L’appétit des spéculateurs affame les paysans 2

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La pression à la baisse sur le pouvoir d’achat des familles populaires en Europe et aux Etats-Unis, les conduit à se priver de plus en plus sur l’alimentation dont les produits laitiers, la viande, les fruits et les légumes. Dans d’autres lieux c’est la famine ou la malnutrition qui déciment chaque jour des millions d’enfants et d’adultes.

Ceci est le résultat des dérégulations mondiales qui privent des peuples entiers de leur souveraineté alimentaire.

Depuis des semaines, des spéculateurs, sans foi ni loi, utilisent le prétexte de l’embargo russe sur les céréales et de la sécheresse pour se livrer à une nouvelle manipulation des cours du blé, du riz ou du maïs. Certains d’entre eux ont acheté, il y a déjà un moment, des  céréales sur pied, bien avant les moissons du blé, aux alentours de 100€ à 130€ la tonne, pour le revendre aujourd’hui 200€ à 230€ la tonne.

L’Europe a pourtant suffisamment de stocks de céréales pour faire face aux aléas climatiques et les stocks mondiaux sont stables. Au même moment les cours des autres matières premières augmentent également, dont ceux du pétrole, qui eux-mêmes renchérissent encore les prix des matières premières agricoles au seul bénéfice du grand négoce international et des fonds spéculatifs. Le démantèlement des outils d’intervention européens accélèrent encore ces phénomènes stratégiques.

Cette envolée des prix des céréales va encore resserrer le garrot autour du cou des producteurs laitiers, porcins et bovins, déjà en grande difficulté depuis des mois et des mois.

Et au bout du compte, les secteurs industriels bancaires et de la distribution feront payer encore plus cher les produits alimentaires aux consommateurs occidentaux dont le pouvoir d’achat baisse.

Au sud, c’est la malnutrition et la famine qui s’aggraveront encore.

Voilà ce que produit la mondialisation capitaliste dont la théologie politique est « la libre concurrence » et « le libre échangisme mondial ».

Elle fait de l’alimentation une vulgaire marchandise. Elle ne permet pas plus de « liberté et de droit ». Tout au contraire ! Cette mondialisation ultra-capitaliste nie le droit des êtres humains à s’alimenter. Par contre, des produits agricoles alimentaires et désormais la terre elle-même sont devenus des objets de spéculation pour les firmes de l’agro-business, les banques et les fonds de pension.

L’intérêt des agriculteurs ici et des consommateurs, celui des cultivateurs des pays du Sud et de toutes les populations est de revenir à une vraie politique agricole alimentaire et environnementale, au lieu du laisser aller ultralibéral. Ceci est à l’opposé de la théorie dite du « pouvoir vert », exposée par le Président de la République devant la conférence des ambassadeurs, la semaine dernière. Cette orientation est celle de la concurrence guerrière, dont les fantassins sont les travailleurs et les consommateurs.

Cela signifie qu’il faut changer les termes du débat à l’Organisation Mondiale du Commerce. L’Union européenne a le devoir d’y faire entendre une autre voix. Elle ne le fait pas car, loin d’être une protection pour les agriculteurs européens, elle les livre au grand large de la mondialisation capitaliste. Il est donc indispensable que les petits et moyens paysans, comme les consommateurs, en lien avec ceux de toute l’Union européenne et au-delà avec les africains ou les latino-américains, pèsent sur les discussions internationales et pour une autre politique agricole commune, basée sur des prix rémunérateurs, de système nouveau de préférence communautaire et le respect des souverainetés alimentaires.

Le travail de la terre et la production de denrées alimentaires doivent être considérés comme des missions d’intérêt général. La terre et l’alimentation sont des biens communs de l’humanité.

Pour la liberté de la presse et la démocratie au Togo 1

Didier Ledoux, journaliste togolais, a été brutalisé par les forces de l’ordre alors qu’il réalisait un reportage sur le procès de certains de ses confrères.

Face à cette atteinte à la démocratie et à la liberté de la presse, j ’ai interpelé Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, afin qu’il intervienne auprès des autorités togolaises et que cesse cette répression.

Voici le courrier que je lui ai adressé :

 

 

Eté 2010… Les dangers et les possibles 7

Où va la France ? Cette interrogation, on l’aura entendue mille fois au cours de cet été 2010 qui se retire. Le soleil a souvent brillé sur notre pays, mais il a souvent fait sombre dans les yeux et les cœurs. L’angoisse, l’inquiétude étreignent de plus en plus de familles qui comprennent  bien que le pouvoir veut leur faire payer une crise dont ils ne sont pas responsables.

Ceux qui parlent à la télévision et à la radio semblent ne pas connaître, ni entendre cette France qui travaille dur pour gagner moins et qui paie toujours plus cher son carburant, son électricité, son gaz, ses transports, son contrat d’assurance.

A lire certains magazines, on comprend qu’ils ne sortent de Neuilly ou du 16ème arrondissement de Paris que pour rejoindre les réserves de riches à Deauville, Saint-Tropez ou au Cap Nègre.

Cet été 2010 avait pourtant  commencé avec cette puissante manifestation pour le droit à la retraite à 60 ans.
M. Sarkozy croyait pouvoir la camoufler en faisant venir Thierry Henri à l’Elysée. Quel événement ! La honte jetée sur la France par une équipe de football qui aura plus occupé  les gazettes que le malheur de vingt millions de Pakistanais, de milliers de Chinois touchés par des intempéries ou des russes suffocants dans un brasier commencé on ne sait comment.  Tout ceci ne peut que faire réfléchir encore sur les modifications climatiques. Réfléchir aussi sur la jungle capitaliste qui, en Russie, a éliminé par économie les gardes forestiers. Mais cet été, c’est aussi la beauté et le succès de nos athlètes aux championnats d’Europe d’athlétisme et de natation. Les coureurs français qui ont brillé au Tour de France. Mais l’un de mes amis, fin connaisseur, Antoine, nous dit de nous méfier de ceux qui dans le Tourmalet sont plus puissants qu’un cheval tirant une charrette.

C’est aussi ce crime commis dans le Golfe du Mexique par le mastodonte British Petroléum dont on essaie de nous faire croire que le pétrole s’est soudain évaporé, alors qu’il dérive sous la mer ! Encore la recherche du profit.

Cet été 2010, c’est la reconnaissance des mathématiciens français. Cela  appelle sûrement à redonner plus de moyens à l’université, à la recherche, au moment où il faut inventer vite un nouveau mode de développement, pas pour financer en douce une industrie par des exonérations fiscales et sociales alors qu’elle détruit 250 000 emplois, ou encore l’industrie pharmaceutique qui s’est gavée  sous couvert de grippe A qui n’a heureusement pas été aussi dangereuse qu’annoncée. Cet été 2010 c’est aussi la solidarité des journalistes et de milliers de citoyens pour ne pas laisser Hervé Guéquières et Stéphane Taponier croupir aux mains de barbares dans les montagnes afghanes.

Cet été 2010,  ce sont aussi de nouveaux coups de poignards dans le pacte républicain porteur du progressisme à la française. L’annonce fin juin de cent cinquante mesures pour réduire les investissements sociaux et publics que le pouvoir et les biens pensants appellent au mieux « dépenses », au pire « coûts », les fermetures des hôpitaux publics, le refus d’impulser une grande politique de fret SNCF, alors que l’excès de camions n’étouffe pas que la circulation, la suppression de cent mille emplois dans les services publics. Des rédactions bruissent pour savoir si c’est de la rigueur. Ne nous fatiguons pas. Cela s’appelle austérité ou purge sociale.

Oui, l’austérité amplifiée programmée, encore aggravée la semaine dernière au fort de Brégançon, qui fera mal, très mal aux familles, aux milliers d’entre elles qui n’ont pas pu partir en vacances comme à celles qui doivent désormais se priver jusque sur leur alimentation dans nos quartiers populaires.  Heureusement, le Secours Populaire aura, en cette fin du mois d’août, apporté un rayon de soleil à des dizaines de milliers d’enfants en leur offrant une journée de vacances.

Cela n’a pu que rendre encore plus insupportable les découvertes par des millions de nos concitoyens des cratères d’injustice  remontés à la surface avec l’affaire « Woerth-Bettencourt ». Cette connivence, cette protection entre  les milieux de la finance et de la droite au pouvoir. La plus grande fortune de France bénéficie d’un chèque de l’Etat de 15 millions d’euros grâce au bouclier fiscal, un ministre fume 12 000 euros de cigares, un autre  utilise un jet privé pour 170 000 euros. A côté de cela, le jeune du quartier est laissé sur le bord du chemin, son copain a trouvé un travail mais pour moins de 800 euros par mois, un autre revient dans le quartier parce que son usine réduit l’emploi et arrête son contrat d’intérim, et le retraité lui n’a à peine que 700 euros par mois. Que sait-on de cette vie dans les beaux quartiers et les palaces de Saint-Tropez ? Rien ! C’est le cadet de leur souci !

Cela  provoque un immense dégoût, accélère encore bien des déceptions, un immense rejet aussi de la politique et beaucoup de colère. D’autant que le Président est super menteur ! Il avait promis que travailler plus ferait gagner plus. Le 25 juillet il promettait aux ouvriers de Saint-Nazaire du travail pour des bateaux qu’il n’avait pas vendus.

Les quartiers, les villages, les usines, les bureaux transpirent de cette colère. Elle peut être saine. Elle peut être dangereuse aussi parce que détournée, au cœur d’un champ d’impuissance.

Le Président de la République s’y emploie en déclenchant une vaste opération qui surfe à la fois sur deux thèmes :  la sécurité et l’idée que nous vivrions au dessus de nos moyens. Il faudrait donc accepter toujours plus de sacrifices et d’autoritarisme. Parlons clair !

L’insécurité et la délinquance progressent. C’est un fait. Mais n’est ce pas ce même M. Sarkozy qui en avait fait une priorité de son action, bien avant qu’il ne soit Président ? Il a même fait voter … trente trois lois pour cela. C’est un fait, aujourd’hui, des bandes attaquent des bus, des services publics municipaux. On attaque, on insulte les enseignants, les conducteurs de métro, les pompiers et les policiers. La violence s’accroît et ce sont les plus démunis qui en subissent d’abord les conséquences, en plus de la régression sociale. Comment en est-on arrivé là et qui cela sert-il ? Mais comment se procure-t-on des armes de gros calibres dans ce pays ? Qui fournit la drogue ? Ces trafics enrichissent qui ? Des actes de vandalisme, de délinquance, de criminalité ne peuvent être confondus avec des démarches révolutionnaires. Au contraire, ils poussent au conservatisme, à des régimes durs. Cela sert M. Sarkozy.

Cet été 2010, le discours présidentiel de Grenoble, le dernier jour de juillet, aura été une trace noire de plus. Une nouvelle fissure béante s’est élargie dans le mur de nos belles valeurs qu’on croyait à jamais gravées.

Pour la première fois au plus haut niveau de l’Etat, le garant de la Constitution et des principes républicains a assimilé délinquance et immigration et fait comprendre qu’il pourrait y avoir deux catégories de Français. Il ne parlera pas de la criminalité financière, du vol, du travail et de l’avenir de millions de jeunes, du saccage des usines et de l’emploi par de grands maîtres de la finance. Et son programme de réduction des dépenses publiques élargira encore les zones de non droit.

Car la sécurité passe aussi par la reconquête de territoires grâce aux services publics, à l’école, à la formation professionnelle, à l’apprentissage et à une sécurité du travail correctement rémunéré, à un programme d’aide à l’amélioration des quartiers et de l’habitat, à un refus des ghettos et de la misère, à une police bien formée, respectant les gens et les jeunes. La sécurité, c’est le vivre ensemble et non la division, la stigmatisation de certains contre les autres. Les œuvres du ministre de la police, condamné pour racisme, sont dégoutantes, honteuses, blessantes pour notre peuple lui-même. Il n’y a plus de journaux télévisés sans l’équivalent du bulletin météo : le nombre d’expulsions égrené comme une banalité. Nous sommes confus, meurtris que désormais une commission de l’ONU, que de nombreux responsables de l’Eglise catholique, des journaux étrangers  puissent montrer la France du doigt pour racisme et  xénophobie. Au pays des droits de l’homme. La clique au pouvoir en fait le pays des droites contre l’homme ! Qu’ils prennent bien garde ! La désignation de boucs émissaires n’effacera jamais les scandales d’Etat et le cancer des injustices et du chômage.

Améliorer la vie quotidienne exigera de mettre fin au racket par les actionnaires sur le travail, au détournement d’argent vers la spéculation et les paradis fiscaux, l’accumulation des profits par les banques qui devraient avoir obligation de créer un système de crédit au service de toutes et tous.

Quel contraste en cet été 2010 avec ce peuple qui a vibré dans les festivals et fêtes de l’été pour se retrouver, communier, chanter, danser, se cultiver. Il y a dans cette ambiance, le désir de se solidariser, de se parler, un désir de fraternité.

Quel contraste entre les fortunes accumulées, la vie des stars et du Président de la République, détaillées sur papier glacé et la vie dans nos quartiers qui se consument du chômage, de la pauvreté et du mépris, dans les villages où les paysans perdent leur vie à chercher à la gagner. Il y a là deux mondes et cela se voit de plus en plus.

Cet été 2010 aura élargi encore les fractures, les ruptures impulsées par le sarkozysme pour plier de force la France aux canons de l’ultra libéralisme le plus échevelé.

Mais beaucoup de nos concitoyens sentent que ça ne peut plus durer longtemps. La révolte gronde. Elle ne doit pas être détournée dans de dangereux chemins de traverse. N’oublions jamais cette phrase de Gramsci : « C’est lorsque l’ancien se meurt et que le nouveau ne parvient pas à voir le jour, que surgissent les monstres ».

M. Sarkozy joue avec le feu. Nous ferons tout pour que la fécondation des monstres n’ait pas lieu.  Tous les progressistes doivent s’unir pour élaborer et faire valoir une autre politique, préparer un autre pouvoir, imaginer une autre société, aider « le nouveau à voir le jour ». Politique, non pas au sens d’ambition de pouvoir, mais d’organisation nouvelle de la société pour les êtres humains et l’environnement. Pas au sens d’un anti-sarkozysme d’estrade. N’en déplaise à M. Cohn-Bendit. A quoi sert de chasser M. Sarkozy pour qu’un autre démolisse le système des retraites et impose l’austérité ?

Politique à qui il faut redonner ses lettres de noblesse. Cela n’est possible que si nous nous y mettons toutes et tous. Cette demande est forte. C’est ce que dit une majorité de nos concitoyens en faisant connaître leurs désirs de gauche. Mais, pour réussir, la gauche doit se mettre au diapason des exigences citoyennes. C’est le sens du projet d’un pacte citoyen pour le progrès social et démocratique, pour radicalement changer l’ordre des priorités. L’humain et l’environnement d’abord.

Cette demande grandit en cette fin d’été 2010, ce sera le sens de la manifestation du 4 septembre et du 7 septembre pour les retraites. C’est la première fois que nous terminons l’été par deux grandes manifestations unitaires.

C’est l’humain qui battra au cœur de la Fête de l’Humanité, les 10, 11 et 12 septembre. Faire une grande Fête de l’Humanité c’est sortir de l’atmosphère étouffante et nauséabonde du sarkozysme, c’est donner de la force aux projets neufs pour la justice, l’égalité, la liberté, la solidarité. L’Humanité. Où va la France ? A nous d’y faire grandir l’humanité. A nous, au peuple uni de prendre son destin en main.

Vie et liberté pour Sakineh 8

  

Sakineh Mohammadi Ashtiani a été condamnée à mort par lapidation. Cette sentence que rien ne saurait justifier pourrait être exécutée.

Que les geôliers de Sakineh puissent entendre la puissance de l’émotion, de la désapprobation, du souffle qui veut retenir leurs bras inhumains, lanceurs de cailloux pour lapidation. 

Cet assassinat, ce crime, cette barbarie, au-delà de tuer une femme coupable d’avoir aimé, est une insulte à l’humanité. Ces comportements primitifs, barbares, indiqueraient une « dé-réalisation » de l’humanité en marche, le retour à l’âge de pierre ! 

Gagner la liberté pour Sakineh et toutes ses semblables, enchaînées dans les geôles iraniennes, c’est aussi gagner des espaces de liberté pour toutes les femmes du monde, plus de liberté pour tous. 

Que les geôliers de Sakineh puissent comprendre qu’ils sont de plus en plus seuls. S’ils passaient aux actes, ils seraient eux, condamnés et jugés sévèrement par le monde entier, par-delà les différences. 

Vie et liberté pour Sakineh.

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Le désarroi de Didier, producteur de lait, et les négociateurs de l’ombre 2

 

Didier est sans doute le plus important producteur individuel de lait du département du Lot et Garonne. Il produit un million de litres par an. Un millions de litres !  Il aurait sûrement été considéré comme un « gros » producteur il n’y a pas si longtemps dans nos colonnes. Je l’avais rencontré il y a un an, au cœur de la crise du lait. Combatif, il avait participé au lancement de l’association des producteurs de lait, l’APPLI. Sa situation n’a fait que se détériorer à cause des bas prix à la production, alors qu’il était contraint de dépenser de l’argent pour mettre son exploitation aux normes environnementales.

Aujourd’hui, il est au bord de la faillite. Il produit un million de litres de lait mais il a dû demander le  « Revenu de Solidarité Active ». Quelle société que celle qui pousse des travailleurs de la terre, si jeunes, si compétents, si performants, si passionnés par leur métier vers l’abîme, une société où se répand un antihumanisme glacial. D’autant plus glacial et insupportable qu’à quelques heures d’avion de la ferme de Didier des enfants meurent au rythme d’un toutes les cinq secondes parce qu’ils n’ont pas accès au lait. Et le plus scandaleux encore, le plus révoltant est cette lettre qu’a reçu Didier après avoir demandé le RSA. Voici l’extrait principal : « « Suite à votre demande, nous vous informons que Monsieur le Président du Conseil Général vous a ouvert un droit au Revenu de Solidarité Active à compter du 01/06/2010. Le montant mensuel de votre allocation est de 4,57€ pour la période du 01/06/2010 au 30/06/2010. Nous vous adresserons une déclaration trimestrielle RSA à compléter et à nous retourner ». Honteux, scandaleux, révoltant !

Oui, Didier produit un bien alimentaire indispensable à la vie. Non seulement on tolère qu’il perde de l’argent en travaillant, que les banques, renflouées par l’argent public ne lui accordent pas le moindre prêt, qu’il est acculé à la ruine, mais on lui propose, très …. généreusement… 4,57€. Et après cela des biens pensants au compte en banque bien garni s’offusquent d’accès de révolte. Le plus étonnant est qu’il n’y ait pas plus de… révoltes !

Et ce qui est annoncé comme le nouvel accord producteurs-transformateurs-distributeurs de lait est une tromperie, un marché de dupes. Il consiste à augmenter le prix de 10% par rapport au prix de …. l’an passé à la même époque. Comme les prix étaient très bas il y a un an, environ 27 centimes le litre, et qu’en 2008 il était de 38,5 centimes, cela signifie qu’il n’y aura quasiment aucune augmentation de prix à la production. Les prix l’année dernière étaient de 20% inférieurs à 2008. En vérité, le tour de passe-passe revient à un prix du lait abaissé de 10% par rapport à 2008, au moment même où le prix du beurre augmente de 60% et celui de la poudre de lait de 40%.

De plus, le prix du lait français sera indexé sur le prix allemand qui est en moyenne inférieur pour plusieurs raisons : l’Allemagne valorise moins son lait dans des produits à grande valeur ajoutée comme les fromages. Et les coûts de production en Allemagne sont moins élevés parce qu’une grande partie de la production se fait dans de grandes exploitations « industrielles » et les producteurs sont plus aidés qu’en France.

D’ailleurs quand les transformateurs et la grande distribution réclament plus de compétitivité pour notre production laitière, cela veut dire qu’ils souhaitent éliminer encore plus de petits et moyens producteurs et créer de grandes unités industrialisées pour réduire encore les coûts de collecte, que pourtant le consommateur paie.

Il n’y a pas de revenu décent pour un producteur de lait à moins de 350 à 400€ la tonne. Pour l’emploi, la qualité du lait, la vie des territoires, c’est d’un prix minimum de base pour une production moyenne dont ont besoin les producteurs de lait, et non de cette mise en concurrence insupportable.

Pour Didier et tous ses collègues agriculteurs, il faut réagir solidairement. Mais ce sont les Didier des fermes comme François l’ouvrier, Madeleine l’enseignante, Michelle Cadre, Jean-Luc, privé d’emploi, qui doivent s’unir, se solidariser pour changer radicalement la donne.