge sociale est indispensable ? De fait -hasard du calendrier- le parti de l’union de la minorité des privilégiés (UMP) aurait réuni quelques troupes pour insulter grossièrement la gauche et lancer des chiffres abracadabrantesques sur le programme socialiste, pendant que le Président de la République déclarait, lors d’un déplacement à Nice : « Il est largement venu le temps de réduire nos dépenses et de mettre en œuvre les réformes qui permettent de réduire les budgets ». Mais il ne fait que cela depuis qu’il est Président de la République ! Réduire les budgets sociaux, détruire les droits sociaux et les services publics. N’avait-il pas expliqué que la contre réforme réactionnaire des retraites visait à consolider la notation de la France ? Et la réduction générale des politiques publiques qui constitue le grand plan social de l’Etat, réduisant les services publics comme les dotations aux collectivités locales, a aussi été imposée au nom du prétendu équilibre des comptes publics. La vérité est que le pouvoir réduit sans cesse les investissements sociaux et publics pour transvaser ces sommes aux plus fortunés et aux grandes sociétés, sous forme de réductions d’impôts.

Et l’injonction de l’agence de notation Moody’s, de connivence avec le pouvoir de droite, vise à renforcer encore l’austérité qui ne sert que les responsables de la finance internationale. Les trois ou quatre agences de notations qui existent ne sont qu’au service de celle-ci, car elles sont des filiales des banques et des institutions financières qui spéculent même sur les dettes des Etats. Ces mêmes Etats qui garantissent le prêt des banques. C’est donc le monde à l’envers ou plutôt une logique antihumaine, une logique qui joue sans cesse contre l’investissement utile, la production et l’emploi.

Ceci est inefficace car l’austérité et la préparation à la super austérité est totalement inefficace et dangereux. Inefficace car cela aggrave encore les dettes et les déséquilibres commerciaux du fait d’un manque de recettes dans les caisses publiques. Elle est dangereuse car, de plan d’austérité en plan d’austérité, le pouvoir mène le pays à la ruine et la crise prend des aspects aux risques très explosifs.

L’efficacité ne peut passer que par une autre répartition des richesses au service du travail, de la production et de la création. Il ne faut pas laisser Moody’s et les rapaces de la finance dicter leur loi contre les peuples.

Contre le coup d’Etat de la finance, Mobilisation ! 5

Contrairement aux images que tente de nous renvoyer le complexe médiatico-politique, M. Sarkozy n’est pas en train de juguler la crise. Il l’aggrave et l’utilise pour déployer sa stratégie politique. Il compte faire d’une pierre deux coups dans une campagne électorale où il serait le sauveur suprême, avalisant ainsi l’idée de la nécessaire austérité pour les peuples. Une telle victoire idéologique dégagerait pour longtemps la voie aux rapaces de la finance.

Sa volonté d’inscrire l’interdiction des déficits publics dans la Constitution, ce qu’ils appellent « la règle d’or », est significative des objectifs poursuivis par le Chef de l’Etat. Elle vise aussi à déconsidérer les forces de gauche présentées comme irresponsables et s’accommodant de « trous » dans les budgets. Un comble quand on sait que ce sont  M. Sarkozy et la droite qui ont considérablement creusé les déficits en réduisant les contributions des plus fortunés et du capital à la vie de la société, en attaquant  les services publics, en laminant sans cesse les droits sociaux. Ainsi, il y a un an, ils ont, au mépris de l’opinion majoritaire du pays, fait passer l’âge ouvrant droit à la retraite – à 67 ans en réalité-, pour que notre pays garde sa note triple A.

Aujourd’hui, sous l’injonction d’obscures agences de notation, qui agissent au seul service des marchés financiers contre les peuples, M. Sarkozy prépare, comme le font les dirigeants Italiens, Espagnols, Portugais ou Irlandais, un nouveau tour de vis. Pour le faire accepter, lui et ses ministres organisent des mises en scène comme cette réunion d’urgence à l’Elysée la semaine dernière, l’occupation des studios par le ministre de l’économie et cette nouvelle rencontre avec la chancelière allemande pour « rassurer les marchés ». Voilà le nouveau mot d’ordre !

On ne peut à la fois « rassurer les marchés financiers » et répondre aux aspirations populaires. A vouloir rassurer les marchés, l’Europe est devenu synonyme de chômage de masse, de précarité et de super austérité.

Constitutionnellement, un Président de la République français se doit d’assurer pour le peuple le droit à l’égalité, au travail, à l’éducation, à la liberté… Or, voilà qu’il est devenu le mandataire des « marchés financiers », ces voraces de la finance qui, précisément, détruisent le travail, les systèmes de retraite et de protection sociale, l’éducation, l’accès au logement et à la santé. L’heure n’est pas à rassurer les marchés financiers, mais à les… désarmer.

Depuis quelques jours, on fait croire en haut lieu et précisément au sein des conseils d’administration des ogres de la finance que la crise appelle plus d’intégration européenne et une  avancée vers le fédéralisme européen. Les souffrances populaires et la crise ne sont pas dues à une insuffisance d’intégration européenne. Elles doivent tout à des gouvernements et des institutions européennes qui ont fait partout le choix de servir l’argent roi. Si dans sa conception initiale la Banque centrale européenne avait eu le droit et le pouvoir d’aider les Etats et avait eu pour mission l’emploi et le développement humain, de racheter directement la dette des Etats, de procéder par création monétaire, si elle était sous contrôle démocratique, nous n’en serions pas là. M. Sarkozy savait tout ceci quand il a bafoué le « Non » au traité constitutionnel pour imposer son frère jumeau, le traité de Lisbonne. Et l’on voit la Banque centrale européenne de Francfort s’ériger en bras armé dictatorial de la finance internationale. Le 8 août dernier, elle a donné l’ordre à l’Italie de procéder à un nouveau plan d’austérité.

Aujourd’hui, il est créé, à côté et en dehors de la Banque centrale, ce fonds européen de stabilité financier qui n’est qu’un moyen de garantir la situation des institutions financières par l’argent public. Celui qui devrait servir à l’éducation, à l’accès au logement, au travail, à la retraite ou à une bonne sécurité sociale. Les banques s’enrichissent sur les dettes. Elles empruntent de l’argent quasi gratuitement auprès de la Banque centrale européenne, le prêtent aux Etats endettés à des taux allant  jusqu’à 16% et en cas de difficulté, le fonds de stabilité garantit les pertes avec… l’argent public. On comprend pourquoi les milieux bancaires demandent avec insistance aux Etats d’augmenter ce fonds pour le passer de 440 milliards d’euros à 2000 milliards d’euros. Les banques veulent gagner à tout coup en transférant tous leurs risques vers la sphère publique. C’est pour cela qu’il est demandé aux populations de se serrer la ceinture à double tour !

Ce système peut-il durer longtemps ? Je ne le pense pas. Les pays déjà trop endettés et déjà attaqués par les spéculateurs ne pourront plus longtemps mettre de l’argent dans ce fonds. Tout peut donc tourner au désastre.

Nombreux sont les signes, en Europe et au-delà, qui laissent entrevoir  qu’approche le moment où les peuples refuseront en masse que les finances publiques, leurs impôts, leurs retraites, leur sécurité sociale, les richesses qu’ils créent leur soient volés, pour être joués à l’infernale roulette de la spéculation.

Voyant ce danger, les dirigeants européens tentent de mettre en place un pouvoir supranational non élu, autoritaire, au service des rapaces de la finance. C’était le sens du sommet franco-allemand. C’est le sens du «Pacte euro plus ». C’est le sens de la proposition d’un ministre européen des finances ayant les pleins pouvoirs. C’est le sens de la déclaration de l’ancien directeur du trésor français, ancien ministre des affaires européennes de M. Sarkozy et actuel patron de l’autorité des marchés financiers, M. JP Jouyet, il y a quelques jours à France-Inter : « Nous allons devoir nous habituer à des règles dictées par la Banque centrale européenne ». Et bien non, non et non ! Les banques ne feront pas la loi ! Le monde du travail et de la création  saura se rassembler contre cette dictature de la finance qui pointe. En créant les conditions d’une super Fête de l’Humanité dans un mois, tous ensemble, nous contribuerons à ouvrir d’autres voies.