Aux urnes dimanche 1

Dimanche, on vote dans la moitié des cantons. Il s’agit d’élire des conseillers généraux chargés  de la gestion des départements. Au-delà,  ce scrutin aura une signification bien plus précise que les charretées de sondages dont on nous abreuve depuis quelques jours. Ceux-ci sont d’ailleurs partie intégrante d’un vaste dispositif visant, entre autre, à minimiser le scrutin de dimanche. Consigne a été donnée en haut lieu, d’une part, d’effacer toute trace de campagne électorale et, d’autre part,  aux candidats de droite de ne pas utiliser l’étiquette UMP. Ainsi, les électrices et les électeurs seront privés d’un débat démocratique sur le rôle des conseils généraux, du conseiller général et des incidences des choix nationaux sur les collectivités territoriales. Cela n’a pas empêché quelques responsables politiques, toujours les mêmes, d’avoir amplement accès aux radios et télévisions, à l’exception des responsables du Parti communiste qui auront été interdits de toute grande émission depuis des mois. On pense ce que l’on veut de ce parti et de ses responsables, mais nous serions heureux de connaître la raison pour laquelle une force politique qui a des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat, qui anime dans l’unité des équipes de gauche à la tête de deux conseils généraux, qui participe à des dizaines d’autres, soit ainsi écartée des grands médias audiovisuels, les mêmes qui auront organisé la campagne interne du Front national, promotionné Le Pen et qui continuent de le faire.

Cette situation devient insupportable ! Aucun démocrate soucieux de la confrontation d’idées ne peut le tolérer. L’actuel climat politique a été créé de toutes pièces par le choix du Président de la République de déporter le débat public sur des thèmes parfois opposés aux valeurs constitutives de notre République en stigmatisant en permanence « l’étranger », en s’agitant autour de l’insécurité sans la faire reculer, en faisant mine de s’opposer à la spéculation financière mondialisée ou à la construction européenne, alors qu’il en est l’un des inspirateurs et acteurs depuis des décennies, comme parlementaire, puis ministre de longues années durant et maintenant Président de la République. Cette tactique a été choisie parce que M. Sarkozy veut éviter la confrontation sur les urgences sociales et écologiques, auxquelles il a totalement tourné le dos et masquer ce qu’il est : « le Président des riches ». Il n’est que justice qu’après avoir alimenté le débat depuis le 30 juillet, à partir de ce discours  nauséabond de Grenoble, il ait été retoqué par le  Conseil constitutionnel qui a déclaré la majorité des articles d’une loi sur la sécurité intérieure comme… « anticonstitutionnels ».

Mais il y a un autre enjeu qui s’est fait jour. Certain d’être en difficulté pour se faire réélire à la présidence de la République, M. Sarkozy aurait choisi une tactique consistant à créer les conditions pour que Mme Le Pen obtienne un score suffisamment élevé pour se retrouver face à elle au second tour, afin d’être sûr de l’emporter dans les conditions de M. Chirac en 2002.  Ce projet machiavélique est très dangereux en ce qu’il sape les bases de nos valeurs républicaines.  Un tel scénario boutiquier indique exactement la manière dont ces gens considèrent l’intérêt général de nos concitoyens et du pays tout entier. Dans le même ordre d’idées, le projet de matamore guerrier, avancé la semaine dernière par M. Sarkozy seul, sans discussion, ni avec son ministre des affaires étrangères, ni avec le gouvernement et encore moins avec le Parlement et après les attaques brutales contre le Mexique, en dit long, très long sur l’irresponsabilité politique de celui qui occupe le Palais de l’Elysée.

Face à une telle situation, les forces de gauche, toutes les forces progressistes et de l’écologie politique doivent se mettre en situation de débattre d’un programme alternatif de changement au service de cette majorité de nos concitoyens qui souffrent et ne supportent plus le sort qui leur est fait quand les profits des entreprises cotées en Bourse dépassent 80 milliards d’euros, dont la moitié sera accaparée par une poignée d’actionnaires jamais rassasiés. Quand les carburants augmentent chaque jour alors que Total aura fait 10 millions de profits et que le pouvoir profite de la situation pour augmenter le prélèvement de cet impôt indirect que constitue la taxe sur les produits pétroliers. Quand les plus modestes sont écrasés et maintenant des catégories moyennes, la gauche doit se bouger. Or, au lieu de dégager l’esquisse d’un programme simple de changement, portant sur les rémunérations du travail, l’emploi, la sécurité sociale et les retraites, les services publics, une partie de la gauche se perd dans un projet presque surréaliste de primaires. Ne vient-on pas d’apprendre, sans qu’il y ait eu de démenti, que l’un des candidats potentiels, placé en tête des sondages, M. Strauss-Kahn, discute en douce avec M. Borloo et selon le Figaro Magazine, essaie de débaucher d’anciens collaborateurs de l’équipe de campagne de M. Sarkozy ?

Dans ce contexte, l’expression populaire aux élections cantonales avec les forces du Front de gauche revêt donc une importance considérable. C’est d’autant plus vrai que l’utilisation de ce vote est aussi le moyen de redire son attachement à la démocratie de proximité en refusant la réforme territoriale de la droite qui veut supprimer le conseil général et l’élu proche de la population qu’est le conseiller général.

Il s’agit ni plus ni moins que de préserver un service public et un bouclier social. Une gestion de gauche au conseil général constitue souvent un moyen d’amortir les conséquences de la crise pour les familles populaires. C’est cela que veut supprimer le pouvoir sarakozyste en enlevant aux départements le principe de « compétences générales » qui leur permettait jusque là d’installer des services publics, de l’eau, des transports ou de l’environnement.

En votant pour les candidats présentés par le Front de gauche, on s’opposera du même coup aux orientations européennes trop souvent acceptées dans un consensus des deux principales formations qui disposent de la majorité au Parlement européen.

Le bulletin Front de gauche permet également de faire éclater ces mensonges sur les déficits publics, au nom desquels le pouvoir détruit tout.

La taxe professionnelle supprimée, ce sont d’énormes recettes en moins pour les conseils généraux. Cela leur impose un faux choix : soit augmenter les impôts locaux, soit réduire les services de la petite enfance à l’aide sociale, de l’insertion professionnelle aux actions pour l’habitat, des initiatives en faveur des personnes âgées à la politique de prévention et de santé, ou aux transports.

L’occasion est donnée le 20 mars de réclamer une nouvelle fiscalité locale avec une nouvelle taxe professionnelle incluant les actifs financiers des entreprises et des banques. Un tel prélèvement de 0,05% équivaut à une recette de 25 milliards d’euros. Combien de crèches, d’écoles, de maisons de retraite peut-on construire avec une telle somme ?

L’utilisation dimanche du vote Front de gauche est, par delà ses opinions, le moyen d’ancrer les choix départementaux bien à gauche. Mais il est aussi le moyen de peser pour empêcher les très mauvais coups en préparation. Une progression du Front de gauche aurait une signification nationale. Il témoignerait du refus de la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes alors que le gouvernement veut aller plus loin avec une augmentation de la TVA approuvée par M. Sarkozy il ya quelques jours au Conseil européen. Dans cette même réunion, il a approuvé la baisse des salaires, l’extension de la précarité du travail et l’ouverture des magasins les dimanches, jours fériés et le soir.

Le vote Front de gauche sera aussi le moyen de dire qu’on rejette le financement de l’assistance aux personnes âgées dépendantes par les assurances privées. Le moyen de réaffirmer qu’ une sécurité sociale modernisée, mettant à contribution les revenus financiers, répondrait aux défis de la dépendance. Cela permettrait de créer un grand service public d’aide à domicile à partir des départements, en coopération avec l’Etat et les services de santé.

Ce vote dit résolument “non” au  jeu de massacre social qu’induirait le pacte de compétitivité européen. Vote anti-droite, pour faire reculer l’extrême-droite, le vote Front de gauche dimanche est celui du rassemblement des électrices et des électeurs progressistes, pour gagner sur des programmes clairs ancrés sur les attentes du monde du travail et de la création, sur celles de la jeunesse. Il y a besoin de donner de la force à cette gauche combative, moderne, unitaire dont le souci premier serait l’amélioration concrète de la vie des familles populaires. Ce sera un acte positif  qui pousserait à défricher la voie inédite  d’un changement progressiste transformateur, s’attaquant résolument aux forces de l’argent et au capitalisme international.

Aux urnes dimanche pour faire exploser les scénarios du pire. Il reste quelques heures pour convaincre. Ce sont des  heures décisives où de nombreux électrices et électeurs font leur choix. Des peuples « dégagent » leurs dictateurs et réclament un vrai droit de vote. Ce n’est donc pas le moment, pour les classes populaires d’abandonner le leur lui aussi conquis de haute lutte par les générations qui nous ont précédés. Cela ne ferait que fortifier la dictature des puissances d’argent. Aux urnes !

Eté 2010… Les dangers et les possibles 7

Où va la France ? Cette interrogation, on l’aura entendue mille fois au cours de cet été 2010 qui se retire. Le soleil a souvent brillé sur notre pays, mais il a souvent fait sombre dans les yeux et les cœurs. L’angoisse, l’inquiétude étreignent de plus en plus de familles qui comprennent  bien que le pouvoir veut leur faire payer une crise dont ils ne sont pas responsables.

Ceux qui parlent à la télévision et à la radio semblent ne pas connaître, ni entendre cette France qui travaille dur pour gagner moins et qui paie toujours plus cher son carburant, son électricité, son gaz, ses transports, son contrat d’assurance.

A lire certains magazines, on comprend qu’ils ne sortent de Neuilly ou du 16ème arrondissement de Paris que pour rejoindre les réserves de riches à Deauville, Saint-Tropez ou au Cap Nègre.

Cet été 2010 avait pourtant  commencé avec cette puissante manifestation pour le droit à la retraite à 60 ans.
M. Sarkozy croyait pouvoir la camoufler en faisant venir Thierry Henri à l’Elysée. Quel événement ! La honte jetée sur la France par une équipe de football qui aura plus occupé  les gazettes que le malheur de vingt millions de Pakistanais, de milliers de Chinois touchés par des intempéries ou des russes suffocants dans un brasier commencé on ne sait comment.  Tout ceci ne peut que faire réfléchir encore sur les modifications climatiques. Réfléchir aussi sur la jungle capitaliste qui, en Russie, a éliminé par économie les gardes forestiers. Mais cet été, c’est aussi la beauté et le succès de nos athlètes aux championnats d’Europe d’athlétisme et de natation. Les coureurs français qui ont brillé au Tour de France. Mais l’un de mes amis, fin connaisseur, Antoine, nous dit de nous méfier de ceux qui dans le Tourmalet sont plus puissants qu’un cheval tirant une charrette.

C’est aussi ce crime commis dans le Golfe du Mexique par le mastodonte British Petroléum dont on essaie de nous faire croire que le pétrole s’est soudain évaporé, alors qu’il dérive sous la mer ! Encore la recherche du profit.

Cet été 2010, c’est la reconnaissance des mathématiciens français. Cela  appelle sûrement à redonner plus de moyens à l’université, à la recherche, au moment où il faut inventer vite un nouveau mode de développement, pas pour financer en douce une industrie par des exonérations fiscales et sociales alors qu’elle détruit 250 000 emplois, ou encore l’industrie pharmaceutique qui s’est gavée  sous couvert de grippe A qui n’a heureusement pas été aussi dangereuse qu’annoncée. Cet été 2010 c’est aussi la solidarité des journalistes et de milliers de citoyens pour ne pas laisser Hervé Guéquières et Stéphane Taponier croupir aux mains de barbares dans les montagnes afghanes.

Cet été 2010,  ce sont aussi de nouveaux coups de poignards dans le pacte républicain porteur du progressisme à la française. L’annonce fin juin de cent cinquante mesures pour réduire les investissements sociaux et publics que le pouvoir et les biens pensants appellent au mieux « dépenses », au pire « coûts », les fermetures des hôpitaux publics, le refus d’impulser une grande politique de fret SNCF, alors que l’excès de camions n’étouffe pas que la circulation, la suppression de cent mille emplois dans les services publics. Des rédactions bruissent pour savoir si c’est de la rigueur. Ne nous fatiguons pas. Cela s’appelle austérité ou purge sociale.

Oui, l’austérité amplifiée programmée, encore aggravée la semaine dernière au fort de Brégançon, qui fera mal, très mal aux familles, aux milliers d’entre elles qui n’ont pas pu partir en vacances comme à celles qui doivent désormais se priver jusque sur leur alimentation dans nos quartiers populaires.  Heureusement, le Secours Populaire aura, en cette fin du mois d’août, apporté un rayon de soleil à des dizaines de milliers d’enfants en leur offrant une journée de vacances.

Cela n’a pu que rendre encore plus insupportable les découvertes par des millions de nos concitoyens des cratères d’injustice  remontés à la surface avec l’affaire « Woerth-Bettencourt ». Cette connivence, cette protection entre  les milieux de la finance et de la droite au pouvoir. La plus grande fortune de France bénéficie d’un chèque de l’Etat de 15 millions d’euros grâce au bouclier fiscal, un ministre fume 12 000 euros de cigares, un autre  utilise un jet privé pour 170 000 euros. A côté de cela, le jeune du quartier est laissé sur le bord du chemin, son copain a trouvé un travail mais pour moins de 800 euros par mois, un autre revient dans le quartier parce que son usine réduit l’emploi et arrête son contrat d’intérim, et le retraité lui n’a à peine que 700 euros par mois. Que sait-on de cette vie dans les beaux quartiers et les palaces de Saint-Tropez ? Rien ! C’est le cadet de leur souci !

Cela  provoque un immense dégoût, accélère encore bien des déceptions, un immense rejet aussi de la politique et beaucoup de colère. D’autant que le Président est super menteur ! Il avait promis que travailler plus ferait gagner plus. Le 25 juillet il promettait aux ouvriers de Saint-Nazaire du travail pour des bateaux qu’il n’avait pas vendus.

Les quartiers, les villages, les usines, les bureaux transpirent de cette colère. Elle peut être saine. Elle peut être dangereuse aussi parce que détournée, au cœur d’un champ d’impuissance.

Le Président de la République s’y emploie en déclenchant une vaste opération qui surfe à la fois sur deux thèmes :  la sécurité et l’idée que nous vivrions au dessus de nos moyens. Il faudrait donc accepter toujours plus de sacrifices et d’autoritarisme. Parlons clair !

L’insécurité et la délinquance progressent. C’est un fait. Mais n’est ce pas ce même M. Sarkozy qui en avait fait une priorité de son action, bien avant qu’il ne soit Président ? Il a même fait voter … trente trois lois pour cela. C’est un fait, aujourd’hui, des bandes attaquent des bus, des services publics municipaux. On attaque, on insulte les enseignants, les conducteurs de métro, les pompiers et les policiers. La violence s’accroît et ce sont les plus démunis qui en subissent d’abord les conséquences, en plus de la régression sociale. Comment en est-on arrivé là et qui cela sert-il ? Mais comment se procure-t-on des armes de gros calibres dans ce pays ? Qui fournit la drogue ? Ces trafics enrichissent qui ? Des actes de vandalisme, de délinquance, de criminalité ne peuvent être confondus avec des démarches révolutionnaires. Au contraire, ils poussent au conservatisme, à des régimes durs. Cela sert M. Sarkozy.

Cet été 2010, le discours présidentiel de Grenoble, le dernier jour de juillet, aura été une trace noire de plus. Une nouvelle fissure béante s’est élargie dans le mur de nos belles valeurs qu’on croyait à jamais gravées.

Pour la première fois au plus haut niveau de l’Etat, le garant de la Constitution et des principes républicains a assimilé délinquance et immigration et fait comprendre qu’il pourrait y avoir deux catégories de Français. Il ne parlera pas de la criminalité financière, du vol, du travail et de l’avenir de millions de jeunes, du saccage des usines et de l’emploi par de grands maîtres de la finance. Et son programme de réduction des dépenses publiques élargira encore les zones de non droit.

Car la sécurité passe aussi par la reconquête de territoires grâce aux services publics, à l’école, à la formation professionnelle, à l’apprentissage et à une sécurité du travail correctement rémunéré, à un programme d’aide à l’amélioration des quartiers et de l’habitat, à un refus des ghettos et de la misère, à une police bien formée, respectant les gens et les jeunes. La sécurité, c’est le vivre ensemble et non la division, la stigmatisation de certains contre les autres. Les œuvres du ministre de la police, condamné pour racisme, sont dégoutantes, honteuses, blessantes pour notre peuple lui-même. Il n’y a plus de journaux télévisés sans l’équivalent du bulletin météo : le nombre d’expulsions égrené comme une banalité. Nous sommes confus, meurtris que désormais une commission de l’ONU, que de nombreux responsables de l’Eglise catholique, des journaux étrangers  puissent montrer la France du doigt pour racisme et  xénophobie. Au pays des droits de l’homme. La clique au pouvoir en fait le pays des droites contre l’homme ! Qu’ils prennent bien garde ! La désignation de boucs émissaires n’effacera jamais les scandales d’Etat et le cancer des injustices et du chômage.

Améliorer la vie quotidienne exigera de mettre fin au racket par les actionnaires sur le travail, au détournement d’argent vers la spéculation et les paradis fiscaux, l’accumulation des profits par les banques qui devraient avoir obligation de créer un système de crédit au service de toutes et tous.

Quel contraste en cet été 2010 avec ce peuple qui a vibré dans les festivals et fêtes de l’été pour se retrouver, communier, chanter, danser, se cultiver. Il y a dans cette ambiance, le désir de se solidariser, de se parler, un désir de fraternité.

Quel contraste entre les fortunes accumulées, la vie des stars et du Président de la République, détaillées sur papier glacé et la vie dans nos quartiers qui se consument du chômage, de la pauvreté et du mépris, dans les villages où les paysans perdent leur vie à chercher à la gagner. Il y a là deux mondes et cela se voit de plus en plus.

Cet été 2010 aura élargi encore les fractures, les ruptures impulsées par le sarkozysme pour plier de force la France aux canons de l’ultra libéralisme le plus échevelé.

Mais beaucoup de nos concitoyens sentent que ça ne peut plus durer longtemps. La révolte gronde. Elle ne doit pas être détournée dans de dangereux chemins de traverse. N’oublions jamais cette phrase de Gramsci : « C’est lorsque l’ancien se meurt et que le nouveau ne parvient pas à voir le jour, que surgissent les monstres ».

M. Sarkozy joue avec le feu. Nous ferons tout pour que la fécondation des monstres n’ait pas lieu.  Tous les progressistes doivent s’unir pour élaborer et faire valoir une autre politique, préparer un autre pouvoir, imaginer une autre société, aider « le nouveau à voir le jour ». Politique, non pas au sens d’ambition de pouvoir, mais d’organisation nouvelle de la société pour les êtres humains et l’environnement. Pas au sens d’un anti-sarkozysme d’estrade. N’en déplaise à M. Cohn-Bendit. A quoi sert de chasser M. Sarkozy pour qu’un autre démolisse le système des retraites et impose l’austérité ?

Politique à qui il faut redonner ses lettres de noblesse. Cela n’est possible que si nous nous y mettons toutes et tous. Cette demande est forte. C’est ce que dit une majorité de nos concitoyens en faisant connaître leurs désirs de gauche. Mais, pour réussir, la gauche doit se mettre au diapason des exigences citoyennes. C’est le sens du projet d’un pacte citoyen pour le progrès social et démocratique, pour radicalement changer l’ordre des priorités. L’humain et l’environnement d’abord.

Cette demande grandit en cette fin d’été 2010, ce sera le sens de la manifestation du 4 septembre et du 7 septembre pour les retraites. C’est la première fois que nous terminons l’été par deux grandes manifestations unitaires.

C’est l’humain qui battra au cœur de la Fête de l’Humanité, les 10, 11 et 12 septembre. Faire une grande Fête de l’Humanité c’est sortir de l’atmosphère étouffante et nauséabonde du sarkozysme, c’est donner de la force aux projets neufs pour la justice, l’égalité, la liberté, la solidarité. L’Humanité. Où va la France ? A nous d’y faire grandir l’humanité. A nous, au peuple uni de prendre son destin en main.

Le compte rendu de mes activités au Parlement européen 6

 

 

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Audace pour un nouveau pacte unitaire 6

 

Face aux violentes offensives sarkozystes contre les droits sociaux et démocratiques, la résistance et la riposte doivent s’organiser à une nouvelle échelle. Parce que ces attaques sans précédent sont une réponse capitaliste à la profondeur de la crise totale de ce système qui fait si mal aux populations du monde et qui menace de faire basculer la planète dans de dramatiques impasses, rien n’est plus urgent que d’inventer, dans le débat, l’action unie, les chemins d’un post-capitalisme au service des peuples et de leur environnement.

C’est sur tous ces actuels ingrédients qui bouillent à l’intérieur de la société française et du monde que mûrit l’autre monde possible. Mais en même temps, à défaut de mobilisations progressistes, de débats sur des alternatives possibles en phase avec les aspirations les plus humaines de notre époque, des risques existent de recherche de solutions populistes, nationalistes, autoritaires ou d’extrême-droite. Ce qui se passe dans de nombreux pays européens nous alerte sur ce danger.

En effet, la nature et la profondeur de la crise n’appellent pas seulement un toilettage du système car cette fois le monde ne peut s’en sortir par une simple purge du système comme nous en avons connu à d’autres époques. Nous sommes rentrés dans une crise est inédite, profonde, durable qui touche les structures mêmes des sociétés et du monde, attaque tous les aspects de la vie des individus et de celle de  la planète, menace la civilisation elle-même. Ce moment historique si particulier ne trouvera d’issue positive que par un processus inédit qui dégage, pour un ordre supérieur au capitalisme, l’invention de voies nouvelles d’une transformation profonde du monde, au service de l’épanouissement des  êtres humains et de l’environnement planétaire.

De ce point de vue, même encore trop faibles, les mouvements sociaux, citoyens, culturels, écologistes, progressistes, recèlent de multiples propositions transformatrices que les forces politiques de la gauche, souhaitant la transformation sociale devraient porter plus hardiment encore. La suite