Unissons-nous ! 6

Ne nous laissons pas diviser ! Selon la bonne vieille tactique « diviser pour mieux régner », le Président de la République s’est une nouvelle fois livré, lors d’un discours à Bordeaux, à une petite opération de diversion sur le thème de la protection sociale, appelant chacun d’entre nous à montrer son voisin du doigt afin d’épargner évidemment les grandes entreprises, les fonds financiers et la spéculation qui ne contribuent pas au financement du bien commun.

Le plus fort et le plus culotté de la part de M. Sarkozy est de s’être revendiqué des idéaux du Conseil National de la Résistance pour dénoncer en chacun d’entre nous « un fraudeur ». « La fraude, c’est la plus insidieuse et la plus terrible des trahisons de l’esprit de 1945 », « ce serait même elle », a-t-il ajouté, « qui mine les fondements de la République sociale que les frères d’armes de la Résistance ont voulu bâtir pour la France ».

De la part de ces hommes de droite qui ont inventé le bouclier fiscal pour les plus riches, diminué l’impôt sur la fortune, multiplié les exonérations de cotisations aux grandes entreprises, cela ne manque pas de sel. Mais surtout, faire croire que les assurés sociaux sont des fraudeurs est un mensonge absolu.

Selon un rapport d’un député UMP, publié au mois de juin dernier, la fraude sociale serait d’environ vingt milliards d’euros. Sur cette somme, dix-sept à dix-huit milliards d’euros sont dus aux cotisations non versées par les grandes entreprises. Quant à l’opération simultanée, lancée par le Premier ministre, tentant de faire croire que les « congés maladie » n’étaient pas justifiés, la Caisse d’assurance maladie vient de montrer qu’ils sont en baisse pour l’année 2010. Et une étude européenne montre que le taux d’absence au travail en France est l’un des plus faibles de l’Union européenne. De même, le pouvoir, dont la politique ne cesse de faire augmenter le chômage, laisse entendre qu’on est chômeur parce qu’on ne veut pas travailler. Au nom de quoi, au lieu de rechercher un moyen de sécuriser le travail et les formations nécessaires, il veut obliger les allocataires du Revenu de Solidarité Active à travailler sept heures par semaine en échange de l’indemnisation. Autant d’heures gratuites pour les employeurs !

Cette culpabilisation du peuple travailleur et des privés d’emploi est indigne de celui qui exerce les plus hautes responsabilités de l’Etat. Il choisit la dénonciation calomnieuse et le populisme en lieu et place de la solidarité. Ceci vise à protéger les puissants et les détenteurs de capitaux spéculateurs. Surtout, ceci cache la nouvelle contre-réforme à venir. D’abord l’instauration de nouveaux prélèvements sur les pauvres avec l’augmentation de la contribution sociale généralisée ou l’instauration d’une nouvelle TVA dite « sociale ». Pourtant, s’il y a quelque chose « d’anti social », c’est bien la TVA. Puis la démolition des systèmes de protection sociale au profit d’assurances privées.

Au fond, dans cette profonde crise, le Président de la République cherche des moyens pour nourrir un peu plus les rapaces de la finance.

Face à cela soyons lucides, restons actifs. Refusons la division ! D’ailleurs la classe capitaliste, elle, ne se divise pas. On l’a vu la semaine dernière en Grèce et en Italie, où, ce sont les anciens de la Banque américaine Goldman Sachs, qui ont pris le pouvoir, sans élections !

Ne laissons pas dresser les uns contre les autres ceux qui n’ont rien contre ceux qui n’ont pas grand-chose. En face il y a les traders, les spéculateurs, les paradis fiscaux et les profits qui ne diminuent pas, alors que les peuples plongent dans les difficultés et la misère.

Ne laissons pas la République pourrir par la tête ! 7

Au fur et à mesure que se déroule la nauséabonde pelote de ce que l’on appelle désormais l’affaire « Woerth-Bettencourt » se déchire pour des millions et des millions de nos concitoyens un voile épais. Celui dont ils se doutaient depuis longtemps sans doute, mais sans vouloir y croire vraiment. Des liens si étroits, une connivence jusqu’à la consanguinité entre de puissants milieux d’affaires et le pouvoir sarkozien. Il y a dans ce scandale des symboles forts rassemblés.

C’est la première fortune de France, Mme Bettencourt qui gagne le SMIC toutes les trois minutes qui est au cœur d’une polémique digne d’une république bananière. Elle dispose d’un gestionnaire pour gérer son argent. Celui-ci agit au travers de multiples sociétés. Dans l’une d’elles exerce le mari de la fille de Mme Bettencourt. Celle-là même qui l’accuse de ne plus disposer de toutes ses facultés pour… s’occuper de son argent. On se demande pourquoi cette fille attaque ainsi sa mère ! Pour qui agit-elle ? Et dans l’une de ses autres sociétés, il y avait aussi l’épouse de l’ancien Ministre de l’argent, embauchée à la demande de son mari. Ce mari de Ministre faisait il y a un an des déclarations tonitruantes contre les paradis fiscaux, l’évasion fiscale, pendant que sa dame avait pour mission de placer la fortune de Mme Bettencourt de telle sorte que le magot puisse grossir en dormant justement grâce à l’évasion fiscale et aux paradis fiscaux. Toutes ces choses que dénonçait violemment le Président de la République lorsqu’il s’était soit disant mis en tête de « moraliser le capitalisme ». Au détour, on découvre que Mme  Bettencourt versait beaucoup d’argent aux forces politiques chargées de porter Monsieur Sarkozy au pouvoir suprême. D’ailleurs Mme Bettencourt était inscrite au club très huppé des donateurs qui se rendaient régulièrement à l’hôtel Bristol situé à deux pas de l’Elysée, baptisé « le premier cercle ». Ils se réunissaient à la demande de… M. Woerth. Et maintenant voilà qu’apparaît l’existence d’une multitude de partis de poche sans adhérents, dont la seule fonction est de collecter auprès de privilégiés de la fortune des fonds pour leur responsable, dont une bonne partie de membres du gouvernent. Le ministre du chômage vient ainsi d’être pris la main dans le sac à faire la quête auprès de financiers à … Londres. Tout ceci est légal nous dit-on ! C’est à voir. La seule question politique qui vaille est la suivante : dis moi qui te finance, je te dirais exactement qui tu sers. De fait, pour ne prendre que cette contre-réforme des retraites, les salariés seraient mis à contribution pour plus de 40 milliards d’euros, quand les privilégiés de la fortune ne participeront que pour 4 milliards. Le pouvoir sarkozyste a créé vingt deux taxes et prélèvements supplémentaires sur les familles quand il inventait ce bouclier fiscal qui a permis à cette même Mme Bettencourt de recevoir un chèque de 30 millions d’euros. Autant d’argent qui manque à l’école, aux hôpitaux, aux transports publics. Et pour parfaire l’injustice, on apprend maintenant qu’une députée UMP demande une augmentation de la CSG pour les retraités et la souscription d’une assurance dépendance.

C’est l’ostensible et violente politique de classes du pouvoir sarkozyste. Le Président de la République a fait sa campagne présidentielle sur le thème de la valeur Travail pour mieux camoufler son service aux privilégiés et pour faire basculer la France dans un ultra libéralisme échevelé jusqu’à renier les valeurs humaines de gaullisme. Certains parlent de nécessaire remaniement ministériel. C’est pour mieux camoufler ces données fondamentales et appeler à baisser la garde sur un enjeu de fond posé au peuple en son entier. Le régime sarkozyste est en train de pourrir par la tête. Mais se pose désormais la question de dépasser le système capitaliste financiarisé. Car il y a eu remaniement ! Le jour où M. Woerth s’est vu confier la tâche de démolir le système de retraite, en commençant par reculer l’âge de la retraite avec le projet d’aller à terme vers un système privé de retraite par capitalisation. L’enjeu est si important qu’ils ont décidé d’en faire « le marqueur » du quinquennat au service des marchés financiers. La politique de super austérité qui se prépare vise le même objectif. L’unité populaire dans l’action est donc plus que jamais indispensable pour faire reculer cette ultra droite. Ajoutons que les institutions de la République sont malmenées quand le pouvoir demande à l’administration fiscale de devenir contrôleur et contrôlé dans le dossier Woerth ; quand le procureur de Nanterre fait une enquête sous son seul contrôle et celui du ministère de la justice. Au bout du compte, la crise de la politique peut dégénérer en crise politique et institutionnelle grave. Il n’y a pas d’autre moyen de clarifier la situation sans réunir d’urgence une commission d’enquête parlementaire, de saisir si nécessaire la cour de justice de la République et de nommer un ou des juges d’instruction pour procéder à une ou des enquêtes. En même temps, l’exigence d’un grand débat public sur les retraites comme enjeu de civilisation doit monter avec force. A l’issue de ce débat, le peuple doit pouvoir donner son opinion par référendum. Autant de décisions politiques qui clarifieraient l’exécrable situation actuelle. Nous en appelons à la raison et à la justice. La France n’appartient pas a ces gens là. Il ne faut pas laisser la République pourrir par la tête.