Inauguration de Village du monde: c’est la Fête Pour la liberté (vidéo) Réponse

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Inauguration du Village du Monde, le 11 septembre 201, en présence d’ambassadeurs de nombreux pays, avec pour invitée d’Honneur Haneen Zoabi, députée à la Knesset.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de mon discours :

Répliques pour la République 7

 

La surenchère ultra-droitière du Président de la République et de ses sbires politiques toute la semaine dernière est à la fois une stratégie de diversion et une nouvelle inquiétante inflexion des choix vers la droite extrême. Ils ont besoin de placer un épais écran de fumée sur l’affaire dite « Woerth- Bettencourt ». Celle-ci révèle en effet aux yeux d’une immense majorité de nos concitoyens de toutes opinions confondues que la République sarkozyste est loin d’être irréprochable. Ensuite, ceux qui ont pu croire au fameux mot d’ordre « travailler plus pour gagner plus » découvrent deux choses insupportables. D’abord la connivence du parti au pouvoir et des ministres avec les milieux d’affaires et les grandes fortunes à un point qu’ils n’imaginaient pas. Ensuite le fait que ces milieux de la haute finance bénéficient grâce à ce pouvoir de réductions d’impôts, alors que celles et ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre souffrent de plus en plus.

Refusant tout débat public et contradictoire sur des issues positives à la crise et voulant à tout prix imposer une attaque en règle contre le système des retraites, le chef de l’État cherche à  reprendre l’initiative pour déplacer les termes du débat politique. Une nouvelle fois, il prend prétexte de l’insécurité. Comme il en est le responsable depuis l’année 2002, on peut aisément lui rétorquer qu’il critique en quelque sorte ses propres choix, notamment ceux du tout répressif. Mais il a choisi cette fois délibérément de reprendre  des idées extrémistes du Front National. On peut se demander dans quelle mesure un Président de la République, garant de la Constitution et représentant des valeurs de notre République, peut s’autoriser de telles déclarations dans la France des Lumières ; de 1789 et du Conseil National de la Résistance. Sa réthorique est un mélange nauséabond de la France vichyste et Berluscono-Bushisme. Ses mots préférés semblent être désormais ceux de « guerre nationale ». Contre quel ennemi de l’intérieur ? L’étranger. La banlieue populaire est assimilée à la délinquance. Non content d’avoir depuis sept ans transformé chaque fait divers en proposition de loi, il se propose désormais de créer deux catégories de français. Ceux « de naissance » dit-il et ceux d’origine étrangère,  bafouant ainsi un principe fondamental énoncé à l’article 1er de la Constitution déclarant l’égalité de chaque citoyen devant la loi, sans distinction d’origine. Il veut encore modifier l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs qui a déjà été réformée… à sept reprises. De changement en changement, la justice n’aura plus la liberté d’apprécier le niveau des peines à infliger. Des normes policières suffiront.

Cette stratégie délibérée, décidée il y a quelques jours comme contre feu lors d’une réunion du bureau politique élyséen, a permis aux chiens de garde ministériels de monter encore la gamme. M. Hortefeux assurant le service après-vente, en ajoutant son odieuse pincée d’amalgame xénophobe, raciste et haineuse. Et un certain M. Ciotti, député UMP, demande, lui, d’emprisonner les parents qualifiés « d’irresponsables » lorsqu’ils ont des mineurs difficiles. Et le  sieur Besson en personne est chargé de traduire les nauséeux propos présidentiels et UMPéistes extrêmes droitiers dans une loi qui serait d’abord discutée par le Sénat. Mais devinez quand ? Le 7 septembre ! Pardi ! Le jour même du débat sur les retraites à l’Assemblée Nationale. Quelle belle logique à tout cela. Certains évoquent seulement l’idée d’une diversion. C’en est une certes ! Mais il ne faudrait pas croire qu’il ne s’agit là que de mots, de discours sans importance ou sans suite. Depuis le début du quinquennat, de glissades en glissades vers la droite, les lois ont changé dans un sens toujours plus liberticide. Et, de loin en loin, un climat de division, de méfiance, parfois de haine, est accrédité et validé au sommet même de l’État. C’est exactement le contraire de l’unité d’une République commune. Certes, les propositions émises sont, à ce jour, anticonstitutionnelles. Mais on n’a jamais tant modifié la Constitution pour modifier peu à peu notre régime politique.

 De même, on aurait grand tort de ne pas s’alarmer de la valse des préfets et leur remplacement par des super-policiers ; commandants de gendarmerie, de la DST ou du Raid. Les préfets, inventés par Napoléon au lendemain du coup d’État du 18 brumaire, étaient chargés de veiller à la mise en œuvre de sa politique. Le prétexte est l’insécurité, mais au moment où l’insécurité sociale va faire grandir la protestation sociale, ces préfets d’un nouveau genre auront pour mission de la combattre. Cette dérive ultra droitière est inquiétante à tous points de vue. Elle doit être combattue avec vigueur dans l’unité la plus large, par tous les républicains sans distinction d’opinion. De nombreuses organisations démocratiques et progressistes ont décidé ensemble, sur proposition de la Ligue des Droits de l’Homme, de répliquer le 4 septembre dans une grande manifestation partant de la République. Toutes celles et tous ceux qui ont la République au cœur feront tout pour en assurer le succès.

En même temps, si une guerre nationale devait être déclarée par l’État, ce devrait être un combat sans merci contre la pauvreté, le chômage et la mal-vie qui s’étendent.  La défense des services publics, la réhabilitation des quartiers populaires,  l’accès à l’éducation, à la santé,  au logement pour tous doivent faire l’objet de grandes batailles politiques.  Et le combat engagé pour défendre la retraite à 60 ans ne doit pas faiblir.

Nous le disons avec gravité. Attention ! Il y a danger ! Organisons les répliques indispensables pour la République.