Dimanche, le vote pour changer d’ère Répondre

Le 03 mai 2012 @6h30

Dimanche prochain, l’occasion est donnée de clore cette période du sarkozysme ultralibéral populiste qui restera comme une des plus noires qu’ait connu la République. Il ne faut pas la manquer. Il faut  au contraire s’en saisir pour ouvrir une nouvelle page de notre histoire en utilisant sans ambiguïté le bulletin de vote F. Hollande.

Si M. Sarkozy était réélu, ce serait son dernier quinquennat. Il se sentirait encore plus les mains libres pour déchiqueter tous les droits sociaux, économiques et politiques. Surtout, il arrimerait avec un cadenas notre pays aux injonctions de la haute finance internationale au travers du projet de traité européen budgétaire, aussi baptisé « Merkozysme ». Celui-ci conduit à faire décider de nos droits fondamentaux de la protection sociale au salaire minimum, à l’éducation, à la formation, à la santé, à l’énergie, au transports par le bon vouloir des autorités bruxelloises non élues.

C’est la République sociale et la République démocratique annihilées.

La campagne d’entre deux tours du président sortant est bien plus qu’un dérapage ou un simple calcul pour capter des voix qui se sont portées sur l’extrême-droite. C’est un choix politique réfléchi. Le Président des riches n’a pas perdu la boussole ! Cette rhétorique extrémiste, débordant souvent le lepénisme sur sa droite, est précisément sa boussole. Certains de ses propres amis politiques qui ont exercé ou exercent encore les plus hautes fonctions de l’État, les yeux ébahis, ne cachent plus leurs inquiétudes, voir leur effroi.

M. Sarkozy rompt sciemment et en connaissance de cause les digues existant entre la droite et l’extrême-droite. Son calcul n’est pas qu’électoraliste. C’est bien plus grave et plus profond que cela. Cette tendance est déjà à l’œuvre dans de nombreux pays européens, de la Hongrie aux Pays-Bas, de l’Autriche à la Grèce, de la Norvège à la Suisse et aussi aux États-Unis.

Le capital international dont M. Sarkozy est l’un des mandataires a besoin, à ce moment précis de l’histoire, d’un personnel politique suffisamment fort idéologiquement pour que les terribles souffrances  et les puissantes colères que provoquent ses choix ne puissent se retourner contre lui.

L’idéologie de la concurrence de tous contre tous doit avoir pour corolaire politique l’imaginaire de groupes sociaux en guerre les uns contre les autres, d’une France du travail accusant une autre qui en est privée par les logiques du libéralisme mondialisé. Le quinquennat qui s’achève en a été le terrain d’expérimentation. Une catégorie de citoyens est désignée responsable des problèmes de l’autre. Le Français contre l’immigré, les travailleurs et les retraités contre de prétendus assistés, des gens honnêtes encerclés par une meute de délinquants ! Bref, la loi de la jungle appliquée à toute la société, avec une oligarchie de lions qui dresseraient des clôtures pour se protéger de moutons méprisés et exploités. La « présomption de légitime défense », sortie du programme de l’extrême-droite, n’est rien d’autre qu’un droit à la bavure qui pervertirait l’idée de répression pour franchir un pas de plus vers l’antichambre d’un système policier.

Le projet historique consiste à profiter de la crise pour démanteler à jamais la République sociale, tout en gagnant les consciences à cette nécessité. Projet des puissants qui depuis toujours caressent le rêve de voir « les damnés de la terre » accepter leur servitude. Le rêve de sortir définitivement vainqueurs d’une lutte de classes dont le peuple aurait perdu jusqu’à la conscience, selon les mots du milliardaire nord-américain Warren Buffet. Ni plus ni moins que la « stratégie du choc » si bien décrite par Naomi Klein. Orientation politique dont l’objectif est de fragiliser les populations puis à profiter de cette fragilisation en  plaçant les citoyens en état de choc, pour les  dépouiller de leurs droits.

Dimanche prochain, il s’agira de porter un coup sévère à ce projet ultralibéral-autoritaire-populiste, de sortir de ce climat de haine et de suspicion en battant N. Sarkozy, tout en plaçant les enjeux là où ils doivent l’être, comme n’a cessé de le démontrer le Front de Gauche. Toutes les études du premier tour montrent que  des millions de nos concitoyens, au delà de ceux qui ont accordé leurs suffrages à Jean-Luc Mélenchon, ont en commun avec eux de réclamer  le nouveau partage des richesses, l’égalité et la justice, le droit au travail, à la santé, à la protection sociale, à l’éducation, à la culture, des conditions de vie meilleures pour toutes et tous, un saut démocratique dans la cité et les entreprises, la mutation écologique dans le développement industriel ou agricole, un pôle public bancaire.

Tout ne pourra commencer en ce sens que si le sarkozysme sort défait du scrutin du  6 mai. Notre appel à voter massivement F. Hollande pour qu’il soit élu Président de la République, n’est ni un appel formel ni encore moins de moindre mal. Nous considérons en effet que la victoire de F. Hollande créera une situation totalement nouvelle, à saisir pour ouvrir une nouvelle phase du combat pour favoriser la promotion des droits sociaux et humains.

Il n’est pas possible de se donner la moindre chance de sortir de la crise capitaliste et de la crise européenne qui n’en finit pas tant qu’elle sera pilotée par le couple Sarkozy-Merkel. Il faut donc le briser. Et la responsabilité du peuple français vis-à-vis de tous nos frères européens est de le faire en battant Sarkozy.

Dire ceci ne revient pas à nourrir quelques illusions. C’est créer de nouvelles conditions pour élargir le spectre des forces qui, avec le Front de Gauche, les organisations syndicales, les associations qui verraient leur potentiel libéré pour affronter le capital mondialisé et les institutions européennes. C’est un acte de confiance dans la capacité du monde du travail et de la création à se mobiliser pour écrire un présent et un avenir conformes à ses espoirs.

Si la France ne signe pas le traité d’austérité budgétaire grâce à un mouvement populaire exigeant un nouveau système européen pour le développement humain, social et écologique, beaucoup de choses peuvent changer.

L’enjeu est d’ouvrir une brèche, de poursuivre le mouvement de l’extraordinaire campagne du Front de Gauche du premier tour, de telle sorte qu’une autre majorité se constitue à l’Assemblée Nationale, avec de nombreux parlementaires Front de Gauche. De la composition du Parlement va en effet dépendre la qualité des lois qui y seront votées.

F. Hollande a beau répéter qu’il ne changera pas son programme, mais mieux que quiconque il sait qu’il dispose de voix aux motivations diverses, avec pour point commun le rejet du sarkozysme et le désir d’un vrai changement progressiste. Parmi ces électeurs auxquels il devra sa victoire, il y a bien sûr ceux qui ont permis à Jean-Luc Mélenchon de réaliser plus de 11% des voix au premier tour. Mais aussi le tiers des électrices et des électeurs qui ont voté pour le candidat socialiste qui déclarent qu’ils auraient pu voter Front de Gauche sans la peur de ne pas voir de candidat de gauche au second tour, dans un contexte, où, autour de soi, chacun pressentait malheureusement un haut score de l’extrême-droite.

Plus le score de F. Hollande sera élevé, meilleures seront les chances pour le peuple de résister aux pressions que les puissances d’argent et des forces de droite ne manqueront pas d’exercer. Ce peut être plus facile dans un contexte où le suffrage universel les aura affaiblies. Plus le score de F. Hollande sera important, plus ce sera vrai et  moins, s’il en avait la tentation,  il pourra prétendre demain qu’il ne dispose pas des forces pour mener une politique de gauche. D’un autre côté, l’idée de se placer dans une posture d’attente de l’échec de F. Hollande nous est totalement étrangère. Nous refusons l’impuissance et nous n’avons que pour seul souci les intérêts des citoyens, des travailleurs, des jeunes en quête d’avenir.

Nos journaux, l’Humanité et l’Humanité-Dimanche, comme le Front de Gauche, ont vocation à les aider, dans leur diversité, à créer un rapport de force qui leur soit favorable. Nous n’y sommes pas encore. Mais cela peut le devenir avec le vote F. Hollande, dimanche et un vote Front de Gauche progressant encore le 10 juin, lors du premier tour des élections législatives.

Notre option est clairement celle de la réussite d’une gauche nouvelle en France, dans l’intérêt de nos concitoyens, en lien avec ceux qui en Irlande mènent campagne pour le non au traité européen, ceux qui en Grèce vont voter pour le changement, ceux qui en Espagne et en Allemagne agissent aujourd’hui contre l’austérité et pour les salaires. En phase aussi avec ceux qui dans le monde arabe cherchent les chemins de la démocratie et de la liberté.

La période historique est inédite. La situation est totalement différente de celle de 1981 ou de 1997. Elle recèle de réelles potentialités grâce à des nouveautés parmi lesquelles  figurent en bonne place  l’expérience et le positionnement de nombreux syndicats dans toute l’Europe. Avec aussi, cette fois, un rassemblement de type nouveau, le Front de Gauche,  qui durant la campagne des élections présidentielles est devenu davantage la propriété de citoyens, d’intellectuels et de créateurs qui veulent s’en servir comme d’un outil pour changer la donne. Répondre à ce qu’ils attendent de lui est un impératif pour que le Front de Gauche devienne la force politique, à la gauche du Parti socialiste,  tout autant unitaire qu’autonome qui depuis tant d’années manque dans notre pays pour durablement peser positivement sur la vie nationale et internationale. Cela passe dimanche, par la défaite nette de M. Sarkozy et l’élection tout aussi nette de F. Hollande.

Utiliser le vote F. Hollande pour ouvrir une nouvelle période 1

Le 30 avril 2012 @6h39

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Plus les jours passent, entre les deux tours des élections présidentielles, et plus la nécessité de battre et de faire battre l’actuel locataire de l’Elysée, en votant F. Hollande dimanche prochain, grandit. Son bilan très négatif  n’a cessé d’aggraver les souffrances sociales, d’appauvrir le monde agricole, de laminer l’activité économique dans nos campagnes, de démanteler les services publics, de détruire le travail pour jeter mille personnes supplémentaires, chaque soir, au chômage. C’est dans ce contexte très difficile que M. Sarkozy a osé parler du « vrai travail » en opposition à un prétendu « faux travail » pour tenter de faire oublier « le vrai chômage » dont il est responsable et diviser nos concitoyens. Les paysans travaillent dur. Ils ne sont pas récompensés de ce travail à cause des prix agricoles très bas, depuis que les amis de M. Sarkozy ont détruit le mécanisme du prix agricole de base et placé nos agriculteurs dans la concurrence acharnée avec d’autres continents. Et que dire des retraites de misère que touchent en général nos populations rurales ! Les choix du Président des riches détruisent les services publics pourtant indispensables.

La vie rurale, le paysan, l’ouvrier, l’employé des postes, l’instituteur, l’infirmière, l’artisan et le petit commerçant ont des intérêts communs qui ne s’accommodent plus du sarkozysme. L’inquiétude, la peur du lendemain, le sentiment de devoir affronter seul et sans moyens les difficultés créées par le capitalisme et lui seul, ne sont plus supportables. Le chasser est une œuvre de salubrité  publique. D’autant plus que ce qu’il propose pour demain est encore pire que ce qu’il a fait hier. Ce serait l’approbation d’une nouvelle réforme négative de la Politique agricole commune en cours de discussion et la mise en œuvre d’un nouveau traité européen, qui obligerait à réduire encore les crédits sociaux et publics, c’est-à-dire à fermer encore des écoles, des postes, des hôpitaux, à réduire les moyens des communes. Battre N. Sarkozy, c’est se donner les moyens de briser l’axe Merkel-Sarkozy et  se donner une chance d’obtenir un référendum sur ce nouveau traité qui instaurerait l’austérité à perpétuité dans toute l’Europe. S’il était mis en œuvre, c’est la Commission de Bruxelles qui demain déciderait des budgets de la Nation et de la sécurité sociale.

En utilisant le vote pour F. Hollande, on commencera à casser cette logique, tout en se donnant des moyens pour engager une autre politique qui réponde enfin aux aspirations populaires, en continuant à agir pour un nouveau partage des richesses, pour la justice sociale et fiscale, pour la défense des services publics et une nouvelle orientation en faveur de l’agriculture, l’activité nourricière de la population et garante de la préservation de la nature.

Car l’étape suivante, celle de l’élection des députés va être tout aussi importante. C’est en effet le Parlement qui fera que des lois progressistes soient votées ou non. Ce sera possible qu’avec une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale, comprenant beaucoup de députés du Front de Gauche. Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle montrent en effet l’urgence de mettre en œuvre des choix totalement neufs et de ne pas retomber dans les ornières qui ont perdu la gauche parce qu’elle a déçu.

Le vote Hollande le 6 mai et un fort vote Front de Gauche aux élections législatives des 10 et 17 juin peuvent contribuer à ouvrir une nouvelle ère pour notre pays. L’urgence le 6 mai est le rassemblement pour élire François Hollande.

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Rassembler pour élire François Hollande 3

Le 26 avril 2012 @6h30

La forte participation au premier tour du scrutin présidentiel confirme l’intérêt de nos concitoyens pour l’élection présidentielle, ses débats politiques ainsi que leur volonté de participer aux choix. La gauche a progressé tout au long de la campagne électorale. Elle le doit beaucoup au score de Jean-Luc Mélenchon qui était estimé aux alentours de 4% à l’automne et réalise 11,1%. Les grands médias cachent sous divers artifices que cela constitue l’un des événements de ce premier tour. Événement heureux qui rend probable la victoire de François Hollande le 6 mai. Ce courant de la transformation sociale est passé de  700 000 voix en 2007 à près de 4 millions, approchant le nombre de voix rassemblées par Georges Marchais en 1981, certes cette fois avec plus d’inscrits.

Le candidat socialiste a lui aussi progressé depuis quelques semaines pour sortir en tête de ce premier tour. Il est sûr que durant les dernières heures, face à diverses pressions ou à la peur  de voir Sarkozy réélu, des électrices et des électeurs soutenant Jean-Luc Mélenchon ont, dans l’isoloir, choisi F. Hollande. Le système même de l’élection présidentielle conduit à de telles préférences. Ceci n’enlève rien au désir de gauche de tels électeurs, partagé par d’autres, qui d’emblée ont choisi le député de Corrèze, les candidats de  l’écologie politique ou de l’extrême gauche. Il faudra bien en tenir compte.

Que dans un tel contexte de forte mobilisation électorale, le Président de la République sortant soit à ce point sanctionné est l’indicateur de la puissante condamnation dont fait l’objet son bilan et du rejet de son programme à venir. On parle très peu de celui-ci depuis quelques jours et pourtant, il serait dans la droite ligne de son bilan antisocial et antidémocratique, avec un alignement sur les pires critères d’austérité européens. Loin des idéaux républicains de « liberté, égalité, fraternité », il veut se faire réélire dans une alliance cachée avec les idées de l’extrême-droite.

C’est ce noir bilan, doublé de la reprise des idées lepéniste depuis des mois, qui fait progresser dangereusement cette dernière. Pour une grande part, certains de nos concitoyens qui souffrent terriblement des effets de la mondialisation capitaliste, de l’Europe de l’argent, utilisent ce vote pour dire leur colère, pour faire entendre leurs souffrances. En utilisant ce vote, ils se trompent gravement car la cause de la crise n’est ni son voisin, ni le jeune que la société rejette à ses marges dans la discrimination et la précarité, ni l’immigré jeté sur les routes par le capitalisme mondialisé qui l’affame. La famille Le Pen sert à protéger les grands manitous de la finance internationale qui toujours tirent leur épingle du jeu. L’ennemi de l’emploi et du meilleur salaire, des services publics, c’est bien le capitalisme débridé et non pas l’immigré.

Le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon ont eu raison d’alerter sur l’imposture Le Pen. Il eut été d’intérêt général que d’autres qu’eux, comme l’a fait l’Humanité-Dimanche, la démasquent au lieu de théoriser sur sa « prétendue » dédiabolisation. L’extrême-droite est un danger ! Malheureusement, ce courant national-populiste-fascisant progresse dans toute l’Union européenne sous l’effet de déceptions, de magouilles politiques et d’une Europe se faisant contre les peuples. Le combat pour réduire l’extrême-droite reste devant nous, tant il constitue un verrou contre les changements progressistes, au service du capital international. Il est indispensable d’avoir conscience que Mme Le Pen, avec ses nouveaux amis comme Madelin, dessine une France et une Europe ultralibérales et autoritaires, dépouillées de tous droits sociaux et démocratiques. Pour y parvenir, elle travaille à une recomposition profonde de toute la droite pour en faire l’outil d’explosion des principes et des valeurs de la République. D’ailleurs, si le système ne change pas en profondeur, ce scénario devient plausible.

Faire reculer l’extrême-droite doit devenir l’un des combats permanent de toute la gauche, de tous les progressistes. Mais, ce recul n’est possible qu’avec une nouvelle politique, répondant aux angoisses et aux attentes populaires. Telle devrait être la tache d’une nouvelle majorité de gauche demain. Le message essentiel du scrutin est une envie profonde de changement, la demande d’une autre manière de gouverner en associant les citoyens et les élus, la prise en compte des revendications des syndicats et des associations, la revitalisation des plus belles valeurs de la République : « Liberté, égalité, fraternité ».

C’est ce qu’ont voulu dire celles et ceux qui ont choisi les candidats de la gauche et de l’écologie politique.

Près de quatre millions d’électrices et d’électeurs ont appuyé les propositions du Front de Gauche d’une nouvelle répartition des richesses, d’un retour à la retraite à 60 ans et d’un SMIC à 1700€, le logement à un prix accessible et une action de grande ampleur contre la précarité, la défense et l’élargissement des services publics, un saut qualitatif de nos institutions avec une sixième République dans laquelle les travailleurs disposeraient de nouveaux pouvoirs à l’entreprise, la nécessité d’une mutation écologique de nos systèmes productifs, de nos habitude de consommation pour faire face aux urgences environnementales.

C’est aussi le Front de Gauche qui fait vivre le projet de solidarité internationaliste et coopérative avec les pays du Maghreb et de l’Afrique pour un nouveau projet de co-développement, pour mettre fin partout à la misère, à la faim, à la précarité et  au chômage. Le Front de Gauche c’est le projet d’un monde de partage où il fait bon vivre, au Sud comme au Nord. Le Front de Gauche devient une nouvelle et grande force pour l’avenir commence à influencer la vie politique française. Elle est d’ores et déjà  un atout pour être défendu et un outil pour créer les conditions d’une gauche qui réussisse parce que, s’appuyant sur les citoyens eux-mêmes pour répondre à ce qu’ils attendent d’elle. Le six mai, le choix est donc clair : créer les conditions pour battre le candidat des riches et utiliser, sans la moindre réserve, le bulletin de vote F. Hollande. Si par malheur, N Sarkozy était réélu, ce serait une politique de déchiquetage des droits sociaux et humains, la destruction du code du travail, la retraite à la carte par capitalisation, la privatisation de la sécurité sociale, l’austérité à perpétuité avec ce traité d’austérité Sarkozy-Merkel. Battre Sarkozy c’est ouvrir une première brèche dans le merkozysme austéritaire.

Le vote Hollande se fera sans ambiguïté et en toute lucidité, en appelant la gauche à ne pas retomber dans les ornières du passé, à résister aux injonctions des marchés financiers et du grand patronat, à agir pour changer les traités européens et à refuser le dernier écrit par le tandem Sarkozy-Merkel.

Le Front de Gauche sera disponible pour ces combats indispensables pour sortir de l’austérité, du chômage, donc de la crise.

La victoire du candidat de la gauche que devient F. Hollande doit s’accompagner en juin de la constitution d’une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale dans laquelle de nombreux députés du Front de Gauche, dans un important groupe parlementaire, constitueront une garantie pour abroger les négatives lois sarkozystes et en écrire de nouvelles, pour l’augmentation des salaires et des retraites, le blocage des prix alimentaires et des carburants, pour sécuriser l’emploi et pour en finir avec la précarité, pour élargir les services publics, défendre et améliorer la sécurité sociale, créer les conditions pour que la jeunesse soit respectée et qu’un nouvel avenir soit construit avec elle.

L’urgence, c’est la mobilisation pour créer les conditions de défaire Sarkozy et assurer la victoire la plus large possible de la gauche.

La glissade pétainiste 8

Le 24 avril 2012 @18h20

Le premier dirigeant politique de droite à avoir tenté de récupérer le 1er mai était le maréchal Pétain en 1941.  Le second a été M. Le Pen en 1988, en en faisant « la fête du travail et de Jeanne d’Arc ».  Le troisième va être M. Sarkozy. Il le fait à partir des mêmes valeurs nauséabondes et ultra-réactionnaires que les précédents.

Après avoir vanté en 2007, « la France qui se lève tôt », parsemé ses discours de « la valeur travail », voici que « le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail ». « Du vrai travail » ? Celui dont la politique jette mille travailleurs par jours au chômage va glorifier « le vrai travail ».

Oui, « le vrai travail », comme il y avait « le vrai français », à une époque où la devise de la France commençait par le mot : « travail,»…

Tout ceci sent l’odeur rance des années 1940. Le fumier de la division entre de « bons français » qui se lèveraient tôt et de « mauvais » qui se lèveraient tard ou qui seraient « payés sans travailler », ce « cancer de l’assistanat » comme l’a dit, il y a quelques mois, un ministrion. Sarkozy n’a jamais été le président du « vrai travail » mais celui du vrai chômage. Si son quinquennat avait été consacré à la défense de l’emploi, du travail et de la création, à la réduction de la souffrance au travail, de la précarité, il ne ferait sans doute pas le meeting du 1er mai, prétendument sur le travail. C’est un rassemblement contre les syndicats et les travailleurs. S’il n’y avait pas, à cause de sa politique et des traités européens qu’il a imposé, cinq millions de chômeurs, des millions de travailleurs pauvres mal logés et des millions de précaires, il ne parlerait pas du « vrai travail ».

Quel vrai travail ? Celui du quart de la jeunesse privée d’emplois ? Celui des femmes qui gagnent 27% de moins que les hommes ? Celui des travailleurs immigrés forcés de travailler sans droits et sans papiers par des esclavagistes ? Quel vrai travail de la part de celui qui veut détruire le code du travail et la sécurité sociale publique s’il était réélu ? En fait Sarkozy ne veut parler du travail que pour le surexploiter, le livrer aux actionnaires affamés, aux banksters et aux rentiers.

Tous les démocrates, tous les républicains, les humanistes qui refusent ces discours de division, de guerre civile, de déchiquetage de notre pacte républicain et social, ne peuvent accepter ce discours pétainistes de la part d’un Président de la République en mal de réélection. C’est grave ! C’est dangereux ! Il faut faire barrage à cet appauvrissement et utiliser le 6 mai le bulletin de vote F. Hollande.

Le 6 mai, battre Sarkozy Répondre

Le 24 avril 2012 @07h00

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Au premier tour de l’élection présidentielle, avec une large mobilisation des électrices et des électeurs, nos concitoyens ont fait connaître leur condamnation nette de la politique sarkozyste, leur rejet de l’Europe ultra-capitaliste, dont il est l’un des auteurs. Le rejet est si fort que, pour la première fois depuis le début de la cinquième République, un Président de la République en exercice n’arrive pas en tête du scrutin.

F. Hollande qui arrive premier de ce premier tour devient le candidat du rassemblement des forces progressistes pour battre nettement le 6 mai N. Sarkozy. Il bénéficie à la fois du rejet sarkozyste et aussi, dans les derniers jours, du vote des électrices et des électeurs, qui, tout en souhaitant ancrer la gauche plus du côté des aspirations en utilisant le vote Jean-Luc Mélenchon, ont choisi, au dernier moment, un vote qu’ils considéraient comme « utile », non pas forcément pour eux-mêmes, mais pour s’assurer que la gauche soit au second tour.

Le mécanisme même de l’élection présidentielle pousse toujours à de tels votes. Ceci ne change rien à la demande d’une gauche combative, menant une vraie politique de changement. Dans ce contexte, les résultats de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche sont très positifs. Le Front de Gauche progresse d’élection en élection depuis sa création. Il multiplie par près de six les résultats obtenus par Marie-George Buffet lors de la dernière élection présidentielle.

Cette alliance unitaire de la gauche du changement devient donc, avec près de quatre millions de voix, une force sur laquelle nos concitoyens pourront compter désormais pour faire gagner la gauche, surtout la faire réussir face aux puissances financières et aux autorités européennes.

Les souffrances, le désespoir ont conduit une masse importante -bien trop importante- des électrices et des électeurs à choisir l’extrême-droite pour se faire entendre. Face au rouleau compresseur de la mondialisation capitaliste, de l’Europe ultralibérale, nombre de nos concitoyens croient ainsi faire bouger les lignes. En fait, leur vote pousse malgré eux à droitiser encore les choix, à attiser les divisions et les haines, alors que les vrais responsables de la crise ne sont en rien inquiétés. En reprenant d’ailleurs les thèmes de l’extrême-droite, le Président de la République les a validés et poussés à grossir l’extrême-droite française de sinistre mémoire.

La cause des difficultés des familles, la désertification des campagnes, la destruction des services publics, la mise en cause du droit à la retraite à 60 ans, n’est pas à rechercher chez son voisin mais dans des choix politiques tous orientés vers la satisfaction des demandes des ogres de la finance.

Le 6 mai, le choix est donc simple. Soit, la reconduction du candidat des riches et des puissants qui aggravera encore la vie de chacune et de chacun. Soit, le rassemblement des forces progressistes et humanistes pour ouvrir une nouvelle page de notre République qui doit placer les urgences sociales en son cœur, refuser les diktats européens, progresser vers une nouvelle répartition des richesses, avec la justice sociale et fiscale, la défense des services publics, de nouveaux droits citoyens et le combat pour une politique agricole commune relevant les revenus paysans et installant des jeunes agriculteurs.

L’enjeu du 6 mai : battre N. Sarkozy et donner une chance au changement, avec le vote F. Hollande et la mobilisation populaire.