Le gouvernement veut continuer de tenter de nous enfumer. Une large majorité de nos concitoyens est opposée à sa contre-réforme des retraites. Tous y perçoivent le recul social et l’injustice.
De fait, il s’agit d’une contre révolution. Le retour sur l’un des grands progrès social de ces dernières années, mis en œuvre par un gouvernement de gauche.
En reculant l’âge de départ à la retraite de deux ans et 41,5 années de cotisations, ce sont évidemment celles et ceux qui ont commencé à travailler le plus tôt et qui sont aussi les plus mal payés, celles et ceux qui ont connu la précarité, les femmes dont la vie professionnelle a été morcelée et aussi ceux dont l’espérance de vie est la plus courte qui vont être violemment touchés.
L’âge donnant droit à la retraite à taux plein va être passé à 67 ans. Face à la pression populaire, le pouvoir a du annoncer qu’il demanderait un effort aux plus fortunés. En réalité, quand les travailleurs vont être ponctionnés de 22 milliards d’euros, les plus riches donneront 3,5 milliards. Cette nouvelle attaque contre les retraites sera de surcroît inefficace. En prenant de l’argent aux paysans, aux salariés, aux retraités eux-mêmes, la consommation sera encore réduite. Ceci va encore ralentir la croissance, donc l’emploi. Et moins d’emplois c’est moins d’argent encore pour les caisses de sécurité sociale et de retraites. Mais le pouvoir de l’ultra droite actuel n’en a que faire ! Son seul souci est de créer les conditions pour que les agences de notation considèrent la France comme se plaçant dans les normes dictées par les rapaces du capitalisme financier. Cette régression sociale s’inscrit dans les plans européens qui poussent tous au recul de l’âge de départ à la retraite. Il y’a une totale aberration à faire travailler les grands-parents jusqu’à 67 ans quand leurs petits-enfants seront au chômage à 25 ans.
Cette fuite en avant est meurtrière. Elle aggravera encore la crise, avec ses cortèges de chômage, de pauvreté, en un siècle où les progrès technologiques et scientifiques permettrait de vivre mieux. L’efficacité économique appelle la justice. C’est l’injustice qui fait mal aux êtres humains et aux sociétés elles-mêmes. La justice appellerait de faire cotiser les revenus financiers des entreprises au même niveau que les salaires, les revenus agricoles rapporteraient plus de 22 milliards d’euros. De même, la mise à contribution de ceux qui ont bénéficié des stock-options, de retraites chapeaux et autres bonus financiers de toutes sortes –qui d’ailleurs sont ceux qui poussent au recul de l’âge de la retraite- rapporterait également des sommes considérables.
La droite a déclaré la guerre au monde du travail, aux jeunes qui devront travailler encore plus longtemps, aux retraités eux-mêmes. Face à cela, la mobilisation la plus large dans l’unité, doit s’amplifier. Le pouvoir n’a pas partie gagnée. La justice et le droit peuvent gagner.