ON CONTINUE 4

« Décélération incontestable ». Quelle trouvaille ! Voilà les insultants mots employés par le pouvoir pour qualifier, au mépris de toute réalité, les mouvements contre l’abrogation du droit à la retraite à 60 ans du 23 septembre dernier.Maître dans l’art du mensonge, le président de la République lui-même s’était fendu d’un communiqué depuis son palais. Il y annonçait une diminution du nombre de manifestants avant même la formation du cortège d’Ile de France, alors que ceux de villes comme Marseille, Toulouse, Nantes ou Lyon étaient énormes. Voilà un acte qui ne rehausse pas la fonction de Chef d’Etat. A vouloir nier ainsi la réalité, nier la force du refus de cette régression sociale, le pouvoir confirme qu’il méprise les citoyens.

Toutes les enquêtes d’opinion montrent pourtant qu’une large majorité de près de 65 % d’entre eux refuse le saccage du droit à la retraite à 60 ans. Le mouvement s’est élargi ce 23 septembre à de petites entreprises. Les cortèges dans les petites et moyennes villes étaient très importants. Les jeunes se sont plus mobilisés, davantage conscients que c’est leur avenir qui est en cause. L’inégalité entre les hommes et les femmes au travail et à la retraite est revenue en force dans le débat public. La pénibilité du travail aussi.

De discussions en discussions, progresse l’idée que le système capitaliste aliène l’individu dans un travail dorénavant de plus en plus « pénible » pour toutes et tous. De loin en loin, chacune et chacun découvre qu’il vend sa force de travail comme une marchandise de moins en moins bien rémunérée, pour servir le profit, le dividende et la spéculation, dans des conditions physiques, psychiques et de stress de plus en plus difficiles. Au terme de la période dite de « travail », où la durée de cotisation a déjà été allongée de plus de deux années, le pouvoir veut encore reculer l’âge ouvrant droit à la retraite à taux plein. La France est ainsi devenue le pays d’Europe où la durée de cotisation est la plus élevée.

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