Editorial de l’Humanité dimanche
Au pays de Voltaire et de Hugo, de Zola et de Jaurès, démocratie et libertés ont façonné en profondeur l’identité de la France républicaine. Il n’est pas exagéré de dire que ces valeurs essentielles sont sournoisement mais très méthodiquement attaquées derrière une multitude de rideaux de fumée dont le dernier en date est celui de « l’identité nationale ».
Ce dernier sert à raviver tous les populismes et nationalismes et à camoufler les énormes balafres que produisent les poignards sarkozystes contre les droits sociaux et économiques, constitutifs d’un progressisme « à la française ». Certes, il s’agit de rassurer un électorat de droite qui perd confiance et de conserver celui d’extrême-droite avant les élections régionales. Mais, plus fondamentalement, l’ambition du pouvoir vise à modifier profondément la France pour la plier de force et plus vite au capitalisme mondialisé.
Ainsi, c’est au moment même où il applaudit des deux mains l’adoption volée et forcée du traité ultra-libéral de Lisbonne, qu’il lance cette thématique de « l’identité nationale ». Un traité qui, précisément, rend supérieure la directive européenne sur la loi nationale. Ajoutons qu’il est curieux, très curieux de lire parmi d’autres affirmations discutables dans le discours du Président de la République de La Chapelle en Vercors, le 12 novembre dernier, cette phrase selon laquelle : « Depuis deux siècles, à part l’expérience sanglante de la terreur, nul totalitarisme n’a menacé nos libertés » ! Qu’était donc le système contre lequel sont tombés les maquisards du Vercors pour défendre la liberté ? Ils sont morts en combattant ces systèmes mortifères, sordides et liberticides qu’ont été le nazisme et le pétainisme qu’on voudrait donc effacés de nos livres d’histoire et de nos mémoires ? Lire la suite
