COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPÉEN (16-19 janvier 2012) 1

--Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg-- © Commission européenne

Le Parlement européen s’est réuni du 16 au 19 janvier 2012 à Strasbourg. Voici les principaux éléments discutés et votés lors de cette session.

Le Parlement européen change de Président

Un curieux accord lie les deux principaux groupes politiques du Parlement européen. Le Parti Populaire Européen (PPE) de droite et les socialistes européens du groupe Socialistes & Démocrates (S&D) se partagent la présidence pour la durée de la législature. Le Président sortant, M. Jerzy Buzek était issu des rangs du PPE, c’est donc le socialiste Martin Schulz qui a été élu ce mardi 17 janvier par 387 voix. C’est une majorité plus faible de celle de son prédécesseur qui avait obtenu 555 voix lors de son élection en juillet 2009.

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Des raisons d’espérer et d’entreprendre 1

Qui n’a pas été profondément choqué, ému et révolté de voir les larmes de colère des travailleuses de l’usine de lingerie Lejaby, jetées comme des kleenex après avoir fait depuis des décennies la fortune des  propriétaires de l’entreprise. Pour augmenter encore leurs profits, ils ont décidé de détruire la vie, l’avenir de ces ouvrières et de leurs familles en délocalisant la production afin de gagner une quarantaine de centimes d’euros sur un soutien-gorge qui est vendu quatre-vingt euros.

Quel violent contraste entre le sort réservé à ces femmes, véritables assommées sociales du capitalisme et le cirque de prestidigitateurs sarkozystes autour de l’emploi et de la « ré-industrialisation ». Les annonces et mises en scène du prétendu sommet anticrise de mercredi dernier frisent l’indécence totale. Le Président de la République n’y a redéployé que quelques maigres crédits qui n’auront aucun effet. Puis voici le lendemain M. Sarkozy dissertant tranquillement comme s’il n’était pas aux affaires depuis plus de dix ans, déclarant à Lyon : « Il faut à tout prix garroter la perte de sang industriel de la France ». Ce pourrait être risible, mais c’est trop grave venant d’un Chef de l’État qui a laissé supprimer neuf cent entreprises depuis cinq ans et sept cent cinquante mille emplois industriels.

Il se garde bien de rappeler sa promesse lancée sur France 2 en 2007, où il s’engageait « sur le plein emploi,  5% de chômeurs à la fin de son quinquennat ». Ils sont le double aujourd’hui ! Et chaque jour qui passe en Sarkozie en ajoute mille de plus. La semaine a été rythmée par des fermetures d’entreprises et des plans de suppressions d’emplois. Au drame Lejaby s’ajoutent ceux de Pétroplus et de Cofinoga. Quelle violence dans cette  opposition entre les paroles et les actes du bonimenteur qui occupe l’Élysée ! Rien d’étonnant quand tous ses choix politiques ont visé à satisfaire les puissances d’argent. Décidément, M. Sarkozy aura été le Président de l’austérité, du chômage et des déficits publics parce qu’il a choisi son camp, celui des très riches.

Un changement véritable à gauche passe par le refus de la soumission au monde de l’argent, de la finance spéculative et du capital international. L’une des priorités doit donc être de réorienter l’argent vers le travail, la rémunération juste du travail et le développement des activités. Que le candidat socialiste ait désigné cette finance prédatrice comme son « ennemie » dans son discours du Bourget est la manifestation des premiers effets positifs de la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour l’égalité,  la justice et un nouveau partage des richesses. On ne pouvait espérer meilleure reconnaissance de l’efficacité et de l’utilité des propositions  du Front de Gauche et du vote en faveur de son candidat Jean-Luc Mélenchon.

Le peuple de gauche sait d’expérience combien, face aux tenants de l’argent-roi, il faudra avoir de courage, d’audace, d”inventivité et d’ambition pour impulser un nouveau type de développement industriel et agricole, respectueux des hommes et de la nature. En mettant le bulletin Mélenchon dans l’urne, chacune, chacun pourra  librement et utilement exprimer son rejet de Nicolas Sarkozy et sa détermination de voir soustraits les systèmes productifs des griffes des rapaces de la finance et inventer un nouveau pôle  de crédit public. Il s’agit ni plus ni moins d’avancer vers une  sécurité du travail, mêlée à la formation et à la culture pour toutes et tous, le plein l’emploi en  impulsant  l’investissement dans le cadre d’une métamorphose environnementale, vers un  plus haut degré de civilisation.

Ceci nécessitera de mener bataille avec les autres peuples pour changer les statuts et les missions de la Banque centrale européenne qui doit avoir des objectifs humains et environnementaux pour critère de ses activités. Elle a vocation à terme de devenir une banque publique, au service de l’intérêt général et les banques nationales doivent pour l’essentiel être propriété sociale et publique au service de l’humain et non plus de la finance. Au-delà, on ne peut penser défendre la vie dans les territoires, réindustrialiser le pays, sans réfléchir à une appropriation sociale d’un type nouveau de certains secteurs décisifs de l’appareil productif et des services essentiels, tout en développant la coopération à l’intérieur de l’Europe.

Au lieu de poursuivre des délocalisations visant à amplifier la surexploitation chez nous et celle des travailleurs dans les pays du Sud pillés, agissons contre l’ultralibéralisme de l’Organisation mondiale du commerce et inventons un nouveau système de co-développement pour le travail, l’école et la formation, l’échange culturel, en particulier  avec les pays arabes qui cherchent les voies de leur émancipation. Ce sont des protections communes aux salariés et aux populations des deux rives de la Méditerranée qu’il faut inventer dans la solidarité. Évidemment, la mise en œuvre et la réussite d’une politique de gauche passent  par le refus clair et net du projet de nouveau traité européen voulu par M. Sarkozy et Mme Merkel et une émancipation des critères ultralibéraux des traités de Maastricht et de Lisbonne.

En définitive, il faut viser  une sécurité au travail pour tous les individus où qu’ils vivent avec un changement profond du sens et de l’exercice de ce travail, et sa juste rémunération. Telle est, selon nous, la voie de l’efficacité économique et sociale pour sortir de la crise.

Nous avons la conviction que l’amplification de la campagne rassembleuse du Front de Gauche, au  cœur de la gauche,  va encore la faire bouger toute entière pour mieux répondre aux attentes du monde du travail et de la culture. C’est la condition d’un succès durable. Plus que jamais c’est Jean-Luc Mélenchon, avec toute la gauche et l’écologie politique,  contre l’assommoir social.

Démocratie et libertés menacées en Hongrie : l’Union européenne doit se placer du côté du peuple 3

V. Orban, Premier ministre de Hongrie, est venu “justifier” devant le Parlement européen les dérives autoritaires qu’il impose au peuple hongrois. L’Union européenne doit avoir le courage d’agir et se placer aux cotés du peuple.

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Contre le déclassement, changer de système Répondre

Que les dirigeants des pays européens aient pu laisser trois agences de notations, liées aux milieux d’affaires, peser sur les orientations politiques et économiques, constitue une démission sans nom, une forfaiture. Voici que l’une de ces sévères “notatrices”, liée au capital nord-américain, sanctionne la politique de M. Sarkozy. Preuve que le Président de la République ne protège pas la France. Preuve aussi que ses discours sur ” la moralisation du capitalisme” ne sont que du vent.

Pourtant, c’est ce même M. Sarkozy qui avait répété ces dernières années que la notation dite “triple A” était si précieuse que pour la préserver il a, contre l’opinion majoritaire des citoyens français, démembré le droit à la retraite à 60 ans, abaissé les niveaux de protection sociale, attaqué violemment les services publics, obligé les familles populaires à se serrer toujours plus la ceinture.

Preuve vient d’être administrée que rentrer dans le jeu des marchés financiers et tenter de répondre sans cesse à leurs exigences revient à placer nos concitoyens dans une broyeuse sans fin de leur salaire, de leur retraite, de leurs droits sociaux, démocratiques et politiques. Une réflexion nouvelle vient immédiatement à l’esprit : il ne peut y avoir de réponse authentiquement de gauche si on se moule dans le modèle du capitalisme financiarisé et mondialisé. Plus le pouvoir de droite et les dirigeants européens imposent l’austérité, plus la finance en réclame et plus la crise s’aggrave. Quelle que soit la couleur politique des gouvernants qui l’appliquent, parce qu’ils font souffrir leurs populations, ces dernières les chassent à la première occasion comme dernièrement en Grèce et en Espagne. Mais en guise de changement, les Grecs et les Espagnols ont maintenant encore plus d’austérité, avec plus de chômage et de précarité, certes avec des têtes nouvelles au sommet des Etats. De cette vis sans fin vers le malheur et la désespérance, il est plus que temps de sortir. C’est pour y contribuer qu’existent le Front de gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon.

Eux seuls ont le courage et l’honnêteté de dire que l’austérité n’est pas le moyen de réduire les dettes. Elle en produit et les aggrave sans cesse. M. Sarkozy, ce  grand pourfendeur de déficits, aura réussi cet incroyable et pitoyable exploit de créer à lui seul autant de dettes que les quatre Présidents de la République qui l’ont précédé. Lorsqu’il s’est installé au Palais de l’Elysée en 2007, l’endettement du pays était de 700 milliards d’euros. Aujourd’hui il est de 1600 milliards. Non pas parce qu’il a amélioré les services publics ou la protection sociale. Il les a dégradés. Par contre, il a multiplié les cadeaux aux plus fortunés et au grand capital, tout en réduisant l’activité économique. Il voudrait nous faire croire qu’il n’est pour rien dans la dégradation de la note qu’il présentait encore il y a peu comme une catastrophe à éviter à tout prix, devenue de peu d’importance aujourd’hui qu’elle est là. N’en déplaise à cet illusionniste, la chose est grave. Très grave. Dans l’actuel système, elle oblige notre pays à emprunter à des taux d’intérêt plus élevés. Tout risque encore d’augmenter, avec des  souffrances sociales insupportables.

Le Premier ministre, comme d’habitude, appelle à un tour de vis supplémentaire au nom de la “compétitivité “. Avec d’un côté, une ponction sur le consommateur avec “la TVA-vie chère”. De l’autre, une diminution des salaires. Certains ministres proposent même de supprimer la cinquième semaine de congés payés. Or, dans toute l’Europe l’expérience montre que plus l’austérité est sévère, plus la crise s’aggrave et plus les difficultés s’accumulent, plus la dette grossit. Elle augmente parce que l’économie est étouffée et que les banques ponctionnent des intérêts sur cette dette devenue insupportable pour les Etats et la société toute entière.

S’attaquer à la dette appelle de tourner le dos à ces choix. C’est en effet le développement économique et social qui permettra des rentrées financières et de relancer la production et l’emploi. Il faut une réforme fiscale progressiste pour la justice et une transformation  du système bancaire qui doit cesser d’être un outil de pompage des ressources du travail, des Etats, des collectivités territoriales et des institutions publiques. Il s’agit de mettre ces outils au service du développement humain, social et écologique grâce à l’utilisation d’un crédit peu cher, dès lors qu’il sert le travail, la création, le progrès social et écologique. Pour y parvenir, -condition d’une indispensable souveraineté économique- il devient nécessaire que le système bancaire soit sous contrôle citoyen. Autrement dit, il est indispensable de socialiser les banques et les institutions financières, tout en menant bataille en Europe pour changer le rôle de la Banque centrale européenne de telle sorte qu’elle se mette au service du bien commun et non plus de la rapacité des fonds financiers des banques privées.

C’est l’opposé de ce que tentent d’imposer M. Sarkozy et Mme Merkel avec le projet d’un nouveau traité européen austéritaire. M. Sarkozy avait déclaré qu’il était le point de départ d’une « nouvelle Europe ». Il n’a pas dit pour qui ! Pour les voraces de la finance ? Certainement ! On voit mieux aujourd’hui la nocivité des orientations euro-capitalistes de ce texte, aggravant considérablement les critères antisociaux du traité de Lisbonne, déjà majoritairement rejeté en 2005 par le non au référendum. Le caractère dérisoire des sommets franco-allemands à répétition saute aux yeux. M. Sarkozy y aligne nos droits sociaux sur les choix extrêmement durs que subissent les travailleurs allemands, sans pour autant enrayer la crise, bien au contraire !

 Ce n’est pas en livrant la France, pieds et poings liés à la finance qu’on en sortira. C’est en engageant un processus populaire et démocratique qui s’en émancipe en misant sur “l’humain d’abord”.