Solidarité avec le peuple grec 5

Grève générale en Grèce contre les nouvelles mesures d'austérité - 07/02/2012

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Je m’adresse à  tous les salariés, à tous les peuples de l’Europe.

Et si dans les mois, les années qui viennent nous étions traités comme le sont les Grecs ? Plan d’austérité après plan d’austérité, les autorités européennes leur imposent une effroyable purge sociale : diminution du salaire minimum de près d’un quart -en France une telle mesure ramènerait le SMIC à 1000€-, suppression cette année de quinze mille emplois publics, nouvelle baisse des retraites, diminution de la sécurité sociale, privatisation de quatre nouvelles entreprises.

C’est une effroyable saignée qui épargne les armateurs, la  riche Eglise orthodoxe, les banquiers et les  spéculateurs. On ne peut tolérer que soit ainsi traité au XXIème siècle, sur le continent européen, un peuple qui a légué au monde les principes de la démocratie aujourd’hui piétinés par les autorités européennes. On ne peut accepter que soit niée  sa souveraineté et qu’il soit  soumis à la « discipline budgétaire » et à « la surveillance » tandis que les marchés financiers et les  banques le spolient avec des taux d’intérêts usuraires. Cette danse macabre des vautours de la finance qui dépècent la Grèce doit cesser. Il faut leur couper les ailes sinon ils s’attaqueront à d’autres proies en Europe. Leur austérité mène à la ruine.

Avec les Grecs, refusons-la avec d’autant plus de force que les deux traités européens écrits par Sarkozy et Merkel visent à imposer partout dans l’Union européenne le garrot qui étrangle la population grecque. En Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal, dans toute l’Europe, rassemblons-nous sur une exigence simple et réaliste: que la Banque centrale européenne prenne en charge la dette grecque et avance à ce pays directement les 130 milliards dont il a besoin au même taux qu’elle le fait pour les  banques privées, c’est-à-dire à 1%. Ne pas le faire serait  un crime !

Oui, Grecs nous sommes dans la solidarité en refusant de l’être demain dans le malheur qu’on leur fait subir.

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Signez la pétition en ligne sur le site de l’Humanité, en cliquant ici

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La peur au pouvoir 5

Les élites mondiales et françaises ne sont pas tant rassurées que cela. Elles ont provoqué un désordre si ample, au cœur même de leur crise, qu’elles ne maîtrisent plus les soubresauts contradictoires qu’elles alimentent elles-mêmes.

Ainsi, ces trois agences de notations – Moody’s, Fitch Ratings et Standard & Poor’s – qui, hier, ont été complices et actrices de la chute de la grande banque Lehman Brothers aux Etats-Unis, s’acharnent désormais à distribuer des notations pour faire flamber les bourses, tout en servant d’arguments aux pouvoirs en place pour réduire les droits sociaux et démocratiques.

Mais elles sont contraintes de déclarer un jour que leur potion amère est nécessaire et le lendemain d’avouer que l’austérité apporte la récession, donc l’inefficacité économique. Cette valse-hésitation est la manifestation d’une certaine peur.

Voyons ce seizième sommet européen tenu en fin de semaine dernière, deux ans après la mise en œuvre du traité de Lisbonne, et vingt ans, jour pour jour, après celui de Maastricht. Quel aveu d’échec ! Ces traités avaient été présentés comme permettant la construction européenne. Aujourd’hui, les mêmes s’inquiètent de sa déconstruction. Les gouvernements et leurs médias ont sur-dramatisé la situation pour enfermer le raisonnement dans un seul choix possible, celui de l’austérité, interdisant  tout débat contradictoire sur les solutions alternatives. Au-delà, voyons bien l’extrême gravité de ce qui se profile : un nouveau pas dans la destruction de l’état social, de la République sociale. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont acté le contenu du pacte « Euro plus » et les six règlements que la majorité droitière du Parlement européen a voté il y a quelques semaines (*), pour aller vers un nouveau traité encore plus antisocial.

Le maître mot est « discipline » au sens militaire. En son nom, l’élaboration des budgets des pays échappe totalement aux élus du peuple, au profit d’une petite caste de personnalités non élues eu sein de la Commission de Bruxelles, en lien avec la Banque centrale européenne aux ordres des marchés financiers.

L’enjeu fondamental est de réduire sans cesse les dépenses publiques indispensables au plus grand nombre pour  que les plus fortunés et  le monde de la finance contribuent encore moins à la marche de la société. C’est ce qui était  déjà largement entamé avec la diminution de l’impôt sur les sociétés, la fin de la taxe professionnelle, la diminution de l’impôt sur les grandes fortunes et le bouclier fiscal.

L’ambition suprême des capitalistes est d’en finir avec nos systèmes de sécurité sociale et de retraites pour en faire des sources de profits pour le privé. Le même raisonnement est en cours à propos des services publics, avec la réduction générale des politiques publiques.

Plus fondamentalement, ce qui est en jeu derrière le vocable de « coordination des politiques économiques », c’est un Etat rabougri, voir vidé de sa substance sociale, démocratique et économique. C’est un Etat aliéné par des superstructures, supranationales, européennes, non élues. C’est donc une démocratie de domination qui se prépare. Ainsi, les dirigeants du monde tentent  de faire croire que les choix économiques, que les orientations budgétaires seraient, comme le temps qu’il fait, des données  dépolitisées qui s’imposent à tous, indépendamment de l’idée que l’on en a. Il n’y aurait plus à choisir. Il faudrait subir l’opulence pour les marchés financiers, et l’austérité à perpétuité pour les travailleurs et leur famille. Leur peur de la démocratie et des peuples les conduit à  un coup de force ! Seul recours qu’ils ont trouvé pour faire face au rejet désormais majoritaire de leurs choix.

Il est du devoir de la gauche d’aider à décrypter ce complexe dispositif mortifère pour que l’expression populaire se mette au niveau de l’ampleur de l’attaque. Parce que sa seule boussole ne peut être que le service de l’intérêt général et  des classes populaires, la gauche doit dire clairement qu’elle refuse de mettre en œuvre le pacte Sarkozy-Merkel. Sa vocation n’est pas de laisser entrevoir qu’il pourrait y avoir quelques vertus à regarder du côté de M. Bayrou et sa tentative de rassembler coupables et victimes dans une même tentative d’unité nationale. Il propose une cure d’austérité encore plus violente que celle du pouvoir actuel et  la droite, en réelle difficulté, pousse un projet d’union nationale pour un programme d’austérité à perpétuité. L’UMP estime que la crise du système capitaliste et les décisions européennes créent des conditions favorables à une union sacrée qu’elle appelle de ses vœux depuis des mois. En se retirant de la compétition présidentielle, M. Borloo a montré la route. Le dispositif interne à l’UMP, avec ce découpage interne de « droite populaire », « droite sociale », « droite humaniste » et des « réformateurs libéraux » vise à amplifier le mouvement. Mais l’annonce de la candidature de M. Villepin montre que la tâche est ardue tant sont grands le rejet de Nicolas Sarkozy et l’aspiration au changement.

Mardi, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a enfoncé le clou en déclarant : « Au-delà des clivages, au-delà des échéances électorales, nous devons afficher une volonté politique commune pour faire accepter la discipline budgétaire ». C’est à dire la super-austérité si dure au monde du travail et de la création, si douce aux possédants, mise au service  d’une union sacrée des loups et des agneaux. Président de la République en tête, les responsables des difficultés de nos concitoyens vont dramatiser la situation pour obtenir une majorité derrière eux. M. Guéant a lui  la tâche, avec ses prises de positions  gluantes et nauséabondes,  de rallier  les troupes de l’extrême-droite qui dangereusement progresse dans les enquêtes d’opinion. Comment pourrait-il en être autrement avec l’insupportable climat des affaires touchant les deux familles politiques présentées comme susceptibles de gouverner ? L’extrême-droite est associée au pouvoir en Grèce et en Italie…pour y faire la même politique que celle de Nicolas Sarkozy.

Dans un tel contexte, le Front de Gauche ambitionne d’apporter une grande bouffée d’air pur. Depuis quelques semaines, il progresse dans les enquêtes d’opinion. Bien davantage encore de salariés, de  jeunes, de chômeurs, de créateurs, de petits entrepreneurs peuvent prendre conscience qu’il leur donne, avec son candidat Jean-Luc Mélenchon, la possibilité de modifier le rapport de forces dans le sens de leur espoirs, pour débarrasser le pays de  M. Sarkozy, affaiblir l’extrême-droite  et permettre à une politique de réel changement de l’emporter et de réussir. Certes, cette perspective  ne rassure pas les milieux d’affaires. Nous si !

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* Ceci est décrypté dans le livre : « Le pacte des rapaces ».

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La police budgétaire 1

Ce vendredi 9 décembre restera comme un jour noir pour les peuples européens. C’est ce jour là, lors d’un seizième sommet européen depuis la crise de 2008 que les chefs d’Etat et de gouvernement ont retouché le traité de Maastricht, signé il y a exactement vingt ans, un 9 décembre aussi, de l’année 1991.

Les modifications ont eu pour objet d’aggraver tous les aspects négatifs de Maastricht, repris dans le traité de Lisbonne, pour construire une organisation européenne, se dotant d’une police politique et économique, au-dessus des peuples, des parlements et peut-être même des gouvernements.

Au moment même où les fameuses agences de notation, qui ne sont que des filiales des marchés financiers, distribuent des notes négatives sur toute entité régionale, entreprises, hôpitaux, les chefs d’Etat et de gouvernement leur donnaient raison. Mieux, les pressions des agences leur servaient pour tenter de faire accepter les purges sociales !

Ils décident donc que désormais les parlementaires sont dessaisis de la confection du budget de la Nation et de la protection sociale, puisque le gouvernement devra préalablement le présenter à la Commission de Bruxelles, qui… les corrigera. Mieux, ce sont ces instances non élues – Commission de Bruxelles, Banque centrale européenne et fonds monétaire international- qui orienteront les politiques économiques et la régression sociale. Ils veulent limiter, réduire les dépenses sociales et les dépenses d’investissement des Etats avec une arrière pensée. Celle de donner la protection sociale et les retraites aux compagnies d’assurances et aux banques privées et de vendre encore plus de secteurs et de services publics.

Ces dirigeants européens viennent de faire un incroyable cadeau aux banques.

Au lieu de créer un dispositif permettant à la Banque centrale européenne de racheter directement tout ou partie des dettes des Etats en difficulté, il est annoncé un financement illimité des banques pour une durée de trois ans aux taux réduit de 1%. Ces mêmes banques prêteront ensuite aux Etats à des taux d’intérêt allant de 2,5% pour l’Allemagne à 3,7% pour la France,  6 à 7% pour l’Italie, 12 à 16% pour la Grèce. Autrement dit, le dispositif acté ainsi, dans un accord intergouvernemental, -ayant la valeur juridique d’un traité-, vise à permettre aux banques de ponctionner encore plus les finances publiques, prendre nos impôts et donc à aggraver la dette au nom de la lutte contre…. la dette !

C’est au nom de cela que l’austérité sera encore renforcée dans toute l’Union européenne.

Et dans ce dispositif, ce continent qu’est l’Union européenne sera placé sous la coupe du Fonds monétaire international, qui, telle une sangsue, imposera aussi des dispositions antisociales, antidémocratiques, au côté du Fonds financier de secours européen, qui, pour l’occasion, est passé sous la coupe de la Banque centrale européenne.

Ainsi, ce n’est plus la Banque centrale européenne qui aide les Etats, mais les Etats qui avancent des fonds à la Banque centrale européenne, qui, elle-même les reprête aux banques, qui, elles-mêmes ponctionnent les Etats.

Absurde ? Oui ! Mais cela sert les marchés financiers. Voilà pourquoi les choses sont ainsi faites.

L’heure est à la riposte progressiste contre ces projets. Il ne faut tomber ni dans le piège du duo de la droite Sarkozy-Merkel, ni dans celui du nationalisme capitaliste de l’extrême-droite.

Un tout autre projet est possible !

Celui de la justice et du progrès social, des services publics de la protection sociale, d’une autre répartition des richesses.

Débattons-en !

COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPEEN (30 novembre – 1er décembre 2011) 3

Le Parlement s’est réuni en session à Bruxelles le 30 novembre et le 1er décembre, voici les principaux éléments débattus et votés lors de cette session.

Semestre européen : un manque de démocratie souligné mais une logique bien intégrée

Jeudi 1er décembre le Parlement européen a adopté (501 voix pour, 16 contre et 11 abstentions) le rapport de Pervenche Berès (Groupe de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates) sur le « semestre européen pour la coordination des politiques économiques ». Ce rapport fait le bilan de la première année de cet exercice de contrôle des budgets nationaux par les institutions européennes.

Le principe du « semestre européen » est de donner à la Commission et au Conseil le pouvoir de contrôler le budget de chacun des Etats membres, avant même leur adoption par les Parlements nationaux. La procédure s’étend l’espace d’un semestre et se décompose en plusieurs phases : en début d’année la Commission fait des projections économiques et des recommandations générales pour chaque Etat membre. Sur la base de ces prévisions économiques, les Etats présentent leur projet de budget à la Commission et au Conseil, qui, après analyse, font leurs recommandations pour d’éventuels changements.

Le fait que les institutions européennes aient leur mot à dire avant même que les Parlements élus démocratiquement ne puissent se prononcer crée déjà un précédent dangereux car il fausse le débat national sur des orientations budgétaires préalablement fixées au niveau européen.

Mais le danger est encore plus grand. Avec les politiques d’austérité imposées partout en Europe au nom de la discipline budgétaire, le moment du vote des budgets nationaux est de plus en plus encadré par les institutions européennes. Non contente de surveiller ces budgets avec le semestre européen, la Commission a annoncé la semaine dernière des propositions législatives qui lui permettent de jouer un rôle actif jusque dans leur élaboration. Ces projets de directives poussent la logique du semestre européen encore plus loin en accordant à la Commission le droit d’intervenir directement dans la procédure budgétaire en amendant le budget des Etats en difficultés. Concrètement, si un Etat ne respecte pas les carcans budgétaires européens en décidant d’appliquer une grande politique de relance économique, il est fort probable que la Commission intervienne directement dans l’élaboration de son budget pour en réduire la portée. Dès leur mise en place j’ai dénoncé de tels outils.

Le rapport présenté par Pervenche Berès s’inquiétait lui-même de cette tendance : « Exprime ses inquiétudes concernant la légitimité démocratique de l’introduction du semestre européen ; considère que le rôle du Parlement européen et des parlements nationaux est essentiel pour créer la légitimité démocratique et l’appropriation nationale nécessaire ».

Il demandait une participation plus active des Parlements dans le processus, un audit de la dette, une contre-expertise économique à celle de la Commission ou la consultation des partenaires sociaux, ou encore une prise en compte plus poussée des objectifs en matière d’emploi et pas uniquement en matière de contrôle de la dépense publique : « Invite la Commission et le Conseil à veiller à ce que les orientations générales concernant l’assainissement budgétaire et les réformes structurelles soient cohérentes avec la stratégie Europe 2020 pour la croissance et l’emploi ».

Mais toutes ces suggestions intègrent le principe même du semestre européen : le contrôle des budgets nationaux par les institutions européennes -avec pour seul objectif la mise en place de l’austérité- n’est pas remis en question. Pour cette raison l’ensemble de notre groupe a voté contre ce rapport.

Voici ma déclaration à l’issue du vote :

La mise en place du semestre au début de l’année dernière a marqué la première étape d’un tour de vis général vers plus d’austérité.

En imposant aux Etats de communiquer les projets de Budgets aux institutions européennes avant même que ne soient consultés les Parlements nationaux, le semestre européen créait un dangereux précédent.

Cette logique, une fois imposée, n’a pas tardé à être suivie par des mesures encore plus drastiques transférant chaque fois un peu plus la souveraineté parlementaire vers les instances de contrôle européennes. Le Pacte de stabilité s’appuie sur cette architecture, tout comme les nouvelles propositions de la Commission qui visent à mettre les Etats en difficultés sous surveillance.

Le rapport de Madame Berès s’inquiète lui-même de la légitimité démocratique de ce processus. Mon groupe lui ne peut accepter cette austérité imposée aux peuples européens et demande en conséquence l’ouverture d’un vrai débat sur un nouveau projet européen émancipé des marchés financiers, et ayant pour objectif principal le progrès social, humain et écologique, et la sécurité de l’emploi.

Mario Draghi demande plus d’austérité avant que la Banque centrale européenne ne vienne en aide aux Etats

Le Président de la Banque centrale européenne est venu ce jeudi 1er décembre au Parlement européen présenter le rapport 2010 des activités de son institution ainsi que ses exigences.

L’échec des sommets européens des 23 et 26 octobre pour stabiliser les marchés de la dette est apparu de manière flagrante dès la semaine qui a suivi. En l’espace de quelques jours, les gouvernements italien et grec sont tombés au profit de gouvernements de coalition dirigés par des technocrates se fixant pour objectif de faire leurs les recommandations européennes. Les principaux partis politiques grecs furent même obligés de s’engager par écrit à suivre ce programme, condition à tout nouveau versement européen.

La tournure prise par la crise de la dette européenne – qui menace désormais jusqu’aux pays « modèles » et crée un risque de raréfaction du crédit – démontre le rôle fondamental que doit jouer la Banque centrale européenne. Jusqu’à présent la BCE a toujours tenu ce rôle à reculons et parfois même contre sa volonté.

Se cachant derrière l’indépendance que lui garantissent les Traités, la BCE rechigne à intervenir pour calmer les marchés. Alors que la Réserve fédérale américaine a investi 2 800 milliards de dollars pour aider le gouvernement ainsi que les Etats américains en difficulté, la BCE n’a sorti que 200 milliards d’euros pour ramener de la stabilité sur les marchés. Mais sans pour autant que son action ait réellement cherché ou réussi à faire baisser les coûts des financements. En conséquence, les Etats européens déjà fragilisés le sont encore plus, contraints d’emprunter à des taux intenables alors que d’autres pays comme le Royaume-Uni disposent encore d’une banque centrale qui les protège.

Lors de son intervention, le nouveau président de la Banque centrale européenne a posé ses conditions : pas d’aide de la BCE sans un « approfondissement » de l’intégration budgétaire et fiscale, via un Pacte budgétaire « A mes yeux, ce dont a besoin notre union économique et budgétaire, c’est d’un nouvel accord budgétaire – une reformulation fondamentale des règles budgétaires, avec les engagements budgétaires mutuels que les gouvernements de la zone euro ont pris ».

Un changement des Traités, comme le souhaite l’Allemagne, prenant trop de temps, la BCE veut un engagement fort de la part des Etats pour une réduction drastique de la dépense publique : « Les pays sont sur la bonne voie pour réformer, mais un message crédible s’impose désormais. Ce pacte sera l’élément le plus important pour assurer la crédibilité à court terme ». Il a donc appelé à la création de ce Pacte tout en suggérant la possibilité d’autres changements plus importants dans les Traités : « D’autres éléments pourraient suivre, mais la séquence a son importance (…) Il est de prime importance de réussir à créer un pacte budgétaire partagé ».

Ainsi Mario Draghi fait la synthèse entre le besoin d’une action immédiate que lui permettrait ce Pacte et la demande de l’Allemagne d’une modification des Traités pour des sanctions plus rapides. La BCE aura aussi tenté de démontrer que nul ne peut lui dicter sa conduite, mais que, bien au contraire, c’est elle qui fixe ses conditions.

A cette intervention Nikos Chountis (GUE/NGL) a répondu : « L’objectif de stabilité des prix de la BCE s’est révélé être un désastre, surtout pendant cette crise. Le rôle de la banque doit être modifié. L’indépendance de la BCE est aussi extrêmement questionnable, l’institution étant clairement manipulée par les banquiers. Cela doit changer. Il faut établir un véritable contrôle parlementaire ».

De son côté Paul Murphy (GUE/NGL) a qualifié les demandes de la BCE à l’Italie et la Grèce de véritable « Ultimatum : Au cœur de la troïka, la BCE a fait pression de façon agressive en faveur des mesures d’austérité qui ont jeté les gens dans la misère. La BCE a été conspiratrice dans les coups silencieux portés à la Grèce et à l’Italie, remplaçant les gouvernements élus par des gouvernements de banquiers. Veuillez s’il-vous-plait cesser de prétendre, comme vous l’avez fait plusieurs fois aujourd’hui, que la BCE est de quelque façon indépendante. Elle est indépendante uniquement face à la vérification démocratique et à une quelconque responsabilité devant les gens ordinaires ».

Le Parlement vote pour l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne

Jeudi 1er décembre le Parlement a donné son assentiment à la demande d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne par 564 voix pour, 38 contre et 32 abstentions.

Tout en soulignant qu’il reste encore des efforts à faire en matière de lutte contre la corruption et le crime organisé et qu’une réforme judiciaire est souhaitable, le Parlement a donné son feu vert pour l’adhésion de la Croatie. Après ses efforts pour enfin coopérer avec le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie afin d’inculper les criminels de guerre sur son territoire, le dernier point de blocage portait sur des différends frontaliers avec la Slovénie. Ces différents résolus, la prochaine étape est la signature d’un traité d’adhésion entre la Croatie et les Etats européens lors du Conseil des 8 et 9 décembre. Les pays européens et la Croatie auront ensuite une année pour ratifier ce Traité, avant une adhésion prévue le 1er juillet 2013. La Croatie deviendra alors le 28ème Etat de l’Union européenne. Nous avons voté pour ce rapport.

Un petit pas en avant pour les fonds de cohésion, un grand pas en arrière pour les fonds d’aide à la mondialisation

Jeudi 1er décembre, le Parlement a adopté en procédure rapide un texte permettant de relever la part européenne dans le financement des projets de développement régional des Etats membres les plus fortement touchés par la crise, sans accroître le volume total des fonds structurels pour chaque Etat membre.

En adoptant ce texte que notre groupe a soutenu, le Parlement permet à l’Union européenne de financer jusqu’à 95 % (soit un relèvement de 10% par rapport au précédent seuil) les projets européens dans les pays en difficulté. Le système de cofinancement exige que les Etats et/ou les collectivités locales prennent part au financement des projets, et bien souvent c’est trouver ces fonds – minoritaires dans le financement – qui pose problème. En relevant le seuil, l’Union européenne espère accélérer la mise en place de ces projets de développement : infrastructures, transports, réseaux électriques, internet, éducation, recherche. La Grèce, l’Irlande, le Portugal, la Roumanie, la Lettonie et la Hongrie sont concernés par cette mesure.

Le même jour, le Conseil des Ministres européens de l’emploi et du travail a pris une décision inverse sur le Fonds d’ajustement à la mondialisation. Ce fonds, qui bénéficie d’une enveloppe d’un demi-milliard d’euro par an, permet de financer des indemnités supplémentaires, des formations… pour des travailleurs victimes des suppressions massives d’emplois liées à la crise ou de délocalisations. Lors de chaque session parlementaire nous votons des crédits sur ce fonds, ainsi, tout récemment, 1,5 million d’euros a été attribué à 726 travailleurs portugais ayant perdu leur emploi dans la construction automobile.

Avec le début de la crise, le taux de co-financement avait été porté de 50 à 65 % jusqu’au 31 décembre 2011, également pour rendre ces fonds plus accessibles et plus rapidement. Le projet – qui a été rejeté par sept Etat membres sur vingt-sept – visait à prolonger la dérogation jusqu’au 31 décembre 2013. En pleine période d’austérité budgétaire, Etats et/ou régions devront donc se débrouiller pour financer la différence.

Cette situation fait malheureusement penser aux crédits pour l’aide alimentaire eux aussi bloqués par une minorité d’Etats pour finalement arriver à un « compromis » qui enterre l’aide alimentaire après 2013. Ce comportement égoïste tend malheureusement à se développer et doit être combattu avec force, c’est pourquoi nous ne faiblirons pas, sur le dossier de l’aide alimentaire comme sur celui du fonds d’ajustement à la mondialisation, car c’est bien d’une plus grande solidarité européenne dont nous avons besoin.

Agir davantage contre le Sida

Pour la journée mondiale de lutte contre le Sida, le Parlement a adopté une résolution demandant des stratégies de prévention plus efficaces, et notamment un accès « abordable » aux contraceptifs.

En raison de cette position en faveur des contraceptifs, une petite partie de la droite n’a pas soutenu le texte (86 voix contre et 44 abstentions) ; mais le texte a été adopté à une large majorité (454 voix). La résolution rappelle notamment que, chaque année, 25 000 personnes sont contaminées par le virus dans l’Union européenne. Plus grave, 30 % des personnes infectées ne le savent pas.

La progression est certes moins rapide que dans les pays voisins (plus de 100 000 cas supplémentaires par an), il n’en faut pas moins « investir massivement dans le secteur de la santé » comme l’a précisé Marisa Matias (GUE/NGL) qui a précisé que « ce n’est pas encore le cas en raison de la crise économique et sociale ». Pour conclure son intervention elle a déclaré : « Il faut par ailleurs éliminer la discrimination, assurer un traitement équitable et aplanir les inégalités entre les personnes nécessitant assistance et traitement ».

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La tutelle ! 2

Le discours de Toulon de M. Sarkozy a constitué une funeste opération d’enfumage pour préparer nos concitoyens à accepter encore plus d’austérité et de chômage.

Remarquons d’abord que M. Sarkozy est en campagne électorale permanente aux frais du contribuable. Il prolonge ainsi ce qui est entamé depuis plusieurs années : la mise en place de l’Etat UMP. L’Etat Sarkozy !

Quant au fond, ce discours, aux multiples contradictions, où se déployaient comme un fil rouge, des attaques répétées contre les droits sociaux de notre peuple, visait surtout à préparer l’opinion à une mise sous tutelle allemande de notre budget national. Il paraît que depuis quelques jours, les portes-plumes politiques et autres animateurs de micro, la petite société de la bien-pensance médiatique qui ne cessent de nous gaver de théories qui nous ont plongés au bord du gouffre, s’offusquent quand on ose critiquer la politique de droite de l’Allemagne. Nous sommes solidaires du peuple allemand qui souffre comme les autres peuples européens d’une politique réactionnaire au service du capital allemand. Ces choix de droite font pression sur les salaires, les niveaux de protection sociale et ont abaissé les droits du travail.

Après l’Euromark et une Banque centrale européenne calquée sur le modèle de la Bundesbank, voici que Mme Merkel et M. Sarkozy veulent faire perdre la souveraineté budgétaire aux Etats en les faisant décider par une instance supranationale. Ceci aura de terribles conséquences sur chacune et chacun. Les impôts sur les plus fortunés baisseront encore pendant que les services publics et les niveaux de protection sociale seront abaissés. C’est ce que Mme Merkel a confirmé devant le Parlement allemand, en appelant à une « Union budgétaire avec des règles strictes, au moins dans la zone Euro ». Par contre, elle appelle à installer des gendarmes et des tribunaux pour contrôler les budgets de tous les pays, sans le sien. Lisons ce qu’elle a déclaré devant le Parlement allemand : « La commission et les tribunaux européens doivent jouer un plus grand rôle sans que le Parlement allemand ne perde la maîtrise de son budget ».  Si ce n’est pas une tentative de tout dominer en Europe, comme cela s’appelle-t-il ? Et le candidat de l’UMP suit comme un caniche et a répété dans son discours de Toulon, comme un perroquet, le mot de « discipline ». Une discipline contre les classes populaires tandis que les puissants resteront libres de spéculer. Où est l’Europe solidaire ?   M. Sarkozy la réduit à la « Françallemagne ». Il n’a jamais cité le nom d’un autre pays européen dans son discours de Toulon. Voilà maintenant qu’il estime nécessaire de proposer de changer le traité de Lisbonne, dont il se vantait d’être l’initiateur. Il donne ainsi raison à la majorité de celles et ceux qui ont émis un vote « non » progressiste à l’occasion du référendum sur ce traité. Voilà qui appelle à ne pas relâcher le combat contre les choix sarkozystes et des institutions européennes,  d’austérité et d’amputation de la démocratie.

Le vote pour l’élection présidentielle peut être l’occasion de clamer haut et fort son rejet de l’austérité, avec le seul vote qui le permet, celui en faveur de Jean-Luc Mélenchon, candidat de l’alliance des citoyens progressistes contre la régression sociale et démocratique à l’œuvre, candidat du partage des richesses et de la justice sociale et fiscale. Le vote du refus de la mise sous tutelle de notre pays et de nos vies.