Ils salissent l’honneur de la République ! 6

Concordance des temps troublés ou stratégie politique ? Je réponds tristement et gravement : stratégie. La pire qui soit ! Celle qui salit l’honneur de la politique, l’honneur de la République et du débat républicain.

Concordance des temps à quelques heures d’intervalle. La candidate de l’extrême-droite qui danse avec les loups néonazis à Vienne, relance une campagne sur la possibilité de ne pas avoir les signatures nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle. Cela fait deux élections présidentielles qu’on nous fait le coup ! Cela amuse et occupe beaucoup autour des micros et des caméras de la bien bien-pensance. Bien plus que le drame de celles et ceux qui dorment dans le froid et y perdent parfois la vie.

Quelques heures plus tard, un journal dit du dimanche et aussi de droite, très proche du palais, fait réaliser un sondage sur de fictives probabilités pour déclamer sur une pleine page de « Une », au côté de la photo elle-même pleine page de la dame de l’extrême-droite : « Et si elle n’était pas là », suivie de trois pages d’ouverture et de conjectures pour  expliquer aux possibles électeurs sarkozystes que sans elle, ils voteraient pour…  Sarkozy. Nous le savions déjà ! Mais il est bon de le leur rappeler au lieu de laisser agonir la gauche et notre ami Jean-Luc Mélenchon soupçonné d’avoir les mêmes électeurs.

Mais voilà que dans le même laps de temps, le ministre de l’Intérieur, devant un parterre de jeunes de la droite extrême, dans une réunion aux accents guerriers, baptisée : « Vaincre pour la France », lance pour bien convaincre ces électeurs qu’ils peuvent voter aussi Sarkozy, que : « pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas » et qu’il faut « protéger notre civilisation ».

Ceci après que le ministre de la Défense Longuet, soit allé chanter le chant de l’OAS, « le chant des africains » à Perpignan.

Tout cela n’a qu’un seul objectif : mobiliser la frange la plus droitière de l’électorat. Créer un climat de division, de haine et placer l’extrême-droite au cœur de la campagne électorale en lieu et place des problèmes quotidiens, du débat sur des hypothèses de sortie de crise, du progrès vers un monde plus juste, plus harmonieux, débarrassé du risque de guerre. Non, la stratégie est de placer une nouvelle fois, « l’immigration », « l’insécurité » au cœur de la campagne. Pas l’insécurité sociale et la justice sociale ! Pas non plus la sécurité des biens et des personnes qui ne cesse de reculer. On veut dans certains cercles faire croire que la démocratie est menacée parce que l’extrême-droite fait semblant de ne pouvoir avoir ses signatures ! La présence de la candidate de l’extrême-droite qui fait bal commun avec les nostalgiques du 3ème Reich, est-elle un gage de démocratie ? Et ne parlons pas de sa position sur l’avortement ou la peine de mort ! D’ailleurs, M. le ministre de l’Intérieur est trop fin pour confondre civilisation et choix de système politique, de régime politique. Depuis quand peut-on classifier des… civilisations par catégorie ? C’est insulter les cultures diverses de par le monde, des cultures raffinées, ouvertes, tolérantes. L’histoire de toute civilisation est toujours longue, compliquée, avec ses parts de lumière et de tragédies aussi. De l’Inquisition aux Croisades, des bûchers à la persécution des minorités, nous en savons quelque chose. N’est-ce-pas ? Alors ? Une campagne électorale ne saurait excuser  la reprise des concepts bushistes « du bien et du mal », de « la guerre des civilisations » au moment même où les peuples arabes cherchent les voies d’une nouvelle émancipation.

La course à l’extrême-droite défigure la République, salit le débat démocratique, abaisse et meurtrit des millions de nos concitoyens, à la veille du 50ème anniversaire de la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie.

A moins que l’on ait d’autres projets en sous-main. Car si « toutes les civilisations ne se valent pas », alors on peut ouvrir la porte à toute manipulation, toute aventure, toute justification de guerre intérieure ou extérieure. L’exact contraire de la… civilisation. Voilà leur abominable stratégie du choc !

Ce qui menace la civilisation c’est précisément l’intolérance, la décadence dans laquelle nous plonge le capitalisme que ni Madame de l’extrême-droite, ni monsieur de l’intérieur ne dénoncent jamais.

A moins que la violence des réponses à la crise annoncée par M. Sarkozy, le climat délétère et le climat de tension créé par les hommes du pouvoir ne cachent d’autres projets pour tenter de sauver les intérêts du capital et de la caste qui gouverne. Se présenter en « protecteur »  et agiter les peurs ne fait pas un programme « civilisé ».

.

Pour la mémoire des brigades internationales 4

Espagne, février 1936. Le Front populaire remporte les élections. Le général Franco prend la tête d’un soulèvement nationaliste qui déclenche la guerre civile en juillet. La quasi totalité des pays européens signent un pacte de non intervention, ce qui n’empêche pas l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste de soutenir activement le camp nationaliste.

Les antifascistes du monde entier s’organisent, les Brigades internationales, composées de volontaires venant de 53 pays, se battent aux côtés des Républicains de 1936 à 1938. Pour nombre d’entre eux au sacrifice de leur vie.

Afin de préserver la mémoire de ces Brigadistes internationaux, nous avons déposé la déclaration écrite suivante au Parlement européen.

.

0005/2012

Déclaration écrite sur la mémoire des Brigades internationales et de leur combat contre le fascisme en Espagne

Le Parlement européen,

– vu l’article 123 de son règlement,

A. Considérant la formation, il y a 75 ans, en octobre 1936, des Brigades internationales pour venir en aide au gouvernement élu démocratiquement en Espagne;

B. Considérant que les Brigades internationales se sont opposées au coup d’État du général Franco, qui recevait le soutien inconditionnel d’Hitler, de Mussolini et de Salazar;

C. Considérant que de 1936 à 1939, environ 35 000 volontaires de tous les continents se sont engagés en faveur de la défense de la République espagnole et ont, par conséquent, grandement contribué au combat contre le fascisme en Europe;

1. se félicite que tous les brigadistes encore en vie aient obtenu la citoyenneté espagnole à titre honorifique en 1996 et que le gouvernement français les assimile, en tant qu’anciens combattants, aux membres de la Résistance,

2. invite les États membres à préserver la mémoire des brigadistes internationaux dans leur pays d’origine, à ériger des monuments et des mémoriaux en hommage à leur combat et à rassembler des témoignages afin que les générations futures soient informées de la lutte qu’ils ont menée contre le fascisme en Europe,

3. charge son Président de transmettre la présente déclaration, accompagnée du nom des signataires, au Conseil, à la Commission, ainsi qu’aux parlements des États membres.

.