Inefficace austérité ! 5

A peine le Premier ministre avait-il refermé le texte présentant son deuxième plan d’austérité depuis l’été, que les sbires de la Commission de Bruxelles et les rapaces de la finance se déchaînaient pour crier que ce n’était pas encore assez. Il fallait vite un troisième plan de serrage de vis.

C’est le même scénario qui a été appliqué au peuple grec. Là-bas, il y a 200 milliards d’évasion fiscale, pas d’impôt pour les riches armateurs, pas d’impôt pour les privilégiés de la fortune. Ceux qui ont contribué à pousser la Grèce à la ruine, à abaisser terriblement les rémunérations des travailleurs, à mettre des millions de personnes au chômage, sont protégés, surprotégés. Le peuple est spolié, poussé durablement vers la pauvreté et la misère.

Ici, c’est pareil. Plus on réduit les moyens dont disposent nos concitoyens pour vivre et plus  le pouvoir leur demande de se serrer la ceinture, plus on détruit les services publics et plus on réduit les moyens des collectivités locales, plus la crise s’aggrave.

Le fond de l’affaire c’est que le pouvoir de droite est au service des forces de l’argent. C’est la raison de la crise. Les forces du capital sont voraces. Elles ont besoin, pour  augmenter encore la rémunération de leur capital -dont une grande partie est uniquement financier-, non seulement de surexploiter les travailleurs, ouvriers, employés, paysans ou cadres, de ponctionner les retraités comme les chômeurs, mais de mettre les Etats au pas, à leur service, pour transférer de plus en plus d’argent vers le système bancaire et financier. Voilà qu’en Grèce et en Italie, ce sont des anciens de la Banque américaine Goldman Sachs, de la Banque centrale européenne, de la Commission de Bruxelles, qui sont installés au pouvoir pour satisfaire les requins de la finance.

Ainsi, le Premier ministre, devenu spécialiste de la casse des systèmes de retraite, vient, au mépris de la contre réforme qu’il a fait lui-même voter, de décider pour la deuxième fois que l’âge ouvrant droit à une retraite complète sera reculé. On fait payer les déficits par les travailleurs. Mais ces déficits sont dûs au fait qu’une partie des plus grosses entreprises ne payent pas leur cote part à la sécurité sociale, et surtout que les énormes revenus financiers du capital ne payent rien aux caisses de retraites et de protection sociale.

Les caisses de l’Etat sont en difficulté parce que, depuis dix ans, le pouvoir de droite a multiplié les exonérations fiscales aux plus fortunés et aux grandes sociétés. Aujourd’hui, c’est aux familles populaires qu’on présente la note, avec l’augmentation de la TVA qui est l’impôt le plus injuste, la diminution de fait des prestations sociales et le gel du barème de l’impôt sur le revenu. Ceci pourrait passer pour être anodin, alors que le « gel du barème » revient en fait à augmenter l’impôt sur le revenu et à le faire payer à des personnes ou à des familles qui ne le payaient pas jusque là. Jusque là le passage d’une tranche d’impôt à une autre se faisait à partir du niveau d’inflation, de telle sorte qu’en proportion, la part d’impôt prélevée sur ce revenu était stable. La suppression de cette indexation fera passer automatiquement l’impôt des tranches les plus basses vers la tranche supérieure, dès lors que les salaires et les prestations sociales n’auront été augmentés que du niveau de l’augmentation de l’inflation officielle. De jeunes couples comme des retraités verront donc leur impôt sur le revenu augmenter. Pendant ce temps, les plus riches voient l’impôt sur la fortune abaissé, tout en bénéficiant encore du bouclier fiscal.

Ce second plan d’austérité vise à prendre 8 milliards d’euros dans les poches des familles populaires. Ils s’ajoutent aux 11 milliards d’euros du premier plan présenté fin août. Pourquoi ne pas les récupérer sur les 75 milliards d’euros de cadeaux fiscaux accordés par M. Sarkozy aux plus fortunés, depuis son élection ? Pourquoi ne pas rapatrier les 30 milliards d’euros d’exonération de charges sociales offerts aux grandes sociétés pour la seule année 2010, alors que l’emploi continuait à être détruit en France ?

En plus d’être très injustes, ces orientations sont inefficaces, car en privant les familles populaires on réduit la consommation, donc la production, l’activité et l’emploi.

Il convient donc de rejeter avec force ces mesures qui vont appauvrir les familles, les retraités, fermer les portes de l’avenir aux jeunes. Les familles populaires doivent se faire entendre dans l’action et le vote. Un vote pour faire gagner la gauche aux élections législatives et présidentielles. Une gauche qui s’ancre vraiment à gauche, avec le rassemblement ouvert que représente le Front de Gauche.

La démocratie est en danger 14

Sous couvert de gouvernements dits “techniques” et “d’unité nationale “, un coup de force caché se déroule sous nos yeux. Celui de l’oligarchie financière qui prend directement les rênes des pays de L’Union Européenne les plus en difficulté. Ceux là mêmes qui ont conduit L’Europe dans l’inextricable crise que nous connaissons. Ce syndicat malfaisant des anciens de Goldman Sachs, de la Banque centrale européenne et de la Commission de Bruxelles, s’est associé avec des cabinets de l’ombre installés dans les arrière-salles des banques et des bourses, baptisés agences de notation. Avec leurs amis en fonction dans ces mêmes institutions, ces prédateurs prennent d’autorité le pouvoir pour appliquer d’une main de fer une super-austérité qui mène les pays à la ruine.

Voilà que l’une de ces agences, “Standard and Poor’s”, avait préparé un communiqué qui aurait conduit automatiquement à augmenter le service de la dette de L’État français, augmentant artificiellement les taux d’intérêt des emprunts d’État le jour même où la Commission de Bruxelles demandait quasiment un troisième plan d’austérité au gouvernement.

Voilà qu’en Grèce, un ancien dirigeant de la BCE devient premier ministre en association avec l’extrême droite fascisante dont le souvenir est encore vivace dans ce pays. Comment comprendre que les socialistes grecs puissent participer à un tel attelage si inquiétant qui va amplifier les destructions sociales et l’abaissement national ?

En Italie est envisagée la nomination de l’ancien Commissaire européen, M. Monti, champion de toutes les déréglementations et mises en concurrence destructrices.

Ces premiers ministres exécutent en fait les ordres de ce que l’on appelle désormais la “Troïka”, composée des commissaires politiques et économiques dépêchés par le FMI, la BCE et la Commission de Bruxelles, conformément au pacte Euro plus, le pacte des rapaces.

Face aux dangers qui se profilent, je souhaite des initiatives d’actions unitaires, larges, ouvertes de toutes les forces progressistes et syndicales, et au delà de tous les démocrates qui n’ont jamais souhaité que la construction européenne devienne synonyme de souffrances, de malheurs, d’appauvrissement généralisé des travailleurs et de transfert direct du pouvoir aux mandataires les plus proches des requins de la finance.

L’heure est bien plus inquiétante qu’il n’y parait. Le choix de l’austérité est inefficace. Il mène à la ruine. Il menace désormais les souverainetés populaires et nationales. Il empêche aussi les projets de solidarité européenne et les indispensables mises en commun librement choisies. Oui l’heure est au rassemblement le plus large pour que la voix des peuples unis se fasse entendre, afin que l’humain prenne le dessus.

Leur impasse 6

Pour la énième fois, au terme d’une longue tragicomédie, les dirigeants européens, au premier rang desquels M. Sarkozy et Mme Merkel, tentent de nous faire croire qu’ils sauvent l’Europe. En fait, ils viennent au secours des ogres de la finance. Ceux-là mêmes qui poussent la Grèce à la ruine, le peuple grec à la misère en réservant le même sort aux peuples portugais, irlandais, espagnol et italien. Quant à nos concitoyens,  un nouveau plan de super austérité les attend. Chacun voit bien que de sommet en sommet, loin de reculer, la crise s’aggrave de jour en jour. Le président de la République vient une fois de plus de passer sous les fourches caudines de Mme Merkel et du capital allemand, plus dominateur que jamais. Et les chefs d’Etats voudraient nous faire pleurer sur le sort des banques alors que, même avec l’actuel système de décote, elles continuent de gagner beaucoup d’argent en spéculant sur les dettes. Elles utilisent l’euro qu’elles maintiennent à un haut niveau alors que les capacités de production et d’emploi sont affaiblies, réduites, détruites.

 L’argent issu du travail des salariés va servir à augmenter les moyens du fonds financier européen et à recapitaliser les banques. La note sera payée par des hausses de TVA dores et déjà annoncées, une pression accrue sur les salaires, des dégradations de services publics notamment dans l’Education Nationale, la Santé et la Sécurité, une mise à mal de la sécurité sociale, un recul supplémentaire de l’âge de départ à la retraite. A l’inverse, aucun acte concret n’est décidé pour mettre en place la taxe sur les transactions financières. Aucune décision n’est prise pour la relance de l’investissement productif. Pourtant la solution existe ! Elle consiste à transformer le fonds financier européen en un fonds de développement social, écologique et humain. De l’abonder grâce à un rôle nouveau de la Banque centrale européenne et à son pouvoir de création monétaire, tout en imaginant un nouveau système de crédit public pour le travail, les investissements utiles, le progrès social, culturel et écologique. Il n’y a d’ailleurs plus de solution viable sans nationalisation démocratique des grandes banques et des institutions financières pour relancer un crédit public contre la spéculation financière.

 Derrière le vocable de « gouvernance économique » se profile une modification de l’idée même de communauté européenne telle que nous l’avons connue, en un système autoritaire, centralisé, impérial qui va donner, pour le compte de la haute finance, des pouvoirs nouveaux à la Commission de Bruxelles et à la BCE. Non seulement ils veulent contrôler et surveiller les budgets des Etats, mais ils veulent aussi s’octroyer le pouvoir de les modifier autoritairement en cours d’exercice par delà les parlements et les gouvernements nationaux. C’est ce qu’ils visent avec la modification des traités, mettre fin au droit de souveraineté populaire et au droit de souveraineté nationale. Le Traité de Lisbonne ainsi aggravé sera un verrou contre tout projet européen progressiste. Une véritable gangue qui aggrave la crise économique et sociale, en amorçant désormais une crise politique grosse de dangers pour les peuples et l’idée même de construction européenne.

 Pour la sauver il faut en changer radicalement le cours. Cela passe par une mobilisation des peuples affirmant haut et fort leur solidarité, leurs ambitions de mises en commun face à l’égoïsme destructeur de la finance. Y contribuer est une responsabilité essentielle de toute la gauche, sous peine de pousser les peuples dans le désespoir.

Solidarité avec le peuple grec 5

Le peuple grec est victime d’un inadmissible chantage de la part d’un diabolique trio : le FMI, la Commission de Bruxelles et la Banque centrale européenne. Ces bras armés des rapaces de la finance ne veulent « venir en aide » à ce pays qu’à la condition qu’ils puissent le dépouiller de tout, lui enlever ses emplois, ses services publics, vendre jusqu’à ses plages et son patrimoine historique en lui demandant de se serrer la ceinture à triple tour. Ces bras armés du capitalisme assassinent la démocratie et veulent réduire les peuples à l’état d’esclavage. Ne laissons pas faire ! Un an après avoir expliqué qu’elle n’était pas responsable de la crise, que l’austérité était un mal nécessaire, la haute finance internationale veut ajouter de la super-austérité à l’austérité et vendre à l’encan tout le patrimoine de la Grèce. Ne laissons pas faire ! Au nom de quel principe l’Union européenne doit-elle protéger d’abord les banques en sacrifiant les êtres humains ? Aucun. Par contre, ce qui arrive est le résultat direct des traités qui la régissent, Maastricht et Lisbonne. Il faut donc les changer et établir d’autres règles communes pour les populations et non pour l’argent-roi.  Au nom de quelle logique démocratique la délibération publique dans cette Union européenne est confisquée par des institutions non élues, sourde, inhumaines, antisociales, qui  décident en dehors des peuples et contre eux ? Parce que ce qui se passe en Grèce nous concerne tous, nous devons d’urgence manifester sous de multiples formes notre solidarité avec les travailleurs, la jeunesse, les retraités et assurés sociaux de la Grèce et aussi avec celles et ceux du Portugal, du Royaume-Uni, de l’Irlande et de l’Espagne. Pas une solidarité de principe, pas une solidarité de mots. Une solidarité de classe ! Car pour protéger la classe de la haute finance, les institutions européennes ont déclaré une guerre économique, sociale, politique aux peuples pour préserver les intérêts de l’oligarchie financière et bancaire. Oui. La lutte des classes  n’est pas une invention de révolutionnaires nostalgiques, elle existe, indépendamment de l’idée que l’on s’en fait, s’aiguise et revêt de nouveaux contours.

Ainsi naissent de nouvelles potentialités de rassemblements populaires, larges, incluant de nouvelles fractions de la société. Toutes celles et ceux qui ont cru au rêve d’une Europe protectrice, forte, pour changer la mondialisation, mettant en commun ses moyens et ses atouts pour créer un vaste espace où il ferait bon vivre, où la liberté de voyager et les échanges culturels nous enrichiraient mutuellement, sont plus que déçus par tous les dirigeants politiques qui ne leur vendent que des chimères et les asphyxient. Pire ! En pleine tourmente dramatique, la sainte alliance de la chancelière allemande, du sarkozysme et du capital, refuse de restructurer les dettes. Or, d’autres pays comme le Mexique, l’Argentine, la Russie, ont bien hier restructuré leur dette et ne s’en portent pas plus mal aujourd’hui. Exigeons un audit public, avec participation des organisations syndicales et citoyennes, sur les dettes des Etats. Et au nom de l’efficacité et de la raison, exigeons des moratoires, des annulations, des restructurations de dette avec une implication active de la Banque centrale européenne.

Menons bataille pour que cette même Banque centrale européenne achète tout ou partie des dettes et lance un programme de relance par création monétaire, combinée à une orientation stricte fixée aux banques de produire un nouveau crédit pour de l’investissement social de développement humain, tel que l’éducation, la santé et écologique avec de nouveaux grands projets créateurs d’emplois utiles. On voit bien qu’il est devenu nécessaire de nationaliser une bonne partie du système bancaire pour réorienter les choix économiques et industriels.

Défendre le peuple grec, c’est nous défendre nous-mêmes au moment où la Commission de Bruxelles réclame de la France –dans un document dont la presse parle peu- d’aller plus loin dans la déstructuration de nos systèmes de retraite, de faire de l’emploi flexible la norme, d’abaisser encore les salaires et d’augmenter la TVA. Ce texte appelle : « à rééquilibrer le système de taxations en transférant la taxation sur le travail vers la consommation et l’environnement ». Il se situe dans la droite ligne du « Pacte pour l’euro plus », dont les éléments sont soumis au vote du Parlement européen, en catimini, au milieu de cette semaine, par l’intermédiaire de cinq règlements et d’une directive. Le choix de « règlements » soumis au Parlement européen vise à faire appliquer des lois aux Etats, sans que ceux-ci ne puissent en débattre et voter sur leur contenu dans les Parlements nationaux. (1)

Cette même semaine, le même Parlement européen aura aussi à se prononcer sur le nom du nouveau Président de la BCE. Pour être sûr qu’il servira bien les « rapaces de la finance », est proposé le nom de M.  Mario Draghi qui a cette particularité d’avoir été le responsable de la… Banque internationale Goldman and Sachs. Celle-là même qui met les pays, dont la Grèce, à genoux. Décidément, nous sommes tous des jeunes grecs, irlandais, portugais, espagnols, roumains, anglais, allemands.

Décidément, l’heure est au combat. On ne peut accepter ou laisser faire ce rouleau compresseur contre les peuples et leurs droits humains que constitue le pacte pour l’euro. L’heure est à construire un grand front citoyen progressiste européen contre les forces de l’argent qui détruisent la démocratie et les droits humains. Dans le débat, ce front devrait se fixer l’objectif de débat et de construction d’une autre Europe : l’Europe des travailleurs et des peuples. Réclamons un référendum européen pour la démocratie et le progrès social. Que les démocrates de tous les pays européens s’unissent, se lèvent et reprennent leur destin en main.

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(1) Je développe ces éléments dans « Le pacte des rapaces », éditions de l’Humanité (6 euros)

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L’Union européenne ne doit pas couper les vivres aux plus démunis 4

Ce lundi 20 juin la Commission a annoncé une coupe radicale dans le budget de l’aide alimentaire européenne qui sera ramené de 500 à 113 millions d’euros. Cette aide apportait un financement aux 240 banques alimentaires européennes qui viennent en aide aux Européens les plus démunis. Alors qu’il ne représente que 1% du budget de la Politique agricole commune, ce programme s’adressait à 13 millions de personnes dépendantes de cette aide. En France d’après plusieurs associations caritatives cette aide bénéficierait à deux millions de personnes.

Le gouvernement allemand, soutenu par six autres Etats européens qui ne participaient pas à ce programme, a décidé d’introduire une plainte devant la Cour européenne de Justice, arguant que cette aide ne pouvait être soutenue par le Budget de la Politique agricole commune (PAC), prétextant qu’elle était avant tout sociale et ne rentrait pas dans les missions de la PAC. La Cour européenne de justice leur a donné raison en avril.

Cette décision est totalement scandaleuse. Elle est à l’opposé de l’idée d’une Europe sociale. Comment accepter que la Commission de Bruxelles puisse ignorer froidement 43 millions de personnes, menacées par la pauvreté alimentaire ?

La Commission Emploi et Affaires sociales au Parlement européen a déposé, la semaine dernière, une question à la Commission pour réclamer que ce programme existant depuis 1987 puisse être rétabli.

J’en appelle à l’action contre cette décision insupportable qui fait honte aux institutions européennes. Je demande à la Commission de cesser ces tergiversations incongrues et de non seulement rétablir les budgets de l’aide alimentaire européenne, mais de les augmenter pour combattre la malnutrition et la famine en Europe.

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