Un pas historique 3

Une très bonne nouvelle nous parvient  du Caire. Les responsables palestiniens du Fatah et du Hamas ont décidé de s’entendre et de former ensemble un gouvernement provisoire, chargé de gérer la Palestine et d’organiser les élections législatives et présidentielles, prévues à l’automne prochain. Comme dans d’autres pays arabes, la jeunesse a été à la pointe de la demande d’unité particulièrement à Gaza.

Si cela se concrétise, un pas décisif, un pas historique supplémentaire serait accompli dans le formidable tourbillon émancipateur qu’est en train de vivre cette région. « Enfin » ! Dirons-nous avec des millions d’individus de par le monde qui l’attendaient depuis longtemps. Cela aurait de multiples conséquences.

Cela ouvrirait la voie à un nouveau débat démocratique à l’intérieur de la société palestinienne, débouchant sur l’élection des députés au Conseil législatif palestinien et du Président de l’autorité palestinienne qui pourrait devenir le premier Président de Palestine, d’un Etat palestinien indépendant, démocratique, pacifique.

En effet l’unité palestinienne permettrait la reconnaissance par l’Organisation des Nations-Unies de l’Etat palestinien. La France doit désormais le faire sans attendre. L’Union européenne aussi. Je l’ai demandé en séance publique du Parlement européen à Mme Asthon, la haute représentante de l’Union européenne, le 9 mars dernier.

Avec force des intellectuels s israéliens, parmi les plus prestigieux, l’ont réclamé dans un vibrant appel il y a quelques jours.

En dénonçant ce projet d’accord, la direction israélienne montre qu’elle  veut que rien ne change dans cette région du monde. Elle s’en trouvera encore davantage isolée sur ses positions injustifiables. Contrairement à ce qu’elle prétend, on peut raisonnablement penser que sous la pression populaire, ce n’est  pas l’intégrisme qui est en train de gagner.

En vérité, le gouvernement de l’ultra-droite israélienne sait que la reconnaissance de l’Etat palestinien par l’ONU changerait beaucoup de choses. L’occupation des territoires palestiniens, devenu pays souverain, ferait automatiquement encourir à Israël des sanctions internationales effectives. Les demandes, maintes fois répétées en vain, sur l’application des multiples résolutions de l’ONU, changeraient de nature.  Il en serait aussi fini des tentatives de marchandage pour s’accaparer des territoires. Fini de l’implantation de colonies en échange de promesses de paix jamais tenues. Rien ne serait plus comme avant. Des crimes de guerre perpétrés à Gaza au blocus, de la colonisation à l’élévation du mur jusqu’à l’emprisonnement de citoyens et d’élus palestiniens, tout cela deviendrait intolérable pour une majorité de la population mondiale et indéfendable à Washington comme à Bruxelles.

D’autre part, un rapport des Nations-Unies considère que, désormais, les conditions économiques d’un Etat viable en Palestine sont réunies.

Enfin, les mouvements d’émancipation démocratique en cours dans les pays du Maghreb et du Makrech pousseront peut-être les chancelleries nord-américaine et européenne à rechercher enfin la solution pour la coexistence de deux Etats, vivant en paix et dans la sécurité, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine.

Cette évolution est partie intégrante du « Printemps arabe ». Elle est aussi peut-être l’une des conditions de sa réussite.

Les élections en Palestine doivent pouvoir se tenir avec tous les représentants du peuple, à commencer par tous les parlementaires aujourd’hui incarcérés, à commencer par Marwan Barghouti. De sa prison, celui-ci avait fait signer le premier appel à la réunification palestinienne à tous ses camarades, de toutes les tendances de l’OLP.

Nous aussi citoyennes, citoyens, attachés à la paix, à la démocratie, nous pouvons agir pour aider l’histoire à faire ce pas décisif, ce pas historique de la création d’un Etat palestinien, démocratique, composé de tout son peuple, c’est-à-dire avec le retour des réfugiés, si longtemps espéré.

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Membre de la délégation du Parlement européen chargée des relations avec le Conseil législatif palestinien, j’ai participé fin 2010 à une mission à Gaza et en Cisjordanie. Pour lire la déclaration de la délégation suite à cette visite cliquez ici.

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La recherche d’un autre avenir 3

Dans un an, jour pour jour, le premier tour de l’élection présidentielle aura rendu son verdict. Le Président de la République est déjà en campagne électorale pour sa réélection. Il l’est en fait depuis son sévère  échec des élections régionales. Il a commencé par les coups de menton de son discours nauséabond de Grenoble qu’il n’a pas pu traduire dans la législation puisque le Conseil constitutionnel en a déclaré la majeure partie anti… constitutionnelle ! Un Président de la République, garant de la Constitution, violant la loi sacrée, cela ne s’était vu  que dans les républiques bananières. Sa stratégie, à mille lieues des réponses à apporter aux terribles souffrances sociales et au légitime besoin de sécurité, aura fait le lit de l’extrême-droite et  réussi le tour de force de placer cette dernière devant lui dans de nombreuses enquêtes d’opinion. Déjà, les candidats du Front National auront fait un score élevé aux récentes élections cantonales.

Vouloir ériger  la division du peuple, la recherche du bouc émissaire et la peur permanente en méthode de gouvernement produit le pire. On ne sert pas impunément les  plus fortunés en appauvrissant  toujours plus ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre, qui sont privés d’emploi.  Violer le vote « non » à la Constitution européenne en imposant le Traité de Lisbonne a inévitablement de graves conséquences. Promettre de moraliser le capitalisme, alors que les banques recevaient des millions d’euros par tombereaux entiers, ne peut que disqualifier l’action politique et profiter aux extrémistes démagogues, racistes et xénophobes. M. Sarkozy a ajouté une crise démocratique, morale, à la crise sociale, économique et écologique.

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Un espoir pour Mumia Abu-Jamal 3

Une bonne nouvelle vient de nous parvenir des Etats-Unis : la cour fédérale de Pennsylvanie a décidé hier,  mardi 27 avril, de suspendre la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal, le symbole de la lutte pour l’abolition  de la peine de mort.

Depuis pas loin de 30 ans, Mumia vit une vie qui n’y ressemble pas, enfermé dans le sinistre couloir de la mort de la prison du comté de Greene, condamné par un juge ouvertement raciste, pour un meurtre qu’il nie et dont les « preuves » apportées par la justice américaine sont plus que discutables. Mais Mumia, fidèle à son caractère militant (il fut journaliste membre des Black panthers), ne s’est jamais laissé abattre, et depuis sa minuscule cellule lutte pour que justice lui soit rendue, à lui, mais aussi à tous les autres condamnés à mort.

Hier donc, la cour fédérale d’appel de Pennsylvanie a estimé que les instructions données aux jurés lors du procès en 1982 par ce fameux juge, étaient formulées de façon à les dissuader d’accorder à Mumia des circonstances atténuantes. Au point où en est Mumia, menacé de mort, il serait inopportun de faire la fine bouche et de n’y voir qu’une demi-victoire. Mais nous souhaitons que cette victoire, si pleine soit elle, ne soit que la première marche d’une échelle dont la seconde serait l’annulation pleine et entière de la condamnation à mort de Mumia, la troisième l’abolition de la peine de mort aux Etats-Unis,… et jusqu’à la dernière : l’abolition universelle de cette tache honteuse sur le visage de l’humanité.

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Bon anniversaire Salah 13

On a du mal à le croire et pourtant, à l’âge d’étudier ou de travailler, à l’âge de découvrir la vie ou d’aimer, toi tu es enfermé dans une prison israélienne par la volonté d’un pouvoir qui porte le visage de la haine et de son injuste justice. Enfermé parce que tu aurais eu une intention. Une intention ! Dans un tribunal militaire d’un gouvernement colonisateur, dépêchant chaque jour en Palestine ses meutes de policiers et de militaires pour traquer des jeunes, des travailleurs, des femmes parce qu’ils se déplacent voir des amis, vont au travail, regardent des sites internet ; on lit dans les cerveaux prétendument ennemis…. des « intentions ».

Nous savons que tu es courageux. Nous savons que tu te bats, que tu lis beaucoup, que tu réfléchis, que tu te tiens au fait de l’actualité de ce monde en bouleversement. D’ailleurs tout bouge autour de toi. Tout bouge pour nous tous. Tout nous oblige à repenser ce monde ; tu ne seras pas de trop pour nous aider. Nous avons besoin de toi libre pour construire le monde à la façon des femmes et des hommes et non plus sous la dictée des colonisateurs et des financiers. La jeunesse des pays arabes brave des dictateurs et réclame la justice et le droit. Ceux qui te gardent indûment dans cette geôle feraient bien de l’entendre et de prendre les devants en te libérant sans attendre.

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Augmenter les salaires, baisser les prix ! 2

Il faut décidément être hors de la vie réelle,  celle que vit l’immense majorité de nos concitoyens pour parler comme le font les représentants de la grande oligarchie française. Le PDG de la firme Total annonce sans frémir que le litre de carburant va atteindre deux euros. Son groupe a réalisé plus de dix milliards de profit. Il en demande plus ! L’État ne dit pas non puisque, du même coup, il prélèvera davantage de taxes. La majorité de celles et de ceux qui se rendent aux pompes perçoivent le SMIC et très souvent en deçà du SMIC. Notre PDG, lui, gagne deux millions cinq cent mille euros par mois !

Au cours d’un dialogue avec des auditeurs à France Inter, la semaine dernière, la ministre de l’économie et des finances répondit fièrement à une dame qui lui faisait remarquer qu’elle ne gagnait que 800 euros par mois « qu’elle devait être contente car elle allait toucher une augmentation de 2% ». Bigre ! 16 euros de plus qu’elle a déjà largement dépensés en augmentations de prix alimentaires et de carburants. Mais, on n’avait pas tout vu ! Répondant à un autre auditeur s’inquiétant de la persistance et de l’aggravation de la crise en Europe, particulièrement en Grèce, au Portugal, en Irlande, la ministre, cette optimiste béate, lâcha tout de go, l’air enjoué : « ne vous inquiétez pas, nous disposons d’un fonds d’aide de 500 milliards d’euros ». Il n’y a que 16 euros pour celle qui gagne 800 euros et il n’y aurait que 2% d’augmentation automatique du SMIC pour l’immense majorité des travailleurs, mais il y a un fonds de 500 milliards d’euros quelque part. Incroyable, mais vrai !

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