Les peuples n’ont pas à payer une crise dont seuls sont responsables des dirigeants politiques qui ont donné les pleins pouvoirs aux forces de l’argent. C’est cette conscience qui semble monter de partout en Europe.
De puissants mouvements de protestation et d’exigence de justice sociale, fiscale, écologique, s’expriment en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Roumanie, en Allemagne, en Italie comme en France où la journée d’action intersyndicale jeudi dernier, a compté. Les grands médias, propriété des grands capitalistes, fauteurs de crise, et sous influence directe des pouvoirs qui les servent, cachent ces mobilisations unitaires et développent une propagande pour décourager les citoyens et les travailleurs d’agir. La campagne pour faire accepter la contre-réforme des retraites dans notre pays est ainsi l’objet de véritables manipulations, de tentatives de division des salariés entre eux, de prévisions aléatoires destinées à empêcher la mobilisation en utilisant les ressorts de la peur et de la culpabilité.
Pour imposer la cure d’austérité des arguments, en apparence de bon sens, sont employés pour faire accepter de prétendues évidences. Le ministre du budget vient ainsi de justifier la purge sociale par la nécessité subite pour la France de conserver auprès d’agences de notations privées, sa note dite de triple A « AAA ». « Cet objectif conditionne en effet pour partie les politiques d’économie que l’on souhaite avoir » a-t-il déclaré. Cette infernale mécanique ne vise qu’à pressurer sans cesse le travail. En effet, si ces fameuses agences, liées au secteur bancaire, dégradent, au nom d’on ne sait quoi, la note de la France, les taux d’intérêt que paie le pays aux banques, augmenteront. Donc le budget de la Nation alimentera encore plus ces derniers, via l’insupportable intérêt de la dette. C’est ce qui a été imposé à la Grèce, au Portugal et maintenant à l’Espagne. Dit autrement, le gel des salaires, le recul de l’âge ouvrant droit à la retraite, l’augmentation des cotisations sociales et des impôts pour les plus modestes, la réduction des emplois publics et des services publics, ne servent qu’à répondre à l’appétit de profits des banques et des marchés financiers. Lire la suite
