11 Septembre : un nouvel événement de rupture dans l’histoire 4

Le recul de la décennie n’a pas effacé l’intensité du terrible choc de cet événement mondial communément baptisé « le 11 septembre », avec la destruction des deux tours du « World Trade Center ». Symbolique, car ces tours avaient été ainsi baptisées parce qu’elles devaient indiquer le lieu où battait le cœur économique et financier du monde capitaliste occidental. Acte de barbarie vécu par des milliards de téléspectateurs, imprégnant les mémoires, qui fut, quelques temps après la chute du mur de Berlin, un nouvel événement de rupture dans l’histoire.

Les dirigeants américains qui, pour combattre les pays du bloc soviétique et aussi les pays non alignés cherchant des voies d’émancipation, ont favorisé le fondamentalisme islamique, venaient de subir une attaque sur leur propre territoire, de ceux-là même qu’ils avaient créés, nourris et contribué à développer. Au-delà des trois mille morts qu’elle a engendré, de la destruction d’un quartier des plus emblématiques de New-York, le peuple nord-américain a été d’autant plus traumatisé que ses dirigeants n’avaient cessé de faire croire qu’ayant gagné la guerre froide contre le système soviétique, ils étaient désormais en sécurité et pouvaient envisager un avenir paisible, voir prospère. Les années de gouvernement de B. Clinton donnaient d’ailleurs pour une part raison à cette thèse.

Mais dans un monde globalisé, aucun pays ne peut vivre dans la prospérité quand l’immense majorité des peuples vit dans le dénuement le plus total. C’est sur la misère et la pauvreté qu’a prospéré un fondamentalisme terroriste faisant confondre les idéaux généreux de l’islam avec un intégrisme islamique. Prétexte utilisé par un bushisme, tout aussi intégriste, appelant lui aussi à de prétendus ordres de dieu pour, au nom de la lutte contre le terrorisme, déclencher deux guerres, celle d’Afghanistan et celle d’Irak. En Afghanistan, les dirigeants nord-américains ont installé au pouvoir l’ancien royaliste Hamid Karzaï, qui était collaborateur de la compagnie pétrolière américaine « Unocal », pour négocier avec les talibans, sans que l’influence de ces derniers ne recule aujourd’hui. Quant à la guerre en Irak, déclenchée sur le mensonge des armes de destruction massive, en dehors de toute légalité internationale, là non plus les choses ne s’améliorent pas, ni en Irak, ni aux alentours avec les tensions décuplées avec l’Iran que le Président Sarkozy vient de relancer.

Partout, particulièrement aux Etats-Unis, en Europe et en Israël, la destruction des tours a servi de prétexte à des politiques sécuritaires de contrôle des individus, de restriction des libertés. Dans cette période, la direction israélienne, a favorisé l’émergence du Hamas contre l’Organisation de libération de la Palestine. Elle a bloqué les négociations pour l’existence d’un Etat palestinien souverain, continuant de voler leurs terres, leurs maisons aux Palestiniens, les colonisant de plus en plus sans qu’aucune initiative efficace ne soit prise pour mettre fin à l’intégrisme israélien au nom de la théorie bushiste du combat contre «l’axe du mal », alors que les peuples arabes considéraient que l’humiliation faite aux Palestiniens était aussi leur humiliation.

Et que dire des scandales de la prison de Guantanamo et de la complicité européenne qui ont laissé deux pays, la Roumanie et la Pologne abriter des centres de détention au service de la logique nord-américaine.

Les dirigeants nord-américains et de larges fractions de dirigeants en Europe et en Israël, ont tenté ces dernières années de survaloriser la nécessaire lutte contre le terrorisme, espérant ainsi affaiblir la lutte des classes. Nous sommes à la fin de ce cycle. Les mouvements arabes viennent de faire voler en éclats le concept de « guerre de civilisations », comme d’ailleurs celui d’une prétendue « fin de l’histoire ». L’élection de B. Obama est due pour une part au rejet des guerres américaines. Mais au-delà, le monde change un peu plus chaque jour. Sous l’effet de la crise totale du capitalisme mondialisé et de luttes émancipatrices, particulièrement en Amérique latine, la prédominance nord-américaine est menacée. L’empire vacille. Les peuples arabes cherchent les voies de leur émancipation. Ne sous-estimons pas le fait que dans la nouvelle stratégie nord-américaine, existe plus que la tentation de contrôler ce processus. Le continent africain est ainsi devenu un vaste champ d’influence et de pressions alors qu’il s’enfonce dans des difficultés extrêmes.

Dans quelques jours, l’autorité palestinienne déposera la demande de la reconnaissance de l’Etat palestinien à l’Organisation des Nations-Unies. Dans ce contexte, la valorisation de la guerre, par la Président de la République française, comme politique internationale, à rebours de toutes les traditions et valeurs françaises, est très préoccupante. Avec dix ans de retard, il marche sur les chemins de M Bush. La vigilance, l’unité dans l’action pour le désarmement et la paix, pour faire reculer la famine et la pauvreté, pour transformer le système financier international afin de faire reculer et éradiquer la crise du capitalisme, est plus que jamais indispensable. Des voies nouvelles inédites pour un monde nouveau, appelant le partage et la solidarité, sont en gestation. Des potentiels existent pour faire germer les semences encore trop sèches des futurs d’humanité.

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Du pain, de la liberté, de la dignité ! 2

« Nous voulons vivre comme des êtres humains ». Ce cri strident lancé par un citoyen égyptien dans une manifestation résume avec clarté et force l’aspiration populaire qui parcourt en ce moment le monde arabe, et au-delà, la terre entière.

Le pain, la liberté, la dignité, est la grande demande de l’heure alors que flambe, sous un incendie allumé par les spéculateurs, le prix des matières premières agricoles, énergétiques, papetières et textiles. En Tunisie, en Egypte et ailleurs encore, des peuples sont confrontés à une élite arrogante, prédatrice, autocrate et kleptocrate, protégée par des armées de policiers.

Ici en Europe ils n’ont pas le même visage, pas les mêmes méthodes, mais ils réduisent aussi les moyens pour vivre des travailleurs, des retraités et des jeunes. Ils bloquent les salaires, font grimper les loyers,  les prix de l’alimentation, de l’énergie, de l’habillement, de la santé alors que la part des salaires et de la protection sociale dans les richesses produites ne cesse de diminuer. C’est donc naturellement qu’ils ne soutiennent pas les révoltes populaires dans les pays arabes. Ces derniers leur servent d’arrière-cour pour piller les richesses pétrolières, pour produire à bas prix des matières premières agricoles, contre les paysans européens, des automobiles contre les ouvriers de Renault et de Peugeot. Les ouvriers tunisiens, marocains, égyptiens,  eux connaissent une misère noire et sont soumis, quand ils ont du travail, à des cadences folles comme dans ces « centres d’appels téléphoniques » délocalisés. En vérité, cette main d’œuvre corvéable, surexploitée et sous payée sert aux multinationales occidentales à augmenter leur taux de profit. Nous aussi nous avons nos kleptocrates. Comment appeler autrement ceux qui, dans les entreprises cotées en bourse, vont toucher en pleine crise les dividendes les plus élevés depuis 2001 ? Comment qualifier autrement les dirigeants des grandes banques dont les rémunérations et les bonus ont augmenté aux Etats-Unis de 120 milliards de dollars selon Wall Street ?  Il y a une semaine, le président de Renault-Nissan nous demandait d’accepter qu’il gagne le modique salaire de 600 000 euros par mois, sinon il pourrait être mieux payé dans une firme automobile américaine. La concurrence pour les patrons c’est donc l’augmentation de salaires déjà faramineux, tandis que pour les ouvriers c’est toujours la pression à la baisse du salaire.

Les peuples arabes qui ont fait irruption sur la scène politique mondiale ont et auront tout notre soutien parce que nous savons le haut degré de liens qui unit les travailleurs, les jeunesses par-delà le monde, face aux mêmes oligarchies mondiales. Nous savons que la démocratie et la liberté sont des valeurs universelles à faire vivre. Nous avons été de tous les combats contre les humiliations que l’impérialisme, le colonialisme et maintenant le sarkozysme leur font subir avec ces injustifiables guerres en Irak, en Afghanistan. Avec le refus opposé au droit légitime du peuple palestinien à disposer de son Etat, de sa terre, de sa souveraineté politique et économique. En même temps, nous qui avons salué avec enthousiasme la chute de Marcos aux Philippines, de Duvalier en Haïti, de Chung Hee en Corée du Sud, de Ceausescu en Roumanie, de Suharto en Indonésie, de Videla en Argentine, de Somoza au Nicaragua, des dictatures militaires au Brésil, au Portugal et en Grèce, de Pinochet au Chili, nous savons que les peuples doivent toujours rester maîtres de bout en bout des processus de changement qu’ils initient pour ne pas qu’ils soient retournés contre eux. Il faut parler clair. Pour les puissances capitalistes, les Etats-Unis comme l’Europe, la démocratie, ou ce qu’elles appellent ainsi, n’est bonne que si elle participe à leurs objectifs. Ils ont inventé et favorisé des forces politiques liées à des intégrismes religieux contre les forces progressistes dans les pays arabes. Ils font de même au sein de l’Union européenne en modifiant les modes de scrutin, en organisant un Parlement européen quasiment bipolaire, en tentant de favoriser le bipartisme, en créant un complexe médiatique de plus en plus lié au monde des affaires. Et ils imposent des traités européens donnant les pleins pouvoirs à une Banque centrale européenne et à une Commission de Bruxelles non élues.

Voilà maintenant que ces institutions européennes débattent d’un pacte élaboré dans le secret entre M. Sarkozy et  Mme Merkel qui passerait les droits sociaux à la faucheuse et les systèmes démocratiques des Etats à la broyeuse ultralibérale. Il est en effet prévu de faire obligation aux Etats de soumettre leurs budgets nationaux, sociaux et ceux des collectivités aux griffes pointues de la Commission de Bruxelles avec l’obligation de ce qu’ils appellent « l’équilibre budgétaire ». Ceci veut dire que la saignée des services et secteurs publics va s’amplifier, que les privatisations seront accélérées. Ils envisagent de porter la retraite à 67 ans, de désindexer totalement les salaires sur les prix, au moment où ceux-ci flambent. Ce serait donc l’appauvrissement généralisé. En vérité, le projet « d’Europe allemande », sauce Merkel,  est en marche. Il faudra s’unir et se remobiliser pour bloquer ces funestes orientations. Ils veulent procéder à un coup de force en aggravant le traité de Lisbonne pour des politiques ultraréactionnaires de super austérité. Il n’y a pas que dans les pays arabes où doivent monter avec force les exigences de pain, de liberté, de dignité. Ici aussi, c’est à l’ordre du jour.

Le concept même de démocratie est dévoyé par les puissants et leurs élites. Que vaut-il  quand en apparence on donne la liberté de vote, mais que comme pour le traité de Lisbonne on ne tient aucun compte du rejet populaire ? Que vaut-il quand le Président de la République française impose de force l’abrogation du droit à la retraite à 60 ans sur lequel il ne s’était pas engagé avant d’être élu ? Que vaut-il quand ce même Président en est aujourd’hui à attaquer violemment les services publics, les services régaliens de la justice, de la police ou de l’éducation, de la culture ? Que valent les droits humains fondamentaux quand tout est privatisé ? Où est la démocratie quand les travailleurs n’ont aucun droit de regard sur l’orientation et la gestion des entreprises ? Démocratie et justice partout ! Telles sont les belles aspirations de l’heure. De partout, les peuples étouffent du manque de pouvoir d’achat, d’une démocratie confisquée et d’insupportables humiliations. De partout monte ce cri : « Nous voulons vivre comme des êtres humains ».

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Un début de retournement 4

Deux grandes thèses avancées au lendemain de la chute du mur de Berlin ne sont-elles pas en train de prendre du plomb dans l’aile ? Celle de la fin de l’histoire. Puis celle de la guerre des civilisations.

La première tendant à faire croire que le capitalisme dominant le monde serait le seul modèle d’organisation des sociétés possible est sérieusement mise à mal par la grave, profonde et durable crise qu’il a déclenché et qui le mine lui-même.

Elle est devenue totale au sens où elle affecte la sphère bancaire, économique et financière, dérègle les productions alimentaires, les ressources énergétiques et en eau, compromet les équilibres climatiques et menace le devenir de la planète. Pour tous les habitants de notre terre, la prétendue « fin de l’histoire » prend les traits d’un désastre social, avec la misère, la pauvreté, le précariat du travail et un chômage permanent.

Les institutions mondiales sont elles-mêmes mises en doute et un type de construction européenne, derrière le vocable « d’Union européenne », tremble sur ses bases et est de plus en plus discrédité. Même parmi celles et ceux qui ont promu ce modèle, le doute s’installe, des débats s’aiguisent. Un début de solidarisation des salariés et des chômeurs émerge en Europe, de Grèce, d’Espagne, d’Irlande, du Royaume-Uni, de Roumanie, du Portugal. Souvent, la jeunesse donne le ton à la contestation.

L’injustice et le chômage sont de moins en moins supportés par de larges fractions des populations, parce qu’elles ont conscience que des sommes considérables sont accaparées par les oligarchies financières et politiques mondiales. D’Amérique Latine à la Tunisie, d’Europe à l’Afrique, au sein des peuples, bout l’aspiration à changer et à rechercher des voies nouvelles d’émancipation humaine, démocratique et progressiste. Elles seront forcément différentes de celles qui les ont précédées. Elles ont à se frayer un chemin inédit dans le contexte totalement nouveau d’un « monde mondialisé », avec le développement formidable « d’une révolution informationnelle » qui bouleverse tout et appelle à la coopération et à l’échange et non de la concurrence. Tout cela crée des conditions neuves pour la mise en commun des savoirs et des pouvoirs. Le « capitalisme financier planétaire » lui-même, en aiguisant une lutte des classes d’une autre dimension, pousse à la recherche de solidarisations des peuples, jusqu’ici inconnues.

La marche tunisienne vers la démocratie et pour le progrès social met à mal l’autre thèse née il y a à peine une dizaine d’années selon laquelle nous vivrions « une guerre des civilisations ». Ce concept, défini encore après la chute des régimes soviétisés, autoritaires et policiers des pays de l’est européen, visait pour les tenants de l’ultralibéralisme et du capitalisme mondialisé à définir une sorte de nouvel ennemi décrit à partir d’un ensemble de pratiques, renvoyant à un héritage religieux. La guerre des religions se substituant à la lutte de classes, tel était le rêve de ces  idéologues nord-américains qui n’hésitèrent pas à former des cadres pétris d’un islamisme fondamentaliste pour faire reculer les mouvements progressistes arabes.

L’apogée de cette funeste théorie  a été atteinte au lendemain du 11 septembre 2001. A partir de ce moment, la direction nord-américaine, Bush et Rumsfeld, renforçait la capacité d’attraction de Ben Laden auprès de populations appauvries, dominées, humiliées, pour renforcer le pouvoir et la stratégie des Etats-Unis. Il a fallu le discours de M. Obama au Caire, le 4 juin 2009 pour sortir en paroles de cette orientation. Malheureusement, ce discours n’a pas eu pour l’instant d’effet concret, notamment pour faire reconnaître un Etat palestinien. Loin s’en faut ! Mais la théorie de « la guerre des civilisations » produit toujours ses effets négatifs. Elle aide notamment des forces de droite et l’extrême-droite à faire monter des divisions, des haines, contre les musulmans en Europe. On en voit de multiples exemples dans les discours de la nouvelle dirigeante  de l’extrême-droite dont on se demande pourquoi elle bénéficie depuis des mois d’une telle promotion médiatique.

Voilà que la révolution tunisienne commence à changer la donne. Celle-ci ne se fait pas comme d’autres contre des impérialismes mais contre le pouvoir tunisien, dictatorial, corrompu et antisocial. Elle porte à la fois sur l’exigence démocratique et la question sociale, la demande d’une nouvelle répartition des richesses et contre la hausse des prix des denrées alimentaires, générée par la spéculation mondiale. Elle ne porte pas le retour à des valeurs traditionalistes mais fait vivre les belles valeurs universelles de démocratie, de liberté, de droits humains.

Les femmes y jouent un rôle essentiel avec la jeunesse. Ce ne sont pas des prêches d’imam, mais les Tunisiens eux-mêmes, avec les associations des droits de l’homme, les syndicats, les forces et les partis démocratiques et progressistes qui impulsent le mouvement. Ce qui se passe est suivi de près par tous les peuples, notamment par le nôtre avec qui des liens si proches existent. Cela amènera sans doute une multitude de personnes à porter un nouveau regard sur le monde musulman avec l’espoir  que la Tunisie devienne  la pointe avancée d’un mouvement profond au Maghreb. En tout cas, elle montre que la toute puissance des pouvoirs, si autoritaires soient-ils, peut être renversée plus vite qu’on ne le pense souvent. Il n’y a pas d’illusions à avoir. Des pressions considérables s’exercent pour détourner, pour récupérer cette révolution. Pour une raison simple : elle met à mal la théorie du choc des civilisations. Elle menace les théocraties du Maghreb. Elle pose de nouveaux problèmes aux dirigeants français et européens.

C’est la raison pour laquelle les institutions européennes ont refusé que le Parlement européen décide d’une résolution soutenant le peuple tunisien comme le demandait le groupe de la gauche unitaire européenne et Europe-écologie-verts. Nous soutiendrons de toutes nos forces le printemps  de la démocratie en Tunisie et partout ailleurs. Avec les démocrates, les jeunes, les femmes, les ouvriers tunisiens, nous invitons à porter la flamme de la justice qui a surgi dans l’espace public. Au Maghreb comme ailleurs, l’effervescence gagne les rues et les consciences. Les bourbiers irakiens et afghans reposent la question de savoir si c’est aux impérialismes et notamment aux Etats-Unis d’exporter ce qu’ils appellent leur « démocratie » et leur « civilisation ». Les dogmes élaborés dans les antichambres des penseurs du capitalisme mondial pour mieux dominer les peuples sont bel et bien en train de se craqueler aux quatre coins du monde.

 

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L’hypocrisie des vœux officiels ! Nos responsabilités. 4

Les cérémonies de vœux des locataires des palais officiels se révèlent être une fois de plus de formidables pitreries, des flux d’hypocrisie et de mensonges. Subitement, en ce début d’année, la crise serait terminée. Qu’on les invite à se rendre vite dans les quartiers et les villages, les usines, aux soupes populaires, dans les files de « pôle emploi », dans les écoles, les hôpitaux et les laboratoires. Ils y verraient la grande angoisse et la souffrance de nos concitoyens, l’inquiétude face à l’avenir. Evidemment, c’est à l’opposé de ceux qui touchent à la fois de gros salaires et des stocks options et les profits des grosses entreprises qui sont très élevés et qui ont été reversés « en dividendes » aux actionnaires.

Prenons quelques exemples qui montrent la duplicité de cette “élite” qui vous présente ses vœux :

► Une attaque qui mettrait définitivement fin à 160 années de réduction du temps de travail avec la mise à bas des 35 heures, au détriment de la santé des travailleurs et de l’emploi. Affirmons-le clairement, les énormes gains de productivité permettent de réduire le temps de travail sans diminution de salaires. Le grand patronat veut à la fois bénéficier de l’augmentation de la durée du travail et continuer à toucher les 22 milliards d’exonération de cotisations sociales, auxquelles s’ajoutent 4 milliards d’aides « Sarkozy » dans le cadre de la loi TEPA. Au moment où montent le chômage et la précarité, en particulier dans la jeunesse,  il est totalement absurde d’augmenter, d’allonger la semaine de travail et de reculer l’âge de la retraite. Malheureusement, la Commission de Bruxelles va proposer, dans les jours, qui viennent une directive pour augmenter la durée hebdomadaire du travail partout.

► Les augmentations du gaz, de l’électricité, des transports continuent. Pourtant, avons-nous rêvé ? Ne nous avait-on pas promis que l’Europe de la concurrence permettrait de baisser les prix ? D’urgence, il faut maintenant bloquer et baisser les prix en valorisant de vrais services publics, en réorientant les profits de ces entreprises vers la qualité du  service rendu aux usagers, l’embauche et la modernisation des entreprises comme la SNCF.

► Le recul des droits à la santé, avec les augmentations de la consultation médicale, des déremboursements de plus en plus importants alors que l’industrie pharmaceutique s’en met plein les poches, la réduction des personnels dans les hôpitaux. Enterrons le bouclier fiscal. Empêchons la remise en cause de l’impôt sur la fortune, la santé et l’école ont besoin de moyens ! Alignons les cotisations sociales des grandes entreprises sur celles prélevées sur les salaires et libérons le secteur du médicament du privé pour créer un grand pôle public du médicament avec des nationalisations devenues indispensables.

► De même, le règlement du défi de la dépendance des personnes âgées ne peut se faire ni par une augmentation de la contribution sociale généralisée, ni pour engraisser les assurances privées, mais dans le cadre d’un service public lié à la sécurité sociale. Cela implique évidemment de cesser d’abaisser les devoirs des grandes entreprises à l’égard de la solidarité nationale.

Plus généralement, un rassemblement de lutte, au-delà des opinions politiques, devrait être impulsé, aidé, soutenu partout pour défendre les hôpitaux, l’école, les tribunaux, les transports, le droit à l’énergie, les moyens des collectivités territoriales. Il en va de l’égalité des citoyens pour l’accès à leurs droits. Il en va aussi de l’efficacité économique. Ne laissons pas se développer les dégradations des services publics, de plus en plus gérés comme des entreprises privées. Les dégâts produits servent d’argument à la droite pour valoriser… les secteurs privés et les privatisations ! Il faut sortir des dogmes comptables de la réduction des dépenses publiques, sous injonction de la Commission de Bruxelles.

Voilà que maintenant, l’UMP tente de remettre en cause le statut de la fonction publique, autre bel héritage de la Libération, créé sous le gouvernement du Général de Gaulle par Maurice Thorez puis complété et rénové par Anicet Le Pors dans le gouvernement de gauche de 1981.

Faute d’avoir agi pour des mécanismes de stabilisation des prix des matières premières, ceux des carburants et de l’alimentation flambent, poussant des peuples un peu plus dans la misère, la pauvreté ou la famine, tout en renchérissant le coût de la vie ici, alors que les salaires sont bloqués. Pourtant, il aurait été possible, soit de constituer des stocks de sécurité, de lutter contre la scandaleuse spéculation au bénéfice des multinationales et des grands financiers. Il sera nécessaire de reconnaître l’agriculture et l’alimentation comme des « biens publics » à soustraire de la loi de l’argent.

Il ne suffira pas de proclamations de M. Sarkozy au G20, il faudra des actes anti-spéculation. Il faudra des transformations profondes de la construction européenne, avec un autre rôle de la Banque centrale européenne au service du refinancement de la dette des Etats et de dispositions incitatives pour l’emploi et l’innovation environnementale.

Enfin, au moment où nous comptons désormais 53 français tués en Afghanistan, que nos forces sont embourbées en Irak, il est urgent d’entamer un processus de retrait des troupes françaises, d’initier des accords de coopération respectant les souverainetés politiques et économiques des pays, de promouvoir le désarmement actif et d’agir pour le respect des droits des Palestiniens et la sécurité dans la région.

On pourrait ainsi ajouter d’autres exemples démontrant l’hypocrisie des vœux officiels et la possibilité de faire autrement en associant en permanence nos concitoyens à la construction d’un nouveau projet progressiste.

Au lieu de simples compétitions personnelles pour la présidentielle, de castings éloignés de la vie réelle, de débats de posture que seuls ceux qui y participent et les médias qui les promeuvent comprennent, sans prise avec la vie réelle de plus en plus dure de nos concitoyens, la tâche de tous les militants de gauche et écologistes, de tous les progressistes n’est-elle pas de se mettre au service de celles et ceux qui souffrent et attendent d’urgence des solutions pour vivre mieux ? C’est à mon sens la question principale de l’heure.

 

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