Purge sociale européenne 3

 

Combien de fois les promoteurs du traité de Lisbonne n’ont-ils pas expliqué, avec morgue et suffisance, que leur texte était si sacré qu’il était intouchable ? Intouchable ! Evidemment, s’il s’agissait d’y inclure le moindre progrès social ou démocratique. Or, voilà que subitement le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, engage une procédure pour modifier ce traité, de telle sorte qu’il devienne encore plus un instrument d’application de sacrifices décuplés pour les peuples.

Il décide de pérenniser le fonds dit « de stabilité financière » et, décision gravissime, de le placer sous la tutelle du FMI. Ce fonds ne servait jusqu’ici qu’à mettre de l’argent public sur la table -440 milliards d’euros pour l’instant- pour permettre aux Etats, pillés par les réductions d’impôt sur le capital et les taux d’intérêt bancaires usuraires, de rembourser les banques qui les pratiquent, tout en continuant d’abaisser les impôts des plus fortunés et d’appliquer de véritables purges sociales à tous les autres. Aux mesures en cours, comme la casse des systèmes de retraite, le blocage ou la baisse des rémunérations du travail, les hausses d’impôts indirects, la réduction de l’emploi public, les privatisations, dans tous les pays européens, va s’ajouter la violence de nouveaux plans de super austérité.

La modification du traité de Lisbonne, à l’instigation de Mme Merkel et de M. Sarkozy, vise à permettre à la Commission de Bruxelles et au Conseil européen de s’ériger en police de la mise en œuvre de ces programmes d’appauvrissement des peuples et en tribunal d’application des peines. Celles-ci prendront la forme de ponctions sur les budgets nationaux et de suspension du droit de vote au Conseil européen de l’Etat considéré comme fautif.  Le texte adopté prévoit explicitement que les pays engageant un plan de casse des retraites soient récompensés. Ceci n’est rien d’autre qu’un coup d’état à froid d’institutions européennes non élues au service de la dictature de la finance.

Très significatifs sont les actes de la Commission européenne ces dernières heures. Elle demande au gouvernement français d’élargir le bouclier fiscal aux résidents étrangers. Quel symbole ! Elle envisage la création d’un fonds de pension européen pour les retraites par capitalisation. Cela rend encore plus claire la  loi sarkozyste contre les retraites. Elle veut diminuer le budget de l’Union européenne. Voilà les symboles crus de l’Europe antisociale et autoritaire Après le rejet du traité européen de 2005, c’est aujourd’hui, encore plus qu’hier, le refus de cette Europe du capital contre le travail qui s’exprime dans le grand mouvement social en France. Il n’est pas isolé. Il se développe également en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce, en Roumanie, après la manifestation européenne du 29 septembre à Bruxelles.

Cette solidarisation des peuples contre l’Europe autoritaire, antisociale, devrait prendre de l’ampleur. En s’enracinant dans chaque pays contre cette guerre sociale, ces mouvements sociaux appellent à changer radicalement les traités européens. Puisque le Conseil européen lui-même déclare désormais qu’on peut changer celui de Lisbonne, mettons le pied dans la porte pour une Europe sociale, solidaire, démocratique et écologique.

Peuples de tous les pays européens unissons-nous. Ensemble, faisons plier le petit cénacle des institutions européennes au service exclusif des puissances d’argent.

COMPTE-RENDU DE SESSION DU PARLEMENT EUROPEEN (18-21 octobre 2010) 1

Le Parlement européen s’est réuni en session à Strasbourg du 18 au 21 octobre. Voici les éléments essentiels de ce qui s’y est discuté.

Le Parlement européen a voté une résolution fixant la durée du congé maternité à 20 semaines dans toute l’Union européenne, bien que les droites européennes et l’UMP s’y soient opposées. Par contre, la proposition de notre groupe visant à instituer un salaire minimum européen n’a pas réuni de majorité. Enfin, le Conseil et la Commission s’arc-boutent pour amplifier les réductions de dépenses publiques et sociales, et José Manuel  Barroso a appuyé le compromis franco-allemand de Deauville sur le renforcement du Pacte de stabilité auquel je me suis opposé.

LIBERTÉ

Transfert de données aux Etats-Unis
Lundi 18 octobre, mes amis Rui Tavares (Bloc de Gauche – Portugal) et Marie-Christine Vergiat (Front de Gauche) ont demandé à la Commission davantage de précision sur des accords qui permettent de transmettre aux Etats-Unis toutes les informations personnelles que collectent les compagnies aériennes (date de naissance, sexe, adresse, personne à contacter, itinéraire…). Le Contrôleur européen de la protection des données lui-même s’est étonné du nombre de données que la Commission est prête à fournir dans ces accords. Il s’oppose également à tout transfert massif qui pourrait permettre un fichage des citoyens européens par les pays ayant passé ces accords avec l’Union européenne. Marie-Christine Vergiat et Rui Tavares ont donc demandé à la Commission de préciser quelles sont les données fournies dans ces accords, quels Etats les ont signés, et surtout quelles sont les garanties pour les citoyens européens.

LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

Débat sur la pauvreté: sortir des campagnes publicitaires pour des actions concrètes
Mardi 19 octobre s’est tenu un débat sur la pauvreté au sein de l’Union européenne. Celle-ci touche un peu plus de 80 millions d’Européens, dont un enfant sur cinq. Statistiquement on estime que quelqu’un passe sous le seuil de pauvreté lorsque son revenu est inférieur à 60% du revenu médian, ce sont donc 16 % des Européens qui se situent sous ce seuil. Cette part est proche des 20% pour deux catégories plus vulnérables car difficilement ou non-intégrées au marché de l’emploi : les jeunes (18%) et les personnes âgées de plus de 65 ans (19%).

De plus, ces chiffres déjà alarmants ne prennent pas en compte les conséquences sociales de la crise, trop récente pour être correctement mesurée statistiquement, ainsi que la part de plus en plus importante des formes de travail précaire dans l’emploi salarié (CDD, intérim, formes de travail « atypiques », promotion du travail en freelance et de l’entreprenariat qui permettent de réduire les chiffres du chômage mais sont aussi source d’une grande incertitude et donc de précarité).

Mon amie Gabi Zimmer (Die Linke) a opposé les campagnes de publicité lancées par l’Union européenne au nom de l’année européenne de lutte contre la pauvreté, à des actes concrets comme un revenu minimum européen et une vraie ambition pour l’élimination de la pauvreté chez les enfants d’ici 2015.

REVENU MINIMUM EUROPÉEN

La proposition d’une collègue du groupe bloquée par la droite
Mercredi 20 octobre mon amie Ilda Figuereido (Parti Communiste Portugais) a présenté son rapport sur le revenu minimum en Europe. L’idée phare de ce rapport était la mise en place d’un salaire minimum de 60% du revenu médian dans chaque Etat membre. Mais l’amendement demandant à la Commission de présenter une directive-cadre dans ce sens a été systématiquement rejeté par les droites européennes dont l’UMP, en Commission Emploi comme en séance plénière, par 344 voix contre, 262 pour et 21 abstentions. Au lieu de cela, le Parlement a demandé à la Commission de « réfléchir » à une initiative dans ce domaine. Autrement dit, les droites refusent ce revenu minimum.

CONGÉ MATERNITÉ

Rapport Estrela : Un vrai progrès pour les femmes enceintes
Mercredi 20 octobre, le Parlement a adopté un texte faisant passer le congé maternité à 20 semaines payées à 100% du salaire. Il aussi introduit deux semaines de congés paternité. Ce rapport d’Edite Estrela (Parti Socialiste Portugais) représente une grande avancée pour les femmes européennes en modifiant une directive de 1992 qui portait à 14 semaines le minimum de congé maternité mais laissait la liberté aux Etats de définir la rémunération de ces congés. Si le Conseil européen adopte ce rapport et si les Etats le retranscrivent dans le droit national, le congé et la règle de rémunération seront les mêmes pour toutes les citoyennes européennes, avec la protection du poste occupé par l’employée avant et après son congé (interdiction de tout licenciement jusqu’à 6 mois après le congé).

En France,  le congé maternité est actuellement de 16 semaines. C’est donc une avancée du Parlement dont je me félicite, la droite européenne et l’UMP ont voté contre (390 pour, 192 contre et 59 abstentions). Cette proposition, qui va plus loin que ce que suggérait la Commission (18 semaines), doit encore être validée par les gouvernements européens et par le Conseil. Nadine Morano, Secrétaire d’Etat française chargée de la Famille et de la Solidarité, a déjà déclaré qu’elle s’y opposait. Associations et syndicats doivent maintenant s’emparer de cette proposition pour qu’elle devienne une réalité concrète dans la vie des européennes.

RAPPORT SUR LA CRISE

Rapport Berès : Un bon exemple des modifications que l’on peut imposer de force à un rapporteur
Voilà un an s’était créée au Parlement une commission spéciale dont le but était de produire un rapport sur les causes de la crise et ébaucher des propositions. Pervenche Berès (Parti Socialiste Francais), reconnue pour ses compétences dans les domaines économiques, avait été désignée comme rapportrice. Après plusieurs mois d’auditions avec un large panel d’économistes, de directeurs de banque centrale et de syndicalistes (à notre demande), ainsi que la participation de groupes politiques à différents thèmes de réflexion, Pervenche Berès a présenté un rapport intéressant et utile sur les causes de la crise.

Il dénonçait sans ambigüité la financiarisation de l’économie, l’absence de contrôle sur les flux financiers et le laisser-faire des gouvernements qui s’est avéré catastrophique. Non content de s’attaquer aux « trous noirs » de la finance (absence de législation, ou trop souples lorsqu’elles existent, liberté de circulation des capitaux, paradis fiscaux), le rapport dénonçait aussi l’inégalité de la répartition des richesses : en favorisant le capital par la financiarisation de l’économie c’est la logique de rentabilité aux dépens de l’investissement à long terme et des salaires que l’on a privilégiée.

Mais sous la pression des députés de droite qui menaçaient d’écrire un nouveau rapport et de le faire passer à la place du sien, Pervenche Berès s’est résignée à intégrer les suggestions de la droite européenne et surtout à minorer les siennes. Liem Hoang Ngoc (Parti Socialiste Français) a déjà vécu cette situation, son rapport sur les finances publiques avait été complètement réécrit pour devenir un plaidoyer pour la coupe en règle des budgets au nom de l’austérité. A l’époque, il avait fait retirer son nom du rapport ainsi dénaturé. Au final, une des parties les plus importantes du rapport sur les causes de la crise, la financiarisation de l’économie et l’inégale répartition des richesses, est passée à la trappe sous la pression de la droite.

Le rapport va même plus loin en prônant une financiarisation et une réforme du système des retraites, auxquelles plusieurs paragraphes sont consacrés dont celui-ci, je cite :

« prend acte de ce que le grand krach éclaire d’un jour nouveau le défi démographique et celui du financement des retraites ; considère que le financement des pensions ne peut être entièrement laissé au secteur public, mais doit reposer sur des systèmes à trois piliers, comprenant des régimes de retraite publics, professionnels et privés, dûment garantis par une réglementation et une surveillance spécifiques destinées à protéger les investisseurs »

En ce qui concerne les politiques d’austérité, je cite :

« insiste pour que les dispositions du pacte de stabilité et de croissance soient renforcées, en particulier leur volet préventif, dans le cadre duquel les pressions par les pairs sont l’instrument le plus puissant actuellement disponible pour contraindre les États membres à se conformer aux recommandations du Conseil ; demande de renforcer la surveillance économique exercée par la Commission ; estime qu’il y a lieu d’examiner la possibilité de mettre en place des mesures encourageant l’assainissement budgétaire »

Et le rapport appelle même à son renforcement, je cite :

« prie instamment la Commission d’instaurer, dans la zone euro, un système contraignant de sanctions relevant sans ambiguïté de sa compétence, afin d’obliger les États membres à respecter les règles du pacte de stabilité et de croissance »

Au groupe de la GUE-NGL nous avons essayé de déposer plusieurs amendements réintroduisant des analyses progressistes et supprimant les mentions faites aux instruments européens pour renforcer l’austérité budgétaire. Mais face au déséquilibre des forces en faveur de politiques ultra-libérales au Parlement, seule une vague mention sur la taxe Tobin et un appel à une lutte renforcée contre les paradis fiscaux ont été maintenus.

Dans ces conditions, j’ai voté contre le rapport de Pervenche Berès, tout comme mon groupe de la Gauche Unitaire Européenne / Gauche Verte Nordique. Je crois que les députés socialistes et verts auraient dû faire de même, pour donner aux peuples européens qui luttent un point d’appui supplémentaire.

PREPARATION DU G20

Conseil européen préparatoire au G20
La même logique prônant la réduction des budgets sociaux au nom de l’austérité était à l’œuvre lors de la discussion de ce mercredi 20 octobre sur le futur Conseil européen censé préparer le G20 de mi-novembre. Le Président de la Commission José Manuel Barroso s’est attelé à un numéro d’autosatisfaction comme il sait si bien les faire : « sur l’ensemble, nous sommes sur de bons rails, nous avons appris nos leçons de la crise ». Selon lui, maintenant que la crise est derrière nous, la prochaine étape est désormais la réduction des dépenses des Etats.

Une étape inquiétante a été franchie lors du sommet tripartite de Deauville entre la France, l’Allemagne et la Russie. Profitant de cette rencontre, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont dégagé une position commune sur le projet de durcissement du Pacte de stabilité et la mise en place de sanctions contre les Etats proposés par la Commission. Le gouvernement français s’inquiétait de l’application trop automatique et difficilement réversible de sanctions financières aux pays qui ne respectent pas l’orthodoxie budgétaire du Pacte de stabilité (les fameux 3% de déficit sur le PIB et les 60% de dettes). Le gouvernement allemand, lui, y tenait. Un compromis a été décidé dans le dos des peuples : le Conseil validera au préalable les sanctions, mais en contrepartie de cette demande du gouvernement français l’Allemagne a introduit le principe d’une suspension du droit de vote (que l’on rendrait possible en modifiant les Traités européens). Cette demande est encore plus grave que les sanctions financières, qui pourraient aller jusqu’à 0,2% du PIB du pays concerné, car elle priverait un Etat de sa voix au Conseil. Ainsi, des textes comme l’allongement de la durée du temps de travail, les autorisations d’OGM et toutes autres questions économiques et sociales d’importance pourraient être votés sans que l’Etat sanctionné n’ait son mot à dire.

On nous a expliqué hier que le Traité de Lisbonne était intouchable, et voilà que N. Sarkozy et A. Merkel veulent le modifier… mais pour en aggraver encore le contenu contre les peuples. C’est décidément l’Europe anti-sociale à l’œuvre.

Dans mon intervention, j’ai opposé à ces plans la réalité d’une crise qui frappe chaque jour un peu plus durement les travailleurs et contre laquelle il nous faut au contraire : l’amélioration de la rémunération du travail ; une nouvelle fiscalité plus juste, favorable au travail, défavorable au capital et la mise en place d’une taxe sur les transactions financières ; une amélioration des protections sociales et des services publics ; une grande politique de l’emploi. J’ai également fait une proposition nouvelle : la création d’un fonds de développement humain, social et environnemental, en lien avec un rôle nouveau de la Banque centrale européenne.

Alors que les Etats-Unis vont relancer la création monétaire et injecter des fonds importants dans l’économie, que la Chine pratique une politique monétaire volontariste, que le Brésil et d’autres pays réfléchissent à des moyens de stabiliser leur monnaie en taxant ou en contrôlant les flux de capitaux, l’Union européenne va à contresens en poussant pour la liberté de circulation des capitaux et les restrictions budgétaires. (Pour lire le texte de mon intervention, cliquez ici)

Vous rappelez-vous du docteur Izzeldin Abuelaish ? Répondre

« Je ne m’autorise pas à haïr, la haine est une prison… Je suis ici pour vous communiquer de l’espoir, mais aussi pour vous donner de la force. En retour, vous me donnez de l’espoir ». Ces fortes paroles ne sont pas d’un de ces quelconques discours. Elles sont tenues par le docteur Izzeldin Abuelaish. Il est le médecin palestinien qui, le 16 janvier, a été victime d’un missile israélien dans son appartement à Gaza, tuant trois de ses filles et en blessant très gravement une autre. Ces terribles images ont fait le tour du monde. Ce médecin donnait tout à la santé, à sa famille et au combat pour la justice et la paix. Il a prononcé ces mots lors d’une rencontre, ce mercredi soir, avec quelques députés européens dont j’étais, de la Commission du Parlement européen chargée des relations avec le Conseil législatif palestinien.

Nous n’avons pu l’écouter qu’avec émotion, les larmes aux yeux. Lui ne s’est plaint de rien. N’a fait preuve d’aucune haine. Il a simplement demandé justice. « Il ne faut pas se résigner et lutter pour empêcher la répétition de telles tragédies », nous a-t-il lancé. « Notre tragédie a ouvert les yeux à la communauté internationale sur la nature des attaques contre des civils innocents, ouvert les yeux contre la folie guerrière ».

Tout au long de la soirée, le docteur Izzeldin Abuelaish s’est montré digne, calme, propulsant une incroyable force, une incroyable énergie, un incroyable espoir dans l’espoir. Il est une fierté pour le peuple palestinien.

« Mes filles ne reviendront pas », dit-il, les yeux brillants de la souffrance des êtres exceptionnels et du soleil de l’avenir,  « mais au-delà de cela, rien n’est impossible ». Il a exhorté les européens à « faire beaucoup » pour faire comprendre aux israéliens que la politique de leurs dirigeants va à l’encontre des intérêts de toutes et tous.

J’ai été très impressionné, ému, bouleversé, par cet homme, médecin, donnant aujourd’hui des cours à l’université de Toronto. Il vient de créer une fondation pour les filles et les femmes, pour leur accès à la santé et à l’éducation. La chance de rencontrer de tels êtres, si chaleureux, si forts dans la souffrance qu’ils dépassent par la force de mots de l’espoir et de la paix, ne fait que nous conforter dans la nécessité de poursuivre, d’élargir le combat pour la justice et la paix.

Je lui laisse le dernier mot. « Les palestiniens ne demandent pas la lune, ils demandent justice ». Merci docteur Izzeldin Abuelaish.

Dans quelques semaines je repasserai devant son appartement détruit puisque je retourne à Gaza et en Cisjordanie avec une délégation de parlementaires européens.

Le mensonge de l’Europe protectrice 6

 

Parmi les arguties utilisées contre le puissant mouvement social refusant l’abrogation du droit à la retraite à 60 ans, de grands médias tentent de culpabiliser nos concitoyens en multipliant les reportages venus de l’étranger, accréditant l’idée que les autres peuples ne comprendraient pas les français. Belle manipulation consistant à désigner les français comme d’irréductibles râleurs. Et que dire des images télévisées à l’étranger où on fait croire que la France c’est la guerre civile permanente. Le peuple ne se laissera ni berner, ni culpabiliser. Et il ne laissera détruire ni le droit de grève, ni l’existence des organisations syndicales qui prouvent leur grande utilité.  En vérité, les tenants de l’ordre actuel combinant super austérité et autoritarisme souhaitent partout la résignation. Ils ont peur que partout dans le monde, des Etats-Unis à l’Europe, des mouvements se développent contre des politiques qui font payer leur crise aux peuples tandis que la suraccumulation du capital dans quelques mains repart de plus belle.

Parmi les contre-vérités déclamées par le pouvoir, il y a celle qui consiste à dire qu’on casse la retraite à 60 ans parce que tous les autres pays européens l’ont fait. Question : s’ils retournaient à l’esclavage devrions-nous le faire aussi ? Passons ! Cet argument est totalement faux. La durée des cotisations est, le plus souvent, moins élevée ans la plupart des autres pays européens. Et la contre-réforme engagée chez nous est l’une des plus dures. Elle s’aligne sur le livre vert européen sur les retraites qui prévoit de démolir le système solidaire des retraites au profit du système par capitalisation. Un système qui permet aux grands manitous de l’assurance, de la banque,de mettre notre argent dans les paradis fiscaux et sur les marchés financiers, sans avoir l’assurance pour les souscripteurs d’avoir demain une retraite. Les retraités américains en savent quelque chose !

Et à l’opposé de la propagande véhiculée dans quelques sphères médiatiques, les salariés, les jeunes, les retraités d’autres pays considèrent que ce qui se passe en France est, comme à d’autres périodes de l’histoire, le meilleur de la résistance contre l’injustice et contre une austérité appliquée aux seules familles populaires. Evidemment, les tenants de l’ordre établi du capitalisme européen et mondial ne souhaitent pas cette jonction des travailleurs et des jeunes pour leur intérêt commun. Pourtant le mouvement français reçoit le soutien de la Confédération européenne des syndicats, de la DGB allemande, du LKP de Guadeloupe, de la Fédération syndicale européenne des services publics, des commissions ouvrières des Asturies, des syndicats du Sénégal, de Madagascar et de bien d’autres encore…

Nombreux sont celles et ceux qui font l’expérience des mensonges des défenseurs du modèle européen ultralibéral avec les traités de Maastricht et de Lisbonne. Ceux-ci n’ont cessé d’expliquer que ce type de construction européenne les protègerait. Toutes et tous font aujourd’hui le terrible constat d’une orientation européenne qui produit au Royaume-Uni 500 000 emplois publics en moins ; des baisses de salaires et des hausses de TVA au Portugal ; avec en plus des impôts supplémentaires en Grèce ; la démolition du droit du travail en Allemagne ; le recul de l’âge de la retraite partout en Europe.

L’Europe place les citoyens dans l’insécurité et la dépendance vis-à-vis des rapaces des marchés financiers. C’est un conglomérat de pays, dirigé par un Conseil européen et une Commission, massacrant tous les droits sociaux et humains pour servir la haute finance.  Face à cela, de l’Espagne à l’Italie, du Portugal à la Grèce, les peuples se lèvent peu à peu. Jusque là le niveau de l’action est plus soutenu, plus déterminé en France. La nouveauté réside dans les prémices d’une nouvelle conscience naissante, d’une part sur l’injustice et les inégalités et surtout sur leur inefficacité économique, sociale et écologique, et d’autre part sur le rapport capital-travail dans la société et l’Union européenne.

Cependant,il ne faut pas se cacher que dans la crise actuelle et face à une insuffisante visibilité de solutions alternatives montent des solutions et des groupes d’extrême-droite. Ceux-ci sont d’ailleurs entretenus au plus haut niveau des Etats, en Italie, en France, en Allemagne maintenant, où les chefs d’Etat eux-mêmes désignent les immigrés comme cause de la crise. Ils le font au moment même où, ensemble, ils décident que des autorités supranationales décideront de plus en plus de la nature des budgets des Etats, sous prétexte de réduire les déficits publics. Ils décident entre eux que des autorités non élues pourront appliquer des sanctions contre leur propre pays. Et voilà, oh miracle, que Sarkozy et Merkel demandent ensemble de modifier le traité de Lisbonne pour le rendre encore plus dur ! Curieux, n’est ce pas ? On nous avait expliqué que ce texte était « intouchable » ! En vérité les dirigeants européens sont en service commandé pour détruire les droits sociaux et humains de toutes et de tous, afin de satisfaire les appétits du capital.

A l’image de la manifestation européenne de Bruxelles, il y a quelques jours, c’est à la solidarisation des peuples européens contre l’oligarchie financière, contre les critères de la Banque centrale européenne, imposant l’austérité et le chômage, qu’il devient nécessaire de travailler. Cette unité des peuples européens pour jeter les bases d’une Europe sociale, solidaire, écologique est plus que jamais d’actualité. En même temps, dans chaque pays et dans l’Union européenne doit être recherché le chemin de cette « autre Europe possible et nécessaire » et cet après capitalisme indispensable au retour du progrès social, humain, démocratique.

Une grande initiative populaire européenne sur le refus des sacrifices et un nouveau partage des richesses portée par le maximum de forces progressistes et écologistes serait utile aux peuples eux-mêmes.

Invitation à celles et ceux qui agissent pour une société du «vivre ensemble» 16

 

J’ai été chargé par l’Assemblée Parlementaire Euro-Méditerranéenne de rédiger un rapport sur le thème : « Immigration et intégration : dialogue avec les nouvelles générations pour le développement d’une culture de paix ».

Je considère que dans le contexte actuel : refus de régularisation des travailleurs sans papiers ; discriminations diverses à l’égard des jeunes, notamment face à l’emploi ; insuffisance de moyens pour l’éducation dans les villes populaires, etc., auxquels il faut ajouter la chasse aux Roms ici ; les dernières déclarations de Mme Merkel sur « l’intégration » ; la politique de Berlusconi…, ce rapport peut constituer un point d’appui pour celles et ceux qui, chaque jour, agissent pour une société du « vivre ensemble ».

Je compte proposer, d’ici la fin de l’année, un premier projet d’une dizaine de « recommandations ». Mais je veux le faire à partir de rencontres, de débats, avec toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par ces enjeux.

Aussi, j’invite celles et ceux qui le souhaitent à me faire part de leurs opinions sous forme de notes et vous invite à participer à une première rencontre le :

Samedi 20 novembre de 9 H 30 à 16 H 00 à Saint-Denis, 164 rue Ambroise Croizat, immeuble de l’Humanité (métro ligne 13, Porte de Paris).

Je vous propose d’écrire ensemble les axes de propositions de ce rapport.

 

Pour télécharger l’invitation sous word, cliquez ici
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