Remaniement : le maquillage de la faillite politique de Sarkozy 6

Le président de la République vient de se livrer à une incroyable opération de maquillage de ses propres faillites à propos des formidables mouvements populaires dans les pays Arabes. Il semble soudain découvrir la force et la lucidité des peuples qui ont entamé des processus révolutionnaires depuis le mois de décembre en Tunisie et qui se répandent désormais partout. Normal le pouvoir Sarkozyste était du côté des dictateurs. Aujourd’hui même il n’a pas eu un mot pour les Libyens dont le sang coule à cause de l’utilisation d’armes fournies par des pays européens ; pas un mot pour les Tunisiens qui ont obtenu le départ de leur premier ministre lié à Ben Ali. Lire la suite

LE MAUVAIS COUP D’OBAMA 7

 

Au cœur du printemps des peuples arabes M. Obama vient de rendre un très mauvais service à la cause de la sécurité de la paix en opposant son veto au Conseil de Sécurité des Nations Unies sur un texte qui stipulait : « les colonies La suite

NE PAS SE LAISSER DEPOSSEDER 5

Le débat politique dans notre pays serait-il tombé si bas que la dame, devenue porte-paroles de l’extrême-droite, peut déclamer avec assurance, sans être contredite à droite : « Encore un effort Monsieur Copé ! Encore un petit débat, un petit blabla sur l’islam, la laïcité, et je pense effectivement que nous pourrons terminer à la présidentielle à  25% » (France-Info, le 18 février 2011). Le même jour, un quotidien publiait sur commande un sondage qui, par hasard, montre que dame Le Pen arriverait en troisième position à l’élection présidentielle. Qui joue ? Qui a intérêt à jouer ainsi avec le feu brunâtre dégageant une puante fumée ?

Faute d’apporter des solutions aux difficultés des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, des mal logés, des petits paysans, des retraités, M. Sarkozy a décidé depuis des mois de cultiver le fumier de la sinistre extrême-droite. A-t-on d’ores et déjà décidé en haut lieu de jouer un coup de poker en utilisant et en rendant toujours plus visible l’épouvantail de l’extrême-droite ? Après le débat sur l’identité nationale, l’agitation de la burqua, les grossières manœuvres racistes contre les Roms, la fabrication d’une multitude de lois sécuritaires qui n’ont pas fait reculer l’insécurité, puis les attaques contre les enseignants ou les magistrats, voilà que l’on nous concocte de toutes pièces un débat sur l’islam et la laïcité. Tout ceci se déroule avec un fond de tableau, où mois après mois, au sommet de l’Etat, on se comporte comme une caste défigurant la République. L’hôte de l’Elysée s’est rendu, il y a quelques jours, à une réception d’un club dit du « premier cercle », qui est le rassemblement de tous les fortunés de ce pays qui versent de l’argent à l’UMP. Ce soir là M. Sarkozy leur a redit à quel point ils étaient ses amis, leur a promis de passer un coup de rabot sur l’impôt sur les grandes fortunes. Puis après le scandale Woerth-Bettencourt, la ministre des affaires étrangères est empêtrée dans des histoires de voyage en Tunisie, payé par des proches de M. Ben Ali, avec qui la famille faisait des affaires.

Au-delà les mensonges répétés depuis des années et des années sur le travail, les salaires, les impôts, la croissance, produit des désastres. Une majorité de nos concitoyens a de plus en plus conscience qu’au-delà des discours de campagne électorale, la politique se fait sans eux, mais surtout contre eux. Les sociétés cotées en Bourse annoncent encore cette semaine des records de profits pendant que celle ou celui qui n’a que son travail pour vivre, qu’il soit cadre, ouvrier, employé, paysan ou artisan, s’appauvrit chaque jour un peu plus et est menacé par le chômage et  la précarité qui touchent plusieurs millions de personnes. Autant de marques d’un déclassement social d’un monde du travail et de la création  qui cherche des issues progressistes à sa situation. Ce n’est pas l’actuel méli-mélo médiatico-politique des élections présidentielles qui peut aider à en trouver les indispensables chemins. On ne peut accepter ce détournement, ce  vol du débat. Au moment même où les peuples arabes revendiquent avec courage leur liberté, leur émancipation, la création d’états de droit, sans domination religieuse, M. Sarkozy et Mme Le Pen, créent artificiellement ce débat sur l’Islam en France comme dans une compétition où le choix ne serait qu’entre eux. D’un autre côté, les moulins à vent médiatiques ont tourné toute la semaine autour d’un nouveau concept, celui d’un « candidat non déclaré »d’un virtuel candidat socialiste. Il a la particularité de ne pas parler de cela et d’être le directeur général du Fonds Monétaire International, qui, de connivence avec l’actuel président du G20, M. Sarkozy, gère paraît-il les affaires du monde avec le succès que l’on sait. Un chômage mondial et des inégalités qui explosent, une spéculation monétaire qui tue l’industrie et affame les peuples. M. Strauss-Kahn peut bien parler de “monsieur tout le monde”, évoquer « les souffrances sociales », il ne nous a pas échappé que le FMI est associé, voir pilote des plans d’austérité partout et est un fervent défenseur de ces traités européens qui au nom de la concurrence et de la compétitivité démolissent les services publics, détruisent l’emploi, et serrent la vis aux rémunérations salariales. Il est sûrement d’accord avec M. Trichet, le président de la Banque centrale européenne, qui n’a pas de problèmes de fin de mois et explique  que «augmenter les salaires serait la dernière bêtise à faire ».

Enfermer le débat dans un cercle infernal, c’est boucher tout avenir à notre peuple et à la société.

Les forces progressistes, associatives, syndicales, celles du Front de Gauche d’abord ont une grande responsabilité. Elles doivent refuser de laisser enfermer le débat politique dans le cadre d’un tripartisme avec comme seul arbitre épouvantail, l’extrême-droite, pour pousser au vote utile. Autant dire à tuer tout débat et toute alternative. Elles doivent parallèlement aider nos concitoyens à se mobiliser afin de  défendre leurs droits sociaux et démocratiques, sans cesse menacés et pour élaborer un programme de changement qui doit commencer par revenir sur toutes les décisions négatives prises par la droite ces dernières années. En soi, c’est déjà un énorme chantier. Il ne serait possible de le mener à bien que dans le cadre d’un nouveau rapport de force au service des travailleurs, des privés d’emploi, contre le caste de l’argent et pour commencer à agir pour changer les politiques européennes qui constituent des carcans contre tout changement progressiste.

Ceci commence dés les prochaines élections cantonales dont le premier tour aura lieu dans un mois. Celui-ci sera l’occasion,  avec le bulletin de vote des candidats du Front de gauche, pour dire ce qu’on a sur le cœur, pour crier sa révolte, son désir de se débarrasser de la droite, de  barrer la route à l’extrême-droite et peser pour un nouveau pacte social et progressiste d’une gauche ancrée sur les réponses à apporter aux attentes et espoirs populaires. Aidons partout à ne pas se tromper de colère.

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Le défi agricole et alimentaire 2

Le salon international de l’agriculture se tient à un moment très particulier où les enjeux agricoles et alimentaires sont à la croisée des chemins.

D’un côté, une hausse des prix alimentaires qui provoque insurrections et émeutes de la faim. De l’autre, des agriculteurs de plus en plus appauvris et en difficulté. D’un côté, des agriculteurs surendettés, surexploités qui vendent à bas prix depuis des années les fruits de leur travail. De l’autre, des ouvriers, des employés, des chômeurs qui ont de plus en plus de difficultés à acheter une alimentation de plus en plus chère.

D’un côté, des projets technologiques et un savoir faire des paysans, capables de nourrir largement tous les habitants de la planète. De l’autre, ce soir, au moment du dîner, il y aura 220 000 personnes supplémentaires autour de la grande table de l’humanité. Et demain soir 220 000 de plus encore. Combien d’entre eux s’installeront devant une assiette vide ?

D’un côté, de plus en plus de gens qui souffrent de la famine. De l’autre, cette aberration de cultiver de la terre pour mettre les céréales dans le carburant des voitures. Ainsi, aux Etats-Unis, sur 415 millions de tonnes de céréales récoltées en 2009, le quart a été transformé en éthanol. De quoi nourrir 350 millions de personnes pendant un an.

Décidément, le monde ne tourne pas rond ! Ce n’est pas un phénomène naturel. La crise agricole et alimentaire n’est pas le résultat de problèmes techniques. C’est le résultat d’un système politique et économique dont le moteur est l’argent, toujours l’argent, rien que l’argent. Pour eux l’alimentation ne sert pas à nourrir les êtres humains. C’est une marchandise pour faire de l’argent. Aberrant ! Abject ! Aujourd’hui des grandes banques, des fonds financiers investissent massivement sur les matières premières agricoles pour spéculer. Elles achètent des masses virtuelles d’aliments ou de carburants pour faire monter les prix et revendent. Un marché irréel qu’on pourrait baptiser de la « spéculation alimentaire » se crée. Résultat : des enfants, des gens de plus en plus nombreux meurent de faim, tandis que des banques se goinfrent en pariant comme au casino sur la valeur des produits alimentaires.

Nous avons à faire à un système non seulement inhumain mais criminel. Quel tribunal de l’histoire jugera cela ? Et le monde de la finance est d’autant plus coupable qu’il sait bien que le monde se confronte à de nouveaux défis dont ceux de l’augmentation de la démographie, l’augmentation de la consommation alimentaire dans un certain nombre de pays, dont la Chine.

Une trop grande conversion des terres cultivées pour des usages non agricoles, les expansions urbaines, l’augmentation du nombre d’automobiles qui induit plus de construction d’autoroutes ou de parkings. A cela s’ajoute des orientations économiques négatives qui ont des conséquences tout aussi négatives sur l’environnement comme par exemple la déforestation pour produire de l’huile de palme, l’érosion des sols, l’épuisement de certaines nappes phréatiques à cause de pompages excessifs qui empêchent le renouvellement des eaux, la hausse des températures qui réduit des rendements.

Ce contexte aiguise encore plus le vorace appétit des spéculateurs. Ceci n’est pas le résultat du hasard. C’est le résultat de la déréglementation économique et sociale décidée par les droites mondiales et les institutions européennes au Fonds Monétaire International. Il est urgent de changer de logique.

D’abord les concepts de sécurité doivent être repensés. Cela induirait un transfert des dépenses militaires vers la lutte contre le réchauffement climatique ou pour défendre les ressources en eaux ou préserver les sols.

Pour mettre fin à la spéculation il faut s’y attaquer radicalement. Donc l’interdire. L’alimentation est un bien public indispensable à la vie. Sa production comme sa circulation doivent être sanctifiées comme telle. Il faut donc interdire que les banques, les fonds financiers s’en emparent pour faire de l’argent. Et dans le même mouvement, il devient indispensable que la branche de l’ONU, spécialisée dans l’agriculture et l’alimentation, la FAO, dispose du pouvoir de reconstituer et de contrôler des stocks agricoles publics de régulation des marchés. Dans le même mouvement, elle doit inventer des mécanismes incitatifs pour valoriser des agricultures vivrières liées aux territoires. De manière générale, les politiques publiques doivent s’efforcer de rapprocher les lieux de production des lieux de consommation en réduisant les monocultures sans assolement. Un nouveau type de production est à inventer, y compris dans le pourtour de grandes zones urbaines.

Au moment où s’engage un processus de discussion sur la nouvelle réforme de la Politique agricole européenne, ces enjeux doivent être mis sur la table. Le monde est à un tournant de son histoire où la production agricole, le type de développement agricole, la rémunération du travail agricole, le système agro-alimentaire et la qualité alimentaire doivent être placés au premier rang des réflexions des politiques publiques. Mais l’agriculture ne peut pas répondre aux multiples besoins de société que génère son activité : alimentation, vie des territoires, emplois, qualité alimentaire, vie des sols, biodiversité, environnement, qualité des eaux, etc, sans que les fonctions de production et les fonctions au service de l’intérêt ne soient correctement rémunérées. Il est tout à fait révoltant que des couples, des jeunes agriculteurs gagnent moins de 1000 euros par mois. Des prix de base pour une quantité de base de production doivent donc être institués dans le cadre de la Politique agricole commune. Les prix des produits industriels nécessaires à la production agricole doivent être bloqués et indexés sur les prix de vente des productions agricoles.

De même, le libre échangisme intégral dans le cadre de la mondialisation capitaliste est destructeur des hommes et de la nature. Il faudra donc bien revenir à des mécanismes de taxation aux frontières avec pour objectif d’améliorer les droits sociaux et l’environnement partout sur la planète. Ce serait l’un des outils pour faire vivre le concept de « sécurité et de souveraineté alimentaire ». Nous parlons ici de l’un des enjeux essentiels pour l’avenir de l’humanité. Il ne faut pas le laisser aux marchands, aux oligarchies de toute sorte, aux financiers. C’est ensemble, agriculteurs, consommateurs, chercheurs, salariés des industries agro-alimentaires, et au-delà tous les citoyens qui doivent s’emparer du défi agricole et alimentaire. Nous parlons ici d’un bien commun de l’humanité.

Retour sur notre voyage en Tunisie 5

Avertissement ! Cette note est un petit compte rendu simple, imparfait, pour répondre à la demande d’informations. Elle ne prétend pas être complète. Elle est rédigée pour favoriser le débat et la solidarité.

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Dès les premiers pas sur le sol tunisien, on sent flotter un air de liberté. Un minimum de contrôle à l’aéroport. Des douaniers ou des hôtesses heureux que des élus de France viennent rendre visite au peuple tunisien et à sa révolution. Avec Annie David,  Odette Terrade, sénatrices, et Jacques Fath, responsable des relations internationales du PCF, ce mercredi 9 février nous nous sommes informés de la situation auprès des partis et mouvements progressistes, associations, intellectuels. D’autres viennent paraît-il à Tunis simplement pour fréquenter le palais officiel ! C’est le peuple qui fait la révolution, c’est lui qu’il faut écouter et entendre. C’est notre choix.

A peine sortis de l’aéroport, nous sommes accueillis par des militants, des amis heureux, joyeux, libres, eux qui ont connu hier la prison et la clandestinité, mille peines, mille souffrances, mille brimades. C’est le cas de Hamma Hammami, porte-parole du Parti Communiste Ouvrier Tunisien. Un homme d’un courage extraordinaire, raffiné, intelligent, en osmose totale avec les travailleurs, la jeunesse de son pays. Il nous dit combien il a beaucoup appris de sa période de clandestinité, où des familles le cachaient, le protégeaient, parfois des mois durant. C’est là qu’il a senti maturer la force du rejet de Ben Ali et les prémices de la révolution.  Rencontrer, écouter ces militants politiques, comme la dynamique association des Femmes Démocrates, la studieuse et précieuse Ligue des Droits de l’Homme, de Taoufik Ben Brik qui maintenant met la révolution en mots, en prose, l’infatigable avocate, Radhia Nasraoui à l’extraordinaire courage, ou l’écrivain Fahem Boukadour,  c’est se rendre compte de la somme de leurs souffrances, endurées depuis tant d’années, mais aussi de leur incroyable force et courage, leur ténacité, leur droiture au service de leurs compatriotes. Mais c’est aussi partager le miel de leur bonheur et cette part de lucidité indispensable à toute œuvre révolutionnaire. Pas plus là qu’ailleurs la révolution n’est le grand soir. Elle est certes le grand jour de la liberté. Elle commence pour les médias un jour en décembre, mais elle est un processus. Elle n’est pas venue seule. Elle n’a pas éclos en un jour. Elle a maturé dans une double combinaison de luttes sociales et d’actions pour la démocratie depuis des années. La grossesse a été longue. Douloureuse aussi. Elle a trop été cachée par le maelström médiatique, derrière le tablier de tant d’excuses envers le régime Benaliste.

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